Stats 2011

motorcycle2Bguy

Tenir un blog, c’est aussi aller de temps en temps regarder les statistiques de consultations, c’est-à-dire les traces que vous laissez lorsque vous me faites l’honneur de venir par ici.

Seulement voilà, aucun outil n’existe pour établir des données véritablement fiables, ce qui constitue souvent un casse tête pour les dircoms et leurs webmasters.

Pour ma part, j’utilise Google Analytics depuis l’ouverture de ce blog et cela m’amuse de savoir que mes lecteurs de 2011 utilisent à plus de 58% Firefox, devant Chrome (17%) et IE (12%).

Pour avoir une petite idée de la volumétrie, Google Analytics m’indique que pour l’année 2011, le blog a reçu 135 351 visites contre 126 040 en 2010 et 103 767 en 2009.

Mais comme vous revenez plusieurs fois sur le blog, je trouve le paramètre « visiteurs uniques » plus pertinent (pour ce qu’il vaut réellement…):

53 694 en 2011

56 061 en 2010

42 514 en 2009

Mais si vous revenez, c’est qu’un nouveau billet est annoncé par votre agrégateur de flux RSS, un tweet ou un de vos cercles Google+ (à moins que vous soyez simplement plusieurs derrière un proxy a venir lire le même billet). C’est pourquoi, je trouve que l’indicateur le plus pertinent est le nombre de visiteurs uniques divisé par le nombre de billets à l’année:

53 694 visiteurs uniques en 2011 pour 50 billets, soit 1073 lecteurs

56 061 en 2010 / 60 billets, soit 934 lecteurs

42 514 en 2009 / 112 billets, soit 380 lecteurs

27 471 en 2008 / 146 billets, soit 188 lecteurs

17 687 en 2007 / 200 billets, soit 88 lecteurs et

876 en 2006 / 52 billets, soit 16 lecteurs.

Bien sur, ces chiffres sont très approximatifs, car un nouveau lecteur peut très bien lire plusieurs billets en une seule visite, ou comme je l’ai dit, plusieurs lecteurs se cacher derrière une seule adresse IP. Ma famille, mes amis, ma sœur, mes cousins et leurs amis ont très bien pu mettre en place une stratégie de clics à partir de plusieurs ordinateurs/téléphones/tablettes depuis chez eux ou depuis leurs employeurs pour faire augmenter les stats de ce blog, pensant me faire plaisir.

En 2011, vous étiez dans 130 pays, ce qui ne lasse pas de me faire voyager virtuellement dans des contrées où je n’irai probablement jamais.

Ceux qui viennent ici en passant par un moteur de recherche, ont très majoritairement tapé dans celui-ci le mot clef « Zythom » (7982), en 2e position vient « expert judiciaire informatique » (365) puis « devenir expert judiciaire » (254), ce qui me gène un peu pour quelqu’un qui parle pas mal de son service militaire ou de ses souvenirs d’enfance 😉 Vous êtes quand même 109 à atterrir ici après avoir tapé « images pedophiles », 108 pour « image pédophile », 85 « image pedophile », 74 « image pedophilie », 71 « images pédophiles » et 5 « nudisme et pédophilie »… Je ne juge pas ces visiteurs, car je pense à la citation suivante: « Je me suis jeté dans la boue plus d’un demi-million de fois. Cela permet-il d’en déduire quoi que ce soit sur mon état mental? » Sepp Maier (gardien de but allemand).

Si vous êtes venus ici après avoir cliqué sur un lien ailleurs que dans un moteur de recherche (ou dans vos marques-pages), vous êtes, en 2011:

– 16076 en provenance de maitre-eolas.fr

– 1908 via boulesdefourrure.fr

– 1375 via sid.rstack.org

– 1234 via sebsauvage.net

– 969 via maitremo.fr

– 542 via laplumedaliocha.wordpress.com et

– 530 via standblog.org

Que tous ces grands blogueurs en soient remerciés. On dit parfois que le blogueur est un loup pour le blogueur, mais ce n’est pas nécessairement vrai.

Vous êtes 66% sous Windows, 17% sous Linux et 12% sous Mac. Seuls 1,3% d’entre vous ont la chance de me lire sur fond blanc sur iPhone…

Et n’oubliez pas, alors que 2012 sera l’année des sondages, « Les statistiques, c’est comme le bikini. Ce qu’elles révèlent est suggestif. Ce qu’elles dissimulent est essentiel. » (Aaron Levenstein)

To do is to be (Platon)

To be is to do (Marx)

Doo be doo be doo (Frank Sinatra).

2011 est mort, vive 2012

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En relisant mon billet de l’année dernière, je me rends compte qu’il est toujours valable concernant les différents bilans sur mon activité d’expert judiciaire et mes vies professionnelle, publique et personnelle. La vie continue, et une année est passée dont j’ai relaté certains évènements ici même.

Il me faut par contre faire le point sur ma liste de résolutions 2011:

– être toujours vivant, si possible en bon état [ok, ça, c’est bon]

– arriver à obtenir le paiement des expertises judiciaires effectuées (deux ans de retard) [OUI, le solde m’a été réglé juste avant Noël !!]

– acquérir une paire de lunette vidéo 3D [raté, mais j’ai toujours bon espoir d’une baisse des coûts avec l’arrivée des TV 3D]

– arriver à faire fonctionner cette $#%µ& régulation de chauffage au boulot [raté, mais le propriétaire a prévu des travaux au budget 2012…]

– faire évoluer les serveurs web du boulot [YES, outre un gros projet d’évolution de notre ERP, un projet Extranet a démarré en 2011 et se poursuivra sur 2012]

– faire un peu plus de sport et plus régulièrement [OUI, vélo tous les jours + aviron une fois par semaine]

– m’intéresser de plus près aux outils des Pentesters [raté, là aussi, c’est un métier. Par contre, je suis invité en 2012 à une manifestation importante sur la sécurité, j’en parlerai ici même]

– assister au moins une fois à une Berryer [encore raté]

– postuler pour une inscription sur la liste de la Cour de Cassation [raté]

– suivre plus de formations techniques, en particulier auprès des pentesters [raté]

– approcher quelques experts judiciaires pour leurs soutirer des billets invités [OK, mais seule une personne a accepté]

– me préparer à devenir expert judiciaire « prestataire de services » [ok ;-]

– mettre en place des enquêtes de satisfaction clients auprès des étudiants [raté]

– encourager le personnel de l’établissement à venir en vélo plutôt qu’en voiture [OUI: construction d’un garage à vélo en 2011]

– venir moi-même en vélo [Ok, cf billet ici]

– acheter un vélo [Yes]

– migrer le système d’information de mes trois sites de production [Ok pour 2]

– suivre de près la rénovation de l’école primaire de ma commune [Ok, chantier démarré et suivi de près]

– finir l’implantation de l’aire d’accueil des gens du voyage et les accueillir [raté, recours de la commune voisine :(]

– dire et montrer l’amour que je porte à mes proches et être réellement présent dans les difficultés. C’est un peu simplet, mais la vie a aussi besoin de choses simples [Ok, mais pas assez à mon goût]

Si j’ai bien compté, cela fait 12 résolutions réalisées pour 8 toujours dans les tuyaux… Finalement, l’année 2011 n’a pas été si mal de ce point de vue 😉

Comme il faut toujours aller de l’avant, je complète avec les résolutions suivantes:

– mettre à jour et étoffer l’offre de conférences sur l’expertise judiciaire (et revoir mes tarifs 😉 que je propose aux lycées, aux universités et aux grandes écoles;

– passer (et rester!) sous la barre mythique des 25 pour mon IMC

– apprendre à déléguer efficacement pour mettre en valeur mes collaborateurs et les faire progresser;

– maintenir avec plaisir le rythme de 4 à 5 billets par mois;

– continuer à répondre présent aux magistrats qui me le demandent;

– manger un fruit par jour…

Je sens que 2012 va être une belle année.

Bonne année à tous! Qu’elle vous apporte joie et bonheur.

Et parce que j’aime bien pasticher Margot Motin:

un quintal de Chantilly Powa dans ta face!

Poutoux-poutoux-coeur-paillettes-et-bonne-année

🙂

Les soutenances

solidarite

Travailler dans une école d’ingénieurs, c’est être éternellement en contact avec une population qui a toujours le même âge: entre 18 et 25 ans. C’est aussi avoir à faire à des activités qui reviennent de manière cyclique.

Il en va ainsi des soutenances de stages.

Nos étudiants sont particulièrement bien formés à cet exercice. Non seulement l’école a mis en place un programme important de formation humaine, mais les étudiants doivent très souvent se confronter à la présentation orale de leurs travaux. J’aurais tellement aimé avoir été formé de la même manière, ce qui m’aurait évité cette voix chevrotante

Je les envie donc quand ils arrivent à se mettre en valeur, sans excès, dans cet exercice délicat qu’est la prise de parole en public, face à un jury. Certains grâce à de petites fiches qu’ils tiennent au creux de leur main, d’autres par un entrainement intensif coaché par leurs camarades, et tous guidés par leurs professeurs. Cela me renvoie à ma piteuse solution de soutenance de thèse où j’avais écrit sur le cadre cartonné de mes transparents l’intégralité des deux heures de discours que j’ai infligé à mes amis et ma famille (le jury avait l’habitude)…

Parfois la soutenance a lieu par visioconférence. En effet, j’ai mis en place un système professionnel (IP ou RNIS) permettant à l’étudiant effectuant son stage loin de l’école d’avoir à éviter d’y revenir uniquement pour sa soutenance, sachant que souvent une embauche est en jeu à la fin du stage (ou un peu de vacances sur place avant le grand saut dans la vie active).

Mais les conditions sont strictes: des essais doivent être faits 3 semaines avant la date de soutenance, les outils techniques utilisés doivent être parfaitement compatibles avec notre système de visioconférence H323/H320, l’image et le son doivent être de qualité suffisante pour le confort du Jury (éclairage, qualité du micro, bande passante…) et l’on doit voir avant tout l’étudiant plutôt que ses visuels (visuels qui doivent être adressés quelques heures avant la soutenance au jury). Exit donc les outils tels que Skype ou MSN, webcam et portable sur les genoux, qui font pourtant les délices de certaines soirées estudiantines (et pas que).

Je suis toujours ému de voir un étudiant faire sa soutenance en direct d’un pays lointain où le jour ne s’est pas encore levé alors que nous sommes en plein après-midi. J’ai toujours un petit mot gentil lors de l’établissement de la connexion, pour essayer d’enlever un peu de stress, et j’aime bien la petite discussion que l’on peut avoir en tête à tête en fin de soutenance après que le jury soit parti, quand le stress a disparu depuis longtemps et que l’adrénaline coule toujours. J’y découvre à chaque fois l’aboutissement de cinq longues années d’études, la transformation d’un ancien lycéen en jeune adulte et les efforts récompensés des enseignants et de l’étudiant.

Parfois, la technique est difficile à maitriser. L’étudiant doit savoir parler clairement, avoir une gestuelle adaptée, gérer ses visuels, parfois faire la démonstration d’un logiciel ou d’un appareil, gérer son stress, la pression. A cela s’ajoute donc une caméra, un micro, un jury présent sur une télévision. Il faut s’adresser à chacun, paraître détendu, compétent, maîtriser son sujet, parler au nom d’un travail d’équipe tout en se mettant soi même subtilement en valeur… Il faut répondre aux questions, il faut être à l’aise dans ces vêtements « du dimanche » soudain trop serrés, il faut s’éponger le front avec élégance.

Parfois la visioconférence est coupée. Il faut remettre en marche le système, reprendre le fil de l’exposé. Parfois, c’est l’image qui se fige, moment de désarroi pour l’étudiant comme pour le jury. Lorsque la visio se fait depuis le bout du monde dans un pays où les réseaux sont saturés, tout le monde comprend. Mais lorsqu’elle se fait depuis un pays développé, voire depuis une région française toute proche, les regards se tournent vers moi avec un zeste d’impatience: « Ah, la technique, toujours des problèmes… »

Mais le fil rompu est toujours renoué, les téléphones sonnent, le contact est repris, les systèmes se synchronisent de nouveau et tout repart comme par magie.

En fin de journée, les étudiants sont contents que l’épreuve soit passée, les jurys satisfaits de la prestation de leurs étudiants, et les techniciens lessivés d’avoir soutenu le système parfois à bout de bras et à coup de plans B.

C’est tout cela qui me fait aimer les soutenances.

Mieux qu’un aboutissement, la fin d’un cycle.

Pour eux, et pour moi.

Dennis MacAlistair Ritchie

Dennis MacAlistair Ritchie

J’ai commencé la programmation sur un IBM 5100 prêté par un parent d’élève à notre petit club d’informatique de lycée, en 1979… Le professeur de Maths qui nous encadrait bénévolement pendant la pause déjeuner nous avait initié à l’algorithmique sur un problème de réduction de fractions entières. La programmation s’effectuait en BASIC.

Parallèlement, je découvrais comme beaucoup de jeunes de cette époque les joies de la programmation en assembleur sur ma calculatrice, une TI57.

Puis, après avoir travaillé un mois l’été, j’avais réussi à m’acheter un vrai ordinateur, un TRS-80 modèle I muni de 16Ko de mémoire vive. L’année suivante, je travaillais encore un mois pour m’offrir l’extension mémoire 48Ko…

Je venais d’avoir mon bac, et je découvrais les joies de l’informatique personnelle et ses logiciels perfectionnés: Wordstar, VisiCalc, Moonbase Fallout…

Ma véritable initiation aux langages évolués viendra en école d’ingénieurs avec Pascal, Fortran, Lisp et Smalltalk.

Finalement, je ne découvrirai le langage C que pendant mon doctorat, parallèlement (si je puis dire) au langage Occam. Tous mes travaux de recherche se sont fait avec l’aide de ces deux langages.

Mais la maîtrise véritable des subtilités du langage C, et la découverte de son histoire, ne viendra que lorsque j’ai eu la charge de l’enseigner à mon tour en école d’ingénieurs. Utiliser un langage de programmation, c’est une chose, préparer un cours pour l’enseigner, puis affronter les questions des étudiants en TP, c’est une autre chose. J’ai passé cinq années très riches sur ce sujet, en me creusant la tête chaque année sur la meilleure manière de faire passer les concepts de pointeurs à des étudiants non informaticiens. J’ai pris les exemples les plus simples, les comparaisons les plus claires possibles, j’ai travaillé les sujets de TP pour qu’ils soient progressifs et didactiques. J’ai usé ma salive, mes cordes vocales, mon énergie pour que 100% de mon amphithéâtre maîtrise les concepts, et pas seulement les deux premières rangées, toujours attentives. J’ai menacé, tempêté, félicité, encouragé, noté, dénoté, soutenu, maintenu, poussé mes étudiants pour qu’ils restent concentrés, qu’ils perçoivent la magie de la programmation, la joie de la réussite à faire fonctionner un programme complexe.

La vie m’a ensuite écarté de ces joies et peines de l’enseignement. Je n’ai pas beaucoup pratiqué la programmation, en tout cas plus dans des conditions aussi stimulantes. J’ai à peine effleuré la programmation orientée objet. Un peu de php, un zeste de python, un doigt de html, xml, et autres joyeusetés.

Je suis resté bloqué sur l’époque du langage C.

C’est pourquoi j’ai aujourd’hui une pensée émue pour les proches de Dennis MacAlistair Ritchie qui nous a quitté ce 8 octobre 2011.

#include <stdio.h>

int main(int argc, char ** argv) {

printf(« Goodbye Worldn »);

return (EXIT_SUCCESS);}

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Source photo: Wikipédia.

Minimisation

Need Math Help 376

Je vous ai déjà raconté que j’avais débuté ma carrière comme chercheur en intelligence artificielle. Tout au long de ces cinq années de travail passionnant, j’ai été encadré par un chercheur de très haut niveau, qui a été mon mentor et pour moi un exemple à suivre.

Il m’a vu arriver au laboratoire, alors que j’étais fraichement diplômé de mon école d’ingénieurs, la tête pleine de concepts mal digérés. Il m’a dit: « tu ne sais rien, tu as tout à apprendre, à commencer par les bases… » J’ai encaissé, mais j’ai immédiatement compris qu’il avait raison, sans savoir que je venais de passer un test décisif à ses yeux: la modestie indispensable du chercheur.

Alors, j’ai recommencé par le commencement. Mon univers de recherche s’intéressait à la modélisation non linéaire. J’ai commencé par apprendre ce qu’était réellement la notion de modèle par rapport à la réalité physique. Puis j’ai appris que les outils mathématiques à la disposition des automaticiens étaient très développés dans le domaine linéaire, et que la pratique courante lorsque l’on fait face à un comportement non-linéaire était de linéariser le problème en l’étudiant autour d’un point de fonctionnement. Pratique lorsque cela a un sens, complètement imbécile si l’on doit linéariser en permanence dans des espaces d’états complexes fortement non linéaires.

Et c’est là que j’ai commencé à découvrir que dans l’univers de la recherche, il y a beaucoup de chercheurs qui publient des articles qui s’avèrent être des imbécilités sans nom. Le filtre des patrons de laboratoire, puis celui des comités de lecture des revues scientifiques spécialisés, ne sont pas suffisant pour écarter des études mal menées par non compréhension des outils utilisés.

Cela s’est avéré comique dans mon domaine spécifique, celui des réseaux de neurones.

Sans entrer dans le détail, les réseaux de neurones sur lesquels je travaillais sont constitués de cellules faisant chacune une somme pondérée des signaux se présentant à leurs entrées, somme qui est ensuite transformée par une fonction d’activation (une sigmoïde dans mon cas), résultat qui est ensuite envoyé par chaque cellule à toutes les entrées des neurones qui lui sont connectés.

L’ensemble « cellule + fonction d’activation + entrées + coefficients de poids des entrées » est un (modèle simplifié de) neurone. En assemblant plusieurs neurones, en sélectionnant des entrées et des sorties particulières, vous obtenez un réseau de neurones.

Le fonctionnement de l’ensemble consiste à injecter certaines valeurs aux entrées du réseau et à observer les sorties calculées par le réseau.

L’apprentissage du réseau consiste à essayer de calculer les coefficients du réseau (les poids des connexions entre cellules) pour que, pour certaines valeurs présentées en entrée, vous obteniez certaines valeurs en sortie.

Par exemple, lorsque les entrées du réseau sont des valeurs de pixels d’une image, les sorties peuvent coder le nom d’un objet, d’une personne ou d’un nombre (la reconnaissance automatique des codes postaux par ex). Autrement dit, on cherche à reproduire ce que notre cerveau fait très simplement, très rapidement, avec un nombre de « calculateurs » très simples mais très élevés et massivement parallèles.

Tous les matheux comprendront que dans le cas trivial d’une fonction de transfert « identité », le réseau de neurones est un système linéaire et qu’essayer de trouver les coefficients permettant de mettre en correspondance des couples {entrées, sorties} prédéterminés revient à minimiser l’écart entre la mesure constatée et la cible visée. Dans le cas linéaire, la méthode des moindres carrés permet de minimiser l’impact des erreurs expérimentales. On cherche à minimiser une fonction de coût qui est simplement la somme des carrés des écarts entre valeurs mesurées et valeurs de sortie ciblées. Cette fonction est une quadrique dans le cas linéaire, et son minimum peut être calculé immédiatement.

Dans le cas général d’un réseau non linéaire, la fonction de coût (non linéaire) peut être approchée par une fonction plus simple dont on cherchera à chaque itération un jeu de coefficients plus « efficace » (ie faisant baisser la fonction de coût).

Plusieurs approches sont intéressantes: approximation par un hyperplan (linéarisation) ou approximation par une quadrique. Pour illustrer dans le cas monodimensionnel d’un réseau à un seul neurone à une seule entrée (avec donc un seul coefficient), la fonction de coût est la somme des carrés des écarts entre les sorties mesurées et les sorties désirées, sa minimisation consistant à la remplacer autour de la valeur actuelle du coefficient par une droite ou par une parabole.

Dans le cas de l’hyperplan, vous vous déplacez dans l’espace des coefficients d’un « pas » dans le sens de la plus grande pente.

Dans le cas de la quadrique, vous vous placez dans l’espace des coefficients immédiatement sur le minimum calculé (on sait calculer le minimum d’une quadrique).

Mais comme il s’agit d’une diminution supposée de la vraie fonction de coût remplacée par son approximation, il faut s’assurer de la baisse réelle et recommencer jusqu’à se trouver sur un endroit de l’espace des coefficients correspondant à un minimum.

Dans un espace monodimensionnel, un extrémum correspond à une dérivée nulle. Pour déterminer s’il s’agit d’un minimum (et non pas d’un maximum), il faut calculer la dérivée seconde et s’assurer qu’elle est positive.

Dans le cas pluridimensionnel, on parle de « gradient » nul, et de matrice Hessienne définie positive.

La méthode de minimisation la plus utilisée dans l’univers des réseaux de neurones est la descente à pas constant, dite aussi méthode du gradient: approximation de la fonction de coût par un hyperplan et déplacement dans l’espace des coefficients dans le sens de la plus grande pente (le sens opposé au vecteur gradient) d’un « pas » constant.

Le problème de cette méthode numérique d’optimisation est qu’elle peut être très gourmande en temps de calcul. En effet, plus on s’approche du minimum, plus la fonction à un gradient faible, et plus le déplacement sera petit. Autrement dit, plus on s’approche du minimum, et moins on s’en approche rapidement…

J’ai donc étudié une autre méthode d’optimisation bien connue, celle dite de Quasi Newton et en particulier la méthode implantée par Broyden-Fletcher-Goldfarb-Shanno où l’on calcule par itération la matrice inverse de la matrice hessienne. Cette méthode possède une vitesse de convergence bien supérieure à la méthode de gradient à pas constant, vitesse de convergence connue depuis des lustres par les informaticiens spécialistes des algorithmes d’optimisation numérique.

Mais un certain nombre de chercheurs confirmés, à l’époque où je préparais ma thèse, semblaient méconnaître les propriétés de ces algorithmes, et en particulier la lenteur de la méthode de gradient à pas constant. Ou s’ils la connaissaient, ils arrêtaient leurs calculs en tout cas beaucoup trop tôt. J’ai pu reproduire certains des problèmes posés dans leurs articles en trouvant des solutions bien meilleures, parfois même en contradiction avec leurs conclusions, simplement parce que je m’étais intéressé à un domaine que je ne connaissais pas: les méthodes d’optimisations numériques.

Alors maintenant, lorsque je lis les conclusions d’un chercheur, même de haut niveau, même avec une équipe derrière lui, je reste prudent en me demandant s’il maîtrise bien toute la chaine technique qui l’a amené à ses conclusions. A-t-il utilisé la bonne méthode d’optimisation, a-t-il utilisé les outils mathématiques en respectant leurs conditions d’usage (conditions initiales, espaces affines et non pas linéaires, erreurs liées à la discrétisation numérique…). Autant d’erreurs de débutants qui peuvent passer inaperçues.

Et parfois je suis encore surpris aujourd’hui, surtout dans des domaines qui ne sont pas les miens, et que j’aborde avec modestie et humilité, de voir des soi-disant experts se prendre les pieds dans le tapis sans s’en rendre compte…

Interviews

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Coup sur coup, trois personnes m’ont demandé si j’acceptais de répondre à leurs questions. Je me suis prêté au jeu et je me suis dit que cela pourrait avoir sa place ici, comme un retour d’expérience.

Jérôme tient le blog Genma et a mis en ligne ici un échange que nous avons eu par email. Je vous invite à aller le lire et a découvrir son blog par la même occasion.

La revue MISC m’a fait l’honneur de s’intéresser à mon activité d’expert judiciaire et devrait publier le résultat de nos discussions dans son prochain numéro. Je suis encore abonné à un très petit nombre de revues, celles que je considère comme indispensables: MISC, GNU/Linux magazine France et « Revue Experts« . Je suis d’autant plus fier d’avoir été contacté par MISC. A quand une interview dans Linux Mag et dans Revue Experts?

Enfin, voici l’interview d’Alban réalisée dans le cadre de son projet tutoré sur les infractions informatiques et les attaques informatiques possible sur un réseaux wifi, effectué à l’IUT d’Orsay.

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Question: Expliquez votre rôle lors du déroulement d’une affaire judiciaire, le juge d’instruction vous confie divers matériels informatiques à expertiser avec une mission précise?

L’expert judiciaire peut intervenir dans de nombreuses procédures judiciaires, par exemple en matière commerciale ou dans une instruction. A chaque fois le rôle de l’expert est identique: il donne un avis indépendant au magistrat (qui est libre de le suivre ou de ne pas le suivre) en charge du dossier. Dans le cadre d’une instruction dans laquelle du matériel informatique a été saisi et mis sous scellé, le magistrat instructeur peut demander l’avis d’un expert judiciaire en informatique et lui confier les scellés. L’expert judiciaire doit alors répondre à des questions précises posées par le magistrat et mentionnées dans son ordre de mission. Dans mon cas, les questions sont souvent axées autour de la présence de fichiers d’un certain type. Dans ce billet, je donne un exemple de mission:

– Assister les services d’enquête du Commissariat de AAA au cours de la perquisition qui s’effectuera au NN rue YY à AAA et à la saisie du matériel informatique utile à la manifestation de la vérité;

– Prendre possession, dans ce même commissariat du scellé n°NN (PV n°NNNN/NNN) comportant les faux billets de 50 euros, portant le même numéro NNNNNNNNN, saisis par les services d’enquête au NN rue YY à AAA le NN mois NNNN;

– Analyser les faux billets ainsi que les contenus des disques durs, imprimantes et autres matériels informatiques utiles à la manifestation de la vérité, saisis;

– Dire si le matériel informatique saisi a été utilisé pour la contrefaçon, la falsification ou l’impression des faux billets saisis;

– Faire tous actes utiles à la manifestation de la vérité.

Question: Dans votre blog vous relatez une majorité d’affaires de pédo-pornographie, pensez-vous pour autant qu’internet est un repère de pédophiles?

Internet est un ensemble de réseaux informatiques reliés les uns aux autres. Ce n’est pas le seul, mais c’est le plus connu. De plus en plus de personnes dans le monde accèdent à internet, plus de 2 milliards d’après le site internetworldstats.com. Parmi ces personnes, il y a beaucoup de gens normaux, mais aussi des voleurs, des gangsters, des adorateurs du nazisme, des pédophiles, des zoophiles, etc. et cela dans des proportions qui doivent a priori être les mêmes que dans tout groupe d’êtres humains de très grande taille. Internet n’est pas un repère de pédophile, pas plus que ne l’est le réseau téléphonique ou le réseau autoroutier.

Il est par contre exact que j’ai écris beaucoup de billets sur des expertises judiciaires dans lesquelles j’étais missionné pour chercher sur des scellés des images de nature pédopornographique. Je vois à cela au moins deux explications:

– j’ai ouvert ce blog à fond noir pour évacuer par l’écriture le mal être que me cause ce type de dossier. En parler me fait du bien car je reçois le soutien de nombreux lecteurs. Je parle plus volontiers des dossiers qui me remuent que des dossiers qui concernent des litiges entre une SSII qui a mal gérée l’informatisation de sa cliente.

– sur l’ensemble des affaires que j’ai eues à gérer, les dossiers de recherche d’images pédopornographiques sont les plus nombreux. Il faut peut-être en chercher la cause auprès du garde des sceaux et des instructions qu’il donne dans les priorités des poursuites qui doivent être engagées.

Je pense que si j’avais été médecin, j’aurais sans doute écris beaucoup de billets sur des humains malades, sans pour cela qu’il faille en déduire que tous les humains sont tout le temps malades. Le fait que l’État poursuive en priorité les détenteurs d’images pédophiles échangées par internet ne signifie pas que tous les internautes sont des pédophiles. Même si certains politiques essayent de faire croire le contraire.

Question: Avez vous déjà réalisé des expertises pour des affaires d’infractions informatiques. Sont elles différentes des autres affaires?

Tous mes dossiers au pénal concernent des infractions informatiques supposées. Mais je soupçonne que derrière ce terme, vous voulez parler des cybercrimes, c’est-à-dire des infractions pénales commises au moyen d’un système informatique connecté à un réseau. Je suppose également que par « autres affaires » vous voulez parler de mes autres dossiers, comme par exemple des litiges entre un particulier et son vendeur informatique. La spécificité des cybercrimes est directement liée à sa définition: la présence d’un réseau (en général internet) présente rapidement un aspect international et donc l’intervention auprès de structures administratives, judiciaires ou commerciales étrangères. Les crimes concernés peuvent ne laisser que peu de traces à remonter (ou trop comme dans le cas des attaques DDOS). Un individu peut pénétrer un système à l’autre bout de la planète. Mais fondamentalement, chaque affaire est unique. Elles sont donc toutes différentes les unes des autres.

Question: Vous inspectez des disques durs, des GPS, avez vous été amené à étudier des équipements réseaux ou un système d’information dans son ensemble?

Oui, plusieurs fois. Je raconte dans ce billet une expertise dans une entreprise qui avait fermée. Je donne aussi un exemple d’analyse de messagerie faite in situ.

Question: Dans l’établissement ou vous travaillez, un accès internet est mis à la disposition des élèves, quels moyens avez vous mis en place pour respecter la LCEN et la conservation des logs de connexion?

Comme la plupart de mes collègues responsables informatiques, j’ai mis en place une charte informatique expliquant les règles d’usage de l’informatique de l’établissement et en particulier de l’accès internet. J’ai mis en place un serveur proxy SQUID transparent sur la passerelle de l’établissement pour relever les logs des accès internet. Ceux-ci sont croisés avec les adresses IP fournies par le serveur DHCP et les logs de connexion aux comptes informatiques. Ils sont ensuite stockés sur un serveur dédié pour être détruits automatiquement au bout de 12 mois. Par contre, j’ai toujours refusé de mettre en place un système de filtrage listes blanches / listes noires. Je compte plus sur la pédagogie et les explications que sur un système de blocage plus ou moins arbitraire et de toute façon très inefficace.

Question: Utilisez vous la technologie wifi dans établissement, si oui comment l’avez vous sécurisée?

Oui, comme dans toutes les grandes écoles d’ingénieurs, le wifi est maintenant un réseau indispensable. J’utilise un produit opensource qui s’appelle pfsense très facile à installer et qui de plus gère parfaitement le load balancing entre notre accès RENATER et une box ADSL. Toutes les bornes de l’établissement sont des bornes premiers prix non protégées. La connexion est donc très simple pour tous les équipements wifi. Une fois connecté sur le réseau wifi situé sur un LAN dédié, le lancement du navigateur déclenche une page web https spéciale gérée par pfsense et que l’on appelle « portail captif ». Il faut alors entrer ses login et mot de passe gérés par le LDAP de l’établissement (un AD Windows 2008 R2). Chaque étudiant (ou chaque chercheur) est responsable de son chiffrage (connexions https ou VPN privé) s’il souhaite protéger ses données qui passent « en clair » via les ondes radios wifi. Je dois reconnaître que la sécurité est loin d’être parfaite, mais elle me semble suffisante pour l’établissement.

Question: Votre fonction d’expert vous rend elle plus sensible dans votre rôle de responsable informatique?

La pratique des expertises judiciaires me plonge dans des affaires où des erreurs ont été commises. Il est évident que je tire les leçons à titre professionnel (et privé) de ces erreurs pour améliorer mon système informatique. L’exemple le plus parlant est celui des sauvegardes et des plans de reprise après incident. J’ai rencontré une entreprise qui a eu un sinistre dans sa salle serveur et qui était toute fière de disposer de toutes ses données sauvegardées, mais qui n’avait aucune solution pour les réinstaller (serveurs introuvables sur le marché, pas de machines de secours). J’ai également eu à gérer beaucoup de réunions d’expertise où la tension était palpable. Cette expérience me sert dans les situations de crise que je peux rencontrer dans mon univers professionnel. Être expert judiciaire, c’est aussi aller voir chez les autres comment cela se passe, quelles solutions ont été choisies, quelles méthodes sont utilisées. Et cela, c’est toujours enrichissant.

Bonne chance pour votre projet tutoré.

Cordialement,

Zythom

Les mentors

joie

Je parle souvent ici de mes souvenirs, des faits de mon passé qui m’ont marqué. Conformément à la ligne éditoriale de ce blog, les anecdotes sont égocentrées et tirées de ma propre expérience.

Pourtant, je ne suis que ce que mes maîtres ont fait de moi. Je suis un nain posté sur les épaules de géants.

Quels sont ces géants?

– Mes parents, bien sur, qui m’ont élevé (au sens propre et figuré);

– Ma sœur, qui m’a soutenu, en particulier pendant les années noires des classes préparatoires;

– Ma femme, qui a éveillé ma conscience morale (et pas que), en particulier lors de nos discussions sur la peine de mort;

– Mes professeurs, de la crèche au doctorat, et en particulier LP qui m’a appris à désapprendre au début de mes années de recherche;

– Les spéléologues JYP et AJ qui ont partagé avec patience et passion leurs connaissances sportives et intellectuelles abyssales;

– Les élus que je côtoie une fois par semaine et qui consacrent (eux) beaucoup (plus) de temps à régler les problèmes de la vie de notre collectivité;

– Les experts judiciaires, et en particulier ceux (et ils sont nombreux) qui offrent, plus qu’ils ne monnayent, leur savoir-faire à la justice;

– Les auteurs de SF, Asimov, Clark, van Vogt, Herbert, Dick, Lovecraft, Bradbury, Pohl, Heinlein, Simak, Sturgeon, Haldeman, Laumer et les autres, qui peuplent mes soirées et mes rêves d’explorations spatiales et temporelles;

– Les blogueurs, et en particulier Maître Eolas, qui m’ont encouragé, pris sous leurs ailes, et conseillé quand certains ne me voulaient pas que du bien;

– Les étudiants qui, par leur travail, leurs exigences et leur enthousiasme, font que tous les matins, j’ai hâte d’être au boulot;

– Mes enfants, qui me montrent presque tous les jours que l’on peut apprendre à ses aînés;

Et puis bien sur, il y a vous, chère lectrice et cher lecteur, qui me faites l’honneur de venir encore ici, sur ce petit coin d’internet alors qu’il y a tant de chose à voir ailleurs.

Je suis la somme de toutes les expériences que vous m’avez apportées.

Merci encore à tous.

Penser à tout

eclairage

On ne peut pas penser à tout. Le plan B peut être défaillant, le plan C aussi. On peut imaginer que les utilisateurs vont réagir comme cela, on peut penser prévoir tous les évènements possibles. Mais dans la réalité…

Un jour, pour changer un peu la routine de l’exercice d’évacuation incendie de l’école où je travaille, j’ai eu l’idée de pimenter celui-ci avec des fumigènes… Pour corser un peu le problème, j’ai déclenché les fumigènes dans le hall de l’école, où tous les étudiants ont l’habitude de se réunir pendant les pauses de la journée. Je précise que les fumigènes étaient placés dans un local technique pour simuler un feu d’armoire électrique.

Et j’ai observé le déroulement de l’exercice.

Au bout de 10s, la fumée a envahi le hall et a été détectée par le système de sécurité incendie. Notre système a une temporisation de 2mn avant le déclenchement des sirènes d’évacuation (c’est interdit depuis par la règlementation, mais pourtant bien pratique pour éviter les fausses alertes). Dès le début de la détection, les téléphones de l’équipe sécurité se mettent à sonner. Je les vois commencer à s’agiter. Quelques étudiants qui passaient par là par hasard s’approchent du local technique avec un extincteur. Je les remercie et leur explique qu’il s’agit d’un exercice. Je suis fier d’eux.

A M+2mn, les sirènes se mettent en route. Elles sont assourdissantes. Comme il pleut dehors, tous les étudiants choisissent de passer par le hall, au lieu de sortir par les issus de secours. Une partie non négligeable passent tous près de l’incendie en toussant pour rejoindre le lieu de regroupement. Les autres font demi tour et accélèrent le pas en voyant la fumée. Certains veulent rester dans les salles « parce qu’il pleut ». Les enseignants appliquent les consignes et forcent les récalcitrants à sortir.

M+4mn, tout l’établissement est évacué, la pluie s’arrête, beaucoup de monde est présent au point de regroupement. L’appel est en cours par les enseignants. Mon équipe de sécurité incendie inspecte tout l’établissement pour s’assurer que tout le monde est sorti.

Je repère quelques étudiantes qui sortent des toilettes. Je les presse de rejoindre l’extérieur. Je visite les salles informatiques. Je repère un étudiant avec son casque de musique sur la tête en train de travailler dans une salle en libre service. Le responsable de zone me dit qu’il est sur que la salle était vide. L’étudiant me confirme être en train de se connecter et qu’il vient d’arriver pour travailler. Il n’a pas entendu les sirènes. Je suis sceptique. Je l’envoie vers le point de regroupement.

Un responsable de zone m’informe que des étudiants souhaitent rentrer dans leur salle de cours pour prendre leurs affaires car ils veulent aller manger. Nous sommes à M+6mn et l’incendie est toujours en cours. Je n’imaginais même pas que l’on puisse penser à rentrer dans un bâtiment en feu pour une telle raison.

M+7mn, je déclare la fin de l’alerte à l’ensemble des personnes regroupées. C’est à ce moment là que les pompiers sont arrivés, prévenus par téléphone par plusieurs personnes qui ont vraiment cru à un incendie.

Les pompiers ont été très gentils et ont trouvé mon idée originale et sympathique. Ils m’ont simplement demandé de les appeler avant pour les prévenir de l’exercice.

On ne peut pas penser à tout.

J’ai depuis modifié mon cours de présentation des consignes incendie, renforcé les contrôles post-évacuation. Je préviens toujours les pompiers lors des exercices. Et j’essaye d’imaginer tous les cas de figures possibles.

Il faut penser à tout.

Intelligence artificielle

dave

Je suis depuis longtemps fasciné par le concept d’intelligence: qu’est-ce que l’intelligence, comment la mesure-t-on, peut-on la simuler artificiellement, comment se développe-t-elle, etc.

Je pense qu’une partie de mon attrait pour l’informatique vient de ce domaine très particulier qu’on appelait auparavant « Intelligence Artificielle » et qui fait maintenant parti du champ plus vaste des Sciences Cognitives qui sont en plein développement.

Je me souviens avec émotion de mes premiers programmes qui résolvaient des problèmes aussi complexes que la réduction de fraction ou le calcul de PGCD et de PPCM. Ces programmes s’appropriaient des compétences réservés jusque là aux seuls humains. J’ai connu la montée en puissance des programmes de jeux d’échec jusqu’au choc final de la première défaite d’un homme face à une machine (Gary Kasparov vs Deep Blue en 1997).

Mais la création d’une véritable intelligence artificielle reste à faire. Aucune machine n’a à ce jour réussi le Test de Turing, à savoir être capable de soutenir une conversation avec un être humain sans que celui-ci puisse deviner avec certitude s’il parle avec une machine ou avec un autre être humain.

J’ai pour ma part réalisé mon mémoire de DEA (Diplôme d’Études Approfondies, diplôme aujourd’hui disparu, une sorte d’année Master2 orientée recherche) sur le sujet de la « Logique temporelle », extension du calcul des prédicats incluant des opérateurs spécifiques liés au temps (avant, après, pendant telle durée, etc). J’ai préparé ce diplôme en parallèle à ma dernière année d’école d’ingénieurs, et pour cela je suivais des cours à l’Université tous les samedi matin. Je raconte d’ailleurs ici même ma première conférence effectuée sur ces travaux…

Si les considérations théoriques peuvent sans aucun doute faire progresser la recherche d’une intelligence artificielle, j’avais envie d’explorer la question sous un autre angle: le fonctionnement du cerveau. J’ai donc préparé (et passé) une thèse dans le domaine, à la mode à l’époque, des réseaux de neurones formels. J’y a consacré quatre années passionnantes de ma vie à étudier les réseaux de neurones bouclés à apprentissage supervisé (le bouclage du réseau introduisant une récurrence et donc l’introduction du temps dans le système, ce qui était ma spécialité de DEA).

J’ai adoré travailler avec des neurobiologistes, des éducateurs de jeunes enfants, des neurochirurgiens, des psychiatres et des cogniticiens. En tant qu’ingénieur informaticien, j’étais le lien, le liant entre toutes ces disciplines qui me fascinaient. J’avais (et j’ai encore) tout à apprendre, à comprendre. Comment le cerveau est-il structuré, organisé, quel est le rôle supposé de chaque niveau, de chaque structure, pourquoi un ensemble aussi « lent » par rapport au temps électronique est-il capable de reconnaitre un visage parmi des milliers mémorisés, pourquoi quand un morceau du cerveau manque (après un accident par exemple), les facultés restent intactes parfois…

Mes choix de vie personnels m’ont écarté de ce champ de recherche, mais je suis sur que des progrès considérables pourraient encore être accomplis, avec en particulier des applications concrètes en automatique et en météorologie, ou dans tout domaine où l’obtention de modèles non linéaires de type boite-noire pourraient être utiles. Mais je ne suis pas irremplaçable et la recherche se porte très bien sans moi. Donnez-moi 10 millions d’euros et je vous promets de consacrer toute ma vie restante à ce sujet (montant non remboursable, Paypal accepté, sans garanti de résultat). Mais obtenir d’un réseau de neurone une simulation d’un système non linéaire, si cela serait très utile pour les ingénieurs, n’en fait pas une machine intelligente. Et pourtant, plus la science avance, plus le fonctionnement électrique et chimique du cerveau est bien compris. C’est le fonctionnement d’ensemble, l’algorithme, qui n’est pas encore connu.

Bien entendu, l’existence d’une machine intelligente marquerait une étape considérable dans l’histoire de l’humanité. J’ai dévoré tous les ouvrages (ou presque) de science-fiction qui traitent du sujet: les Asimov bien entendu, et autre Clarkeries. Je guette souvent la sortie au cinéma de chaque film de science-fiction traitant plus ou moins du sujet (comme A.I. de Spielberg).

Mais les années passent, les concours d’intelligence artificielle s’enchainent les uns après les autres, mais aucune machine capable de rivaliser avec un cerveau humain, même moyen, n’a encore vu le jour.

Alors quand ma fille ainée de 16 ans, à qui je faisais part de ma déception de ne pas vivre cette révolution, m’a répondu: « Mais enfin, papa, une machine intelligente, ça ne pourra jamais exister », je me suis dis qu’elle avait peut-être raison.

Mais j’espère encore.

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Source image le magnifique site « If we don’t, remember me »

Bilan 2010

tranches

Je n’aime pas regarder en arrière. Cela me rend inutilement nostalgique et je préfère toujours m’activer sur des projets. J’aime le lundi parce que toute la semaine s’offre à moi pour avancer dans ma vie professionnelle ou dans ma vie publique. J’aime le vendredi soir, car tout le week-end s’offre à moi pour avancer dans ma vie privée ou dans mes expertises (j’ai aussi des expertises dans la semaine, une vie publique le week-end et une vie privée tout le temps mais vous saisissez l’idée).

Pour autant, il me paraît sain de temps en temps de faire un point, non pas pour simplement regarder le travail accompli, mais pour observer le passé. Et rien de mieux que le changement d’année pour cela.

Bilan de mon activité d’expert judiciaire.

J’ai eu beaucoup de missions en 2010, principalement au pénal, surtout des dossiers de recherche d’images ou de films pédopornographiques, dont une a duré des mois aidez-moi. C’est toujours la raison d’être de la couleur noire du fond de ce blog, tant décriée par plusieurs lecteurs. Mais j’ai eu aussi de « belles » affaires, techniquement très intéressantes et dont je parlerai peut-être ici-même. En particulier, j’ai eu à faire de l’archéologie informatique sur des systèmes d’exploitation antiques qui m’ont rappelé de bons souvenirs.

J’espère pouvoir en parler dès que je recevrai mon courrier de confirmation de réinscription comme expert judiciaire, mais un coup de fil au greffe de la Cour d’Appel m’a permis de savoir que les magistrats avaient accepté mon dossier. J’ai bu une bonne bouteille à cette occasion… Mais comme Saint Thomas, j’attends le courrier officiel (pour ouvrir une autre bouteille).

Bilan professionnel.

Je travaille dans une école privée d’ingénieurs que je considère comme très performante, avec un vrai projet de formation efficace, soutenue par les collectivités publiques, l’État et l’Europe. J’ai la chance d’appartenir à une équipe de direction soudée, solidaire et dynamique. Je l’écris sans flagornerie puisque personne n’y connait l’existence de ce blog. Mon employeur me donne les moyens nécessaires pour toute la partie technique et informatique de l’établissement. J’ai également une équipe de techniciens très compétents qui travaille avec moi avec enthousiasme. Enfin, les étudiants sont sérieux et épanouis, ce qui m’encourage toujours à porter leur projet professionnel. Et puis, c’est toujours agréable de travailler avec des clients qui ont chaque année entre 18 et 23 ans (en tout cas, cela motive à rester dans le coup).

Bilan de ma vie publique.

Être conseiller municipal, c’est s’impliquer concrètement dans la vie de sa cité. Beaucoup moins qu’un adjoint, mais suffisamment pour bien remplir certaines soirées. Je regrette néanmoins qu’il n’y ait pas d’opposition dans mon conseil municipal. Je pense que certaines décisions seraient plus discutées, plus préparées. En tout cas, il ne manque pas de choses à faire dans une commune et j’aime beaucoup ce travail de l’ombre. Certains sont faits pour être mis en avant, d’autres pour être les briques de base. Je suis de ces dernières.

Les projets municipaux avancent, pour le bien de tous. Le budget est équilibré, bien préparé par les adjoints. Il y a une vraie politique sociale en direction des plus démunis, des plus fragiles. Je suis fier de travailler dans cette équipe.

Bilan de ma vie personnelle.

Je suis un homme heureux. J’ai une famille fantastique: mes enfants grandissent, ni trop vite, ni pas assez vite, et j’ai une épouse extraordinaire, même si elle ne veut pas que je parle d’elle sur ce blog. Et elle fait un métier passionnant. Pour moi donc, l’année 2010 a été globalement très positive. Je n’ose pas trop en parler tant je lis ici ou là que tout le monde est content de tourner cette page pour ouvrir celle de 2011. Si un bonheur ne doit pas s’afficher, au moins qu’il se partage. Je m’y emploie.

La famille élargie aux parents, frères et sœurs, beaux parents, beaux frères et belles sœurs est soudée, surtout quand la maladie frappe douloureusement. Chère belle sœur qui lutte contre la maladie si loin de nous, mes pensées t’accompagnent chaque jour.

En 2009, j’avais fait une « wish list » dont j’avais fait le bilan un an après. Je vais faire ici le bilan de ce bilan et compléter la liste:

– être toujours vivant, si possible en bon état [ok, ça, c’est bon, mais il faut sérieusement penser à reprendre le sport et perdre 10kg]

– arriver à compléter le tri sélectif au boulot avec la récupération du papier par une filière de recyclage [ok, fait cette année]

– stopper l’inflation du nombre de PC à la maison (10 début 2009, 9 début 2010) [ok, virtualisation de mes 2 machines d’expérimentation = 7]

– arriver à obtenir le paiement des expertises judiciaires effectuées (un an de retard) [non, toujours un an de retard, et je crains le pire en 2011]

– ranger mon bureau professionnel [c’est fait, en partie]

– ranger mon bureau personnel [re raté, pas d’excuse]

– acquérir une paire de lunette vidéo 3D [raté, mais j’ai toujours bon espoir d’une baisse des coûts avec l’arrivée des TV 3D]

– migrer l’ensemble des serveurs du boulot (>6ans) vers de nouveaux serveurs virtualisés [yes, we have done it]

– arriver à faire fonctionner cette $#%µ& régulation de chauffage au boulot [raté, mais le propriétaire s’y intéresse un peu plus chaque année]

– remplacer les chaudières gaz du boulot (2x800kW quand même) par des / panneaux solaires / éoliennes / chaudières bois / forages géothermiques (rayer les mentions inutiles) [raté, les chaudières sont en trop bonnes formes. Mais un projet d’étude sur des panneaux solaires d’appoint démarré début 2010 a abouti. Reste maintenant l’obstacle des financements. L’État semble faire machine arrière…]

– travailler moins et gagner plus [raté, je travaille plus pour le même salaire, mais mon boulot est de plus en plus intéressant]

– faire évoluer les serveurs web du boulot [non, remplacé par le changement du système d’information. La vraie évolution sera pour 2011]

– faire un peu plus de sport et plus régulièrement [non, j’ai arrêté la course à pied et le tennis]

– m’intéresser de plus près aux outils des Pentesters [raté, là aussi, c’est un métier. J’ai travaillé quand même sur une meilleure maîtrise de WireShark]

– m’intéresser de plus près aux travaux scolaires de mes enfants [oui. Je suis incollable sur les forces (1èreS), la guerre de 100 ans (5e) et les verbes du 1er groupe (CE2)]

– m’intéresser de plus près aux travaux extra scolaires de mes enfants [ok, je fais 2000 kms par jour pour les accompagner partout. Enfin, surtout mon épouse.]

– assister au moins une fois à une Berryer [raté]

– rencontrer IRL Me Eolas, Me Tarquine, Mme Aliocha, Mr Boulet, Mr Sid, Me Mô, Mr Gloaguen, Mr « Authueil », Mme Bonjour et être capable d’aligner une ou deux phrases sans balbutier [0 pointé cette année].

– et bien sur, continuer de rêver [ok, ça, on ne pourra pas me l’interdire].

J’ajoute à la partie non atteinte de la liste, les objectifs suivants pour 2011:

– postuler pour une inscription sur la liste de la Cour de Cassation (si, si:)

– suivre plus de formations techniques, en particulier auprès des pentesters

– approcher quelques experts judiciaires pour leurs soutirer des billets invités

– me préparer à devenir expert judiciaire « prestataire de services »

– mettre en place des enquêtes de satisfaction clients auprès des étudiants

– encourager le personnel de l’établissement à venir en vélo plutôt qu’en voiture

– venir moi-même en vélo

– acheter un vélo

– migrer le système d’information de mes trois sites de production

– suivre de près la rénovation de l’école primaire de ma commune

– finir l’implantation de l’aire d’accueil des gens du voyage et les accueillir

– dire et montrer l’amour que je porte à mes proches et être réellement présent dans les difficultés. C’est un peu simplet, mais la vie a aussi besoin de choses simples.

Et je conserve ma conclusion de l’année dernière pour 2011:

Bonne année à tous! Qu’elle vous apporte joie et bonheur.

Si je peux me permettre de pasticher Margot Motin:

un quintal de Chantilly Powa dans ta face! Poutoux-poutoux-coeur-paillettes-et-bonne-année 🙂