On peut pleurer en lisant un blog

Peut-être est-ce parce que je suis papa de trois enfants, peut-être est-ce la fatigue de fin de journée, toujours est-il que vous êtes prévenu: la lecture de ce billet va vous faire mal: https://www.nichevo.org/article-6805111.html

A lire quand même.

Vérifiez vos halogènes et ne laissez pas vos enfants seuls.

[Edit du 18/01/2011] Le blog n’existe plus, je remplace le lien vers web.archive.org et recopie ci-dessous le texte du billet pour un temps d’accès plus rapide: texte de Nichevo

Sur appel SP , incendie au rez de chaussée d’un immeuble ; locataire absent.

J’ai juste eu le temps d’entendre le message à la radio que mon téléphone se met à sonner ; je devine le standardiste qui cherche l’Officier de Police de permanence pour le traditionnel « avis OPJ », indispensable dans le protocole judiciaire.

Je prends mes affaires ; une collègue, mère de famille, m’accompagne. Nous nous dirigeons vers le sinistre.

Les pompiers ont déplacé force matériel ; deux véhicules et la grande Échelle ; pour une intervention au rez de chaussée, on aurait pu éviter. Le capitaine des pompiers est présent, il m’indique que le feu est parti du salon ; les fumées toxiques se sont répandues dans l’ensemble de l’appartement puis dans la cage d’escalier de l’immeuble.

Une trace noire est visible au dessus des fenêtres de cet appartement. Le feu est sur le point d’être maitrisé .Impossible de pénétrer à l’intérieur ; Il y a encore trop de fumée et la chaleur est trop intense.

Les voisins ne savent pas ; nous avons juste un nom de locataire. ; une famille turque ; Je connais ce nom.; de gros ventilateurs brassent la fumée. Il faut l’évacuer, c’est elle qui tue et non les flammes. Ce nom me dit vraiment quelque chose.

Il faudra attendre une demie heure avant de pouvoir accéder dans les lieux..

Les pompiers fouillent les trois chambres, le salon ; tout est noirci ; les murs irradient une chaleur insupportable ; le sol n’est qu’une flaque d’eau noire; il faut faire attention aux tuyaux; il n’y a plus de lumière, ; le faisceau de la ma lampe éclaire les murs dégoulinants ; je me sens un peu comme Job dans le ventre de la baleine ; on dirait que l’appartement est un organisme vivant; je franchis le couloir principal et j’arrive dans une chambre d’adulte ; elle est là , sous la couette, allongée sur le dos, dans son petit pyjama ;

Ses bras sont lancés en avant ; ses doigts ont cherché à attraper un dernier souffle d’air frais ; elle s’est cachée sous la couette pour échapper à la fumée. Une petite fille de deux ans environ; La seule occupante des lieux.

Le sergent des pompiers est un grand gaillard avec une moustache blonde et des yeux bleus ; il a le visage noir de fumée ; ses yeux sont humides ; il s’excuse et quitte les lieux ; c’est un père de famille.

Ma collègue tente de rester mais son petit dernier a le même age que cette petite poupée grise, pétrifiée à jamais sur ce lit Elle quitte la pièce en pleurant.

Je vais donc rester avec cette petite chose morte ; les fenêtres sont ouvertes et l’on entend un cri ; le cri d’un père qui vient d’arriver et qui devine que tout va mal.

Ce cri me permet de reprendre pied et je commence mes constatations ; la salle de commandement me demande force détail sur l’age, et l’identité de la petite victime ; je n’en ai encore aucune idée. L’équipage des collègues en tenue va prendre ces renseignements Je demande l’intervention du médecin légiste et je fais un tour de l’appartement ; le feu a pris dans le salon ; les murs sont nettement plus chauds à cet endroit et les matières sont carbonisées, tout particulièrement à proximité d’un pied métallique, un lampadaire halogène qui a du tomber ; la chaleur a du enflammer un tissu ou du papier à proximité, je demande aussi l’intervention du laboratoire central pour effectuer des prélèvements ; l’image de la petite fille est imprimée dans ma tête ; il va falloir retourner dans la chambre car le médecin légiste est déjà là.

C’est une petite bonne femme en blouse blanche avec un accent espagnol et une longue chevelure brune; elle a déjà derrière elle une longue carrière à l’étranger; les cadavres ne lui font pas peur.

Elle examine à présent l’enfant ; cette petite fille est agée approximativement de deux ans ; elle n’a aucun lien, aucune entrave, aucune autre blessure apparente . La mort est due à une asphyxie. Rapide et pratiquement indolore.

Le légiste retourne alors ce petit cadavre sans aucune retenue . Elle scrute méthodiquement les parties génitales de l’enfant. ; il faut vérifier si cette petite fille n’a pas été violée.

Les deux pompiers qui étaient encore avec nous sortent sous des prétextes divers.

Il n’y a plus que moi, le médecin légiste et la petite victime dans cette chambre.

Un prélèvement est effectué et puis on recouvre la petite avec cette couette , son linceul de fortune.

J’ai juste le temps de voir une moitié de nounours sous le lit. Je regarde cette peluche, blanche à l’origine. Elle est grise maintenant . Un cadre photo apparaît sur une table de nuit ; j’enlève un peu la suie et et la petite est là , souriante dans sa robe à fleurs, derrière un fond bleu. ; les larmes me montent aux yeux.

Il faut que je sorte.

Je suis sur le seuil de l’immeuble. Ma collègue est allé soutenir un vieux chêne, une main posée sur son écorce; c’est un des rares chênes qui a survécu à cet urbanisation. Les pompiers boivent silencieusement un pack d’eau. Le laboratoire de police arrive avec l’ingénieur qui procède aux prélèvements.

Un autre cri. Le père m’a vu et il sait qui je suis ; Je l’avais déjà eu dans une petite affaire de fermeture tardive de son restaurant. C’est donc lui.

Il mesure un mètre quatre vingt quinze et pèse au moins cent vingt kilos. Il vient vers moi et me tombe dans les bras en pleurant.

Le commissaire de permanence vient d’arriver ; il constate la scène et attendra son tour avant de me demander un compte rendu pour les autorités.

Le père ne veut plus me lâcher ; je suis à la fois un visage connu, un membre de la famille, une autorité qui lui dira ce qui s’est passé, Je le prends à part et je lui explique les faits ; l’incendie, la fumée ; le fait que la petite n’a pas souffert. Je n’en sais foutre rien en fait.. Je demande pourquoi la petite était seule à la maison.

Il ne sait pas. Sa femme aurait du être là. . Je lui demande de ne rien faire contre sa femme tant que nous ne lui avons pas parlé.

Nous la voyons alors arriver avec ses cabas remplis à raz bord ; elle lâche tout en nous voyant. Il n’y a pas besoin de parler. Elle sait tout en deux secondes. Nous sommes en pleine tragédie. Les voisins parlent à voix basse. Un enfant vient de mourir. Chacun reprend son môme ; Ils ne traîneront pas dans la cité ce soir..

Il faut aller au service pour prendre les dépositions des uns et des autres. Le père ne pourra pas s’y rendre ; il fait maintenant une crise de nerfs et il est pris en charge par les pompiers.

Sa femme est prise en charge par des amis de la communauté turque.

J’ai peur pour elle et je demande à un membre de la famille que rien ne lui arrive sinon nous pourrions nous intéresser de plus prêt à leurs affaires.

Le message est passé ; le travail , c’est sacré dans cette communauté. Il n’arrivera rien à cette femme mais son mari ne lui pardonnera jamais.

Je n’ai pas assisté à l’autopsie de ce petit corps ; Un autre collègue y est allé. Un père de famille lui aussi qui n’a pas dit un mot à son retour.

C’était une petite poupée, une petite fille adorable. Un petit fantôme qui m’accompagne encore aujourd’hui avec son sourire et sa petite robe fleurie.

Musique légale gratuite en ligne

Je voudrais saluer l’ouverture d’un site français de musique légale gratuite en ligne: deezer.com

Il ne s’agit pas de téléchargement, mais d’écoute en ligne à partir d’un simple navigateur. Le catalogue est bluffant car on y trouve un nombre incroyable de morceaux de musique (200 000 d’après le créateur du site).

Le système est agréé par la SACEM et est financé par la publicité.

Bon, personnellement je ne risque pas de rapporter beaucoup en clic publicitaire grâce à l’extension Firefox « adblock plus » qui a transformé ma navigation (et ma vie!). Je tiens pour ma défense à dire que j’avais déjà développé une cécité naturelle aux publicités quand je naviguais sous IE. Une évolution darwinienne sans doute.

Pour me faire pardonner, je continuerai à aller acheter quelques cédéroms pour mes compilations de voiture.

Bonnes vibes.

PS: interview du créateur.

Portable internet

L’une de mes nièces veut entrer dans la Gendarmerie.

Non seulement, je l’encourage car j’ai toujours apprécié de travailler avec des gendarmes, mais nous nous sommes cotisés dans la famille pour lui offrir un ordinateur portable.

Et bien sur, je me suis proposé pour dénicher la perle rare: petit prix pour qualité supérieure.

Me voilà parti à la quête du Graal, cherchant sur internet les meilleures offres actuelles: google, dell, cdiscount, rueducommerce, kelkoo sont mes amis du moment. Après moultes recherches, mon choix se porte sur un dell cousu main par mes soins pour un vaillant montant de 663 euros (livraison incluse).

N’étant pas seul bailleur de cet achat, je lance la nouvelle par email à mes différents cofinanceurs. En ces périodes de vacances, je prends patience pour les réponses…

C’est donc avec l’esprit serein que je vaque à mes vitales occupations estivales: j’étais en train de pousser le caddie faire les courses dans la grande distribution du coin quand soudain je me retrouve par pur hasard dans le rayon informatique.

Regardant d’un oeil distrait les prix des différents ordinateurs, je tombe en arrêt tel un chien de chasse compagnie devant un Compaq à 499 euros… Je regarde les caractéristiques: parfait pour l’usage bureautique auquel il est destiné.

Petit prix, bonnes caractéristiques, je saisis un carton quand un vendeur m’aperçoit:

« Vous avez besoin d’aide? »

Moi: [Non, je sais mettre un carton dans mon caddie] Oui, l’antivol est enlevé à la caisse normale?

Le vendeur: « Ah non Monsieur, vous devez passer par notre hôtesse informatique. Quel sera l’usage de ce portable? »

Moi: [Mais ça te regarde pas!] C’est pour faire de la bureautique.

Le vendeur: « Si vous souhaitez utiliser Internet, j’ai un très beau modèle pour 150 euros de plus »

Moi: [Ah parce qu’un portable Celeron Wifi avec 1Go de RAM ça peut pas accéder à Internet?] Non merci, ce modèle me convient très bien.

Le vendeur: « Vous ne souhaitez pas accéder à Internet? »

Moi (glacial): Non

Je vous passe les détails suivants relatifs à la garantie trois ans indispensable et l’assurance casse quasi obligatoire. J’ai payé les 499 euros sous le regard désapprobateur du vendeur navré devant tant d’incompétence.

J’ai ouvert le carton, démarré le portable, chargé la batterie, désinstallé tous les programmes inutiles, installé OpenOffice, Ccleaner, Firefox, Thunderbird, media player classic et toutes les mises à jours de sécurité.

J’ai une machine agréable (écran 15″) et légère.

Ma seule hésitation a été de retirer Vista pour y mettre Windows XP… Mais dans ce cas, j’aurai du payer une licence supplémentaire. Dès que ma nièce sera dans la gendarmerie, je lui demanderai quelle est la politique de licence pour les OS.

Avec un peu de chance, je lui installerai un petit Debian de derrière les fagots.

En tout cas, le portable fonctionne très bien sur Internet.

N’importe quoi!

Pas de vacances

Cette année, pas de vacances… Pas le temps, pas d’argent.

Il faut faire une terrasse.
Il faut calfeutrer la cave.
Il faut mettre des plinthes dans toutes les chambres.
Il faut peindre toutes les portes.
Il faut tapisser les couloirs.

Je dois arriver à installer XEN sur mon PC.
J’ai deux expertises à terminer (mais je suis dans les temps).

Trois enfants, une femme et la vie à aimer.

Bogue suite

Je trouve particulièrement amusant que le mot « bug » soit entré dans le vocabulaire de base des jeunes adolescent(e)s. Ma fille utilise (trop) souvent l’expression « Papa, vient voir ya la télé qui bugue ». Cela me fait toujours sourire, me fait fondre et m’oblige à courir donner un grand coup de poing sur le décodeur TNT (en fait, je le débranche et le rebranche, cela vous rappelle quelque chose?).

J’ai raconté il y a quelques temps une anecdote dans laquelle la discussion lors de la réunion d’expertise a porté sur la définition du terme « bug » ou « bogue ».

En me promenant sur le réseau international de communication entre ordinateurs (c’est plus classe à mon âge que de dire « surfer sur Internet »), je suis tombé encore et toujours sur un article de wikipédia où il est question de « Mandelbug« , « Schödinbug« , « Heisenbug » et « Bohr bug« .

Pour tous ceux que les billets truffés de liens agacent, je résume un peu les définitions:

Mandelbug: c’est un bogue dont les causes sont si complexes que son comportement apparaît chaotique ; il le reste tant que le testeur n’arrive pas à établir précisément un comportement déterministe d’apparition du bogue.

Schödinbug: c’est un bogue qui n’est pas découvert et non gênant pour les utilisateurs, mais qui apparaît après que quelqu’un a relu le code source ou utilise le logiciel d’une façon non habituelle.

Heisenbug: c’est un bogue basé sur le principe d’incertitude d’Heisenberg « observer une structure modifie son état » (ex: le programme tourne sous le débogueur, mais pas sur la ligne de commande).

Bohr bug: c’est un bogue qui, à la différence des heisenbugs, ne disparaît ni n’a ses caractéristiques modifiées lorsqu’il est recherché: il est persistant.

A cette liste, j’ajoute le:

Zythombug: c’est un bogue qui disparaît au moment où arrive l’informaticien que l’utilisateur a fait venir pour le dépanner.

Dans l’expertise citée en tête du présent billet, nous avions affaire à un « mandelbug ». Je ne suis pas sur que les parties auraient appréciées mes explications…

Et pour ne pas mourir idiot, un extrait du dictionnaire de l’Académie française (neuvième édition):

I. BOGUE n. f. XVIe siècle. Mot de l’Ouest, probablement issu du breton bolc’h, «cosse de lin». BOT. Enveloppe de certains fruits, armée de piquants. La bogue de la châtaigne, du marron d’Inde, de la faine.

II. BOGUE n. f. XVIe siècle. Emprunté de l’ancien provençal boga. ZOOL. Poisson de la famille des Sparidés, commun en Méditerranée, à nageoire dorsale épineuse.

III. BOGUE n. f. XIXe siècle. Emprunté de l’italien du nord boga, «chaîne, anneau de fer», d’origine germanique. Anneau fixé au manche d’un gros marteau de forge.

Interro demain pour voir!

Car de bon matin je remarquais sa banalité

Tous les jours nous effectuons des milliers de petits gestes automatiques, fruits d’habitudes prises au fil du temps. Parmi ces gestes se trouvent de nombreux rituels dont la répétition quotidienne nous rassure. Des exemples? Réfléchissez aux gestes que vous effectuez tous les matins dès votre réveil. La succession des situations est toujours la même et vous est très personnelle. Certains poseront le bouchon du tube de dentifrice à la gauche du verre à dent, d’autres prennent leur café avant toute chose.
Bref, toute une succession de gestes quasi rituels.
Et tous les jours, toujours la même succession.

C’est d’ailleurs l’un des charmes des vacances que de casser un peu ces rituels, pour les remplacer par d’autres…

A bien y réfléchir, l’enchainement des opérations est bien souvent optimisé: l’ordre ne doit rien au hasard et correspond à une logique de productivité. Parfois néanmoins la décision tient du hasard, une autre fois elle émane plutôt d’une coutume familiale, et quelquefois les raisons sont difficiles à cerner avec certitude. Par exemple, le poignet sur lequel vous fixez votre montre, ou bien le choix de placer douze heures sur une montre mécanique (alors que les journées comptent 24h).

Et bien, je vous propose de faire voler en éclat toutes ces petites habitudes: changez votre montre de poignet, achetez en une de 24 heures, brossez vous les dents avant de vous doucher (ou l’inverse), allumez l’écran de votre ordinateur avant celui-ci, posez vos clefs de voiture ailleurs qu’à leur place habituelle…

Bref, chaque fois que c’est possible, sans mettre une vie en danger (ne passez pas au feu rouge, mais arrêtez-vous à l’orange!), modifiez ces milles gestes qui rassurent et qui confortent le cerveau dans sa quête de l’effort minimum. Faites ces micro révolutions et vous verrez que vous êtes parfois englués dans un certain conservatisme qui vous surprendra.

Pour ma part, j’ai décidé de dormir sur le dos. Après une première nuit de quelques heures, après quelques jours d’inconfort, et bien j’y suis arrivé.

J’ai décidé d’acheter une montre de 24 heures, plus logique à mes yeux (j’ai choisi celle avec midi en haut et minuit en bas). Après un mois d’utilisation, je suis capable de lire l’heure d’un coup d’oeil.

J’ai décidé de changer de route plusieurs fois par semaine pour aller au travail (c’est facile en velib!). Cela casse les mauvaises habitudes et rend plus vigilant.

Cela stimule le cerveau.
Cela rend plus intelligent.

Bon, mais où ai-je mis mes clefs?

PS: explication du titre: « Car de bon matin je remarquais sa banalité » (Quart / Demi / Bouteille / Magnum / Jéroboam / Réhoboam / Mathusalem / Salmanazar / Balthazar / Nabuchodonozor). Vous l’avez compris, rien à voir entre le contenu et l’étiquette du contenant, car tel est mon bon plaisir…

LA première fois…

Pour une fois, dans la rubrique « Anecdotes expertises« , un souvenir datant d’avant ma prestation de serment comme expert judiciaire.

Il s’agit d’un souvenir de jeunesse.

Parisien d’adoption pendant mes années d’études, il m’arrivait souvent de trainer sur le boulevard St Michel à la recherche de livres d’occasion pour compléter ma bibliothèque de science-fiction.

Ayant dépensé une somme assez rondelette en Asimov, Heinlein et Clarck, je décide de pousser plus avant vers la bibliothèque (gratuite) du centre Georges Pompidou. Il me faut pour cela traverser l’Ile de la Cité via le boulevard du Palais. J’ai plusieurs heures à tuer, il fait beau, autant sortir un peu des sentiers battus: je décide de faire le tour de l’île par le Quai des Orfèvres. A peine ai-je marché quelques mètres, j’aperçois une grande porte ouverte par laquelle entrent des personnes. Une idée saugrenue me vint alors: « Et si j’entrais moi aussi? ».

C’était une époque ante-vigipirate. L’entrée dans le Palais de Justice de Paris pouvait se faire par les côtés, sans forcément faire la queue par l’entrée de la Sainte Chapelle, ni montrer patte blanche.

Pour la première fois, j’entrais dans un Palais de Justice.

Intimidé comme les gens qui vont voter, je suis entré dans la première salle que j’ai trouvée. Je me demande encore comment j’ai eu le courage de passer devant le garde en faction devant la salle.

Pour la première fois j’entrais dans un Tribunal.

Il s’agissait d’une chambre correctionnelle. La salle était vieillote patinée par les années, les micros en panne débranchés, aussi me glissais-je jusqu’au deuxième rang. En face de moi sur la droite se tenaient les accusés, encadrés par les forces de l’ordre. Parmi eux se tenait un jeune homme dans un beau costume, l’air hagard, la tête baissée.

Pour la première fois, je suivais une affaire.

Mr XXX a été pris après avoir volé un blouson de cuir. Les faits se sont produits il y a peu de temps (la veille?). Toute l’histoire est racontée, il suffit de fermer les yeux et les différentes scènes se déroulent comme si l’on y était. Je regarde autour de moi, des petits vieux sont là comme au spectacle et commentent entre eux à voix pas si basse « c’est pas dommage », « pourtant il a pas l’air de manquer ». Devant moi se tiennent des personnes bien mises. Elles ont un air de famille avec le jeune accusé. Bingo, c’est sa famille. Papa et Maman sont là, bien raides sur les bancs en bois. Papa surtout, avec un air fermé et furieux. Papa est étranger d’un pays bordant le Nil et travaille à l’ambassade. Papa ne comprend pas comment son fils a pu commettre ce geste. Papa a condamné son fils à la peine de mort et le fusille du regard. Le jeune a honte d’être là. On dirait un petit garçon terrorisé. Le moins qu’on puisse dire est qu’il ne recommencera pas. Il sera broyé avant. Affaire suivante.

L’affaire suivante est une affaire de drogue. Je ne me souviens pas précisément des faits, mais je revois la réaction de l’accusé au moment du verdict en fin de journée: « … est condamné à DIX ans de prison ». Je n’en revenais pas. Et lui non plus semble-t-il: raide comme un piquet, il est tombé en arrière de tout son long dans le box des accusés, faisant voler toutes les chaises. Les policiers l’ont récupéré et l’ont emmené. Dix ans! Les petits vieux semblaient apprécier le spectacle.

Pour information, le jeune a été relâché sans condamnation. Je suis sur qu’il ne recommencera jamais et que la leçon a porté.

Aujourd’hui j’entre avec un air blasé dans la 1er chambre de la Cour d’Appel de Paris pour y assister à une formation d’experts judiciaires, et je souris quand je vois un jeune confrère les yeux écarquillés prendre des photos de la salle.

A ma demande, il m’a d’ailleurs gentiment envoyé ses photos…

Mon grand âge a sa dignité.

Ah, ma jeunesse…

Je suis un imposteur

En relisant quelques anciens billets, je m’aperçois que je prends un malin plaisir à y glisser quelques citations, le plus souvent en latin.

J’ai fait du latin jusqu’en classe de terminale, mais une malheureuse impasse sur cette matière m’a logiquement et inéluctablement condamné à une piteuse à l’examen final.

Et malgré tant d’année d’études, de traductions et de versions, j’ai oublié jusqu’à la déclinaison de la rose et les significations de « datif » ou « ablatif ». J’ai pu le constater quand ma fille aînée a commencé cette langue en cinquième (à son grand désespoir…)

Alors, pourquoi cette imposture? Pourquoi truffer ce blog de citations dans la langue de Caesar? La réponse est toute simple: j’aime le latin. Pas la langue, que je ne maitrise plus, mais les sensations que je ressens devant l’utilisation de cette langue.

La maîtrise du latin, pour moi, est synonyme de culture. Cela me renvoie à ma jeunesse et aux professeurs que j’ai connus. Cela me renvoie aussi à l’étude de la civilisation romaine antique. Cela me renvoie également à Astérix, mais cela il ne faut pas l’écrire…

La première fois que j’ai visité Rome, je suis resté sans voix devant la « via sacra » dans le Forum, et devant le Colosseum. Je voyais presque passer les triomphes

Rome enfin se découvre à ses regards cruels;

Rome, jadis son temple, et l’effroi des mortels;

Rome, dont le destin dans la paix, dans la guerre,

Est d’être en tous les temps maîtresse de la terre.

Et pourquoi le latin et pas le grec alors?

Tout simplement parce qu’il n’y pas de police Symbol sur blogspot… Cela donnerait:

O kronoV didaskei touV anqropouV

Le temps enseigne les hommes

Je n’ai pas de culture, mais j’aime me cultiver.

J’aime faire semblant aussi. Et Google is my friend.

Je suis un imposteur.

Je sors de Rome, Arsace, et j’en sors pour jamais.

Rôle d’équipage

Au fil de l’eau du temps qui passe, mon agrégateur de liens RSS prend de l’embonpoint. Ce programme se charge d’adresses comme jadis de trésors les cales des navires. Plus je lis de blogs intéressants, plus ceux-ci me renvoie vers d’autres blogs tout aussi intéressants et plus je passe de temps le soir à lire les nouveaux billets.

Comme il n’y a pas de raisons pour que je sois le seul à profiter de ce plaisir et à me coucher tard, voici la liste actuelle de toutes les personnes embarquées à titre de trésors:

Dans la catégorie « Informatique« :
01net. Actualités
C’est bien fait quand même
Gizmodo FR
Ma petite parcelle d’Internet…
Pascal Charest
Ratiatum.com – Actualités
Roycod Blog
Standblog
Forensic Computing
Forensic Incident Response
IT security and more
DEFT Linux
Security distro

Dans la catégorie « Justice« :
Ca’Paxatagore
Chroniques judiciaires
legalis.net
Journal d’un avocat
Justice au singulier
Un blog pour l’information juridique

Dans la catégorie « Politique« :
Diner’s room
Commentaires & vaticinations

Dans la catégorie « Sciences« :
New Scientist Space – Mars Rovers
Planetary Society Daily Almanac
Planetary Society Weblog
Futura-Sciences Actualités

Dans la catégorie « Bandes dessinées« :
bouletcorp
Chez Lenono
Dessins au jour le jour
Le blog des cybériens
Le journal de Camille
Les petits riens
Les toujours ouvrables
Luciole en Cases
Melakarnets
Mes cartoons
Ob / Grmb
Paprika
Pfelelep
Rue89 – SOPH'S STRIP
Trentenaire, marié, 2 enfants

Dans la catégorie « Inclassables« :
Carnet de Pikipoki
Curiosity
Le blog du globe
Le Petit Champignacien illustré
Comment écrire un roman
Pour ce que j’en dis…
Un blog par jour
Un mot par jour

J’en ai profité pour mettre à jour la liste de liens située à droite de ce blog.

Bonnes lectures 🙂

La bête du petit écran

L’année dernière, à la même époque, nous souffrions de fortes chaleurs.

Nous, oui, mais pas tous les êtres vivants: je cite ici l’animal dénommé par le vulgum pecus « la bête de chaleur ». J’ai bien écrit « la bête DE chaleur ».

Cette fois google is not my friend, car impossible de trouver en moins d’une minute le vrai nom de ce tout petit animal noir d’un millimètre de long qui surgit de nulle part pour nous tomber sur la tête, sur les bras et entre le plastique et notre nom de la boite aux lettres.

Et bien, il y a un an, une petite « bête de chaleur » s’est glissée derrière la vitre de l’écran plat de mon PC professionnel et a commencé à se déplacer lentement à travers tout l’écran sous mes yeux agacés.

Elle est venu mourir AU MILIEU de l’écran (juste au croisement des deux diagonales et des deux médianes). L’endroit où les yeux se posent le plus souvent…

Depuis un an, elle ajoute parfois une cédille ou un accent là où il ne faut pas, elle égaie un graphisme d’une virgule déplacée.

Depuis un an, tous mes efforts pour la faire partir sans massacrer l’écran se sont avérés infructueux.

Depuis un an, elle me montre qu’un docteur expert judiciaire en informatique est parfois singulièrement démuni face à une petite bête qui lui a dit: « Morituri te salutant ».

Ce à quoi je répondrai, comme Fercorus dans Astérix en Hispanie, ou Anglaigus dans Le domaine des dieux: Beati pauperes spiritu

Bon anniversaire la bête du petit écran.