Blog papier

Le problème avec ce blog, c’est que plusieurs de mes amis, ainsi que mes parents, n’ont pas d’ordinateur, ni d’accès à internet.

Et ces personnes comptent pour moi.

Alors, pour leur montrer de quoi leur grand fils chéri est capable (ça, c’est pour mes parents :), j’ai décidé de recopier ce blog pour en faire un livre…

Pas de panique, à toi oh lecteur fidèle (il y en a bien une cinquantaine!). Le blog ici présent continue, les articles déjà écris resteront en ligne, et Zythom n’a pas (encore) pris la grosse tête. Il n’y a pas d’ailleurs de raison de prendre la grosse tête: je n’ai pas le talent des Eolas, Jules, Paxatagore et autres…

Seulement voilà, j’ai découvert Lulu.
Non, pas l’une des stars du 3615, mais lulu.com

Alors ce dimanche, puisque j’étais levé à l’aube (c’est ça d’avoir des enfants qui ont des activités sportives), j’ai écris un livre. Cela m’a pris une demi-journée.

Bon, évidemment, je ne m’appelle pas Dumas ou Zola, mais voici comment j’ai procédé:

1) Transfert de l’ensemble des billets du blog dans une base de données
2) Transfert des billets de la base de données vers un fichier texte, dans l’ordre chronologique
3) Téléchargement d’un modèle word depuis lulu.com (j’ai choisi le format poche)
4) Copier/coller du contenu du fichier texte dans ce modèle
5) Choix des billets
6) Mise en forme et transformation des liens en notes de bas de page (c’est ce qui m’a pris le plus de temps)
7) Transfert du fichier word (mon « manuscrit »!!!) vers lulu.com
8) Choix du titre et de la couverture.

J’ai ensuite commandé un exemplaire pour vérifier le résultat.

La suite dans quelques jours.
Vous pourrez alors commander ce blog sous forme de livre.
Pour quoi faire? Caler une armoire, offrir à votre pire ennemi, ou allumer votre barbecue. Ou placer en bonne place au milieu de votre bibliothèque, lire avec un sourire en coin dans le métropolitain, frimer auprès de vos amis en disant: j’y étais!

Dans tous les cas, cela flatte mon égo sur-dimensionné et j’ai passé un très bon dimanche après-midi à tenir un bureau de vote.

PS: je n’ai évidemment conservé aucun commentaire, ceux-ci étant la propriété de leurs auteurs. Dommage, j’aurais bien aimé en encadrer certains.

Les anciens

Il y a quelques jours lors d’une réunion amicale entre experts judiciaires, j’ai abordé l’air de rien la question de l’existence de ce blog:
« Et qu’est-ce que vous pensez du blog de Zythom, informaticien expert judiciaire ? »

L’un des experts judiciaires présents autour de la table s’est exclamé:
« Oh, ça ! Un expert incontrôlable ! »

J’ai voulu en savoir plus sur ce qu’il entendait par « incontrôlable », et il m’a répondu: « cette personne raconte sa vie, mais il ne passe pas par les représentants normaux de la profession ».

Faux cul, j’ai acquiescé en disant: « Ah oui, les instances fédérales et les compagnies d’experts judiciaires… »

« Oui, c’est ça… Les anciens quoi. »

Les anciens ? En clair, ceux qui sont en place depuis longtemps, et qui voient d’un mauvais oeil les « nouveaux ».

Eternel recommencement.

Je rappellerai simplement ici l’article i7 des règles déontologiques des experts judiciaires: « L’expert doit conserver une indépendance absolue, ne cédant à aucune pression ou influence, de quelque nature qu’elle soit. »

C’est tout moi quoi 🙂

Combien reste-t-il après une expertise ?

Plusieurs candidats experts m’ont écris pour avoir plus d’éléments que ceux fournis dans un précédent billet intitulé « note de frais et honoraires« .

Les questions tournent en général autour du statut de l’expert, des déclarations fiscales ou du montant des bénéfices.

Je suis bien mal placé pour y répondre, ignare que je suis sur ces sujets.

Néanmoins, j’essaierai ici quelques réponses…

1er conseil: allez voir un expert… en droit fiscal. Comme tous les juristes, il saura vous conseiller et vous (re)mettre dans le droit chemin. Si vous préférez néanmoins faire l’impasse, et bien voici quelques pistes (mais SGDZ!).

Pour ma part, je suis salarié. Mon employeur principal a accepté que j’exerce l’activité d’expert judiciaire sur mon temps libre à condition que cela n’empiète pas sur mon activité professionnelle. Je m’y tiens dans un respect mutuel et selon mon cinquième commandement.

Je déclare mon activité d’expert judiciaire à l’URSSAF qui m’a attribué un numéro SIRET (il paraît que c’est plus difficile aujourd’hui d’en obtenir un). J’y verse donc donc la CAF, CSG et autre RDS.

Je cotise également (c’est obligatoire) à la sécurité sociale (caisse des professions indépendantes). C’est obligatoire, même si je cotise déjà via mon employeur principal. C’est aberrant, mais c’est la France. J’ai ainsi deux jolies cartes vitales 🙂

Je déclare aux impôts l’intégralité du chiffre d’affaire que je réalise en tant qu’expert judiciaire dans la case « revenus non commerciaux non professionnel ». Je rappelle qu’expert judiciaire, ce n’est pas une profession. Comme mes revenus d’expertises sont (très) inférieurs au plafond ad hoc, l’état applique dessus une remise forfaitaire de 34%.

J’ai jeté au fur et à mesure qu’ils me parvenaient tous les documents m’invitant (certains très fermement!) à cotiser à une caisse de retraite. Certainement suite à mon obtention de numéro SIRET…

Je cotise déjà via mon employeur principal.

J’espère que ces différents points ne m’attireront point les foudres de l’état. Que tous les agents attachés à la collecte des différentes gabelles sachent que si erreur j’ai commise, elle est bien involontaire, et n’est liée qu’à mon ignorance regrettée des subtilités administratives en la matière.

J’ai à ce sujet une petite anecdote:

Est paru en cette belle année 2000 s’il en fut, une circulaire portant le doux nom suivant: « Circulaire DSS/SDFGSS/5 B n° 2000-430 du 21 juillet 2000 relative à la mise en oeuvre des dispositions relatives au rattachement au régime général de la sécurité sociale des collaborateurs occasionnels du service public« , dont je ne reprendrai que la portion suivante:

C. – Les personnes redevables du versement des cotisations

Le deuxième alinéa de l’article 1er prévoit que l’Etat, les collectivités territoriales, les établissements publics en dépendant et les organismes privés chargés de la gestion d’un service public administratif qui font appel aux personnes mentionnées au premier alinéa de cet article premier versent aux URSSAF les cotisations de sécurité sociale, ainsi que la CSG et la CRDS. Ceci vaut également dans le cas où la rémunération est assurée par une tierce personne – expertise judiciaire au civil, gérance de tutelle, certains commissaires-enquêteurs, médiateurs civils, etc.

Dans ce dernier cas, il appartient à l’Etat, aux collectivités territoriales et aux établissements publics administratifs en dépendant, de prendre toutes les mesures de nature à recouvrer, auprès de la tierce personne à la charge de laquelle est mise la rémunération versée aux collaborateurs occasionnels, le montant équivalent à la part patronale des cotisations et contributions, à l’instar de ce que prévoient les dispositions de l’article R. 91 du code de procédure pénale sur la distinction entre les frais qui sont à la charge de l’Etat et ceux dont il fait simplement l’avance.

Il semble que cette circulaire n’ait pas fait beaucoup rire les différents greffiers avec qui j’en ai discuté.

Il est vrai que le sujet ne prête guère à rire.

Peut-être manque-t-il un petit décret d’application pour en éclaircir les modalités?

PS: Si un éminent confrère se trouvant dans la même situation que moi (salarié, etc.) procède différemment, qu’il n’hésite pas à m’en faire part, surtout s’il peut me faire faire quelques économies… Si un conseiller fiscal s’égare sur ce billet et qu’il peut me faire bénéficier de ces lumières, j’irai jusqu’à lui verser 50% des économies qu’il m’aura fait faire (si celles-ci sont légales bien sur).

Le mot de la fin:

Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi:

Si tu n’avais servi qu’un meunier, comme moi,

Tu ne serais pas si malade.

La fontaine, « Les deux mulets« .

Flash Gordon

Je viens d’être désigné pour une affaire pédophile (et oui encore!).

La saga continue: pour les épisodes précédents, lire mes billets (1), (2) , (3), (4) et surtout (5).

Finalement, je vais commencer à avoir visualisé plus de photos pédopornographiques que le criminel le plus pédophile…

Bon, ce n’est pas drôle, d’autant que ce blog me sert surtout d’exutoire à cause précisément des affaires de ce type.

Cette fois ci, le parquet me demande d’établir un devis. Comme de toute façon, l’article R107 du code de procédure pénale en fait l’obligation:

Lorsque le montant prévu de ses frais et honoraires dépasse 460 euros, l’expert désigné doit, avant de commencer ses travaux, en informer la juridiction qui l’a commis.

J’ai dans les mains deux ordinateurs dont un contient deux disques durs de 160 Go et 80 Go. L’expertise va donc couter effectivement plus de 460 euros…

J’ai une méthode infaillible pour effectuer un devis: comme je ne sais pas à l’avance si l’un des disques durs est en panne (ce qui augmente considérablement le coût d’investigation), si les données sont cryptées, si les formats utilisés sont exotiques, je procède de la façon suivante: j’effectue complètement l’expertise et j’envoie le devis! Celui-ci est donc particulièrement précis 🙂

Bien sur, s’il est refusé, c’est pour ma pomme.

J’ai donc démarré ce week-end une expertise particulièrement éprouvante, enfermé dans mon bureau.

La procédure d’analyse des scellés commence toujours de la même façon: j’effectue une vérification complète des ordinateurs: y a-t-il un cédérom oublié dans le lecteur, combien de disques sont branchés, débranchés, etc. Et bien pour une fois, mes vérifications ont porté leurs fruits: il y avait une petite carte mémoire flash coincée dans le lecteur ad hoc. Je suis sur que personne ne l’avait remarquée car elle n’apparaît sur aucun procès verbal!

Une carte mémoire flash de 2 Go remplie à ras bord de photos et de films pédophiles!

J’en suis malade.

Eliza chez HP

Les experts judiciaires disposent de listes de diffusion sur lesquelles ils envoient des appels au secours quand ils sèchent sur certains problèmes techniques. Je suis inscrits sur plusieurs de ces listes, et j’ai reçu la semaine dernière un appel sur un sujet qui m’intéresse concernant les fichiers provisoires générés par les imprimantes.

Comme je n’avais pas la solution, et que je suis toujours volontaire pour aider un confrère en détresse, j’ai cherché directement auprès du constructeur informatique (le jeune confrère en question m’a autorisé à publier ici sa question avec les noms de fichiers, lire plus loin).

Tout le monde se souvient du programme ELIZA qui simulait de façon assez amusante une conversation entre un patient et son psychothérapeute. J’ai « discuté » dans ma jeunesse avec fascination avec ce programme…

Et bien au support HP, ils utilisent toujours ELIZA…
Je vous laisse juger sur pièce (les noms ont été changés pour éviter le licenciement d’un technicien de centre d’appel situé quelque part sur la planète):

Bienvenue dans l’assistance par « chat » de HP Total Care !
Veuillez patienter quelques instants : nous vous mettons en communication avec un spécialiste de l’assistance.
Il sera à vous dans un instant !
HP vous remercie de votre patience.

Zythom: [après deux minutes d’attente] bonjour ?

Gilles de Gouberville: Bonjour et bienvenue au support Chat Hp,mon nom est Gilles de Gouberville, comment puis-je vous aider ?

Zythom: Je suis expert judiciaire, je mène une enquête sur un disque dur [là je mens un peu, mais je sens que l’explication réelle serait trop longue] et j’aimerais accéder au contenu des fichiers suivants [question de mon confrère]:
HP000000.IDX (457 ko)
HP001000.IDX (904 ko)
et les fichiers suivants:
HP001001.PDL (901 ko)
HP001002.PDL (901 ko)
HP001003.PDL (901 ko)
HP001004.PDL (849 ko)
HP001005.PDL (85 ko)
Pouvez vous me dire comment visualiser leur contenu ?

Gilles de Gouberville: [je ne change pas une virgule, ni une majuscule…] Je porte à votre connaissance que vous êtes au Support technique des Multifonctions. Je vous invite à vous Référer au lien https://www.hp.com/Support afin de sélectionner votre ligne de produit.

Zythom: L’ordinateur en question dispose d’une imprimante HP.

Gilles de Gouberville: mais vous avez un question concernant le disque dur et pas le pilote de l’imprimante

Zythom: Ma question concerne le fichier provisoire généré par le pilote de l’imprimante

Gilles de Gouberville: ce ne sont pas des fichiers de pilote de l’imprimante

Zythom: Il semble que ce soient des fichiers issus d’une scannérisation

Zythom: [après deux minutes d’attente] Allo?

Zythom: [après un total de cinq minutes d’attente] ALLO?

Gilles de Gouberville: j’ai cherché et j’ai trouvé que ces fichier ne sont pas des fichier de pilote HP. Pour plus d’information cherchez sur google

Zythom: Pouvez-vous me fournir le numéro de téléphone d’un service connaissant le format des fichiers PDL générés par une imprimante HP ?

Zythom: [de nouveau une attente interminable, le technicien doit certainement gérer 100 personnes en parallèle] ALLO?

Gilles de Gouberville: patientez svp

Gilles de Gouberville: https://filext.com/file-extension/PDL
Gilles de Gouberville: veuillez copier tout le lien web dans la zone adresse de internet explorer , et faire entrée .

Zythom: Donc, je résume:
Zythom: Vous êtes hyper spécialisé en fichiers de pilote
Zythom: Vous ne connaissez pas les fichiers PDL générés par votre matériel HP
Zythom: Vous ne connaissez pas le téléphone de quelqu’un chez HP qui pourrait connaître ces fichiers
Zythom: Vous avez des actions chez google…
Zythom: et chez internet explorer

Gilles de Gouberville: je les connais pas car se sont pas des fichiers de pilote HP. le lien vous donne la definition de chaque fichier. Merci et bonne journée
Communication coupée par votre correspondant.

Du coup, je me trouve un peu « Gros-Jean comme devant ». J’aurais tellement aimé être « Petit-Jean« …
Si mon confrère me lit ici, qu’il m’envoie la solution dès qu’il l’aura trouvé.

La nuit, à travers le réseau

Il y a quelques temps, j’ai procédé à la rotation de ma machine de tests qui est allée remplacer le PC de mon fils devenu plus exigeant en matière de jeux (éducatifs). J’ai récupéré son « vieux » PC pour en extraire la « substantifique moelle » et en faire ma nouvelle machine de tests.

Las, il se trouve que, pour une raison inconnue, ma carte PCI me permettant de brancher des disques SATA entre en conflit avec quelque chose que je n’ai pas encore eu le temps de déterminer. Et me voici cette semaine avec un disque dur SATA de 160 Go à analyser! Comment faire?

Je décide alors d’utiliser le PC d’origine (celui sous scellé) en laissant son disque SATA à l’intérieur, et de procéder à une prise d’empreinte à travers le réseau.

Re-las, ma distribution favorite HELIX ne reconnait pas les clavier et souris USB nécessaires sur ce PC. Me voici donc à la recherche d’une nouvelle distribution de type « live boot cd ». Muni d’un cédérom RW et de ma fidèle ligne ADSL, je teste différentes solutions trouvées sur Internet (qui n’est pas encore mort;).

Et, oh las (*), je désespérais de trouver mon bonheur, quand je suis tombé sur DEFT qui me semble pas mal du tout pour l’usage que je compte en faire.

Après démarrage sur le cédérom DEFT basé sur une Ubuntu, je vérifie la présence des commandes « dd » et « nc » (netcat). J’installe cygwin sur mon PC de travail sous Windows XP avec également la commande netcat.

Côté PC de travail, je tape:

« nc -l -p 2000 > image.dsk »

Et côté PC sous scellé booté sous DEFT:

« dd if=/dev/sda | nc IP_PC_de_travail 2000 »

Et me voilà parti pour cinq heures de prise d’image la nuit à travers le réseau.

Et moi, pendant ce temps là, la nuit JE DORS 🙂

(*) Je n’ai pas pu résister…

Billet anonyme

On me demande souvent pourquoi ce blog est anonyme.

Il y a plusieurs raisons:

1) les dossiers dont je parle sont réels. Les noms sont changés, les dates aussi. Mais puisqu’un expert judiciaire dépend d’une cour d’appel, les dossiers sur lesquels il intervient sont localisés géographiquement. Le risque qu’une personne se reconnaisse serait trop grand.

2) l’activité d’expert judiciaire n’est pas une profession. Un expert judiciaire doit exercer une « vraie » profession pour rester dans le coup d’un point de vue « compétences ». Le nombre d’expertises réalisées en une année est faible et ne doit pas être considéré comme un revenu financier (c’est mon point de vue). Par conséquent, la recherche de clients n’est pas mon objectif. Ce blog n’est pas une vitrine de mon savoir faire (ou de ma maladresse) ni un moyen de me faire « mousser » auprès de mes confrères (que je salue au passage), des magistrats (que je salue respectueusement au passage) ou des avocats (que je salue très respectueusement au passage).

3) l’utilisation d’un pseudonyme offre un confort d’écriture et une liberté de ton que j’apprécie. Liberté vis à vis de mon employeur (que je remercie de me faire vivre chaque mois en échange d’un dévouement corps et âme inconditionnel et sans limite), liberté également vis à vis de mes confrères ou de ma compagnie régionale d’experts. J’ai des idées parfois incongrues ou à contre courant, mais je n’ai pas une âme de militant. C’est certainement une forme de lâcheté, mais je tiens à ce confort.

Par ailleurs, je ne résiste pas à adapter une récente diatribe de Maître EOLAS (dont vous trouverez l’original ici):

Alors une petite mise au point.

D’abord, j’existe. J’ai vérifié ce matin auprès d’experts, médecins, juristes et philosophes, qui m’ont tous confirmé mon existence. Aucun doute n’est plus permis là dessus.

Ensuite, le fait que je blogue anonymement ne signifie pas que mon pseudonyme est en libre service et permet à n’importe quel petit malin de se faire passer pour moi impunément. Mon anonymat ne fera jamais obstacle à ce que j’aille en justice demander des comptes à quiconque s’amuserait à cela.

Quand j’interviens en qualité d’expert judiciaire, je le fais sous mon vrai nom, par une lettre recommandée écrite sur mon papier à en tête haut de gamme qui coûte fort cher et justifie mes honoraires hors de prix. Pas par e-mail sauf si je n’ai qu’une adresse électronique pour contacter les parties. Je n’écrirai jamais sous le nom de Zythom, expert judiciaire. Zythom est un nom de plume, dans le seul cadre de la création littéraire qu’est ce blog.

D’un point de vue juridique, le pseudonyme est protégé civilement contre l’usurpation. Pénalement, le délit d’usurpation d’identité est constitué dès lors que je suis aisément identifiable puisque je suis le seul expert à employer ce pseudonyme, si l’usurpateur m’exposait à des poursuites civiles, pénales ou disciplinaires du fait de ses actes sous sa fausse identité.

Mais surtout, au delà de mon humble personne, le fait d’usurper la qualité d’expert judiciaire pour déterminer quelqu’un à effectuer un paiement, fût-ce d’une somme effectivement due, constitue le délit d’escroquerie. Peu importe que vous vous estimiez vous même victime d’une escroquerie ou d’un débiteur indélicat, cela ne vous permet pas de commettre un délit pour obtenir votre dû. On ne vole pas son débiteur, on ne l’escroque pas, pas plus qu’on ne le menace ou qu’on ne l’agresse. On ne se fait pas justice à soi même, c’est une des fondations de la république.

Mais qu’il soit désormais clair que si quelqu’un se disant Zythom prend contact avec vous pour se la jouer expert judiciaire, c’est un menteur. Merci de me prévenir immédiatement. Je n’aurai aucune tolérance à ce sujet.

Et j’ai un excellent avocat.

Des Hommes d’Honneur

Encore une affaire de pédophilie… Pfffff.

Le pire dans ce dossier est que le disque dur contient également des images de massacres. Des films tournés en Afrique montrant des exécutions sommaires, des êtres humains découpés à la machette, des têtes percées à la lance…

Le tout au milieu d’images pornographiques de mineur de 10 ans.

J’ai du mal à récupérer.

Quand le moral baisse, je me dis que je participe à ma manière à la protection des enfants qui auraient eu à subir ses crimes si aucune action n’était mené en la matière. Mais je suis assez surpris de l’apathie du public sur ce sujet:

Ah bon, y’a des gens qui téléchargent des images pédophiles sur Internet? Ben y doivent être malades un peu, non? Mais bon, tant qu’y passent pas à l’acte…

Article 227-23 du Code Pénal:

Le fait, en vue de sa diffusion, de fixer, d’enregistrer ou de transmettre l’image ou la représentation d’un mineur lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 Euros d’amende.

Le fait d’offrir, de rendre disponible ou de diffuser une telle image ou représentation, par quelque moyen que ce soit, de l’importer ou de l’exporter, de la faire importer ou de la faire exporter, est puni des mêmes peines.

Les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et à 100 000 Euros d’amende lorsqu’il a été utilisé, pour la diffusion de l’image ou de la représentation du mineur à destination d’un public non déterminé, un réseau de communications électroniques.

La tentative des délits prévus aux alinéas précédents est punie des mêmes peines.

[…]

Article 227-23 du Code Pénal:

Le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine, soit de faire commerce d’un tel message, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 75000 euros d’amende lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur.

[…]

Le droit français classe les sanctions en fonctions des peines encourues : crime, délit et contravention. Une infraction sera qualifiée de criminelle, si la peine encourue est supérieure à 10 ans ou 75 000 euros d’amendes pour les personnes morales (source wikipedia).

Le téléchargement via Emule, Kazaa, BitComet ou autre Azureus d’images pornographiques d’enfants entre en plein dans le champ d’action de ces textes.

Il s’agit bien d’actes criminels.

Au public qui pense « mollement » contre ces personnes, je réponds:

Nous vivons dans un monde qui a des murs, et ces murs doivent être gardés par des hommes en arme. Qui va s’en charger? Vous?

Je suis investi de responsabilité qui sont pour vous totalement insondables. Vous pleurez Santiago Internet et vous maudissez les Marines Experts.

C’est un luxe que vous vous offrez. Vous avez le luxe d’ignorer ce que moi je sais trop bien. La mort de Santiago d’Internet, bien que tragique, a probablement sauvé des vies. Et mon existence, bien que grotesque et incompréhensible pour vous, sauve des vies.

Vous ne voulez pas la vérité parce qu’au tréfonds de votre vie frileuse de tout petit bourgeois vous ME voulez sur ce mur, vous avez besoin de moi sur ce mur.

Notre devise c’est « Honneur Code Loyauté » « Apporter mon concours à la Justice, d’accomplir ma mission, de faire mon rapport, et de donner mon avis en mon honneur et en ma conscience ». Pour nous ces mots sont la poutre maitresse d’une vie passée à défendre des bastions. Chez vous ces mots finissent en gag.

Je n’ai ni le temps ni le désir de m’expliquer devant un homme qui peut se lever et dormir sous la couverture d’une liberté que moi je protège et qui critiquera après coup ma façon de la protéger.

J’aurai préféré que vous me disiez merci et que vous passiez votre chemin ou alors je vous suggère de prendre une arme et de vous mettre en sentinelle postée.

Jack Nicholson Zythom, dans « Des Hommes d’Honneur ».

Bon, je sais, dans le film, c’est lui le criminel…

Sale affaire

Sale affaire !… J’ai trempé dans un crime !…

C’est moche, hein !…

Il est mort !… !

Ça vous fait rien,… Ça vous touche pas ?..

Moi non plus !…

C’est moche, hein !

Mais faudra que j’en parle à mon chef : ça part plus !!…

Le sang !!, le sang du crime !… Du « AA positif »…

Je le connais bien, c’était mon amant ! …

J’ai habité deux jours avec !… C’est moche, hein ! …

Mais faudra que j’en parle à mon chef !

Yolande Moreau « Sale affaire, du sexe et du crime »

Depuis huit jours, je suis plongé dans l’analyse d’un disque dur à la recherche d’images pédophiles. Première extraction: 400 000 images en tout genre (icones, photos de vacances, gif internet…). 400 000 images à vérifier, c’est six jours de travail, six jours de vacances fichus en l’air, six jours perdus pour ma famille.

C’est aussi six jours à lutter contre les limites des répertoires Windows et leur lenteur lorsque l’on y stocke plus de 30 000 fichiers. C’est aussi l’occasion de bénir le mécanisme des « thumbs.db » qui gardent trace des images visualisées sur un disque dur…

Au passage, j’ai découvert un petit freeware qui permet de supprimer toutes les images apparaissant plusieurs fois pour ne garder qu’un exemplaire.

C’est aussi deux jours pour la suite des investigations et la rédaction du rapport.

Reste de ce travail 2794 images pornographiques dont 120 pédophiles.

Sale affaire.

Note à benêt pour prise d’image

Pensum sur prise d’image de disque dur:

1) Ouvrir le PC mis sous scellé;

2) Vérifier la présence de cédéroms, dévédéroms ou cartes mémoires dans les lecteurs ad hoc;

3) Prendre une photo de l’intérieur du PC;

4) Retirer le ou les disques durs en notant les emplacements et positions des nappes et câbles;

5) Noter les marque, modèle, capacité et numéro de série de chaque disque dur (prendre une photo);

6) préparer un disque dur cible de capacité assez grande pour recueillir l’image du disque dur source;

7) s’assurer que la connectique est appropriée pour recevoir le disque source (ATA, SATA, etc.);

8) fixer le disque dur source dans le PC d’analyse et s’assurer d’une bonne dissipation de la chaleur;

9) placer le bloqueur d’écriture;

10) avant branchement électrique du disque dur source, démarrer le PC d’analyse pour s’assurer du bon paramétrage du BIOS (boot sur le bon média, date, SMART désactivé);

Dans tous les cas, mettre des gants, porter des lunettes, manipuler le disque comme s’il s’agissait d’ester nitrique de glycérine, pour éviter ça.