Un expert judiciaire face à la pédophilie

Un expert judiciaire est un citoyen inscrit sur une liste par des magistrats pour ses compétences techniques. Dans la pratique, beaucoup des expertises sont faites par des médecins ou des psychologues. Mais il y a des experts judiciaires dans tous les domaines et j’aurai du intituler ce billet « Un informaticien face à la pédophilie »…

J’ai déjà fait remarquer sur ce blog l’augmentation du nombre d’expertises qui me sont demandées avec comme mission principale de « découvrir la présence d’images ou films pédopornographiques » sur les disques durs mis sous scellés.

J’accepte ces missions malgré la souffrance que je ressens lorsque je découvre une collection d’images et de films « vraiment » pédophile. C’est une façon pour moi de participer à la protection des enfants maltraités qui subissent les violences dont je suis le témoin impuissant lorsque je visionne les films et images que j’extrais des ordinateurs qui me sont confiés.

« Vraiment » pédophile, pédopornographique, qu’est-ce que cela veut bien dire?

La pédophilie est l’attirance sexuelle d’un adulte envers les enfants. Un enfant est un être humain dont le développement se situe entre la naissance et la puberté. L’étymologie de ce mot est latine : infans signifiait, chez les romains, « qui ne parle pas ».

Il semble qu’en droit français, le terme de pédophilie n’apparaissent pas dans les codes et règlement du droit et de la justice : les termes utilisés pour décrire l’infraction de relations sexuelle entre un majeur et un mineur sont atteinte sexuelle pour une relation avec consentement de l’enfant, agression sexuelle ou viol lorsque le consentement n’est pas reconnu. La notion d’âge de consentement peut être séparée de celle de majorité sexuelle : ainsi, certaines législations prévoient le cas de relations sexuelles consenties entre mineur sexuel et un adulte, qui reste illégale mais punie moins sévèrement qu’une relation non consentie.

En France, la majorité sexuelle est fixée à 15 ans sauf cas de vulnérabilité particulière du mineur. On voit donc que cette notion de majorité sexuelle ne correspond pas à la variété et la continuité qu’on peut observer dans le développement physiologique (notamment la puberté) et la maturité des êtres humains.

Par ailleurs, l’article 227-23 du Code Pénal est ainsi rédigé (les gras sont de moi):

Le fait, en vue de sa diffusion, de fixer, d’enregistrer ou de transmettre l’image ou la représentation d’un mineur lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 Euros d’amende.

Le fait d’offrir, de rendre disponible ou de diffuser une telle image ou représentation, par quelque moyen que ce soit, de l’importer ou de l’exporter, de la faire importer ou de la faire exporter, est puni des mêmes peines.

Les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et à 100 000 Euros d’amende lorsqu’il a été utilisé, pour la diffusion de l’image ou de la représentation du mineur à destination d’un public non déterminé, un réseau de communications électroniques.

La tentative des délits prévus aux alinéas précédents est punie des mêmes peines.

Le fait de consulter habituellement un service de communication au public en ligne mettant à disposition une telle image ou représentation ou de détenir une telle image ou représentation par quelque moyen que ce soit est puni de deux ans d’emprisonnement et 30000 euros d’amende.

Les infractions prévues au présent article sont punies de dix ans d’emprisonnement et de 500 000 Euros d’amende lorsqu’elles sont commises en bande organisée.

Les dispositions du présent article sont également applicables aux images pornographiques d’une personne dont l’aspect physique est celui d’un mineur, sauf s’il est établi que cette personne était âgée de dix-huit ans au jour de la fixation ou de l’enregistrement de son image.

Vous voyez donc la difficulté pour un expert judiciaire en informatique d’effectuer une sélection appropriée parmi les centaines de milliers de photos:

faut-il différencier et si oui COMMENT,

– les mineurs de 18 ans

– les mineurs de 15 ans

– les enfants (pré-pubères)

Certains photographes utilisent des modèles ayant 18 ou 19 ans en rasant les poils pubiens et en les rajeunissant le plus possible (couettes, vêtements, situations…)

De nombreux intellectuels français – y compris Foucault, Danet, Hocquenghem, Derrida, Althusser et Françoise Dolto – ont signé une pétition, la « Lettre ouverte sur la révision de la loi sur les délits sexuels concernant les mineurs », adressée au Parlement en 1977 défendant la dépénalisation de toutes relations consenties entre adultes et mineurs de moins de 15 ans.

De plus certaines photos mettant en scène des enfants et des adultes nus sont légales (comme le nudisme) et certains pays acceptent la création de partis politiques pédophiles, comme les Pays Bas avec le PNVD. Ce parti voudrait abaisser la majorité sexuelle à douze ans, puis à l’éliminer sur le long terme, sauf dans le cas de relations de dépendance ou familiales. Seules les relations sexuelles « forcées » ou « dangereuses » seraient punies. Le PNVD voudrait aussi légaliser l’usage privé de pédopornographie et autoriser le porno soft à toute heure à la télévision. Il défend également la zoophilie (légale aux Pays-Bas).

Dans le même ordre d’idée, j’éprouve un certain malaise à la lecture de l’article de wikipédia consacré à l’activisme pédophile.

Ajoutez à cela la crainte de laisser passer la photo d’un enfant disparu.

« La mission, rien que la mission » et « respect de la loi française » sont les deux mamelles de l’expert judiciaire (si je puis dire).

Sans être juge et encore moins justicier.

Tout cela rend ces missions très longues et éprouvantes.

Sources:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pédophilie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Enfant

https://fr.wikipedia.org/wiki/Majorité_sexuelle

https://fr.wikipedia.org/wiki/PNVD

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_loi_de_la_pudeur

https://fr.wikipedia.org/wiki/Activisme_pédophile

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pornographie_enfantine

Le mot de la fin

Un blog est un espace public d’internet où une personne expose ses états d’âme privés. C’est un peu comme une conversation avec un téléphone portable au milieu d’une rame de métropolitain.

Jusqu’où suis-je prêt à aller dans l’exposition de mon intimité ?

Ah ah ah !

Bon, OK ce blog est anonyme. Mais parmi mes lecteurs se trouvent quelques uns de mes amis et quelques membres de ma famille (pas tous), qui n’apprécieraient pas une forme trop poussée d’exhibition.

Je suis de plus quelqu’un de très pudique, malgré mon penchant pour la musique et l’informatique.

Alors quoi ? Et bien, j’ai trouvé quelque chose de très personnel, qui pourrait être utile à la communauté de mes lecteurs (chacun étant confronté à un moment ou à un autre à ce type de problème) et dont je repousse la rédaction toujours plus loin: mon testament.

C’est assez privé non?

Mais quel rapport avec ce blog ?

Et bien, il suffit de remplacer le titre de ce billet par « Testament d’un informaticien expert judiciaire »…

Bien entendu, il n’entre dans aucune des cinq catégories prévues par la loi: testament olographe, authentique, mystique, exceptionnel ou international.

Chiche? C’est parti!

Ceci est mon testament, qui révoque tout autre testament antérieur.

Ce testament est écrit de ma main via mon compte Zythom, pseudonyme légalement reconnu.

Je soussigné Gudule Muad’Dib Hal ZYTHOM, né sur Terre au XXe siècle, demeurant https://zythom.fr, prends les dispositions suivantes, en cas de décès :

Pour le blog de céans: réaffichage, en dernière date, du billet intitulé « le mot de la fin », avec ajout de la mention « cessation pour cause de décès », en fin de billet. Ayant contribué (modestement) à la recherche de la Vérité, je souhaite que cette mention soit suivie de la cause réelle du décès. Merci d’éviter les termes du type « longue maladie ». Ma préférence va aux termes très crus.

Pour le réceptacle corporel ayant entrainé le décès par défaut de fonctionnement: prélèvement de toute pièce pouvant servir à la réparation d’autrui (yeux compris), puis incinération et dispersion des cendres dans une mine de silice (silicium oxydé), sans épitaphe, lors d’une cérémonie émouvante (port du casque spéléo obligatoire) où sera servi une boisson égyptienne à base d’orge fermenté.

Au sujet des enfants: les langages SMS, MMS, MSN et leurs dérivés continueront à être proscrits jusqu’à leur majorité matrimoniale (18 ans depuis le 4 avril 2006). Les horaires d’utilisation des ordinateurs continueront à être fixés selon la loi familiale locale en usage au moment de mon décès, révisable tous les ans par l’autorité parentale ou le tuteur légal. Qu’ils choisissent leurs études selon leurs propres inclinaisons. Voyage d’un an hors continent obligatoire.

Au sujet de mes ordinateurs: dans la mesure où aucun d’entre eux n’arrive à passer avec succès le test de Turing, ils seront démontés et vendus « à la bougie » lors d’une réunion de famille réunissant au minimum 15 personnes majeures. Si l’un des ordinateurs réussit ledit test, je demande qu’une copie du disque dur soit offerte au support technique de chez HP, et qu’une autre copie soit adressée à l’Association for Computing Machinery (ACM) afin que mon nom soit proposé pour la prochaine nomination: Zythom, prix Turing 2037!

Pour mes dossiers d’expertises: faire trois tas: « finis », « en cours » et « pas commencés ».

Pour les dossiers « finis », merci de les confier au bon soin du crématorium ci-dessus mentionné pour qu’ils contribuent au bon fonctionnement de la cérémonie. Voir ses cendres mélangées avec celles de ses dossiers, quelle plus belle fin pour un expert judiciaire?

Pour ceux « pas commencés », écrire au greffe du tribunal me désignant avec un courrier de refus de mission indiquant comme raison « je suis désolé de ne pouvoir accepter cette mission, mais je suis décédé ».

Enfin, pour les dossiers « en cours », faire un courrier (en lettre recommandée avec avis de réception) aux parties indiquant « je suis dessaisi de ce dossier suite à mon décès. Vous pouvez faire votre deuil des pièces de votre dossier envoyées en original, sauf à vous déplacer pour les récupérer. Fallait m’adresser des copies comme demandées… »

Pour le reste, j’institue comme ma légataire universelle en pleine propriété mon épouse. Au cas où, à la date de mon décès, il existerait des héritiers réservataires et si la réduction de ce legs était demandée, celui-ci comprendrait alors au seul choix de mon épouse, la plus forte quotité disponible permise entre époux, soit en pleine propriété et en usufruit, soit en usufruit seulement, et, en outre, comprendrait la nue-propriété de la réserve de mes ascendants.

Paix à mes cendres, ne pas éternuer.

Fait en Europe, le 19 juin 2007.

Zythom

Correspondance privée et public joke

Les gens sont méchants.

Un de mes amis proches dont le nom commence par Z tient un blog et s’attire parfois les foudres d’un internaute mécontent. Les foudres en question consistent en générale en un envoi d’emails rageurs et insultants, dont le niveau d’intelligence égale le niveau de bonne foi.

Ce blogueur a parfois la tentation de jouer un bon tour: publier un des emails croustillants sur son blog et faire une bonne contre publicité à son interlocuteur…

Question à deux euros: ce blogueur est-il en faute? Peut-il impunément publier un email sous prétexte qu’il lui était adressé nommément et personnellement?

Je ne suis pas juriste, ma réponse ne vaut donc pas grand chose et mon meilleur conseil est de consulter une avocate (ou un avocat, je ne suis pas sexiste).

Bon, avant d’ennuyer une femme (ou un homme) de Loi, cherchons un peu dans les codes:

article 226-15 du Code Pénal (l’augmentation de graisse est de moi)

Le fait, commis de mauvaise foi, d’ouvrir, de supprimer, de retarder ou de détourner des correspondances arrivées ou non à destination et adressées à des tiers, ou d’en prendre frauduleusement connaissance, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende.

« Adressées à des tiers »: donc cela ne s’applique pas quand vous êtes destinataire du message. La suite du même article:

Est puni des mêmes peines le fait, commis de mauvaise foi, d’intercepter, de détourner, d’utiliser ou de divulguer des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie des télécommunications ou de procéder à l’installation d’appareils conçus pour réaliser de telles interceptions.

« De divulguer des correspondances reçues par la voie des télécommunications »: Bingo, sauf erreur de ma part, on ne peut donc pas, sans l’accord express de l’expéditeur, publier un email dans un blog, même s’il vous est destiné.

Finalement, cela ressemble fort à du bon sens: un petit con vous écrit, vous publiez son texte pour le ridiculiser, fort de votre grande audience. Mais la loi protège toujours le petit…

Qui c’est qui aura l’air con pendant le procès ? La question reste ouverte.

Après tout, il n’y a en jeu qu’une Citroen C6 Lignage avec quelques options à 45000 euros.

Mais les gens sont vraiment méchants.

Ajout:

Merci à mes lecteurs de lire ce commentaire très instructif dont Me EOLAS me fait l’honneur, mais aussi ce billet de François sur blog-droit.over-blog.com.

Ajout complémentaire:

Puis-je mettre sur mon site ou sur mon blog un courrier que j’ai reçu ?

Et n’oubliez pas: si c’est sur internet, c’est que c’est vrai:)

PS: Après avoir discuté avec mon avocate favorite, il semble qu’elle soit d’accord avec Eolas et que l’article 226-15 du Code Pénal ne s’applique pas ici.

De plus, s’il n’y a pas d’article interdisant de publier par le destinataire une correspondance privée sans demander l’autorisation à l’expéditeur, c’est donc que c’est possible!

Exemple: dans un divorce, Madame verse au dossier un courrier que Monsieur lui a envoyé et dans lequel il avoue sa faute. Il n’y a pas violation du secret des correspondances privées.

Gare à ceux qui vont m’écrire des emails vengeurs et insultants !

Reste à vérifier qu’ils ne se cachent pas derrière une identité d’emprunt pour lui nuire et me brouiller avec elle! Mais cela, c’est une autre histoire…

Suis-je un bon expert ?

Suis-je un bon expert?

Cette question me hante depuis de nombreuses années…

En effet, chaque expertise est unique, et les enjeux pour les parties sont considérables. J’ai beau expliquer à chaque début de réunion que l’expert ne fait que rédiger un avis que le magistrat n’est pas obligé de suivre, je connais très bien le poids d’un rapport d’expertise dans un dossier…

Pourtant quand je lis des blogs informatiques, quand je parcours des ouvrages informatiques, je me dis que j’ai beaucoup, beaucoup de lacunes:

cryptologie, sécurité, imprimantes, estimation des coûts des sinistres informatiques, et caetera.

Bien sur, j’ai quelques connaissances, je ne pense pas être le plus nul des experts judiciaires, mais la question me taraude.

Qu’est-ce qu’un bon expert judiciaire en informatique?

– Expert judiciaire = « Personne choisie pour ses connaissances techniques et chargée de faire, en vue de la solution d’un procès, des examens, constatations ou appréciations de fait. »

– Informatique = « Science de l’information; ensemble des techniques de la collecte, du tri, de la mise en mémoire, de la transmission et de l’utilisation des informations traitées automatiquement à l’aide de programmes mis en oeuvre sur ordinateurs. »

– Information = « Elément ou système pouvant être transmis par un signal ou une combinaison de signaux.« .

Ne pas confondre avec « Renseignement ou évènement qu’on porte à la connaissance d’une personne, d’un public »

ou avec « Ensemble des actes qui tendent à établir la preuve d’une infraction et à en découvrir les auteurs (instruction), comme dans Ouvrir une information« .

– Bon = « Qui convient, qui fait bien son métier, son travail; tient bien son rôle. »

Conclusion: j’ai été choisi pour mes connaissances afin de faire des constatations techniques sur des éléments ou systèmes pouvant être transmis par une combinaison de signaux traités automatiquement à l’aide de programmes mis en oeuvre sur ordinateurs.

Reste à savoir si je tiens bien mon rôle.

Jusqu’ici tout va bien.

PS: Toutes les définitions sortent du « Petit Robert 1991 » (je sais, il y a plus récent, mais je collectionne les vieux dictionnaires…)

Une case par personne

Certains dispositifs d’un autre age sont d’une efficacité redoutable.

A l’heure d’internet, 165 années après l’invention du fax (avant celle du téléphone!), quatre siècles après la création des messagers royaux par le roi Henri III (célèbre entre autre pour ses mignons et ses archimignons), j’ai découvert un système archaïque de communication entre avocats: la case…

Bien sur, il ne s’agit pas de la petite habitation sommaire et traditionnel d’Afrique chère à Monsieur Tom.

Non, il s’agit d’un casier attribué à chaque avocat et situé dans une petite pièce discrète du tribunal de la ville où je réside. Réservée aux seuls avocats et greffiers, la pièce est en pratique accessible à ceux qui en connaisse son existence.

C’est un moyen très économique de communiquer avec les avocats: il suffit de « mettre en case » les documents à transmettre.

Amateurs de BD s’abstenir.

Blog papier

Le problème avec ce blog, c’est que plusieurs de mes amis, ainsi que mes parents, n’ont pas d’ordinateur, ni d’accès à internet.

Et ces personnes comptent pour moi.

Alors, pour leur montrer de quoi leur grand fils chéri est capable (ça, c’est pour mes parents :), j’ai décidé de recopier ce blog pour en faire un livre…

Pas de panique, à toi oh lecteur fidèle (il y en a bien une cinquantaine!). Le blog ici présent continue, les articles déjà écris resteront en ligne, et Zythom n’a pas (encore) pris la grosse tête. Il n’y a pas d’ailleurs de raison de prendre la grosse tête: je n’ai pas le talent des Eolas, Jules, Paxatagore et autres…

Seulement voilà, j’ai découvert Lulu.
Non, pas l’une des stars du 3615, mais lulu.com

Alors ce dimanche, puisque j’étais levé à l’aube (c’est ça d’avoir des enfants qui ont des activités sportives), j’ai écris un livre. Cela m’a pris une demi-journée.

Bon, évidemment, je ne m’appelle pas Dumas ou Zola, mais voici comment j’ai procédé:

1) Transfert de l’ensemble des billets du blog dans une base de données
2) Transfert des billets de la base de données vers un fichier texte, dans l’ordre chronologique
3) Téléchargement d’un modèle word depuis lulu.com (j’ai choisi le format poche)
4) Copier/coller du contenu du fichier texte dans ce modèle
5) Choix des billets
6) Mise en forme et transformation des liens en notes de bas de page (c’est ce qui m’a pris le plus de temps)
7) Transfert du fichier word (mon « manuscrit »!!!) vers lulu.com
8) Choix du titre et de la couverture.

J’ai ensuite commandé un exemplaire pour vérifier le résultat.

La suite dans quelques jours.
Vous pourrez alors commander ce blog sous forme de livre.
Pour quoi faire? Caler une armoire, offrir à votre pire ennemi, ou allumer votre barbecue. Ou placer en bonne place au milieu de votre bibliothèque, lire avec un sourire en coin dans le métropolitain, frimer auprès de vos amis en disant: j’y étais!

Dans tous les cas, cela flatte mon égo sur-dimensionné et j’ai passé un très bon dimanche après-midi à tenir un bureau de vote.

PS: je n’ai évidemment conservé aucun commentaire, ceux-ci étant la propriété de leurs auteurs. Dommage, j’aurais bien aimé en encadrer certains.

Les anciens

Il y a quelques jours lors d’une réunion amicale entre experts judiciaires, j’ai abordé l’air de rien la question de l’existence de ce blog:
« Et qu’est-ce que vous pensez du blog de Zythom, informaticien expert judiciaire ? »

L’un des experts judiciaires présents autour de la table s’est exclamé:
« Oh, ça ! Un expert incontrôlable ! »

J’ai voulu en savoir plus sur ce qu’il entendait par « incontrôlable », et il m’a répondu: « cette personne raconte sa vie, mais il ne passe pas par les représentants normaux de la profession ».

Faux cul, j’ai acquiescé en disant: « Ah oui, les instances fédérales et les compagnies d’experts judiciaires… »

« Oui, c’est ça… Les anciens quoi. »

Les anciens ? En clair, ceux qui sont en place depuis longtemps, et qui voient d’un mauvais oeil les « nouveaux ».

Eternel recommencement.

Je rappellerai simplement ici l’article i7 des règles déontologiques des experts judiciaires: « L’expert doit conserver une indépendance absolue, ne cédant à aucune pression ou influence, de quelque nature qu’elle soit. »

C’est tout moi quoi 🙂

Combien reste-t-il après une expertise ?

Plusieurs candidats experts m’ont écris pour avoir plus d’éléments que ceux fournis dans un précédent billet intitulé « note de frais et honoraires« .

Les questions tournent en général autour du statut de l’expert, des déclarations fiscales ou du montant des bénéfices.

Je suis bien mal placé pour y répondre, ignare que je suis sur ces sujets.

Néanmoins, j’essaierai ici quelques réponses…

1er conseil: allez voir un expert… en droit fiscal. Comme tous les juristes, il saura vous conseiller et vous (re)mettre dans le droit chemin. Si vous préférez néanmoins faire l’impasse, et bien voici quelques pistes (mais SGDZ!).

Pour ma part, je suis salarié. Mon employeur principal a accepté que j’exerce l’activité d’expert judiciaire sur mon temps libre à condition que cela n’empiète pas sur mon activité professionnelle. Je m’y tiens dans un respect mutuel et selon mon cinquième commandement.

Je déclare mon activité d’expert judiciaire à l’URSSAF qui m’a attribué un numéro SIRET (il paraît que c’est plus difficile aujourd’hui d’en obtenir un). J’y verse donc donc la CAF, CSG et autre RDS.

Je cotise également (c’est obligatoire) à la sécurité sociale (caisse des professions indépendantes). C’est obligatoire, même si je cotise déjà via mon employeur principal. C’est aberrant, mais c’est la France. J’ai ainsi deux jolies cartes vitales 🙂

Je déclare aux impôts l’intégralité du chiffre d’affaire que je réalise en tant qu’expert judiciaire dans la case « revenus non commerciaux non professionnel ». Je rappelle qu’expert judiciaire, ce n’est pas une profession. Comme mes revenus d’expertises sont (très) inférieurs au plafond ad hoc, l’état applique dessus une remise forfaitaire de 34%.

J’ai jeté au fur et à mesure qu’ils me parvenaient tous les documents m’invitant (certains très fermement!) à cotiser à une caisse de retraite. Certainement suite à mon obtention de numéro SIRET…

Je cotise déjà via mon employeur principal.

J’espère que ces différents points ne m’attireront point les foudres de l’état. Que tous les agents attachés à la collecte des différentes gabelles sachent que si erreur j’ai commise, elle est bien involontaire, et n’est liée qu’à mon ignorance regrettée des subtilités administratives en la matière.

J’ai à ce sujet une petite anecdote:

Est paru en cette belle année 2000 s’il en fut, une circulaire portant le doux nom suivant: « Circulaire DSS/SDFGSS/5 B n° 2000-430 du 21 juillet 2000 relative à la mise en oeuvre des dispositions relatives au rattachement au régime général de la sécurité sociale des collaborateurs occasionnels du service public« , dont je ne reprendrai que la portion suivante:

C. – Les personnes redevables du versement des cotisations

Le deuxième alinéa de l’article 1er prévoit que l’Etat, les collectivités territoriales, les établissements publics en dépendant et les organismes privés chargés de la gestion d’un service public administratif qui font appel aux personnes mentionnées au premier alinéa de cet article premier versent aux URSSAF les cotisations de sécurité sociale, ainsi que la CSG et la CRDS. Ceci vaut également dans le cas où la rémunération est assurée par une tierce personne – expertise judiciaire au civil, gérance de tutelle, certains commissaires-enquêteurs, médiateurs civils, etc.

Dans ce dernier cas, il appartient à l’Etat, aux collectivités territoriales et aux établissements publics administratifs en dépendant, de prendre toutes les mesures de nature à recouvrer, auprès de la tierce personne à la charge de laquelle est mise la rémunération versée aux collaborateurs occasionnels, le montant équivalent à la part patronale des cotisations et contributions, à l’instar de ce que prévoient les dispositions de l’article R. 91 du code de procédure pénale sur la distinction entre les frais qui sont à la charge de l’Etat et ceux dont il fait simplement l’avance.

Il semble que cette circulaire n’ait pas fait beaucoup rire les différents greffiers avec qui j’en ai discuté.

Il est vrai que le sujet ne prête guère à rire.

Peut-être manque-t-il un petit décret d’application pour en éclaircir les modalités?

PS: Si un éminent confrère se trouvant dans la même situation que moi (salarié, etc.) procède différemment, qu’il n’hésite pas à m’en faire part, surtout s’il peut me faire faire quelques économies… Si un conseiller fiscal s’égare sur ce billet et qu’il peut me faire bénéficier de ces lumières, j’irai jusqu’à lui verser 50% des économies qu’il m’aura fait faire (si celles-ci sont légales bien sur).

Le mot de la fin:

Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi:

Si tu n’avais servi qu’un meunier, comme moi,

Tu ne serais pas si malade.

La fontaine, « Les deux mulets« .

Flash Gordon

Je viens d’être désigné pour une affaire pédophile (et oui encore!).

La saga continue: pour les épisodes précédents, lire mes billets (1), (2) , (3), (4) et surtout (5).

Finalement, je vais commencer à avoir visualisé plus de photos pédopornographiques que le criminel le plus pédophile…

Bon, ce n’est pas drôle, d’autant que ce blog me sert surtout d’exutoire à cause précisément des affaires de ce type.

Cette fois ci, le parquet me demande d’établir un devis. Comme de toute façon, l’article R107 du code de procédure pénale en fait l’obligation:

Lorsque le montant prévu de ses frais et honoraires dépasse 460 euros, l’expert désigné doit, avant de commencer ses travaux, en informer la juridiction qui l’a commis.

J’ai dans les mains deux ordinateurs dont un contient deux disques durs de 160 Go et 80 Go. L’expertise va donc couter effectivement plus de 460 euros…

J’ai une méthode infaillible pour effectuer un devis: comme je ne sais pas à l’avance si l’un des disques durs est en panne (ce qui augmente considérablement le coût d’investigation), si les données sont cryptées, si les formats utilisés sont exotiques, je procède de la façon suivante: j’effectue complètement l’expertise et j’envoie le devis! Celui-ci est donc particulièrement précis 🙂

Bien sur, s’il est refusé, c’est pour ma pomme.

J’ai donc démarré ce week-end une expertise particulièrement éprouvante, enfermé dans mon bureau.

La procédure d’analyse des scellés commence toujours de la même façon: j’effectue une vérification complète des ordinateurs: y a-t-il un cédérom oublié dans le lecteur, combien de disques sont branchés, débranchés, etc. Et bien pour une fois, mes vérifications ont porté leurs fruits: il y avait une petite carte mémoire flash coincée dans le lecteur ad hoc. Je suis sur que personne ne l’avait remarquée car elle n’apparaît sur aucun procès verbal!

Une carte mémoire flash de 2 Go remplie à ras bord de photos et de films pédophiles!

J’en suis malade.

Eliza chez HP

Les experts judiciaires disposent de listes de diffusion sur lesquelles ils envoient des appels au secours quand ils sèchent sur certains problèmes techniques. Je suis inscrits sur plusieurs de ces listes, et j’ai reçu la semaine dernière un appel sur un sujet qui m’intéresse concernant les fichiers provisoires générés par les imprimantes.

Comme je n’avais pas la solution, et que je suis toujours volontaire pour aider un confrère en détresse, j’ai cherché directement auprès du constructeur informatique (le jeune confrère en question m’a autorisé à publier ici sa question avec les noms de fichiers, lire plus loin).

Tout le monde se souvient du programme ELIZA qui simulait de façon assez amusante une conversation entre un patient et son psychothérapeute. J’ai « discuté » dans ma jeunesse avec fascination avec ce programme…

Et bien au support HP, ils utilisent toujours ELIZA…
Je vous laisse juger sur pièce (les noms ont été changés pour éviter le licenciement d’un technicien de centre d’appel situé quelque part sur la planète):

Bienvenue dans l’assistance par « chat » de HP Total Care !
Veuillez patienter quelques instants : nous vous mettons en communication avec un spécialiste de l’assistance.
Il sera à vous dans un instant !
HP vous remercie de votre patience.

Zythom: [après deux minutes d’attente] bonjour ?

Gilles de Gouberville: Bonjour et bienvenue au support Chat Hp,mon nom est Gilles de Gouberville, comment puis-je vous aider ?

Zythom: Je suis expert judiciaire, je mène une enquête sur un disque dur [là je mens un peu, mais je sens que l’explication réelle serait trop longue] et j’aimerais accéder au contenu des fichiers suivants [question de mon confrère]:
HP000000.IDX (457 ko)
HP001000.IDX (904 ko)
et les fichiers suivants:
HP001001.PDL (901 ko)
HP001002.PDL (901 ko)
HP001003.PDL (901 ko)
HP001004.PDL (849 ko)
HP001005.PDL (85 ko)
Pouvez vous me dire comment visualiser leur contenu ?

Gilles de Gouberville: [je ne change pas une virgule, ni une majuscule…] Je porte à votre connaissance que vous êtes au Support technique des Multifonctions. Je vous invite à vous Référer au lien https://www.hp.com/Support afin de sélectionner votre ligne de produit.

Zythom: L’ordinateur en question dispose d’une imprimante HP.

Gilles de Gouberville: mais vous avez un question concernant le disque dur et pas le pilote de l’imprimante

Zythom: Ma question concerne le fichier provisoire généré par le pilote de l’imprimante

Gilles de Gouberville: ce ne sont pas des fichiers de pilote de l’imprimante

Zythom: Il semble que ce soient des fichiers issus d’une scannérisation

Zythom: [après deux minutes d’attente] Allo?

Zythom: [après un total de cinq minutes d’attente] ALLO?

Gilles de Gouberville: j’ai cherché et j’ai trouvé que ces fichier ne sont pas des fichier de pilote HP. Pour plus d’information cherchez sur google

Zythom: Pouvez-vous me fournir le numéro de téléphone d’un service connaissant le format des fichiers PDL générés par une imprimante HP ?

Zythom: [de nouveau une attente interminable, le technicien doit certainement gérer 100 personnes en parallèle] ALLO?

Gilles de Gouberville: patientez svp

Gilles de Gouberville: https://filext.com/file-extension/PDL
Gilles de Gouberville: veuillez copier tout le lien web dans la zone adresse de internet explorer , et faire entrée .

Zythom: Donc, je résume:
Zythom: Vous êtes hyper spécialisé en fichiers de pilote
Zythom: Vous ne connaissez pas les fichiers PDL générés par votre matériel HP
Zythom: Vous ne connaissez pas le téléphone de quelqu’un chez HP qui pourrait connaître ces fichiers
Zythom: Vous avez des actions chez google…
Zythom: et chez internet explorer

Gilles de Gouberville: je les connais pas car se sont pas des fichiers de pilote HP. le lien vous donne la definition de chaque fichier. Merci et bonne journée
Communication coupée par votre correspondant.

Du coup, je me trouve un peu « Gros-Jean comme devant ». J’aurais tellement aimé être « Petit-Jean« …
Si mon confrère me lit ici, qu’il m’envoie la solution dès qu’il l’aura trouvé.