Je suis le champion toute catégorie en réparations diverses. Toute la famille m’amène les objets cassés pour que je les répare! Et mon truc à moi, c’est la colle: j’ai tout un assortiment de tubes de colle, de super forte à ultra forte en passant par « surpuissante ».
Par contre, selon une habitude que je condamne fermement, je n’effectue aucun test préalable « sur un petit morceau du matériau à coller ». Je fonctionne à l’instinct et je sors un tube de colle en fonction de mon expérience.
Connaissez-vous la différence entre l’éducation et l’expérience ? L’éducation, c’est quand vous lisez tous les alinéas d’un contrat [mode d’emploi]. L’expérience, c’est ce qui vous arrive quand vous ne le faites pas.
Pete Seeger « Loose talk »
Dernièrement, ma fille m’amène une chaussure dont la lanière de cuir a cédé.
« C’est dommage car j’aime bien cette paire de chaussures » (évidemment!). Me voici donc à dégainer un tube de colle « ultra forte », du genre de celle qui permet à un humain de se trouver suspendu par les pieds au plafond. Oui messieurs dames, et avec deux gouttes seulement (bon, d’un autre côté, le tube contient dix gouttes, donc de quoi coller cinq personnes au plafond).
Et c’est là qu’apparaît l’application parfaite de la loi de Murphy: je commence mon délicat travail de réparation quand, sous mes yeux étonnés, la colle déposée sur la lanière bigarrée se met à fumer sous l’effet d’une réaction chimique plutôt exothermique. Non seulement la pièce s’est remplie d’une odeur acre désagréable m’obligeant à un rapide retrait stratégique, mais la lanière est devenue toute noire et dure comme du bois (carbonisé).
Chimie 1, Zythom 0, chaussure -1
Einstein oui, mais plus Franck qu’Albert sur ce coup là…
Ma fille me garde toute sa confiance, mais je sens que mon étoile faiblit.