A propos Zythom

Informaticien Ex²pert Judiciaire, Irresponsable de la SSI, 3 enfants, marié à une avocate (ma vie n'est pas facile). Clé PGP: 0u 41-j3 m15 c3773 pu741n d3 cl3f

Bravo bravo j’y étais

Nous sortons régulièrement, mon épouse et moi, pour assister à un spectacle donné dans notre bonne salle culturelle locale.

C’est une sortie nécessaire rendue obligatoire par ma monomanie informatique.

Mais souvent, le spectacle est dans la salle…

Notamment à la fin du spectacle quand les spectateurs se mettent à applaudir tout rompre, parfois même quand certains tentent de faire se lever l’assemblée pour une « standing ovation ».

Applaudisseur enthousiaste lors des premiers spectacles, je me suis rendu compte que j’étais capable d’envoyer toutes mes chaleureuses félicitations par ce biais bruyant aux comédiens, aux costumiers, aux metteurs en scène, aux metteurs en espace, aux metteurs en musique…

Mais comment en suis-je arrivé là, moi qui suis d’une inculture lamentable dès qu’il s’agit d’un domaine qui sort de mon quotidien?

Qu’est-ce que j’y connais moi aux subtilités de la mise en espace ou de la mise en scène? Comment imaginer que je sois capable de juger des compétences d’un comédien ou d’une troupe? Parce qu’il/elle est connu(e)? Parce qu’on ne peut pas siffler Molière? Parce qu’on ne doit pas se faire remarquer en n’applaudissant pas? Parce qu’on doit montrer son raffinement culturel en applaudissant?

C’est alors qu’apparaît la question à deux euros dans toute sa splendeur: quelque soit la qualité du spectacle, le public applaudit à tout rompre à la fin! Mais dans ce cas, qu’applaudit le public?

Perturbé par les applaudissements téléguidés des spectacles de divertissements télévisuels, je n’ai trouvé la réponse à cette question que récemment:

le public s’applaudit lui-même!

Et comme souvent, je n’ai ouvert les yeux que grâce à la clairvoyance des autres (Google is my friend). Je vous engage donc à lire ce billet de Pikipoki dont j’adapte ci-dessous un extrait:

Tous ces braves gens approuvaient leur choix d’être venus, qui plus est à [la salle culturelle] qui continue de véhiculer chez beaucoup l’image d’un divertissement d’élite. Ils étaient donc eux-mêmes cette élite. Tout le montrait autour d’eux, ou semblait le montrer à leurs yeux. Mais cela aurait été grandement gâché s’il leur avait fallut reconnaître la médiocrité du spectacle, ou même seulement d’un de ses acteurs.

Avant, j’applaudissais donc parce que j’avais choisi de venir assister à un spectacle pour élite, parce que je l’avais compris et apprécié, car je faisais parti de cette élite.

Maintenant je continue d’applaudir, mais je sais pourquoi: car je suis bon public.

Feux piétons

Nous avons passé, ma petite famille et moi, les fêtes dans la région de Lyon.

Chose assez rare, j’ai donc été forcé de lâcher ordinateurs, jeux virtuels, messageries, et autres blogs, vlogs, et logs.

Et j’ai découvert un monde étrange: celui des feux piétons IRL (In Real Life): il y a sous chaque feu tricolore un double signal représentant un piéton à l’arrêt (rouge) et un piéton en marche (vert).

Et bien, croyez moi sur parole, PERSONNE n’aperçoit ces deux signaux ! Ils sont invisibles ! Je suis le SEUL représentant de la catégorie humaine « français à pied » à les apercevoir.

Imaginez donc cette scène assez cocasse où une famille (trois enfants et deux adultes) reste immobile au pied de chaque feu tricolore jalonnant son périple citadin, dans l’attente du passage au vert de cet improbable signal lumineux. Bien entendu, nous étions les seuls à attendre, la foule qui nous entourait traversant la chaussée sans vergogne en pestant contre ces importuns immobiles.

Heureusement, nous ne circulions pas à vélo.

J’ai résisté durant tout le séjour (trois jours), sans lâcher du regard ces signaux solitaires qui semblaient eux-mêmes surpris de l’intérêt soudain qu’on leur portait.

Et j’ai pensé à chaque fois aux dizaines de piétons que nous écrasons ensemble mon fils (4 ans et demi) et moi à chaque partie de « Midtown Madness 2« …

Exemple de mission

Madame Marie-Claude MARTIN, vice-présidente du TGI de Paris, publie dans la revue « Experts » (numéro 73 de décembre 2006), un excellent article intitulé « la personnalité de l’expert ».

Dans le paragraphe consacré à la désignation de l’expert, elle écrit:

« […] plusieurs comportements sont susceptibles d’être observés:

– « L’expert sans problème« : Je lis la mission, elle rentre parfaitement dans mes attributions, je l’accepte.

– « L’expert aventureux, ou téméraire, ou intéressé« : La mission ne paraît pas relever de ma compétence, mais elle m’intéresse ; je prendrai un sapiteur ultérieurement […]

– « L’expert optimiste qui dit toujours oui« : Je suis surchargé, je prends quand même cette mission, je me ferai aider au besoin par l’équipe qui m’entoure […].

– « L’expert stressé qui ne sait pas dire non« : Je suis surchargé, mais si je dis non, je ne serai plus désigné et je vais rapidement me trouver sans mission.

Voici sans transition, un exemple de mission que j’ai reçue il y a quelques années:

L’an deux mille NN,

le dix huit décembre à dix heures trente

Nous, TTT PPP

Capitaine de Police

en fonction à AAA

Officier de Police Judiciaire en résidence à AAA

Poursuivant l’enquête

Prions et au besoin requérons Monsieur ZYTHOM

domicilié NN rue SS à KKK

expert en informatique près la Cour d’Appel de ZZZ

A effet de procéder aux actes ci-après:

– Assister les services d’enquête du Commissariat de AAA au cours de la perquisition qui s’effectuera au NN rue YY à AAA et à la saisie du matériel informatique utile à la manifestation de la vérité ;

– Prendre possession, dans ce même commissariat du scellé n°NN (PV n°NNNN/NNN) comportant les faux billets de 50 euros, portant le même numéro NNNNNNNNN, saisis par les services d’enquête au NN rue YY à AAA le NN mois NNNN ;

– Analyser les faux billets ainsi que les contenus des disques durs, imprimantes et autres matériels informatiques utiles à la manifestation de la vérité, saisis ;

– Dire si le matériel informatique saisi a été utilisé pour la contrefaçon, la falsification ou l’impression des faux billets saisis ;

– Faire tous actes utiles à la manifestation de la vérité.

Dont procès verbal.

J’ai accepté la mission, alors que je n’avais jamais participé à une perquisition, ni vu de faux billets. J’avais plusieurs missions en cours et commençait à voir les délais courir de façon stressante. Enfin, cela faisait plusieurs mois qu’aucun magistrat ne m’avait proposé de nouvelles missions… Je suis donc un « expert aventureux, téméraire, intéressé, optimiste stressé surchargé qui dit toujours oui et ne sait pas dire non« .

Me voici habillé pour 2007.

PS: Une perquisition, c’est très dérangeant. Je n’ai pas trouvé trace de fichiers en rapport avec les faux billets malgré des investigations techniques approfondies. Un faux billet, et bien, c’est comme un vrai, mais faux.

Profession : Expert Judiciaire

Etre Expert Judiciaire, ce n’est pas une profession, mais une occupation annexe. Or, les Experts Judiciaires souffrent d’un grave déficit d’image auprès du public, et certaines affaires judiciaires récentes le montrent bien. Parmi les différentes raisons qui peuvent expliquer ce phénomène, je citerais la confusion avec le simple titre d’expert qui n’est pas règlementé, avec les experts automobiles, les experts d’assurance, et même les experts comptables.

Certains amis pensent que je fais parti d’un groupe plus ou moins occulte, muni d’équipements incroyables dernier cri, capable de faire parler les cheveux coincés dans les octets des disques durs. Peut-être l’influence de la série TV « Les Experts »…

Le titre d’Expert Judiciaire près d’une Cour d’Appel (ou agréé par la Cour de Cassation), autrefois considéré comme un honneur par les femmes et hommes de haut niveau technique, n’est plus recherché par les spécialistes de haut vol.

Dans ma partie, l’informatique, je cherche encore les grands noms du domaine (je vais en vexer quelques uns).

Et pourtant, il existe une solution: faire de l’expertise judiciaire une spécialisation professionnelle exercée à temps partiel, organiser les compagnies régionales pluridisciplinaires sur le modèle des barreaux d’Avocats, et créer un ordre national par spécialité (informatique, etc).

Une formation en droit adaptée à l’expertise serait exigée (un mois intensif) avant d’être lâché dans l’arène judiciaire.

Des couples Avocats spécialistes / éminents techniciens pourraient être constitués, dispensant ainsi de formation juridique les techniciens les plus (re)connus.

C’est peut-être la pire idée post réveillon que j’ai pu avoir, mais elle me plait bien.

Bonne année à tous.

Le blues de l’informaticien

Je suis informaticien, je sais je ne devrais pas m’en vanter.

Parfois, lorsque les gens me demandent ce que je fais, je dis que je m’occupe des ordinateurs. C’est assez vague et en général on ne me pose pas vraiment de questions complémentaires, les gens s’intéressant de toute façon peu à ce que l’on fait vraiment.

L’informatique est une bien étrange discipline : il faut cinq ans pour former un ingénieur informaticien débutant et pourtant, le premier venu déballant son nouvel ordinateur se sent capable de donner des leçons.

Il y va en informatique comme en médecine ou en droit : vous pouvez choisir d’être généraliste ou vous spécialiser. Par contre, autant tout le monde comprendra qu’un médecin généraliste ne pratique pas d’opérations à cœur ouvert, autant le vulgus pecus ne comprend pas qu’un informaticien (généraliste ou spécialiste) ne sache pas tout sur tout et en détail.

A côté de cela, tout le monde me dit « c’est nul je ne comprends rien », ou encore « de toute façon vous les informaticiens, on ne comprend rien de ce que vous racontez ».

Ce phénomène est commun à tous les domaines où les spécialistes ont développé un vocabulaire précis, parfois inventé (ex : concaténer), parfois emprunté ailleurs (ex : ordinateur, mot à l’origine utilisé en théologie).

Vous retrouvez les mêmes reproches faits aux juristes, aux médecins, aux électriciens. Cela m’a d’ailleurs valu lors de mon stage ouvrier de me faire balader pendant une heure dans une usine à la recherche d’une lime à épaissir. J’avais quand même 21 ans. C’est à cela que servent les stages ouvriers : à découvrir tous les noms des outils, et accessoirement à comprendre qu’on peut avoir de longues études, et manquer de bon sens. Cette leçon d’humilité m’a servi toute ma vie.

Doit-on concrètement payer l’euro symbolique ?

J’entends souvent dire que des tribunaux condamnent « à l’euro symbolique », mais je me suis toujours demandé si la personne condamnée devait aller quelque part pour payer concrètement cette somme.

Dans la rubrique « Questions à deux euros » donc.

Sur le site haas-avocats.com

« L’euro symbolique, comme il existait auparavant le franc symbolique, est en général le moyen utilisé par un tribunal pour stigmatiser une faute elle aussi symbolique, qui n’a en vérité entraîné, sinon aucun préjudice, du moins un préjudice moral infime. Tel est le cas par exemple de nombreuses poursuites en injures et diffamation entre candidats à une élection politique : les gens s’insultent ou se diffament, et le tribunal est bien obligé de le reconnaître, mais cela fait en quelque sorte partie du jeu de la politique, et, sauf accusations extrêmement graves, c’est sans conséquence notable sur la carrière politique de la victime. Ce peut être aussi le cas d’une atteinte fautive, mais insignifiante compte tenu de nos mœurs actuelles, à l’honneur d’une personne. Entre sportifs professionnels, ou entre gens d’une même profession, les accrocs à la déontologie sont fautifs, mais, sauf exception, leur réparation reste en général purement symbolique.

L’euro symbolique est donc utilisé comme une sorte de réparation d’amour-propre. Il donne raison sur le principe à son bénéficiaire, à qui l’on reconnaît ainsi qu’il a subi une sorte de préjudice moral, mais il ne prétend évidemment pas réparer un préjudice matériel. »

Bon, c’est bien, mais paye-t-on cette somme ?

Allez, je vais être franc: google n’est pas mon ami cette fois-ci et je ne vais pas passer la journée à faire des recherches, surtout que je pense vraiment que le paiement est symbolique lui aussi.

Vous remarquerez l’augmentation de plus de 550% lors du passage du « franc symbolique » à l’euro symbolique. Cela aurait été amusant de lire une condamnation à « 15 centimes d’euro symboliques »!

Mais ce qui m’aurait vraiment amusé, c’est qu’on prévoit effectivement le versement de la somme, au moins pour le symbole…

Nul n’est censé ignorer la loi

J’inaugure une rubrique « questions à deux euros » pour y placer toutes les questions (souvent assez bêtes) que je me pose et qui nécessite de ma part une petite recherche.

« Nul n’est censé ignorer la loi ».

Je trouve cette adage fréquemment cité (souvent d’ailleurs avec l’utilisation incorrecte du mot « sensé »: 10500 contre 77900 pour « censé » sur google) avec ironie car il est souvent sous-entendu qu’il n’est pas possible de connaitre toutes les lois.

De plus, un expert judiciaire n’étant pas un juriste (enfin par forcément), j’ai souvent des sueurs froides liées à une éventuelle méconnaissance d’un point de procédure.

J’ai voulu donc savoir effectivement ce que signifiait cet adage.

Mes meilleurs résultats:

Sur le site vie-publique.fr:

« Ce célèbre adage ne signifie pas que tout citoyen est censé connaître l’ensemble des textes législatifs et réglementaires (décrets, circulaires…) existant dans l’ordre juridique français. Avec 8 000 lois et plus de 110 000 décrets en vigueur, le plus studieux des juristes ne relèverait pas un tel défi…

Cet adage représente en fait une fiction juridique, c’est-à-dire un principe dont on sait la réalisation impossible, mais qui est nécessaire au fonctionnement de l’ordre juridique. Ici, la fiction est évidente : personne ne peut connaître l’ensemble des lois. Mais dans le même temps, cette fiction est éminemment nécessaire. En effet, si elle n’existait pas, il suffirait à toute personne poursuivie sur le fondement d’une loi d’invoquer (et même de prouver) son ignorance du texte en cause pour échapper à toute sanction. On comprend que les règles perdraient toute efficacité devant la facilité avec laquelle on pourrait se soustraire à leur application. »

C’est tout de suite plus clair.

En fait, je pensais simplement que l’adage signifiait: « Nul n’est censé ignorer que la Loi existe », et que pour la connaître, il suffisait de s’adresser à un juriste (ou faire des études de Droit).

J’ai trouvé également un article intéressant dans le Code Pénal:

Article 122-3 du Code Pénal:

« N’est pas pénalement responsable la personne qui justifie avoir cru, par une erreur sur le droit qu’elle n’était pas en mesure d’éviter, pouvoir légitimement accomplir l’acte. »

Mail il semblerait que la jurisprudence sur ce point soit très restrictive.

Bon, pour toute explication supplémentaire, contactez votre avocat préféré.

Comment devenir expert judiciaire ?

Les experts judiciaires sont des professionnels habilités chargés de donner aux juges un avis technique sur des faits afin d’apporter des éclaircissements sur une affaire.

Le juge choisit en général un expert qui est inscrit sur une liste établie à la cour d’appel dont il dépend (voir la liste des cours d’appel sur wikipedia par exemple).

Pour demander son inscription sur une liste d’expert, il suffit d’adresser, avant le 1er mars, un courrier au procureur de la République du tribunal de grande instance dans le ressort duquel on exerce son activité professionnelle et précisant les rubriques de la liste pour lesquelles la demande est faite.

Le courrier doit être accompagné de:

– un CV

– un extrait de casier judiciaire

– une copie certifiée conforme des diplômes

– toutes pièces permettant d’apprécier ses compétences

Un coup de téléphone à sa cour d’appel peut être utile pour savoir s’il faut des documents complémentaires (photos, etc.)

Si votre demande est acceptée, vous serez convoqué pour prêter serment. C’est aussi le bon moment pour contacter une compagnie d’experts pour parler formations, procédures, assurance…

Plus d’informations en cliquant ici (mais il faudra réfléchir).

Mon PC à 10000 m

J’ai un petit Dell Dimension 2400 qui sert à l’un de mes enfants et dont je voudrais augmenter la mémoire (du Dell, pas de ma fille). Aussi sec, je vais sur le site Dell pour y trouver les spécifications de cette machine (mémoire max et type de mémoire).

Quelle ne fut pas ma surprise de voir dans le tableau des spécifs, que cette machine a été conçue pour fonctionner entre -15,2 m et 3048 m. Pourquoi donc -15,2 m (-50 pieds) ?

Mais le plus drôle, ce sont quand même les limitations du stockage: le PC ne doit pas être stocké à moins de -15,2 m (encore!), ni à plus de 10670 m.

Zut, j’avais un temps envisagé d’utiliser un ballon à hélium pour faire du stockage de PC en vol stationnaire à 10000 m !

Les 10 commandements de ce blog

1) Je suis Blog, ton Dieu, qui t’ai fait sortir de la vie réelle, monde de servitude

2) Aucune image tu ne posteras

3) Orthographe et grammaire toujours tu vérifieras

4) Souviens toi du jour de RTT, pour le sanctifier

5) Honore ton entreprise, qui te nourrit, afin que tes jours se prolongent dans le pays que Blog, ton Dieu, te donne.

6) Tu ne commettras point d’homicide en pérorant contre autrui.

7) Tu ne commettras point d’adultère en postant ailleurs des commentaires.

8) Tu ne déroberas point de billets sur un autre blog.

9) Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain en jouant au Troll.

10) Tu ne convoiteras point le blog de ton prochain; tu ne convoiteras point l’audience de ton prochain, ni son ordinateur, ni son site web, ni ses compétences, ni sa souris, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.

Bien sur, toute ressemblance avec ces dix autres commandements est fortuite.