A propos Zythom

Informaticien Ex²pert Judiciaire, Irresponsable de la SSI, 3 enfants, marié à une avocate (ma vie n'est pas facile). Clé PGP: 0u 41-j3 m15 c3773 pu741n d3 cl3f

Pas bien réveillé ?

Le mot « coaltar » signifie « goudron de houille ». Cette substance est utilisée pour imprégner les bois et en thérapeutique comme désinfectant et antiseptique.

Je n’avais jamais vu ce mot écrit et n’en connaissais pas l’orthographe. C’est pourtant un mot souvent utilisé, par oral, dans l’expression « Etre dans le coaltar ».

Info obtenue par le biais du blog « Curiosity »

qui m’a renvoyé vers le blog « Un mot par jour« .

Adieu Mme l’Institutrice

J’ai assisté hier à la réunion de parents d’élèves du CE2 de ma fille. Tout s’est bien passé jusqu’à la dernière intervention de l’institutrice:

« Bon, puisqu’il n’y a pas d’autres questions, je vous annonce que je pars à la retraite fin décembre. Je ne finirai pas l’année scolaire avec vos enfants… »

Stupeur dans l’assistance.

L’institutrice ajoute:

« Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a plusieurs réformes qui s’enchaînent depuis plusieurs mois. Je vous avais annoncé en début d’année que cette année scolaire serait la dernière avant mon départ en retraite. J’ai appris il y a quelques jours que si je ne prends pas ma retraite avant la fin de l’année civile, je perds des avantages. »

Re-stupeur dans l’assistance.

Je vous passe les détails qui ont suivis, les angoisses des différents parents, les questions métaphysiques du type « mais qui va l’annoncer aux enfants? ».

Les personnes en charge des réformes des retraites ne semblent pas préoccupées par le fait que les instituteurs exercent sur une année scolaire (et non civile). Peut-être la proximité des élections ?

En tout cas, j’ai annoncé moi-même l’information à ma fille qui a trouvé dommage que son institutrice s’en aille parce qu’elle l’aime bien.

Saisie contradictoire

J’ai été contacté par un huissier de justice pour effectuer une saisie de données dans une entreprise. La situation est toujours la même: un salarié quitte son entreprise, crée une entreprise concurrente et son entreprise initiale l’accuse d’être parti avec le fichier client.

Le problème ici est que la mission de l’huissier est la suivante: entrer dans la nouvelle entreprise et saisir toutes les données concernant les clients (fichiers et bases de données).

L’huissier me contacte pour que je l’assiste techniquement (il n’est pas à l’aise avec l’informatique me confie-t-il).

Je lui explique comment je procède dans ce genre d’affaire, en insistant sur le fait que je place in fine mes propres scellés sur les données saisies avec la mention « les présents scellés ne doivent être brisés que sur décision de justice ».

Je sens alors une gène de la part de l’huissier: « l’ordonnance du Juge est claire sur ce point, je dois fournir les données à la plaignante ».

Je lui fais part de mon étonnement sur le fait qu’une société peut ainsi récupérer des données très sensibles sur une entreprise concurrente. Il me répond alors qu’il effectuera un « tri des données » en ne fournissant que les données communes aux fichiers clients des deux entreprises (l’objectif étant clair pour l’entreprise plaignante de démontrer le vol des fichiers clients).

Devant mon refus de l’assister dans ces conditions, nous engageons une conversation plus générale sur la « couverture » offerte par l’ordonnance d’un magistrat. Je suis en effet persuadé qu’un grand nombre d’ordonnance sont écrites « sous la dictée » de l’avocat de la partie plaignante. Mais que se passera-t-il si l’ordonnance permet à l’expert de se mettre dans une situation délicate (ce que ne manquera pas de démontrer l’avocat de la partie adverse)?

L’Expert restera seul devant sa faute.

J’ai fait pleinement mien le principe du contradictoire et j’essaye de l’introduire dans la procédure même quand le juge ne le demande pas.

Ainsi, la mise sous scellés d’expert des pièces constituant une preuve est une action par nature non contradictoire (l’entreprise visée n’est pas prévenue avant l’intervention). Il est par contre possible ensuite de démarrer une deuxième action juridique: l’analyse des pièces saisies. Cette deuxième action sera contradictoire, permettant ainsi à la partie visée de se défendre.

Pour l’anecdote, l’huissier a contacté le magistrat et l’avocat de la partie plaignante qui se sont mis d’accord pour modifier l’ordonnance en ce sens.

Abundans cautela non nocet

(Une précaution excessive ne fait pas de tort)

J’aime la science-fiction

Jusqu’à l’âge de 20 ans, je n’étais pas particulièrement attiré par la lecture. J’avais lu toutes les œuvres obligatoires de mon parcours scolaire (quelques pièces de Molière, Candide de Voltaire, Critique de la raison pure de Kant, etc.), j’avais lu et dévoré Agatha Christie.

Mais l’épaisseur (physique) d’un livre restait malgré tout pour moi un critère important dans mes choix de lecture.

Puis un jour, je suis tombé sur « Dune » de Franck Herbert. Une édition de luxe, grande taille, grosse épaisseur, poids lourd… Par simple curiosité, j’ai ouvert le livre au milieu et là… Impossible de refermer le livre! J’ai lu le livre d’une traite jusqu’à une heure avancée de la nuit. Le lendemain, je recommençais la lecture par le bon bout et dévorais de nouveau le livre, cette fois ci du début à la fin.

Une révélation!

Depuis, j’ai accumulé suffisamment de livres (de poche) sur la science-fiction pour couvrir un mur entier de mon bureau. J’aime la science-fiction scientifique (anticipation ou scientifiction): Isaac Asimov, Arthur C. Clarke, Robert Heinlein, Alfred E. Van Vogt. Je suis assez peu friand de « Fantaisy » malgré le grand succès du « Seigneur des anneaux » ou des différents Harry Potter.

Mes lectures favorites:
Je reste bien sur fan de Franck Herbert avec sa série sur « Dune », mais j’adore des titres comme « Plus X » de Eric Frank Russel, « Dinosaure plage » de Keith LAUMER ou « La guerre éternelle » de Joe Haldeman. J’ai du lire ces livres une bonne dizaine de fois chacun.

Ceux qui ne connaissent pas la science-fiction et qui pensent qu’il s’agit d’histoires de petits bonhommes verts, peuvent commencer par « Des fleurs pour Algernon » de Daniel Keyes.

Pour ceux qui pensent qu’il n’y a pas en science-fiction d’histoires intéressantes sur les petits bonhommes verts, il leur faut lire « Martiens go home » de Fredric Brown.

Bonne lecture à tous 🙂

Sauvegardes vers un serveur SAMBA

Pour effectuer les opérations de sauvegardes familiales, je souhaitais mettre en place des copies croisées de PC à PC de type P2P.
Las, après moultes tests, je n’ai pas trouvé satisfaction parmi les quelques logiciels OpenSource ou freeware du marché.
Je me suis donc résolu à mettre en place un serveur de fichiers.

Matériel: un « vieux » PC avec une carte mère capable de recevoir les disques de grandes capacités d’aujourd’hui. Quelques barrettes de RAM pour monter la mémoire le plus haut possible (c’est toujours cela de pris). Dans mon cas, 256 Mo.

Après avoir retiré le lecteur de cédéroms, je place quatre disques IDE de grosses capacités (un de 250 Go et trois de 160 Go). Je débranche le ventilateur du processeur pour que le serveur fasse le moins de bruit possible et je règle le BIOS sur la fréquence la plus basse possible pour que le processeur chauffe le moins possible (cela fait trois fois le mot « possible », où est mon dictionnaire des synonymes!).

Je choisis d’installer un linux sous Debian: après avoir créé mes deux disquettes (il m’a fallu retrouver deux disquettes en état pour être formatées!) BOOT et ROOT, je procède à l’installation minimaliste de Debian, avec mes disques en LVM (soit 730 Go!!) et la sélection de l’ensemble de paquets « serveur de fichiers ».

Après redémarrage, je modifie le fichier « /etc/samba/smb.conf » pour autoriser l’écriture dans les répertoires de home (« writable = yes »).
Puis les commandes:
# /etc/init.d/samba restart
# smbpasswd -a « le nom du compte utilisateur »

Et enfin sur les machines Windows XP de la maison, dans l’explorateur:
\IP_du_serveurle_nom_du_compte_utilisateur

Comme par magie, tout a fonctionné, me permettant de disposer de 730 Go en ligne pour faire les sauvegardes (photos, films, musiques, etc.) des différentes données personnelles des ordinateurs du réseau familial.

Génial et merci à Debian/Samba.

Pour le logiciel de sauvegarde, j’utilise SyncBackSE que vous trouverez sur le génial site gratilog.net.

Mission impossible

Je sors d’une réunion-bilan regroupant les responsables informatiques de 47 écoles d’ingénieurs françaises.

Il fallait créer un site web mutualisant le recrutement de ces 47 écoles, sachant que:
– les 47 écoles sont concurrentes
– le nombre de candidats global est en baisse
– certaines écoles jouent leur survie à chaque rentrée
– les dates de recrutement sont toutes différentes
– les modes de recrutement sont différents (concours, dossiers, oraux…)
– les organisations sont différentes (écoles multi-sites, concours communs, parfois concours communs mais coefficients des épreuves différents…)
– les systèmes d’information sont différents
– certaines écoles disposent d’extranets existants pour le recrutement et veulent les conserver
– certaines écoles n’ont pas de service informatique
– le projet a démarré en octobre pour une mise en production en janvier
– aucune gestion de projet n’était prévue et n’a été mise en œuvre.

Et bien vous savez quoi, on y est arrivé !

Expert Judiciaire en Informatique

J’exerce sur mon temps libre l’activité d’expert judiciaire en informatique.

C’est une activité passionnante, mais exténuante.

Il faut connaître des domaines de l’informatique dont on ne soupçonne parfois pas l’existence (comment faire parler la mémoire d’une imprimante pour savoir quels ont été les derniers documents imprimés?).

Il faut connaître les procédures juridiques.

Il faut connaître les risques que l’on prend à titre personnel en termes de responsabilités.

Il faut se blinder mentalement (10000 images pédophiles à regarder et imprimer).

Il faut garder le sourire quand on se fait rembourser ses frais (et payer ses honoraires) avec un retard d’un an.

De plus en plus d’experts ne demandent plus leur renouvellement sur les listes des Cours d’Appel.

De plus en plus de magistrats désignent des « experts » en dehors de ces listes, pour faire des économies, sans se rendre compte de leur manque de compétences dans domaines cités ci-dessus.

Tous les experts sont mis dans le même sac: l’expert psychologue qui mène deux cents dossiers par an sur une base forfaitaire et l’expert informatique qui mène les débats dans une réunion d’expertise au commerce face à trois parties assistées de leurs propres experts et Avocats, soit quinze personnes…

Les missions d’expertises informatiques sont passionnantes, surtout en matière criminelle, mais où est la reconnaissance de la qualité des experts?

Pchhhiiiitttt.

Recrutement de tueur à gage sur Internet

France-Japon, le choc des cultures…

France:

En avril 2005, un homme est mis en examen à Nancy pour offre de commettre un assassinat. Il aurait cherché à faire éliminer le concubin de sa maîtresse par un tueur à gages en faisant maquiller l’élimination du rival en accident.

Japon:

Une femme porte plainte contre un homme qu’elle avait engagé sur Internet comme tueur à gages pour éliminer la femme de son amant et qui n’avait pas « exécuté » son contrat. Il est condamné pour escroquerie volontaire en décembre 2005.

Dans un cas, c’est le commanditaire qui est condamné, dans l’autre c’est le tueur car il n’a pas rempli son contrat…

Étonnant non ?

Source: CLUSIF « Panorama de la Cyber-criminalité – Année 2005 »

https://www.clusif.asso.fr

Vol d’objet virtuel

Chine : un homme de 41 ans a poignardé un de ses compagnons de jeu. Il n’a pas supporté que celui-ci revende le sable virtuel gagné dans un jeu multi-joueurs en ligne, sabre qu’il lui avait prêté. Selon les médias qui rapportent cette affaire, l’homme était d’abord allé se plaindre auprès de la police du vol de son arme virtuelle. La loi étant muette sur le cas de la propriété d’objets virtuels, sa plainte n’aurait pas abouti et furieux, l’homme en serait venu à tuer son compagnon de jeu.

Il a été condamné à mort avec sursis à exécution, peine qui peut être commuée en peine de prison à vie.

Source: CLUSIF « Panorama de la Cyber-criminalité – Année 2005 »

https://www.clusif.asso.fr

Le téléphone sonne

Je fais quelques interventions en amphithéâtre devant les étudiants de l’école d’ingénieurs où je travaille.

J’aime cela, j’aime les étudiants et je crois que les étudiants m’aiment bien aussi.

Peut-être simplement est-ce parce que mes cours, bien qu’obligatoires, ne sont pas sanctionnés par une note finale…

Me voilà donc face à eux en ces jours de rentrée. 150 têtes et autant de paires d’oreilles m’écoutent attentivement (ce sont de nouveaux étudiants, ils n’ont pas eu le temps d’apprendre à parler entre eux en amphi) quand tout à coup un téléphone sonne dans l’amphi. Je vois aussitôt un étudiant plonger dans son sac pour éteindre son portable. Agacé, mais surtout pour marquer le coup pour la suite de l’année, je demande à l’étudiant fautif de se lever. Grand silence dans l’amphi, l’étudiant se lève. Cruel jusqu’au bout, je désigne l’étudiant, clame haut et fort mon indignation et demande à tous les étudiants de l’applaudir pour l’encourager à éteindre son téléphone portable avant d’entrer en amphi la prochaine fois.

L’amphi applaudit à tout rompre, l’étudiant fautif est rouge de confusion, je lui demande de s’asseoir en lui accordant mon pardon, magnanime.

Le cours continue, je vois quelques étudiants sortir discrètement leur portable pour l’éteindre. Mon portable est posé sur le bureau, bien éteint, je vérifie moi aussi tout aussi discrètement.

Un quart d’heure passe quand soudain mon téléphone DECT de ceinture sonne. Je le coupe d’un geste machinal, comme si j’étais en réunion. C’était sans compter sur les étudiants de l’amphithéâtre qui se sont tous mis à applaudir…

Je les aime bien mes étudiants, car ils sont intelligents. Ce n’est pas le cas de tous leurs profs…