Se chauffer en minant des cryptomonnaies

Ce billet est la suite de celui-ci et me permet de faire un bilan de cette expérience.

Tout d’abord, je voulais utiliser du matériel d’occasion pour me faire une machine de cassage de mots de passe basée sur les anciennes cartes graphiques de mon gamer de fils. Puis est née l’envie de regarder un peu du côté des cryptomonnaies, pour découvrir cet univers. Enfin, l’idée était de remplacer mon chauffage électrique d’appoint qui me chauffe l’hiver. J’ai donc mené cette expérience tout l’hiver, prolongée jusqu’au mois de mai où j’ai éteint ce mini rig de minage.

La machine

Il s’agit d’un ancien PC dont la carte mère possède trois ports PCI-Express 1x qui me permettent de déporter les cartes graphiques loin du boîtier, grâce à des “Riser PCI” achetés pour mettre les cartes à la verticale.

Si au départ j’ai utilisé plusieurs alimentations séparées, “bricolées” pour démarrer sans être reliées à la carte mère, j’ai fini par récupérer une alimentation unique de 850W qui me permet d’alimenter la carte mère et les cartes graphiques. Notez que j’aurais pu simplement acheter un câble “double alimentation” à 12€ permettant de brancher deux alims ATX sur la même carte mère. Mais bon, les alims étaient vieilles, chauffaient beaucoup et je n’avais pas trop envie de mettre le feu à ma studette…

J’ai utilisé trois cartes graphiques : 2 GTX1080Ti (dont une achetée sur LeBonCoin) et 1 GTX1060, toutes branchées sur leur riser. J’ai ajoutée quelques radiateurs passifs qui traînaient dans mon bazar, afin d’extraire le plus vite possible la chaleur des GPU (en plus des ventilateurs d’origine) et les maintenir à environ 70°C en fonctionnement.

A vu de nez, l’ensemble consomme environ 700Wh, ce qui correspond à un petit chauffage d’appoint électrique. Attention toutefois, celui-ci va fonctionner 24h/24 et 7j/7 : il faut donc qu’il soit utile et permette de gagner quelques degrés par rapport au chauffage collectif de mon immeuble (ce qui est le cas : sans chauffage d’appoint, il fait 18°C dans ma studette l’hiver).

Le choix de la cryptomonnaie et de l’équipe de minage

Après avoir fait pas mal de tests, j’ai choisi de miner de l’Ethereum (ETH) et d’être payé sans frais en Bitcoin (BTC) en participant à l’équipe de minage eth.2miners.com. Il n’est pas nécessaire d’y créer un compte et les frais de participation sont corrects (1%). J’ai choisi d’être payé dès que possible, c’est-à-dire dès que la rémunération de mon système de minage arrive à 0.0005 ETH, ce qu’il atteint tous les 4 jours. Cet hiver, cela correspondait environ à 14 euros tous les 4 jours.

J’utilise le logiciel Gminer qui utilise bien les ressources de ma configuration, là aussi à un coût raisonnable dû aux développeurs (1%).

Enfin j’utilise le logiciel Exodus comme portefeuille crypto pour obtenir une adresse BTC et y stocker mes Bitcoins obtenus pour les blocs ETH minés. J’ai fait le choix d’un portefeuille logiciel installé sur ma machine (et mon téléphone) pour éviter d’utiliser celui fourni par les plateforme (Binance, ZenGo…). Cela demande de bien faire attention à ses sauvegardes.

Le transfert en euros

Mon objectif initial n’était pas de faire des plus-values d’investissements, et donc je pensais transférer rapidement mes Bitcoins en Euros. Mais j’ai été relativement désappointé par l’application ZenGo que j’utilisais initialement (car sans obligation de créer un compte). En effet, il s’est passée 3 heures entre la demande de conversion de mes Bitcoins en Euros et sa réalisation effective par ZenGo, ce qui a fait que j’ai perdu 3% du montant attendu (le BTC avait baissé pendant ces 3h). Ça laisse une impression désagréable, loin de l’idée de l’ordre de vente à la corbeille que je vois dans les films.

J’ai donc fini par me créer un compte sur une plateforme d’échange, et j’ai choisi Binance. J’ai mis un peu de temps à trouver les menus des seules actions qui m’intéressent, mais j’ai fini par comprendre (la plateforme est surtout conçue pour ceux qui veulent trader).

Je transfère donc de temps en temps mes Bitcoins avec Exodus vers Binance, puis je choisis sur Binance le moment de la cotation du BTC la plus intéressante pour faire la conversion en euros vers mon compte bancaire. C’est amusant comment on en arrive à regarder les cours du BTC tous les jours en “espérant” que ça monte (bull market ou marché taureau). Autant dire qu’en ce moment, je ne transfère pas grand chose (bear market ou marché ours).

Au passage, j’ai appris qu’en bourse, on appelle un marché à la baisse “bear market” et un marché à la hausse “bull market”, à cause de la façon dont ces deux animaux se battent : l’ours attaque avec ses griffes de haut en bas, alors que le taureau utilise ses cornes de bas en haut 🙂

Ma machine de minage est maintenant éteinte jusqu’à l’hiver prochain, sauf bien sur de temps en temps pour un petit cassage de mots de passe avec hashcat… et ça, c’est une autre histoire.

La chaleur, ce fléau

7 réflexions sur « Se chauffer en minant des cryptomonnaies »

  1. Bonjour,

    Merci pour cet article bien détaillé. La chaleur numérique c’est l’avenir du chauffage nous pouvons même parler de “chauffage utile” 😉
    Dommage que le crypto-radiateur QC-1 de Qarnot Computing n’était qu’une simple ébauche.

  2. Très intéressant !
    Je serai curieux à combien te reviens le kw/h de chauffage sur un hiver :
    kw/h numérique = kw/h vendu par edf + coût du matériel – revenu du minage
    sans compter l’investissement de temps.

    • Pour simplifier, je dirais que c’est tout bénéfice dans ce cas de figure, puisqu’il suffit de se dire que le matériel est déjà là (récupération de matériel existant) et que la dépense électrique aurait eu lieu de toute manière avec mon chauffage d’appoint classique.
      Objectivement, les 15 euros tous les 4 jours pendant la période couverte ont payé les 400 euros dépensés pour acheter la carte GPU supplémentaire d’occasion sur LeBonCoin et augmenter la capacité de ma machine de cassage de mots de passe.

  3. Vraiment, merci pour le partage. La flemme de le faire, mais je trouve que c’est une idée super. Finalement, c’est la seule utilisation raisonnable des cryptos que je connaisse.
    Bien qu’il faille remarquer que pour que ça fonctionne, il y a d’autres gens pour utiliser ces cryptos pour des achats ou de la spéculation (et qui ne sont pas juste là pour payer votre chauffage…)

    • C’est un point très important, surtout que l’univers “investissement crypto” ressemble quand même beaucoup à un système pyramidal…

  4. En terme de rentabilité “argent reçu du minage” vs “coût de l’électricité nécessaire à ce minage” vs “coût de l’électricité d’un vrai radiateur d’appoint pour le chauffage”, as tu pu avoir une estimation ? Es tu gagnant ou perdant ?
    Ce sans compter sur l’amortissement du matériel acheté 😉

    • Largement gagnant dans mon cas puisque la dépense aurait eu lieu de toute manière (j’aurais allumé mon chauffage d’appoint) et que les revenus du minage ont couvert l’achat d’une carte GPU supplémentaire pour me permettre de casser des mots de passe plus vite (et aussi de chauffer un peu plus).
      Il ne faut pas non plus oublier que je ne m’en sers pour miner que l’hiver, et que le système est constitué de matériels d’occasion largement amortis.

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