Comment publier un livre

Enfant escaladant un mur à prises colorées dans escalier

Par amour des livres, et pour laisser par écrit mes histoires à mes amis et mes enfants, je me suis lancé dans l’aventure de l’autopublication. C’est une expérience simple qui peut être faite par tout le monde.

Tout d’abord, je voudrais préciser à l’internaute arrivant sur ce billet sans connaître le blog, que je ne suis pas un professionnel de la question. Je ne suis ni éditeur, ni auteur, ni habitué des métiers liés à l’édition. Je n’ai pas d’intérêt dans les sociétés dont je vais parler, je souhaite simplement partager un retour d’expérience. Je suis quasi débutant en la matière, et mes conseils ne reposent que sur une maigre expérience. N’hésitez pas à proposer en commentaire d’autres pistes que celles que j’ai suivies. La société dont je rêve est une société où le partage est légal et encouragé.

Première étape : la matière première.

Pour fabriquer un livre, il faut d’abord disposer d’écrits. Dans mon cas, la matière première de mes ouvrages est constituée par l’accumulation des billets que j’ai publiés sur ce blog. Toute personne tenant un blog, ayant écrit une thèse ou gardant dans ses
tiroirs des cahiers noircis d’écritures, peut se lancer dans cette
aventure. Pour ma part, ce travail d’écriture était déjà fait. Je pensais que le reste était tout simple, vous allez voir que ce n’est pas si évident que cela.

Étape 2 : récupération et préparation de la matière première.

Dans mon cas, il s’agit de récupérer les billets, ce que j’ai pu faire par un export de l’ensemble du blog vers un fichier XML, suivi du tripatouillage de ce fichier pour enlever les commentaires (qui appartiennent à leurs auteurs), retirer les photos (idem) et inverser l’ordre des billets pour les mettre par ordre chronologique.

Ce travail peut être réalisé de manière élégante avec un joli script dans le langage informatique de votre choix, ou par l’utilisation chaotique de plusieurs logiciels plus ou moins performants à grand coup de copier/coller. J’ai suivi cette 2e voie…

Le but de cette étape est de disposer à la fin d’un fichier contenant tous les billets classés par ordre chronologique et contenant tous les liens d’origine encore fonctionnels. Pour ma part, j’ai travaillé sous Microsoft Word que je connaissais pour l’avoir utilisé pour écrire ma thèse, en 1991, sous Mac SE.

Étape 3 : le choix de l’éditeur.

Avant d’aller trop loin dans la mise en page, je pense qu’il faut avoir une idée plus précise de ce que vous devez fournir comme fichier à l’éditeur. Il vous faut donc choisir celui-ci (sauf bien entendu si un éditeur vous a déjà contacté auquel cas vous pouvez arrêter ici la lecture de ce billet, et recevoir toutes mes félicitations).

Après une recherche sur internet, recherche effectuée en 2007 à l’époque de la première édition du tome 1, j’ai choisi d’utiliser le service en ligne lulu.com.

D’après ce que j’ai compris, le principe part du constat que les machines qui fabriquent les livres aujourd’hui, sont entièrement numériques, et qu’il n’est pas plus compliqué de fabriquer 10000 exemplaires d’un seul livre que 1 exemplaire de 10000 livres. Cela amortit le coût des machines de production en les faisant fonctionner sur ce marché de niche en plein développement à l’époque.

Le site dispose d’accords avec des propriétaires de telles machines sur tous les continents, et les délais d’acheminement de l’exemplaire commandé (fabriqué donc à la demande) ne sont plus aujourd’hui que de quelques jours. 

J’ai donc testé. Et comme j’en ai été satisfait, je suis resté fidèle.

Étape 4 : le choix du format de livre.

Ce choix est important, car vous allez ensuite beaucoup travailler sur la mise en page, et rien n’est plus énervant après plusieurs heures de vérifications et de mises en page, de constater qu’il faut recommencer à cause d’un changement de format de livre.

Le format visé dépend de l’éditeur. A cette étape là, vous allez constater qu’il existe un grand nombre de possibilités. Vous allez devoir choisir le type de couverture (souple ou rigide), le type de reliure (à spirale, dos carré collé…) et la taille du livre (Poche, Petit Carré, Roman, Digest, A5…).

Le site lulu.com propose des aides permettant de choisir le meilleur format.

Remarque : Il n’est pas indispensable, mais cela peut être utile à ce stade, de connaître le nombre total de pages visées. Cela va dépendre du choix de la taille des caractères, des photos ajoutées, du nombre de billets sélectionnés, etc.

Je vous conseille de prendre plusieurs livres dans votre
bibliothèque, de les manipuler, de les mesurer et de choisir de cette manière
le format qui vous plaît. Gardez un livre sous la main pour estimer la taille des caractères, la taille des marges et d’autres paramètres que nous verrons plus loin.

Pour ma part, j’ai choisi le format :

– couverture souple

– reliure dos carré collé

– taille Roman (6×9, 15.24cm x 22.86cm).

Une fois fixé sur le format du livre, vous pouvez commencer la mise en page de vos écrits. Sur lulu.com, vous pouvez télécharger un modèle Word qui correspond parfaitement au format visé.

Étape 5 : le choix de la police de caractère et des billets.

Une fois en possession d’un modèle Word approprié, vous allez pouvoir y copier tout le contenu du fichier obtenu à la fin de l’étape 2.

C’est le moment de choisir la police de caractère par défaut, et sa taille. Vous avez alors un premier aperçu de ce que sera votre ouvrage final.

J’ai choisi :

– Garamond 16 pour le titre du livre

– Garamond 14 pour les titres des billets et

– Garamond 11 pour le corps du texte.

A ce stade, mon document Word contient un nombre de pages beaucoup trop élevé: c’est le moment de sélectionner les textes qui resteront dans le livre, ou de faire plusieurs tomes. Il faut relire l’intégralité de vos écrits et prendre des décisions. Vous endossez le rôle de rédacteur en chef en définissant la ligne éditoriale de votre publication. Vous pouvez décider de ne publier que des billets d’un certain thème, par ordre chronologique ou par rubrique, etc.

J’ai fait le choix de garder le joyeux mélange de ce blog perso, en gardant l’ordre chronologique et ses quatre rubriques principales:

– anecdotes d’expertises judiciaires informatiques (Expert)

– responsable informatique et technique (Professionnel)

– conseiller municipal (Vie publique)

– anecdotes pour mes amis et ma famille (Privée).

J’essaye de rester à un nombre raisonnable de pages: le tome 1 fait 188 pages, le tome 2 fait 264 pages et le tome 3, 244 pages.

Etape 6 : la mise en page.

C’est pour moi une étape longue et difficile.

Je commence d’abord par les styles.

Tout le document Word est mis en style « normal ». Puis tous les titres du document en style « Titre 1 », « Titre 2 », etc. selon le niveau de titre (titre du livre, titre d’un chapitre, titre d’un billet, etc.). Je modifie ensuite les styles pour les adapter à mon goût, et surtout pour faire en sorte que le paragraphe qui suit un style Titre X soit solidaire de celui-ci (pour éviter qu’un titre ne commence en bas d’une page par exemple).

Je modifie ensuite manuellement toutes les « notes de bas de billet » en note de bas de page. J’en profite pour ajouter de nouvelles notes de bas de page pour éclairer un point obscur, une allusion absconse ou traduire une citation latine.

Puis je m’occupe de tous les liens. Dans un livre papier, les URL ne sont pas cliquables, il faut donc les détailler en note de bas de page ou les supprimer. Comme je souhaite publier une version électronique de mes ouvrages, je ne supprime jamais un lien. Je modifie simplement le style « Lien hypertexte » de Word pour que les liens n’apparaissent pas en bleu souligné dans la version papier, mais uniquement dans les versions électroniques…

Les liens vers des billets du blog sont remplacés par des renvois vers les pages du tome concerné, si le billet est déjà publié dans un tome précédent ou dans le tome en construction.

Je rédige la page de titre, l’avant-propos, les avertissements, les remerciements et la quatrième de couverture.

Je place la numérotation des pages (paires à gauche, impaires à droite).

Je construis la table des matières.

Je place le copyright et le numéro ISBN fourni gratuitement par Lulu (obligatoires pour être accepté dans les circuits de distribution).

Puis je vérifie page par page la présentation, en ajoutant avec parcimonie des sauts de page.

Étape 7 : la correction des fautes.

Beaucoup de français sont très attachés à l’orthographe et à la grammaire. Les blogueurs sont souvent confrontés à cela et s’amusent des commentaires qui s’attachent à un détail de la forme plutôt qu’au fond. Quand vous avez passé beaucoup de temps à rédiger un billet, que vous y avez mis beaucoup de vous-même, il est parfois agaçant de lire comme premier commentaire une remarque sur une lettre qui manque. Les anglais ont un terme pour désigner cela: le Grammar Nazi.

Malgré tout, je trouve très désagréable de trouver des fautes dans un livre, surtout en abondance. Sans être un Grammar Nazi, j’apprécie qu’un lecteur me corrige une faute de frappe dans un billet, car cela contribue à l’amélioration du confort de tous. Je ne suis jamais vexé.

Je n’ai pas appris sur les bancs de l’école la réforme de l’orthographe de 1990. Pourtant, cette réforme est maintenant (un peu) enseignée en France, après avoir été adoptée depuis longtemps par tous les pays francophones. J’essaye donc de la mettre en pratique, mais j’avoue avoir du mal. Je préfère encore écrire « Maître » plutôt que « Maitre »… J’ai donc fait le choix d’un mélange entre les règles que j’ai apprises et celles que mes petits enfants apprendront peut-être. J’en parle en tout cas dans chaque introduction de mes tomes.

J’ai choisi de faire intervenir ma mère comme relectrice de mes ouvrages. C’est une ancienne institutrice de CP qui adorait son métier et qui m’encourage encore aujourd’hui à écrire correctement. J’ai commencé la primaire dans sa classe (pour la finir dans celle de mon père qui, lui, s’occupait du CM2)…

Quand j’ai appris à ma mère l’existence de la réforme de 1990, elle s’est empressée d’acheter un livre à ce sujet et, à 80 ans, s’est mise à niveau. Je voudrais lui rendre hommage et la remercier chaleureusement ici-même pour tout le travail qu’elle accomplit.

Je lui adresse par la Poste une version du « manuscrit » imprimée au format A4 recto/verso petite police, qu’elle corrige avec patience et intérêt. Elle me retourne ensuite la liasse pour que je corrige le fichier Word.

Merci Maman.

Étape 8 : le livre papier.

J’ajoute une page blanche au début du document Word (comme dans tous les livres) et le nombre de pages blanches à la fin pour obtenir un total de pages divisibles par 4 (probablement à cause d’une contrainte de fabrication). 

Je sauvegarde mon document Word au format pdf que j’uploade vers Lulu.com. Attention, pour le format pdf issu de Word 2010, ne pas oublier de cocher l’option « Compatible ISO 19005-1 (PDF/A) ».

Il ne me reste plus qu’à choisir une couverture (parmi les modèles libres de droit sur lulu.com), la police et la taille des caractères ainsi que la mise en page de la couverture. J’ai choisi :

– Couverture avant : titre Nimbus Sans L Bold 48 / Sous titre Nimbus Sans L 24

– Dos du livre (tranche) : titre Nimbus Sans L 31

– Couverture arrière : texte Nimbus Sans L 12

Ne souhaitant pas augmenter le prix du livre papier plus que de raison, j’ai choisi « impression Noir et Blanc sur papier standard (couverture en pleines couleurs).

Ça y est, je peux commander mon premier exemplaire (c’est obligatoire sur le site lulu.com pour valider la mise en ligne).

Quelques jours après, je reçois celui-ci, et en vérifie chaque page. Si tout est ok, je peux mettre en ligne le livre et commander les exemplaires pour les amis et la famille.

Étape 9 : les livres électroniques.

J’ai fait le choix de distribuer gratuitement et sans DRM les versions électroniques de mes ouvrages.

Pour cela, je repars du document Word original, dans lequel je supprime toutes les pages blanches, devenues inutiles, et les sauts de page des premières pages pour « condenser » un peu. Je fais recalculer par Word la pagination de la table des matières, ainsi que celle des renvois inclus dans les notes de bas de page (merci la touche F9).

Je modifie ensuite le style « Lien hypertexte » pour que les liens apparaissent (voir étape 6) et je sauvegarde au format PDF. J’obtiens ainsi le premier ebook.

Pour les autres formats, je m’appuie sur l’extraordinaire site 2EPUB vers lequel j’uploade la version PDF pour qu’il me la transforme sans effort en ebook pour iPad, iPhone, iPod, Kindle, Sony Reader, BeBook, Nook, Kobo et autres liseuses…

Il ne me reste plus qu’à partager ces fichiers sur le blog en utilisant la méthode que je présente dans ce billet intitulé « Partage de fichiers sur Blogger« .

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Voili, voilou. J’espère vous avoir donné envie de publier vos écrits au format papier ou dans un format électronique. En tout cas, vous êtes plusieurs milliers à avoir téléchargé la version électronique de mes publications, et cela, ça me fait très plaisir.

J’ai conscience qu’il s’agit pourtant d’un travail d’amateur. Il m’a fallu endosser tous les métiers du monde de l’édition: auteur, correcteur, maquettiste, rédacteur en chef, chef de fabrication, éditeur, diffuseur, hébergeur… sans pour autant en avoir les compétences.

Je rêve d’une bibliothèque virtuelle publique où tous les ebooks en langue française pourraient être centralisés et distribués gratuitement et sans DRM. Je rêve d’un ministère français de la culture et de la communication qui mettrait en place un tel projet…

Mais cela, c’est une autre histoire.

Je vous souhaite en attendant une bonne lecture 🙂

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Source photo Megaportail.

Noce de Chypre

Montage mariage : couple vintage années 1950 et couple contemporain devant même voiture.

J’ai publié mon premier billet ici le 5 septembre 2006. Cela fait donc six années aujourd’hui que je suis marié avec ce blog, pour le meilleur et pour le pire.

Bilan:

Un procès, trois courriers d’insultes, fâché avec la moitié des experts judiciaires de France, une agression

Mais aussi 3963 commentaires, 592201 visites, 681 billets toujours en ligne, des rencontres IRL formidables (Authueil, Eolas, SSTIC…), des rencontres virtuelles également formidables (merci Twitter…), des emails d’encouragement, des lettres de félicitations d’enseignants qui reprennent certains billets dans leurs cours, des livres pour mes enfants et une (vraie) épouse qui me soutient toujours malgré les coups de blues.

A dans un an, pour les noces de laine 😉

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Source image megaportail.com

Fournisseur de VPN

Inscription gravée Liberté Égalité Fraternité sur béton avec caméra de surveillance cassée

En lisant ce billet de Sid consacré à la mort de PPTP, je me suis demandé quel fournisseur de VPN pourrait remplacer mon fidèle Anonine que j’utilise depuis 2010.

Mes motivations sont les mêmes que celles que je décrivais alors dans ce billet que je vous recommande de lire avant d’aller plus loin.

Je me suis donc empresser de demander l’aide du réseau Twitter pour avoir une petite idée des différents fournisseurs de VPN utilisés/recommandés par mes followers.

En dehors du fait d’avoir mal formulé ma question: « Cher Twittos aimant la vie privée, quel VPN utilises-tu? (bonne bande
passante sur tous les protocoles, chiffrage sur, coût raisonnable…)
« , vite corrigée en « Quel fournisseur de VPN recommanderiez-vous? (avec OpenVPN, bp illim, pas de filtrage de ports)« , j’ai vite reçu pas mal de réponses intéressantes, que je vais essayer de partager ici.

Tout d’abord, la plupart des spécialistes en sécurité qui me suivent m’ont tout de suite précisé: aucun.

Bon.

Et ils ont raison.

Mais quand on ne veut pas tout faire soi-même, il faut bien à un moment ou à un autre « faire confiance ».

Moi qui confie déjà une grande partie de ma vie privée à Google, Gmail et Blogger qui m’offrent leurs services gratuitement en échange, je suis mal placé pour être un exemple de protection de ma vie privée.

Je précise donc mon besoin: je cherche un fournisseur de VPN proposant OpenVPN, une bande passante non limitée, pas de filtrage de ports et tous les protocoles, le tout pour un prix « raisonnable ».

Voici les différents fournisseurs qui m’ont été proposés (principalement) par mes followers:

– SecurityKiss

– VPNTunnel,

– Hidemynet

– Mullvad

– Cryptocloud

– Freedom-IP

– Hidemyass

– IPVanish

– Toonux

J’ai également étudié à la loupe la liste de free.korben qui est toujours très intéressante.

Plusieurs twittos m’ont fourni des liens intéressants:

8 VPN pour surfer, streamer et télécharger anonymement !

Five Best VPN Service Providers

Et enfin, j’ai fait quelques recherches sur Internet dans les forums, étudié quelques avis d’utilisateurs…

Après quelques hésitations, je vais tester VPNTunnel qui semble correspondre à mon cahier des charges, avec un tarif attractif.

Je vous en dirais plus après. Stay tuned.

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Source photo https://www.paperblog.fr/4692553/devise-francaise/

Source photo https://davidphenry.com/index.htm via Pfelelep

Tome 3

Grille d'émotions avec Darth Vader dans 9 états différents (Angry, Happy, Sad, Sleepy, Confused, Cheerful, Frustrated, Excited, Proud)

Enfin, il est terminé: le tome 3 du blog est disponible, et vient compléter les tomes précédents!

Vous le trouverez au format papier chez mon éditeur.

Il est également disponible gratuitement (sans DRM) dans les formats suivants :

Pdf (2553 Ko)

Epub (570 Ko)

Fb2 (1054 Ko)

Lit (593 Ko)

Lrf (1115 Ko)

Mobi (1266 Ko)

N’hésitez pas à l’emmener avec vous sur la plage et à l’offrir à des amis ou à vos ennemis.

Bien sûr, les tomes précédents sont encore disponibles, en format papier ou électronique sur la page publications.

Avertissements :

Les habitués du blog le savent, mais cela va mieux en l’écrivant: la
publication des billets de mon blog, sous la forme de livres, est
surtout destinée à ma famille et à mes proches. C’est la raison pour
laquelle j’ai choisi la démarche d’une autopublication. J’ai endossé
tous les métiers amenant à la publication d’un livre, et croyez moi, ces
personnes méritent amplement leurs salaires! Mise en page, corrections,
choix des titres, choix des couvertures, choix du format, choix des
polices de caractère, marketing, numérisation, etc., sont un aperçu des
activités qui amènent à la réalisation d’un livre. Je ne suis pas un
professionnel de ces questions, je vous prie donc de m’excuser si le
résultat n’est pas à la hauteur de la qualité que vous pouviez attendre.
Le fait d’avoir travaillé seul (avec ma maman pour la relecture, merci à
elle), explique aussi le faible prix de la version papier pour un livre
de 244 pages.

Je me dois également, par honnêteté envers les acheteurs du livre, de
dire que les billets en question sont encore en ligne et le resteront.
Les billets sont identiques, à part les adaptations indiquées ci-après.

Le passage d’un billet de blog à une version papier nécessite la
suppression des liens. J’ai donc inséré beaucoup de « notes de bas de
page » pour expliquer ou remplacer les liens d’origine. Dans la version
électronique, j’ai laissé les liens ET les notes de bas de page. Je vous
incite à lire les notes de bas de page le plus souvent possible car j’y
ai glissé quelques explications qui éclaireront j’espère les allusions
obscures.

J’espère que ce tome 3 vous plaira. En tout cas, je vous en souhaite une bonne lecture.

Bilan à mi-parcours

Golfeur face à trou surdimensionné dans le green

L’année 2012 arrive à mi-parcours, il est donc temps de faire un bilan provisoire de ma wish list de janvier

  1. Acquérir une paire de lunette vidéo 3D
  2. Arriver à faire fonctionner cette $#%µ& régulation de chauffage au
    boulot
  3. M’intéresser de plus près aux outils des Pentesters
  4. Assister au moins une fois à une Berryer 
  5. Postuler pour une inscription sur la liste de la Cour de Cassation
  6. Suivre plus de formations techniques, en particulier auprès des pentesters
  7. Mettre en place des enquêtes de satisfaction clients auprès des étudiants
  8. Finir l’implantation de l’aire d’accueil des gens du voyage et les accueillir
  9. Mettre à jour et étoffer l’offre de conférences sur l’expertise
    judiciaire que je propose aux lycées, aux
    universités et aux grandes écoles
  10. Passer (et rester!) sous la barre mythique des 25 pour mon IMC
  11. Apprendre à déléguer efficacement pour mettre en valeur mes collaborateurs et les faire progresser
  12. Maintenir avec plaisir le rythme de 4 à 5 billets par mois
  13. Continuer à répondre présent aux magistrats qui me le demandent
  14. Manger un fruit par jour…

Concernant les lunettes vidéo 3D, mon anniversaire n’est pas encore passé, tout espoir n’est pas encore perdu…

Sur le point n°2, la balle n’est plus dans mon camp, mais je sais que des travaux lourds vont démarrer sur le système de régulation du chauffage/climatisation/ventilation dont j’ai la charge… Donc peut-être.

Les outils des Pentesters m’intéressent vraiment, mais je crois qu’il me manque du temps et des compétences. Je pense que ça va être dur pour cette année, mais il me reste 6 mois, et j’ai rencontré pas mal de monde lors du SSTIC qui pourraient m’aider. Donc peut-être.

Les Berryer sont annoncées avec peu de temps d’avance et il faudrait un miracle pour que je sois sur Paris au bon moment et que j’arrive à avoir une place… J’ai donc peu d’espoir de ce côté là, mais l’année n’est pas finie !

Je me demande si un petit expert judiciaire de province a une chance d’être accepté à l’inscription sur la liste des experts de la Cour de Cassation. Je ne sais pas, mais qui ne tente rien n’a rien. Je vais donc déposer un dossier et voir venir en 2013. L’intérêt pour moi est bien sur d’espérer travailler sur des affaires techniquement intéressantes à un niveau supérieur. C’est d’ailleurs amusant de voir que dans le dossier de demande d’inscription se trouve une question « avez-vous déjà travaillé sur une affaire importante au niveau national ? »… Le point n°5 sera presque certainement réussi.

Concernant les formations techniques, c’est bien parti pour 2012. J’ai déjà participé à pas mal de formations intéressantes et compte bien m’inscrire à une formation très technique sur les pentests. Si l’un de mes lecteurs a une piste à me proposer, je suis preneur de tout conseil.

Le point n°7 concerne l’enquête de satisfaction auprès des étudiants de l’école, afin de connaître les ressentis de notre travail en tant qu’équipe support. C’est plus compliqué à mettre au point que je ne pensais, mais c’est en bonne voie.

« Finir l’implantation de l’aire d’accueil des gens du voyage et les accueillir ». Ce point fait suite à ce billet plein d’enthousiasme. Malheureusement, la commune voisine de la mienne a déposé un recours contre notre projet, stoppant net tous les travaux. Notre aire d’accueil des gens du voyage est jugée trop près de leur commune. C’est d’autant plus rageant que nous leur avions proposé de faire un projet commun, plus grand et plus ambitieux, mais qu’ils ont décliné. Je découvre les guerres de clochers et les égoïsmes communaux…

Le point n°9 est de mettre à jour et étoffer l’offre de conférences sur l’expertise
judiciaire que je propose aux lycées, aux
universités et aux grandes écoles. Je suis content d’avoir inauguré ce projet avec une invitation au SSTIC, mais j’ai essuyé un silence radio assourdissant de l’ENM à qui j’ai proposé mes services. Trop petit sans doute (mais un refus de leur part aurait été mieux accepté qu’une absence de réponse). Je ne suis définitivement pas un homme de réseaux.

Concernant l’IMC, je stagne à 25.6 depuis deux mois malgré mes efforts surhumains. Pffff.

Sur le point n°11, je pense être apprécié de mes collaborateurs, même si cela ne doit pas être drôle tous les jours pour eux d’avoir un chef passionné par son travail. Mais comme j’en ai conscience, j’essaye de faire la part des choses.

Concernant le point n°12 « Maintenir avec plaisir le rythme de 4 à 5 billets par mois », je dois reconnaître que je prends de plus en plus de plaisir à venir traîner ici pour pondre quelques bafouilles par mois. J’essaye de ne pas prendre la grosse tête et de garder l’esprit d’un blog de particulier, avec un mélange de privé/public/pro/expertise. J’ai quand même du diminuer mon temps passé sur Twitter qui envahissait doucement mais sûrement toutes mes autres activités privées.

Point 13 : « Continuer à répondre présent aux magistrats qui me le demandent ». Je réponds toujours présent (sauf pour les analyses de téléphones). Par contre, je suis de moins en moins sollicité, sans savoir pourquoi. J’imagine que le budget de la justice, toujours bien en dessous du minimum raisonnable, doit y être pour quelque chose.

La résolution la moins bien tenue reste la dernière « manger un fruit par jour ». Je suis plutôt 5 chocolats et bonbons par jour…Tiens, cela a peut-être un rapport avec mon IMC.

Il me reste six mois pour faire la différence et atteindre 78,57% de mes objectifs 😉

Bon milieu d’année à tous !

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Source image Jan Kriwol

Message de service

Bricolage artisanal d'une brosse à dents électrique modifiée de façon improvisée.

J’ai fini le bricolage du blog :

  • J’ai modifié le thème pour satisfaire les yeux du plus grand nombre ;
  • Je publie maintenant le flux RSS complet des billets pour ceux qui aiment les lire dans leur agrégateur RSS favori ;
  • J’ai remis le plugin ReadSpeaker pour permettre la lecture des billets aux malvoyants ;
  • J’ai mis à jour la blogroll de mes sites favoris en bas à droite du blog, sous la nouvelle rubrique « billets les plus consultés » ;
  • J’ai remis en place l’onglet « Contact » avec le formulaire d’envoi d’email entièrement anonyme (j’en reçois quelques uns par mois) ;
  • J’ai mis en place un nouvel onglet « Recherche traducteurs« . S’il y a des volontaires…
  • J’ai révisé mon onglet « Mentions légales » (thx to Maitre Eolas) ;
  • J’ai remis en place l’onglet « Avertissements » (A lire bien sur ;-).

J’ai découvert que l’auteur de l’intrusion avait effacé complètement mon blog du moteur de recherche de Google avec une demande explicite. Du coup, j’ai refait entièrement le référencement du site grâce aux outils Google pour les webmasters, en particulier les SiteMaps. J’en ai profité pour faire la même chose sur le moteur Bing de Microsoft qui propose un peu la même chose. Le blog apparait maintenant sur la première page
du moteur Google lors d’une requête « expert judiciaire », ce qui me fait particulièrement plaisir, même si c’était le cadet de mes soucis. Il est même premier sur la requête « expert judiciaire informatique ». ^^

Je recommande à tous ceux qui utilisent un compte Google d’activer la double authentification, qui m’aurait bien servi si j’en avais eu connaissance (mais avec des si…). Je vous invite également à masquer vos doigts pour ne pas vous faire filmer lors de la saisie de vos mots de passe…

Le tome 3 est en cours de rédaction, j’essayerai de faire un billet sur le long processus d’auto édition (papier et numérique).

Vive la liberté d’expression, vive l’informatique, vive la France, et merci à tous pour vos petits mots gentils.

Back on line

Prise bricolée avec clé métallique servant d'interrupteur

Suite à l’avalanche de messages de sympathie et, pour tenir compte des demandes formulées dans le billet précédent, j’ai remis en ligne tous les billets et commentaires du blog avant piratage.

Effectivement, il semble que cela peut intéresser les nouveaux lecteurs d’aller se plonger dans les anciens billets (j’espère autant que les anciens lecteurs dans les nouveaux billets ;-).

J’en ai profité pour donner un coup de balai sur le look du blog, et décidé d’abandonner le fond noir qui faisait si mal aux yeux de beaucoup d’entre vous, mais auquel je tenais tant. Nouvelle époque pour ce blog, nouveau design.

Je relisais le billet que j’avais publié juste avant de venir au SSTIC et je me suis demandé si je n’avais pas un 6e sens…

Il me reste quelques réparations à faire, en particulier le plugin de lecture pour les malvoyants, mais le plus gros du chantier est derrière moi. Je tiens d’ailleurs à remercier encore les équipes de Google pour leur réactivité et leur efficacité. Sans elles, je serai encore en train d’adapter les outils de conversion Json vers Xml à mes besoins propres, faute d’avoir procédé à des tests de restaurations de mes sauvegardes sur un blog de secours… Le B.A.BA. Mais comme je l’indiquais sur Twitter, le dieu des sauvegardes devait veiller sur moi.

Il parait que les chats ont neuf vies. Si ce blog est comme eux, il lui reste huit piratages à subir avant que je n’aille en enfer. Vous n’avez pas fini de rigoler, ni mon égo d’en prendre un coup.

Merci à vous tous.

Homophobie

Affiche vintage : deux figures portant masques blancs, message de prévention santé

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) n’a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales que le 17 mai 1990. Le site projet17mai.com offre une tribune à des dessinateurs pour aborder le thème cruel de l’homophobie et du rejet. Mais ce sujet ne doit pas se limiter à une seule journée, même symbolique.

A titre de réflexion, je vous propose quelques citations politiques qui montrent encore tout le chemin à parcourir:

« En tout cas, que l’homosexualité soit liée au narcissisme et à l’individualisme rutilant de notre société, ça c’est évident. » Christian Vanneste (UMP), émission « C dans l’air » du 13 novembre 2009.

« On a en effet vraiment l’impression que le PACS est une «patate chaude»
que l’on se refile de la mairie à la préfecture, puis au tribunal
d’instance et demain matin – pourquoi pas? – à la direction des
services vétérinaires.
 » Dominique Dord (UMP), lors du débat sur le PACS (voir page 8502 du compte rendu intégral de la 2e séance du 8 novembre 1998).

« Il n’y a qu’à les stériliser! » Pierre Lellouche (UMP) lors du débat sur le PACS (voir page 8536 du compte rendu intégral de la 3e séance du 8 novembre 1998).

Heureusement, d’autres personnes politiques me donnent de l’espoir. On verra bien.

Voici mes contributions préférées:

Zelba,

Paka,

Gami,

Guillaume Penchinat,

Kaouet – Laetitia,

Mipou et

Anne-Lise Nalin.

Mais allez-voir les autres aussi 😉

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Source image: fightforblogiz.com

Campagne pour les préservatifs Tulipan en plein syndrome de la grippe A.

Vous ne pourrez pas vérifier

Benne poubelle jaune et noire avec l'inscription 'VOTE HERE' en bleu

Je suis informaticien, je suis expert judiciaire en informatique, alors l’informatique, je connais bien. Vous qui me lisez ici, vous êtes peut-être aussi informaticien, peut-être pas. Vous connaissez sans doute un collègue informaticien, un ami, un petit-fils informaticien, ou même quelqu’un qui ressemble à un informaticien, quelqu’un qui sait y faire avec les ordinateurs.

Est-ce que pour autant, vous me donneriez une procuration pour aller voter à votre place? Est-ce que vous donneriez cette procuration à un collègue ou à quelqu’un que vous connaissez parce qu’il sait y faire avec les ordinateurs? Feriez-vous confiance à quelqu’un, pour qu’il vote « comme vous allez lui dire », simplement parce qu’il vous dépanne quand votre ordinateur déraille?

Sans pouvoir vraiment vérifier.

Moi, je pense que vous ne devriez pas.

Plutôt que d’essayer de vous montrer les dysfonctionnements possibles d’un vote informatique (avec une machine à voter ou par internet), je vais vous décrire ce qu’il se passe aujourd’hui dans un bureau de vote, au moment du dépouillement des bulletins de vote, tout au moins dans le bureau de vote auquel je participe depuis plusieurs années.

Tout d’abord, à l’heure de fermeture du bureau de vote (18h ou 20h), et bien les portes doivent rester ouvertes, pour permettre aux citoyens qui le souhaitent de venir assister aux opérations. Tout le monde peut venir s’il le souhaite, et il n’est pas rare que le responsable du bureau de vote propose à une ou plusieurs personnes du public de participer aux opérations de dépouillement.

La première opération est l’ouverture de l’urne. Celle-ci est transparente, pour qu’on puisse voir pendant que l’on vote, son enveloppe tomber et pour permettre de surveiller le niveau de remplissage pendant toute la journée. L’urne de vote possède deux clefs, comme pour le lancement de missiles dans tout bon film sur la question, et une fois ouverte, son contenu est doucement renversé sur une grande table.

Toutes les enveloppes qui étaient dans l’urne sont immédiatement comptées. Pendant ce temps, toutes les signatures du cahier d’émargement (que chaque électeur a signé lorsqu’il a voté) sont également comptées. Les deux nombres doivent être identiques.

Nous séparons alors les bulletins de vote (toujours dans leurs petites enveloppes) par paquets de 100 que nous mettons dans de grandes enveloppes qui sont aussitôt scellées. Puis nous ouvrons la première grande enveloppe de 100 bulletins pour commencer le dépouillement.

Une personne prend chaque enveloppe de vote, l’ouvre, en sort le bulletin contenu à l’intérieur et le passe déplié à une deuxième personne qui annonce à voix haute le nom indiqué sur le bulletin. Si l’enveloppe est vide, ou comporte un bulletin blanc, ou comporte plusieurs bulletins avec des noms différents, ou comporte un bulletin portant des inscriptions, ou comporte un bulletin fabriqué par l’électeur, le processus s’arrête et le bulletin (et son enveloppe) est mis de côté pour être annexé au rapport du bureau de vote.

Si l’enveloppe contient plusieurs bulletins tous identiques, un seul sera pris en compte.

Lorsque le nom inscrit sur le bulletin est énoncé à voix haute, deux personnes incrémentent un compteur pour chaque candidat sur une feuille de comptage (il y a donc deux feuilles de comptage), tout en énonçant, chacune à voix haute, le dernier chiffre du compteur du candidat concerné par le bulletin. Si les deux chiffres correspondent, le bulletin est posé sur la table, et l’on recommence.

A la fin de cette étape, le total dans tous les cas (nul, blanc, candidats) doit faire 100. Sinon, il faut recompter et trouver où est l’erreur (en général un blanc ou un nul non compté ou compté deux fois). Une fois tous d’accord sur la validité de dépouillement d’un lot de 100 bulletins, on recommence alors en ouvrant la grande enveloppe de 100 bulletins suivante. On a fini le dépouillement quand la dernière grande enveloppe est ouverte (elle contient presque toujours moins de 100 bulletins).

Les résultats du bureau de vote sont alors définitifs et peuvent être transmis à la mairie, où est en général réuni un public nombreux qui assiste aux additions des chiffres des différents bureaux de la commune. La mairie  transmet ensuite à la préfecture qui transmet ensuite au ministère de l’intérieur qui publie les résultats provisoires, validés ensuite par le Conseil constitutionnel. Mon bureau de vote est de temps en temps contrôlé par un magistrat représentant le Conseil constitutionnel. Chacun peut vérifier les chiffres détaillés sur le site internet du ministère de l’intérieur.

Il me semble très difficile d’organiser une fraude à grande échelle: il faudrait corrompre toutes les personnes présentes dans le bureau de vote, il faudrait corrompre plusieurs bureaux de vote pour que la fraude puisse avoir un impact significatif.

Par contre, la fraude de grande ampleur est très facile si l’on informatise le vote. Je ne vais pas vous le prouver en expliquant les différentes techniques pouvant permettre cette fraude. Je vais simplement affirmer que c’est possible (et facile) pour un informaticien. Très facile même, s’il s’agit de l’informaticien qui a conçu le système.

Et surtout, vous ne pourrez pas vérifier l’absence de fraude. Vous ne pourrez pas vérifier l’authenticité des votes dépouillés. Vous ne pourrez pas vérifier, quelque soit votre niveau de connaissance technique. Vous ne pourrez pas vérifier, même si vous avez un ami qui s’y connait bien en informatique. Vous ne pourrez pas vérifier parce qu’il vous faudra faire confiance dans les informaticiens qui auront mis au point le système. Vous ne pourrez pas vérifier parce qu’il vous faudra leur donner une procuration et leur dire pour qui vous voulez voter.

Personnellement, je souhaite pouvoir vérifier.

Si vous êtes comme moi et que vous préférez le système actuel, lent et long, mais facilement vérifiable, alors pensez à en parler (avec courtoisie mais fermeté) à vos élus quand ils envisagent de mettre en place des machines informatisées pour faciliter les opérations de dépouillement. Dites leur que vous n’en voulez pas. Dites leur que vous voulez garder le contrôle. Dites leur que vous voulez pouvoir vérifier.Si vous ne dites rien à vos élus, ou si vos élus ne vous écoutent pas, ils décideront d’informatiser la procédure de vote, en expliquant que c’est plus simple et plus rapide.

Si vos élus ont déjà informatisé votre bureau de vote, dites leur que vous voulez revenir au système manuel, que vous voulez pouvoir vérifier vous-même les opérations de dépouillement.

Si l’informatisation des bureaux de vote continue, si le vote par internet se généralise, ce jour là, quelqu’un pourra voter à votre place sans que vous le sachiez et truquer les résultats. Facilement.

Vous ne pourrez pas vérifier.

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Crédit photo Spacedust Humor

Lettre ouverte aux candidats des présidentielles 2012

Camion surchargé transportant des blocs de pierre massive empilés.

La Fédération Nationale des Unions de Jeunes Avocats (FNUJA) et l’Union des Jeunes Avocats de Paris (UJA) ont créé en partenariat avec l’Union Syndicale de la Magistrature (USM), l’Association des Jeunes Magistrats (AJM) et le Conseil National des Barreaux (CNB) le site justice2012.org afin qu’il devienne une caisse de résonance des préoccupations des professionnels de la justice.

Je leur ai adressé ma contribution qu’ils ont acceptée de publier sur leur site et je les en remercie. Je vous invite à aller la lire, ainsi que les autres contributions.

Je reproduis mon texte ici pour archivage.

Notez qu’il s’agit d’une opinion personnelle qui n’engage que moi, et non l’ensemble des experts judiciaires de France.

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Madame, Monsieur le candidat à la magistrature suprême,

L’expert judiciaire est un citoyen amené à collaborer de manière occasionnelle avec la justice. Il peut donc porter un regard extérieur au fonctionnement de cette institution.

La notion de justice est fortement polysémique et il est intéressant de constater qu’en période électorale, les différents sens du mot justice sont souvent utilisés de manière interchangeable, entretenant ainsi auprès des électeurs une certaine confusion.

Le citoyen que je suis est tout d’abord attaché à l’idée de justice pour tous, et le mot fait alors référence au principe moral qui exige le respect du Droit et de l’équité. Les français sont très sensibles au 2e mot de la devise de notre république et beaucoup s’étonnent du coût qu’ils doivent supporter pour accéder au service public de la justice, aggravé depuis la mise en place d’un droit de timbre. Que dire des parties qui font face à l’avance du coût d’une expertise judiciaire?

Cela amène à réfléchir au périmètre de la Justice, le mot étant cette fois pris au sens de l’institution responsable de son application. La Justice en tant qu’institution regroupe des professionnels du Droit en charge de son interprétation. Elle traite des conflits de plus en plus nombreux qui nécessitent l’intervention extérieure de professionnels chargés de donner des avis sur des questions techniques: les experts judiciaires. La société doit prendre en charge cette soif d’accès du citoyen à la Vérité qui nécessite souvent des moyens scientifiques, des savoir-faire techniques qui ne relèvent pas des personnels de l’institution judiciaire.

Les femmes et hommes politiques doivent prendre conscience du besoin de justice du citoyen et des nécessaires moyens de l’institution judiciaire pour pouvoir y répondre.

Demander justice à la Justice pour que la société nous fasse justice…

Bien évidemment, et tous les indicateurs le montrent, en particulier par comparaison aux autres pays européens, le problème principal de la Justice en France est un problème de moyens: pas assez de magistrats, pas assez de greffiers, pas assez d’officiers de police judiciaire…

Ce manque flagrant de moyens se traduit également par le paiement en retard des fournisseurs de l’institution judiciaire, y compris des fournisseurs de service que sont les experts judiciaires. Mesdames et Messieurs les candidats à la magistrature suprême, savez-vous qu’un professionnel qui est considéré comme « très compétent dans sa matière et chargé par un juge, dans le cadre d’une affaire judiciaire, de donner son avis sur des questions techniques » peut être remboursé des dépenses qu’il a engagées, et payé pour son savoir ou son savoir-faire, plus de deux années après son intervention?

Quel salarié, quel artisan, quelle entreprise accepte d’être payé avec deux ans de retard?

Je comprends qu’il soit possible de considérer que la collaboration occasionnelle avec l’institution judiciaire de citoyens sélectionnés pour leurs connaissances techniques devrait être un acte gratuit et bénévole. L’inscription sur les listes d’experts judiciaires serait alors suffisamment gratifiante en tant que telle pour que cet honneur comble le citoyen méritant. Une sorte de légion d’honneur de l’expertise judiciaire, sans rente annuelle ni maison d’éducation pour la descendance féminine… Je crains néanmoins qu’une certaine frilosité s’empare de ses récipiendaires lorsqu’ils auront à faire face à un investissement particulièrement onéreux (investissement en temps ou en moyens) rendu nécessaire par certaines investigations.

Il est temps que les femmes et hommes politiques mettent l’institution judiciaire au centre de leurs préoccupations et lui donne l’indépendance et les moyens nécessaires à son rôle: rendre la justice.

Et ce sera justice.

Zythom

Blogueur informaticien expert judiciaire