1er saut PAC

Vue aérienne d'une ville depuis avion avec logo Swiss Skydive

J’ai peur que ce blog ne devienne trop sérieux, trop lié à mes activités « professionnelles »… Je souhaite que cela reste un petit blog perso sans prétention. Je vais donc revenir sur ce qui a été pour moi LA découverte de cet été : le parachutisme.

Ce billet fait donc suite au billet « Premier saut J-20 » et à celui « Septième ciel« , dans une nouvelle rubrique « Parachutisme« .

Depuis longtemps, je souhaitais tenter l’expérience de sports « à risque » avant d’avoir atteint un âge ou un état physique qui m’en empêcherait. J’ai pratiqué pendant de nombreuses années la spéléologie, sport qui associe condition physique, explorations et analyses scientifiques des sous-sols (j’en ai souvent parlé ici). Je garde précieusement mon matériel, mais mes mousquetons me servent plutôt maintenant à accrocher mon hamac plus que les cordes statiques…

Je ne désespère pas de tester un jour le saut à l’élastique, le parapente et le vol à voile ! Mais cet été, j’ai testé pour vous le saut en parachute, la faute à mon 50e anniversaire (passé depuis un an, mais j’ai un peu procrastiné…).

Il y a deux façons de tester le parachutisme : le saut en tandem (on dit aussi baptême), ou la Progression Assistée en Chute (ou méthode PAC). Le saut en tandem est la façon la plus simple de découvrir la chute libre, puis le vol sous voile.
L’ensemble du saut est pris en charge par le moniteur, laissant le
passager profiter pleinement de ces instants exceptionnels. Vous êtes accroché au moniteur comme un sac, et vous n’avez rien d’autre à faire que de crier regarder et profiter du spectacle. Même la sortie de l’avion est gérée par le moniteur.

Dans le cas d’une formation PAC, le moniteur vous apprend à gérer toutes les phases du saut, et ensuite, c’est à vous de prendre les commandes… Voyons d’un peu plus près pourquoi cela fonctionne en toute sécurité.

Je suis arrivé le premier jour à l’aérodrome ne sachant pas trop comment tout cela allait se passer. En tant que spéléologue (et responsable technique), je suis très attaché à la sécurité. J’étais donc en observation sur ce point et très exigeant. Après tout, c’est ma vie que je confie à des inconnus.

Une fois les formalités d’inscription effectuées (certificat médical obligatoire), nous avons été accueillis par les moniteurs du club qui nous ont présenté le déroulement de la journée. Nous étions 12 stagiaires, âgés de 16 ans à 51 ans (oui, c’était moi le doyen), tous en bonne forme physique (sauf moi qui avait un peu peur pour le poids, le dos et les oreilles…). Il faut faire moins de 90 kg, et la balance du matin indiquait 89,9 à jeun tout nu (mais avec les deux pieds sur la balance), rapport aux vacances bien arrosées reposantes.

La matinée et l’après-midi ont été consacrées à des cours pendant lesquels on nous a appris entre autre chose la position à prendre à la sortie de l’avion (accroupi, un genou au sol, les mains sur l’autre genou), puis en chute libre (à plat ventre, bien cambré), la communication par geste, le geste d’ouverture du parachute, la trajectoire à suivre sous voile (après ouverture du parachute), les commandes et, bien sur, l’attitude à avoir en cas de problème… Une bonne moitié d’entre nous avait déjà sauté en tandem, l’autre moitié jamais. Je faisais partie des newbies intégraux.

Le temps plutôt maussade de cet été ne nous a pas permis d’effectuer notre premier saut dès le premier jour… Mais dès le lendemain, je pouvais monter dans l’avion !

Le premier saut PAC est particulier : chaque stagiaire est accompagné lors du saut par DEUX moniteurs. Lors de tous les autres sauts, un seul moniteur suffira à nous guider dans notre progression, mais lors du premier saut, personne ne peut vraiment savoir comment se comporter, se stabiliser, se maîtriser, se gérer, etc. La présence de deux personnes, une de chaque côté, est très rassurante.

Sur la vidéo qui suit, vous allez pouvoir voir les images brutes de la caméra d’un de mes moniteurs. Je suis dans le 2e groupe à sortir de l’avion, ce qui m’a permis de voir un peu comment cela se passait. J’ai une très seyante combinaison orange prêtée par le club. Je n’ai pas de stress particulier, toute mon attention est prise par l’enregistrement de mes sensations : « souviens toi de ce moment là, c’est la première fois ! », me dis-je.

Le bruit dans l’avion est assez fort, et nous sommes tous serrés comme des sardines.
Il y a trois stagiaires PAC, chacun accompagné de ses deux moniteurs,
soit neuf personnes, auxquelles il faut ajouter le pilote. La porte est ouverte lorsque l’on atteint la hauteur de 4200m. Le premier groupe saute. Je les regarde avec concentration. Je suis surpris de ne pas avoir peur. Je jubile plutôt. Le moniteur me demande de me mettre en place, main sur le genou. J’obtempère. Je regarde en bas. Le moniteur me corrige : regarde loin devant. J’obéis. Il compte trois et GO. Je m’élance sans effort, soutenu étroitement par les deux moniteurs.

Le bruit change de nature. Le vent relatif lié à la vitesse horizontale de l’avion nous fait partir en biais, comme expliqué lors de la formation de la veille. La vitesse de chute augmente rapidement. Je suis stable, et pour cause : les deux moniteurs me tiennent fermement. Je prends la position (enfin presque), et souhaite ABSOLUMENT regarder en bas. Le moniteur qui filme corrige la position de ma tête (deux fois ;-). La chute s’effectue en toute sécurité.

L’exercice consiste à faire une « poignée témoin », c’est-à-dire à chercher sous le parachute la poignée qui permettra son ouverture. Exercice réussi (à 53″). Il faut ensuite vérifier sa hauteur en regardant l’altimètre, que je regarde comme on regarde une montre (à 1’11 ») ! Les deux moniteurs passent le temps en « discutant » derrière mon dos, tout en me surveillant.

A 1700m, après 43s de chute libre (soit une moyenne de 209 km/h !), je mets la main sur la poignée d’ouverture et j’attends « je ne sais quel signal » ! Le moniteur saisit ma main et déclenche l’ouverture (1’15 »). La voile s’ouvre correctement, ouf. Ce sera l’unique fois où mon parachute se sera ouvert avec autant de douceur.

Dès l’ouverture, mes deux moniteurs me laissent gérer et s’offre un petit rab de chute libre. Vous pouvez apprécier sur la vidéo une prise de vue « en piqué », suivie d’une ouverture de voile et d’un panoramique sur Royan et son bord de mer.

1er saut PAC

La vidéo ne montre pas les 6mn de vol sous voile dans le silence, le plaisir de commander un parachute qui est, en fait, une voile rectangulaire parfaitement maniable par un débutant, ni l’atterrissage sur les fesses ! Toute cette phase s’effectue sous les ordres d’un moniteur au sol qui vous guide par radio (chaque stagiaire dispose d’une oreillette). Sécurité absolue.

Si le parachute ne s’ouvre pas, la voile de secours s’ouvrira toute seule à 800m. Si le parachute s’ouvre mais mal, j’ai appris la veille à le libérer et à ouvrir la voile de secours, procédure révisée dans l’avion. Sécurité, sécurité !

Les sensations de chute n’ont rien à voir avec tout ce que j’ai pu ressentir auparavant, en particulier dans les parcs d’attraction : aucune nausée, pas d’estomac qui remonte ou autre sensation désagréable. Cela ressemble plus aux sensations que l’on peut ressentir quand on met son bras par la fenêtre à 130 km/h en voiture et que l’on joue avec l’air…

Avec une seule envie dès l’atterrissage : ressauter !

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Crédit image : darkroastedblend.com

Tome 5

Femme posant devant une silhouette humaine formée par des livres empilés

De temps en temps, je transfère sur papier, en autopublication, une sélection des meilleurs billets de ce blog. J’ai ainsi la joie de vous annoncer la sortie du tome 5 de « Dans la peau d’un informaticien expert judiciaire » !

Le bébé fait 238 pages et le papa se porte bien…

Vous pouvez le commander chez mon éditeur en suivant ce lien.

Parce que j’aime l’esprit de partage qui règne sur internet, il est
également disponible gratuitement sans DRM dans les formats suivants (cliquez pour
télécharger) :

Pdf (3724 Ko)

Epub (4155 Ko)

Fb2 (6635 Ko)

Azw3 (6705 Ko)

Lrf (3103 Ko)

Mobi (3378 Ko)

Papier (238 pages 😉 )

Je voudrais particulièrement remercier M. Nojhan qui édite le site web Geekscottes et M. Randall Munroe, du site xkcd, pour leurs dessins.

Bien sûr, les tomes précédents sont encore disponibles, en format papier ou électronique sur la page publications.

Avertissements :

Les habitués du blog le savent, mais cela va mieux en l’écrivant: la
publication des billets de mon blog, sous la forme de livres, est
surtout destinée à ma famille et à mes proches. C’est la raison pour
laquelle j’ai choisi la démarche d’une autopublication. J’ai endossé
tous les métiers amenant à la publication d’un livre, et croyez moi, ces
personnes méritent amplement leurs salaires! Mise en page, corrections,
choix des titres, choix des couvertures, choix du format, choix des
polices de caractère, marketing, numérisation, etc., sont un aperçu des
activités qui amènent à la réalisation d’un livre. Je ne suis pas un
professionnel de ces questions, je vous prie donc de m’excuser si le
résultat n’est pas à la hauteur de la qualité que vous pouviez attendre.
Le fait d’avoir travaillé seul (avec Mme Zythom-mère pour la relecture, merci à
elle), explique aussi le faible prix de la version papier pour un livre
de 238 pages.

Je me dois également, par honnêteté envers les acheteurs du livre, de
dire que les billets en question sont encore en ligne et le resteront.
Les billets sont identiques, à part les adaptations indiquées ci-après.

Le passage d’un billet de blog à une version papier nécessite la
suppression des liens. J’ai donc inséré beaucoup de « notes de bas de
page » pour expliquer ou remplacer les liens d’origine. Dans la version
électronique, j’ai laissé les liens ET les notes de bas de page. Je vous
incite à lire les notes de bas de page le plus souvent possible car j’y
ai glissé quelques explications qui éclaireront les allusions
obscures.

J’espère que ce tome 5 vous plaira. En tout cas, je vous en souhaite une bonne lecture.

Septieme ciel

Photomontage surréaliste d'un parachutiste descendant devant la lune

Je regarde par la fenêtre de l’avion et la tension monte…

Je n’ai à mon compteur que six sauts, mais le prochain, le septième, est le premier que je vais faire entièrement seul… Je suis monté dans l’avion avec une certaine appréhension, les autres camarades de stage qui m’accompagnent effectuant leur sixième saut sont eux accompagnés de leur moniteur.

Dans l’avion, chacun est silencieux, concentré sur les figures imposées comme exercice pour son saut. Les moniteurs se font des signes entre eux, amusés par notre enthousiasme et notre inexpérience. Chaque stagiaire est dans sa bulle. La mienne grossit, grossit à mesure que l’avion prend de la hauteur. Le stress monte également, ce qui me surprend car les autres sauts ne m’avaient pas fait peur. Mais cette fois, je suis seul, sans moniteur pour me demander si tout va bien, pour me faire vérifier mon équipement encore une fois dans l’avion, pour me déstresser par un geste ou un sourire moqueur.

Je vérifie mon équipement :  la poignée permettant de sortir l’extracteur de la voile est bien en place, les deux poignées de la terrible procédure de sécurité sont bien là (largage de la voile principale et ouverture de la voile de secours), les sangles sont bien mises…

[Note: le mot « parachute » désigne l’ensemble complet : sac + voile principale +  voile de secours + sangles, poignées et dispositifs divers]

Je regarde l’aiguille de l’altimètre tourner lentement : 2500m, 3000m, 3500m, 4000m… Quand elle indique 4200m, le pilote secoue une grosse clochette et l’un des moniteurs ouvre la porte. Le vacarme ambiant augmente d’un cran. Je suis le premier qui doit sauter, je suis assis à même le sol de la cabine exiguë qui peine à loger les 9 parachutistes.

Je me lève tant bien que mal, chacun me laissant une petite place pour me permettre de bouger.

Pendant la montée, j’ai décidé du type de sortie que j’allais faire : un roulé-boulé arrière qui démarre dos au vide. J’ai également repensé à toutes les péripéties qui me sont arrivées tout au long de ces quatre derniers jours, pendant ma formation PAC :

– Lors du 1er saut, j’attendais je ne sais quel signe pour ouvrir ma voile, la main sur la poignée de l’extracteur… L’un des moniteurs a saisi ma main (et la poignée avec) et tiré dessus pour me faire ouvrir la voile !

– Autant la voile s’était ouverte en douceur pour mon 1er saut, autant elle a « claqué » lors du 2e saut. Je suis secoué comme un pantin désarticulé pendant son ouverture. Je ne m’y attendais pas du tout !

– Pour le 3e saut, le moniteur qui nous guide du sol pendant toute la descente sous voile (chaque élève dispose d’une oreillette radio) s’emmêle dans les couleurs des voiles et je prends pour moi un ordre impératif de faire demi-tour, alors que je ne suis plus qu’à 50m du sol. Me voilà donc vent arrière pour me poser. Trop tard pour changer de direction, je me pose en courant, avec une belle gamelle à la clef et une dizaine de mètres à brouter de l’herbe !

– Les conditions  météo ont changé en altitude, et voilà qu’il fait -5°C à 4200m… Je n’avais pas vraiment prévu cela : je n’ai pas de gants, pas de pull. Y fait frette!

– Je n’ai pas réussi l’exercice du 4e saut consistant à rester en chute libre volontairement sur le dos pendant quelques secondes… Je suis tellement cambré que je me retourne immédiatement. A moins que ce ne soit mon (léger) ventre qui décale mon centre de gravité 😉

– Le roulé-boulé avant du 5e saut était correct (voir vidéo ci-après). Mais lorsque j’ai ouvert les bras, je me suis retrouvé sur le dos ! Du coup, je me suis cambré pour me retourner, mais le retournement a été plus brutal que prévu et je me suis désarticulé (voir vidéo).

– Pendant l’exercice consistant à faire un 360° à plat, à droite, puis à gauche, j’ai les deux coudes trop bas. Du coup, je n’arrive pas bien à tourner. Il me faut un peu de temps pour comprendre, mais à 200 km/h, le temps manque. Priorité au contrôle de l’altimètre et à l’ouverture de la voile !

– Lors du 6e saut (et dernier saut accompagné), après le roulé-boulé arrière et les deux séries de tonneaux de l’exercice, une fois stabilisé, j’ai perdu mes surlunettes ! Ce qui veut dire que mes lunettes de vue était exposée directement au vent relatif de la chute libre à 200 km/h. Elles sont restées par miracle sur mes yeux. Le moniteur a apprécié que je ne m’en occupe pas plus que ça et que je me concentre sur ma stabilité, mon altimètre et mon ouverture de voile. Néanmoins, juste avant que la voile ne me secoue comme un prunier, j’ai sauvé mes lunettes en mettant les deux mains sur les yeux !

5e saut PAC, où le pantin désarticulé qui cherche à se stabiliser 😉
Musique audionautix.com (Pentagram)

–oOo–

Je suis maintenant seul pour sauter de l’avion. Je tiens la barre à deux mains.

Je me lance un « go » dans la tête, lâche la barre qui me retient à l’avion, lance la tête en arrière, attrape mes deux genoux avec les mains et commence une série de 4 pirouettes arrières dans le vide.

Je me mets sagement à plat et stabilise comme je peux ma position. Je teste quelques mouvements des bras et des jambes et analyse leurs impacts sur ma position.

Je regarde mon altimètre toutes les cinq secondes.

A partir de 2000m, je ne le quitte plus des yeux, en révisant mentalement la procédure de sécurité à faire si la voile ne s’ouvre pas.

A 1700m, je sors l’extracteur et déclenche l’ouverture de la voile.

A 1500m, la voile est correctement déployée, je pousse un cri sauvage de joie et prend les commandes. Les six minutes suivantes sont une formalité : je profite de la vue, je fais quelques 360° sous voile, je me rends tranquillement vers mon point de rendez-vous de 300m, je fais mon approche finale et je me pose en douceur (sur les fesses, c’est ma technique 😉

Je savoure le plaisir intense que je viens de vivre. Je vous laisse deviner la définition la plus appropriée de l’expression « septième ciel » qui s’applique à ce que je ressens après ce septième saut.

J’ai une pensée pour Sid et je le remercie de m’avoir encouragé à faire cette formation.

Puis je range mon parachute et rentre à pied au hangar, avec des étoiles plein les yeux et la musique de « Top Gun » dans la tête 😉

Premier saut J-20

Toboggan géant en forme de parachute blanc et rouge au-dessus d'un parc d'attractions

Ceci devrait être le billet le plus court de mon blog, et aurait pu s’intituler « au cas où »…

J’ai enfin réussi à planifier la date de mon premier saut en parachute : ce sera le 11 août 2014 si la météo s’y prête.

Comme Sid me l’avait conseillé, j’ai choisi une PAC (Progression Accompagnée en Chute), c’est à dire une série de sauts tout seul, accompagné de près par un moniteur (deux pour le premier saut), très différents du saut en tandem. Normalement je dois faire 7 sauts à 4000m, avec à chaque fois environ 40s de chute libre. J’ai déjà hâte d’y être.

J’ai réussi à extorquer une attestation de bonne santé à mon médecin qui s’inquiète de ma santé mentale… Il me reste à me maintenir (juste) sous la barre des 90 kg (poids max accepté par les parachutes du club) et à trouver des attaches pour mes lunettes… J’espère pouvoir rapidement vous raconter mes aventures.

J’aurai une pensée toute particulière pour toi, Sid.

Pépites du passé

Installation d'art urbain à la plage : structures géantes rayées rouge et blanc

La ligne de téléphone n’est pas utilisée, la maison est calme, je peux tenter une connexion à internet. Je suis déjà détenteur d’une adresse email professionnelle, de part mon métier d’enseignant-chercheur, mais j’ai également une adresse email personnelle. Nous sommes à la fin des années 1990.

Je ne suis pas encore fixé sur mon fournisseur d’accès à internet: il faut dire que le choix est pléthorique, entre LibertySurf, FreeSurf, Free et les autres. Je surveille de près ma consommation téléphonique pour éviter son explosion : en effet, les unités téléphoniques sont à ajouter au coût d’accès à internet. Heureusement, mon Minitel trône fièrement à côté du téléphone dans la salle à manger, et ses services payants m’ont déjà habitué à l’usage du chronomètre.

En ce moment, je teste Oreka qui m’offre 18 heures d’accès à internet gratuitement, communications incluses. Je me suis vite habitué à la bannière publicitaire que mon cerveau n’interprète même plus.

Je suis l’heureux propriétaire d’un USRobotics Sportster Fax Modem 14,4k flambant neuf qui trône à côté de mon ordinateur, dans un fouillis de câbles que l’on ne voit jamais sur les publicités informatiques.

A chaque fois que je l’allume, je pense aux ouvrages d’un de mes auteurs de Science-Fiction favori: Isaac Asimov et son entreprise US Robots, inc. J’aime sa séquence sonore de connexion, difficile à décrire, mais parfaitement reconnaissable à l’oreille. Je connais la signification de chaque voyant que je regarde clignoter en attendant avec impatience l’établissement de la connexion.

Je relève les emails de ma boite Mygale.org ainsi que ceux de ma femme. Grâce à son informaticien de mari, elle a été la première avocate de son barreau à disposer d’une boite email, ce qui lui a valu un article clin d’œil intitulé « la femme araignée » dans le journal des jeunes avocats. J’espère qu’elle l’a gardé…

Je m’occupe des différents sites perso que je fais vivre chez différents hébergeurs: sur Mygale.org bien sur, mais aussi sur Chez.com et GeoCities. Il faut dire que l’édition des pages HTML est maintenant grandement facilitée par la suite logiciel Netscape Communicator. Je suis un virtuose de la mise en page et du mélange multimédia : des images gif animées avec du son et du texte…

Je repense aujourd’hui à tout cela parce qu’en rangeant l’IMMENSE bazar qu’est mon bureau, je suis tombé sur mon vieux modem USR. Un jour, quand j’arriverai à la couche géologique contenant les données de mes vieux sites perso psychédéliques, je ferai pleurer vos yeux. En attendant, je pose sur ce blog un billet de souvenirs pour me rappeler de ces pépites qui ont illuminées ce pas-si-lointain passé. Ne croyez pas pour autant ceux qui pensent que c’était mieux avant. L’age d’or de l’informatique est devant nous

Sed fugit interea tempus fugit irreparabile,

dum singula amore capti circumvectamur

(Mais en attendant, il fuit : le temps fuit sans retour,

tandis que nous errons, prisonniers de notre amour du détail.)

Questionnaire de Proust

Questionnaire de Proust parodié avec six philosophes posant des questions de plus en plus courtes

L’histoire du questionnaire de Proust est à lire ici.

Je me suis essayé à l’exercice (pas si facile), en voici le résultat :

Ma vertu préférée : la Science (vertu spéculative).

La qualité que je préfère chez un homme : la compétence.

La qualité que je préfère chez une femme : la compétence.

Ce que j’apprécie le plus chez mes amis : qu’ils s’intéressent à moi.

Mon principal défaut : l’égocentrisme.

Mon occupation préférée : apprendre.

Mon rêve de bonheur : explorer les gouffres de la planète Mars.

Quel serait mon plus grand malheur ? : la mort de mes proches.

Ce que je voudrais être : l’inventeur de l’intelligence artificielle.

Le pays où je désirerais vivre : Cocagne.

La couleur que je préfère : 470 nm.

La fleur que j’aime : la fleur du Persea americana.

L’oiseau que je préfère : Deepo, la mouette à béton de John Difool.

Mes auteurs favoris en prose : Frank Herbert, Isaac Asimov, Arthur Charles Clarke, Alfred Elton van Vogt.

Mes poètes préférés : Stéphane Mallarmé, en particulier ce sonnet aux rimes en x-or.

Mes héros dans la fiction : Muad’Dib, Elijah Baley, Gosseyn.

Mes héroïnes favorites dans la fiction : Susan Calvin, Ellen Riplay, Leeloo.

Mes compositeurs préférés : Mozart, John Williams.

Mes peintres favoris : Banksy, Boulet.

Mes héros dans la vie réelle : M. et Mme Michu.

Mes héroïnes dans l’histoire : Hypatie d’Alexandrie, Augusta Ada King-Byron.

Mes noms favoris : Zythom (mais j’ai d’autres pseudonymes 😉

Ce que je déteste par-dessus tout : mon côté obscur.

Personnages historiques que je méprise le plus : j’essaye de ne mépriser personne.

Le fait militaire que j’admire le plus : la bataille de Camerone.

La réforme que j’estime le plus : la réforme clisthénienne.

Le don de la nature que je voudrais avoir : la fermeté de ma jeunesse.

Comment j’aimerais mourir : rapidement.

État d’esprit actuel : concentré.

Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence : les fautes de goût.

Ma devise : Nunc est bibendum.

Le partage, c'est bon à plusieurs

Vue aérienne d'une foule dense lors d'un événement public en plein air

Je me souviens encore du jour où Maître Eolas m’a ajouté à la blogroll de son site, de la surprise qu’on s’intéresse à mon petit blog perso, et de la fierté de voir la courbe des visiteurs augmenter (dire le contraire serait mentir). Je me suis promis de faire la même chose (sans prétendre déclencher des attaques par déni de service), et à encourager mes visiteurs à aller voir ailleurs comme le ciel est plus joli.

J’ai fait un petit toilettage des liens de ma blogroll (voir la liste complète sur le côté droit du blog), en enlevant les liens morts et les sites sur lesquels rien n’est publié depuis plus d’un an, et en ajoutant les sites que je suis déjà depuis un moment dans mon agrégateur de flux RSS (G2Reader). Certains sites ont déjà une très grande notoriété, mais je vous les indique quand même, simplement pour dire que je les aime 😉

Nouveaux entrants :

Rubrique « Le meilleur de la Justice » :

15cpp – Sans froid – Sans encre carnet de notes de l’OPJ

PJ en capitale

Judge Marie  (♥)

Rubrique « Les chapeaux blancs » :

0x0ff.info

Rubrique « Le 4e pouvoir » :

Mediapart (seul journal payant ayant réussi à me convaincre de m’abonner!)

Reflets.info

Rubrique « Les soigneurs » :

Alors voilà.

Farfadoc

Journal de bord d’une jeune médecin généraliste de Seine-Saint-Denis

Le blog de Mickaël

Les carnets du Docteur Lazarre

Sous la Blouse

Rubrique « Cerveau gauche » :

Passeur de sciences

Ils rejoignent les blogs que je recommande à tous, sur la droite en bas de mon blog (sauf la rubrique « Empire des sens », à ne pas mettre entre toutes les mains ;-).

Bonne lecture à tous, n’hésitez pas à me recommander des sites en commentaires. Le partage, c’est bon à plusieurs, et dans les deux sens 😉

Ils avaient

Chimpanzé tenant un jeune léopard, photographie noir et blanc vintage

Je travaille dans une école d’ingénieurs qui recrute des terminales S bientôt fraîchement titulaires du baccalauréat. Leurs dossiers d’inscription portent pour la plupart comme année de naissance, l’année 1996… Ils ont à peine 18 ans aujourd’hui.

Ils sont nés en même temps que la brebis Dolly, premier mammifère cloné de l’histoire (5 juillet 1996). La même année les Spice Girls sortaient leur tube Wannabe. Bill Clinton préside les États-Unis, Boris Eltsine la fédération de Russie et Jacques Chirac la France.

1996, c’est l’année de la création de l’April. C’est aussi l’année où les informaticiens commencent à se faire entendre sur le problème du codage des dates avec le prochain passage de 99 à 00. Cette même année sort Tomb Raider sur DOS, PlayStation, Sega Saturn et Macintosh.

Ils avaient à peine un an quand l’Angleterre a restitué Hong-Kong à la Chine (1er juillet 1997), quand la princesse Diana s’est tuée dans un accident de voiture à Paris (31 août 1997) et à la mort de Mère Thérésa (5 sept 1997).

Ils avaient aussi un an lors de la sortie de Titanic.

Ils avaient deux ans lors de la sortie de l’iMac qui colora l’informatique en même temps que sortait Windows 98, et que l’obscure société Google naissait dans un garage. Ils ne s’en souviennent pas, mais leurs parents les portaient fièrement au dessus de la foule lors de la fête de la victoire de la France contre le Brésil, 3-0.

Ils avaient 2 ans lorsque l’euro a remplacé l’ECU, 5 ans quand il a remplacé le franc français. Autant dire qu’ils n’ont jamais connu d’autre monnaie que l’euro.

Ils avaient 4 ans lors du changement de siècle et de millénaire, lors de la création de Wikipédia.

Ils avaient 5 ans lors des attaques du 11 septembre 2001 que j’espère ils n’ont pas vu en direct à la télévision (pour ma part j’étais en TP d’informatique et nous regardions les images en direct sur internet).

Altavista régnait en maître sur les moteurs de recherche.

Ils avaient 6 ans lorsque la navette spatiale Columbia s’est désintégrée lors de son retour sur Terre (1er fév 2003).

Ils avaient 7 ans lors de la naissance de Facebook (4 fév 2004), 10 ans quand ils auraient pu commencer à s’en servir (26 sept 2006), mais il fallait avoir au moins 13 ans…

Ils avaient 8 ans à la naissance d’Ubuntu (20 oct 2004) et au lancement de YouTube (14 fév 2005), 9 ans à l’arrivée au pouvoir d’Angela Merkel (22 nov 2005) et 10 ans lors du premier tweet (21 mars 2006).

Ils avaient 12 ans lors de l’élection de Barack Hussein Obama II. Autant dire que pour eux, un président des États-Unis, c’est grand, noir et cool.

Ils avaient 13 ans lors du vote de la loi Hadopi qui a rendu le partage non marchand illégal.

Ils ont toujours connu la téléphonie mobile et n’ont pour la plupart jamais vu un téléphone à cadran rotatif (et ne sauraient pas s’en servir…). iOS et Android n’ont aucun secret pour eux.

Ils ont tout juste 18 ans aujourd’hui.

Pour eux, je serai le vieux con qui les appelle « Monsieur » ou « Madame »

Bienvenue à eux 🙂

Réseaux de neurones 3

Bande dessinée humoristique sur la simplification des processus en utilisant le cloud computing

Ce billet fait partie d’une série qu’il vaut mieux avoir lu avant, mais c’est vous qui voyez.

Nous avons vu que pour jouer avec un neurone, il fallait calculer son potentiel (la somme pondérée des sorties des neurones qui lui sont connectés), puis sa sortie grâce à sa fonction d’activation. Je n’en ai pas encore parlé, mais pour pouvoir modifier les coefficients du réseau, il faut aussi connaître la dérivée de la fonction d’activation du neurone. Idem pour la variable « erreur » dont je parlerai un peu plus tard, pendant la phase d’apprentissage du réseau.

Si vous êtes étudiant et que vous souhaitez travailler sérieusement sur les réseaux de neurones, je vous conseille d’étudier attentivement le code source d’une bibliothèque telle que FANN qu’un lecteur m’a recommandé et qui a l’air très bien. Dans mon cas, je suis partisan d’un travail artisanal qui permet de mieux comprendre les différents mécanismes en jeu. Et puis, j’aime bien le blog de Libon: fabriqué à mains nues, alors…

Pour moi, un neurone, en langage C, c’est donc cela:

Capture d'écran de code C déclarant une structure typedef pour un neurone

Avec cette déclaration, un réseau de neurones peut être le simple tableau suivant: NEUR* neurone[NBMAXNEUR]; où NBMAXNEUR est une constante indiquant le nombre total de neurones (y compris les entrées du réseau).

La création d’un réseau se fera alors de manière dynamique avec un petit programme du type:

Capture d'écran de code C créant dynamiquement un réseau de neurones en mémoire

Note à moi-même pour plus tard:  ne pas oublier un appel à « free() » pour chaque appel à « malloc() ».

Parmi tous les réseaux de neurones possibles, j’ai choisi de travailler avec un réseau complètement connecté à une seule sortie. Il s’agit du type de réseau possédant le plus de liens possibles entre les neurones.

Il est assez facile à construire:

– le 1er neurone est relié à toutes les entrées du réseau

– le neurone suivant est relié à toutes les entrées du réseau, et à la sortie du premier neurone,

– le Nème neurone est relié à toutes les entrées du réseau, et à la sortie de tous les neurones précédents,

– la sortie du réseau est la sortie du dernier neurone.

Je vous ai fait un petit dessin qui montre ce type de réseau:

Schéma d'un réseau de neurones avec 3 entrées, 3 couches neuronales et une sortie

Figure 1: Réseau complètement connecté

avec 3 entrées, 3 neurones et une sortie

Dans un réseau de neurones, le cœur du problème, ce qu’il faut rechercher, ce sont les coefficients des liens reliant les neurones entre eux. Le coefficient reliant le neurone j vers le neurone i s’appelle Cij. Par exemple, sur la figure 1, le coefficient reliant 3 à 5 s’appelle C53 (attention au sens).

Pour faire très simple, et suivre la notation utilisée, j’ai choisi une matrice pour stocker les coefficients Cij : double coef[NBMAXNEUR][NBMAXNEUR];

où NBMAXNEUR contient le nombre d’entrées et le nombre de neurones (soit 6 sur la figure ci-dessus). Ainsi, le coefficient C53 est stocké dans coef[5][3]. Ma matrice aura beaucoup de zéros, mais je privilégie la simplicité.

La propagation de l’information au sein du réseau se fait donc de la manière suivante:

Capture d'écran de code C implémentant la propagation avant dans un réseau neuronal

La sortie du réseau est donc neurone[NBMAXNEUR-1]->sortie

Les entrées du réseau sont considérées comme des neurones particuliers très simples (pas de liens vers eux, pas de fonction d’activation, potentiel égal à l’entrée).

Le prochain billet sera consacré à l’apprentissage d’un tel réseau de neurones (ie: au calcul des coefficients du réseau). On révisera aussi un peu les fonctions. Il vaut mieux aller doucement.

Le petit garçon qui est en moi

Chien assis sur une terrasse en bois, regard contemplatif vers le lointain

En lisant ce billet de l’astronaute Alexander Gerst
sur le blog d’Anne @Cpamoa, je me suis posé la question « quelle part y
a-t-il encore en moi des rêves du petit garçon que j’ai été »…

Enfant, je me nourrissais des exploits des astronautes américains. La conquête de l’espace ouvrait des horizons infinis. J’étais persuadé aller dans l’espace avant la fin du (20e) siècle. Je rêvais d’impesanteur et de chute libre dans un ascenseur. Je rêvais de marcher sur Mars.

L’astrophysique regorgeait de mystères qui me fascinaient. Je regardais plein d’espoir des formules incompréhensibles dans l’encyclopédie Universalis de mes parents. Je rêvais de courbure d’espace et d’écoulement du temps.

Je dévorais tous les articles scientifiques des revus dont j’attendais l’arrivée dans la boite aux lettres avec impatience. Les Tokamaks n’avaient pas de secret pour moi. J’en avais même fait le sujet d’un exposé devant ma classe de seconde qui me laisse le souvenir d’un silence gêné et d’un professeur prompt à passer à l’exposé suivant… Je rêvais des bienfaits d’une énergie abondante et non polluante.

J’étais fasciné par la programmation des petits calculateurs qui
apparaissaient ça et là. Les progrès rapides de la puissance de calcul
et des capacités de stockage me laissaient entrevoir l’arrivée proche
d’une intelligence artificielle dont j’essayais d’imaginer les
conséquences sur la vie de tous les jours. Je connaissais tout sur la
programmation de ma petite calculette, et mes idoles s’appelaient SHRDLU et Lisp. Je rêvais d’interroger un Multivac ou un HAL 9000. Mes héros sont alors Ada Lovelace et Alan Turing.

Je passais mon temps à construire des automates cellulaires

Je construisais des vaisseaux spatiaux avec mes pièces de Meccano.

La science était ma religion, le progrès scientifique ne s’arrêterait jamais et améliorerait le monde.

Aucun de ces rêves d’enfant ne sont devenus réalité.

Il ne reste en moi que l’amertume de leur disparition.

On ne devrait jamais grandir.