Le Monde Informatique

Depuis quelques temps, LMI nous a quitté, tout au moins la version papier.
Cet hebdomadaire rythmait mon activité professionnelle et expertale.
Abonné à titre professionnel, j’en étais le lecteur principal sur mon lieu de travail, avant que l’ouvrage ne prenne place au centre de ressources documentaires de l’établissement, à destination des étudiants et des chercheurs.
Après quelques années passées sur les étagères, les numéros étaient voués à la destruction. Mais, avec la complicité de la documentaliste, je pouvais les récupérer pour stockage à la maison.

Dans certaines expertises, il m’est demandé un avis sur la valeur (financière) de tel ou tel logiciel ou matériel, dans le contexte de l’époque. Conserver cette revue (et d’autres) à mon domicile me permettait de constituer à bon compte une mémoire sur les us et coutumes, les termes en vogue, les technologies prometteuses et les flops.

Une autre raison à cette récupération, la principale en fait, est que j’adore les dessins de François Cointe.

D’un autre côté, c’est vrai qu’après avoir abandonné à peu près tous mes abonnements papiers pour préférer en général les abonnements (gratuits) à des flux RSS, je ne peux pas m’étonner de la disparition progressive des différents journaux papiers. Et quand je vois la piètre qualité de certains d’entre eux, je ne regrette pas cette évolution.

J’espère que tous les journalistes de qualité qui réalisaient « Le Monde Informatique » sauront rebondir.

Mais ce journal me manque.

Les missions pièges

Ou plutôt les pièges des missions.

J’ai deux stratégies pour établir un devis:

– la plus bête, mais la plus précise:

je fais le travail, j’en déduis le coût, j’établis un devis (forcément précis) qui, lorsqu’il est accepté, me permet d’être l’expert judiciaire le plus rapide du monde 🙂 Pourquoi cette stratégie peut-elle être bête: tout simplement lorsque le devis est refusé…

– la plus intelligente, mais la plus risquée:

Comme toute activité établissant des devis, mettre en place une grille d’estimation. Parfois on tombe au dessus, parfois au dessous. C’est rapide, propre et tout le monde est content. Alors quel est le risque? Et bien, c’est le petit détail qui a échappé et qui peut multiplier par deux ou trois le temps consacré…

Exemple:

J’ai eu à établir un devis préalablement à une expertise de type « recherche d’images pédophiles » (il faut croire que j’en deviens le spécialiste). Je regarde les missions de l’ordonnance, je contacte les personnes chargées des scellés pour en avoir le détail, je vais même jusqu’à récupérer les scellés pour savoir le type d’OS et les tailles de disques durs (une fois, après un devis basé sur les unités centrales, j’ai ouvert l’UC pour y trouver trois disques durs de 300 Go chacun… trop tard).

Dans ce dossier, une fois tout le matériel sous la main, j’ai établi un devis AVANT de commencer à travailler. Une semaine plus tard, le devis a été accepté. Je démarre alors mes investigations. Je contacte l’OPJ en charge du dossier pour avoir des éléments me permettant d’être plus efficace. Cela me permet d’avoir des mots clefs plus précis pour trouver certains types d’information, etc.

A la fin de la conversation, le gendarme me dit: « Et pourriez-vous me transmettre les images retrouvées sur deux cédéroms: l’un sous scellés, et sa copie pour investigation? »

Comment refuser?

Sauf que je n’avais pas prévu de mettre en évidence une montagne d’images pédophiles: 40 Go d’images et de films pédopornographiques, le tout mélangé avec une centaine de gigaoctets de films pornographiques!!!

J’en suis sorti mentalement rincé (relire ce billet pour comprendre).

C’est donc complètement lessivé par tout ce tri, que j’ai entrepris de graver les 20 DVD (10×2). Classer les données par paquet de 4Go et graver les fichiers en mode vérification, cela représente environ 1/4h par DVD. Multipliez par 20, c’est cinq heures de boulot hors devis (pour ma pomme).

Dans ce type de dossier, l’argent compte peu, mon temps non plus. Car finalement, le piège dans ce type de mission, ce n’est pas le devis raté, c’est de toucher le fond de la souffrance humaine: celle des enfants.

Et ça, c’est vraiment dur.

Portabilité du bricolage

J’ai reçu il y a quelques jours un ordinateur portable de marque Apple.

Je n’aime pas analyser les portables, vous allez comprendre pourquoi.

La devise de l’expert judiciaire en informatique est celle d’Hippocrate : Primum non nocere, qui se traduit par d’abord, ne pas nuire ou plus généralement avant tout, ne pas nuire à la preuve.

Il faut donc être sur de ne pas endommager ou écrire sur le disque dur que l’on doit analyser.

Dans mon cas, je ne maîtrise pas de système simple pour booter un Apple ibook G4 sur cédérom pour une prise d’image à travers le réseau. Il me faut donc démonter le portable pour en extraire le disque dur afin de le placer sur mon matériel d’analyse.

La galère commence.

Première phase, trouver sur internet un site qui décrit le plus précisément possible le démontage. En l’espèce, il s’agit de l’excellent site aberco.free.fr/ibook/demontage1.html qui me sauve la vie.

2ème phase: la préparation des outils. Après avoir étudié le problème en détail, il s’agit de faire l’inventaire de tout le matériel nécessaire. Ici, j’ai besoin de plusieurs tournevis cruciformes très fins, de tournevis Torx et d’un tournevis mou (une brosse à dent limée). Je recommande également le rangement d’un vaste espace de travail, ceci pour placer les différentes vis extraites sur des croquis de remontage.

3ème phase: le démontage. Personnellement, j’ai mis quatre heures! En effet, le propriétaire du portable apprécierait peu que son matériel lui soit rendu avec des marques de démontage (d’où le tournevis mou) ou avec des pièces mal remontées. Il faut utiliser le bon tournevis pour chaque vis afin de ne pas marquer la tête (de vis). Il faut placer la vis démontée sur une feuille blanche sur laquelle on aura reporté un croquis de la machine, pour être sur de la replacer au bon endroit. Il faut travailler au dessus du plan de travail (et non sur ses genoux) pour qu’une vis malicieuse qui saute de son emplacement ne rebondisse pas dans un endroit inaccessible.

Il faut démonter 42 vis sur un ibook G4 avant de pouvoir extraire son disque dur… Et elles sont presque toutes différentes! Certaines sont cachées derrière des petits aimants. Et pour couronner le tout, avec l’évolution de la fabrication, le portable que je démontais n’était pas exactement comme celui du site internet: certaines vis manquaient et d’autres, surnuméraires, étaient vicieusement cachées.

Règles d’or: quand vous avez enlevé toutes les vis, il en reste une cachée quelque part. Ne pas forcer. Rester calme.

Pour compliquer le tout, des clips maintiennent certains éléments plastiques qu’il faut forcer… mais pas trop.

Quatre heures, je vous dis!

Mais l’analyse en valait le coup…

PS: J’ai oublié de dire qu’il m’avait également fallu 4 heures pour remonter l’ensemble des pièces, avec quelques frayeurs quand je n’avais pas correctement repéré le trou dans lequel la vis devait être remontée (surtout vers les premières étapes du remontage).

J’en ai profité pour enlever la poussière accumulée sous le clavier et pour passer un coup de chiffon sur le parebrise.

Primum non nocere

Les risques du métier

Ce billet s’adresse plus particulièrement aux futurs jeunes experts judiciaires.

L’activité d’expert judiciaire peut amener à prendre des risques et à se retrouver au pied du mur. Voici la mésaventure arrivée à un confrère, et rapportée dans la revue Experts (n°70 et 76) par l’excellent Gérard ROUSSEAU, Docteur en droit, expert honoraire près la Cour de cassation. Je la place dans ma rubrique Anecdotes d’expertises, en priant pour que ce type de mésaventure ne m’arrive jamais.

Un expert judiciaire est physiquement agressé pendant une réunion d’expertise par l’une des parties qui le projette à terre. Cette agression entraîne le dépôt d’une plainte par l’expert. Un mois après, l’expert dépose son pré rapport, preuve que l’expertise était avancée lors de l’agression. Un mois après, l’agresseur dépose une requête demandant la récusation de l’expert sur le fondement de l’article 341 du NCPC. Cette requête est rejetée trois mois plus tard par le magistrat en charge du contrôle des expertises qui confirme l’expert dans ses missions. L’agresseur fait appel de cette décision. Un mois après, parallèlement à l’affaire principale, il est condamné pénalement pour l’agression qu’il a commise sur l’expert. Pendant ce temps l’expertise continue, et un dire est déposé par l’agresseur trois mois plus tard. L’expert rend son rapport final un mois après. Un an passe avant que la cour d’appel ne confirme la décision du magistrat en charge du contrôle des expertises estimant qu’il n’y a pas lieu à récusation de l’expert. Pourvoi en cassation de l’agresseur. Un an plus tard, jugement au fond sur le rapport déposé par l’expert. L’agresseur perd son procès civil, mais fait appel. Une année s’écoule encore avant la cassation de la décision du magistrat ayant décidé qu’il n’y avait pas lieu à récusation de l’expert, avec retour devant la cour d’appel. Cette dernière jugera que la révocation de l’expert est justifiée.

Patatra.

Cette mesure est rétroactive puisqu’elle dénie au récusé toute légitimité depuis sa désignation. Elle entraîne la nullité de tous les actes effectués par l’expert. De plus, l’expert a été condamné à l’article 700 du NCPC (2000 euros) outre les entiers dépens (8500 euros). Le rapport étant nul, la rémunération n’est pas admise et celle perçue (2500 euros) devrait être remboursée indépendamment des frais.

Cela fait cher pour une personne au service de la justice.

Extrait des conclusions de Gérard ROUSSEAU: les juridictions du premier et second degré auraient dû mettre en demeure l’expert de suspendre ses opérations en attendant une décision passée en force de chose jugée, en l’occurrence l’arrêt de la Cour de cassation. Ou mieux de prononcer la récusation et de faire verser à l’expert le coût des travaux effectués. […] Quant à l’expert, nous savons que les techniciens ne sont pas des juristes, mais il aurait dû se déporter immédiatement, dès lors qu’un plaideur l’avait agressé.

J’aime bien ce passage aussi:

Si l’agression devient l’une des possibilités d’obtenir une récusation, la formation à l’expertise judiciaire devra pour le moins inclure une épreuve de lutte gréco-romaine qui pourrait utilement être enseignée à l’Ecole Nationale de la Magistrature, les magistrats étant eux-mêmes récusables.

Toujours envie de devenir expert judiciaire ?

Un tout petit expert

J’ai démarré ce blog pour dévoiler de manière impudique mes états d’âme (relire ce billet).
J’ai l’impression d’être debout sur un escabeau au milieu d’une rue animée et de parler à la cantonade. Personne ne fait attention, sauf une personne de temps en temps. C’est une sensation à la fois agréable et frustrante. Agréable, car ce blog m’a quand même permis de « rencontrer » des personnes très intéressantes. Frustrante, car pour garder un confort d’écriture, j’ai choisi de bloguer sous pseudonyme (lire l’explication ici)

Lors de toute exposition publique d’expériences ou d’opinions, il faut accepter des réactions négatives, voire agressives. Certains experts judiciaires m’ont encouragé, peu m’ont soutenu.

Il faut dire que je suis un simple citoyen au service (occasionnel) de la Justice. Je ne participe à aucun cercle d’initiés ni à aucun club, et je reste très discret aux rassemblements d’experts et de blogueurs (je suis un grand timide, ascendant misanthrope). Je ne prends pas part aux travaux de réflexions sur l’Expertise, je ne milite pas au sein d’associations expertales.

Et c’est bien là tout le charme d’internet! Offrir la possibilité aux petits d’être vus sur le même écran d’ordinateur que les plus grands. L’internaute regarde avec le même outil les sites des grands groupes multinationaux, de l’épicerie du coin, ou du copain placomusophile.

A Toi, Lecteur de ce blog, tu trouveras peut-être certains billets intéressants, certainement beaucoup absolument nuls et nul billet absolument certain. Et en cas de manque d’intérêt flagrant, la magie d’internet te permettra, d’un simple clic salvateur, de voler vers d’autres horizons. Merci quand même d’être passé 🙂

Je suis un tout petit informaticien expert judiciaire de province qui tient un tout petit blog. Et j’en suis très heureux.

Après la mort, le néant

Les faits:

Une femme a été retrouvée pendue.

Le mari était absent ce soir là.

Les enquêteurs, avec les éléments à leur disposition, ont tout d’abord évoqué le suicide.

Le mari soutient que ce n’est pas possible, que sa femme a été assassinée et que le crime a été maquillé en suicide. D’ailleurs, la preuve, c’est que la victime n’a laissé aucune lettre. Pourtant elle était toujours fourrée sur son ordinateur.

L’ordinateur ne contient-il pas des éléments pouvant faire avancer l’enquête, dans un sens ou dans un autre?

Le juge d’instruction demande une expertise de l’ordinateur.

L’expertise informatique:

Dans ce genre de mission, que cherche-t-on? Un document, un email, une image?

J’ai analysé l’intégralité du contenu du disque dur.

J’ai lu la totalité des emails reçus et envoyés, stockés ou effacés.

J’ai consulté l’historique de la navigation internet.

J’ai étudié toutes les photos stockées et effacées.

J’ai lu tous les documents, dans tous les formats trouvés.

J’ai fait des requêtes par mots clefs dans tous les sens.

J’ai passé plus de 100 heures dans l’intimité d’une personne jusqu’à la connaître comme une amie.

Rien. Le néant.

Pas une allusion à un suicide.

Pas une allusion à une inimitié.

L’ordinateur a été éteint normalement deux heures avant la mort (d’après l’heure du bios et de l’OS). Je ne peux pas dire par qui.

Quand j’y repense, je sens encore la présence de cette personne près de moi, narquoise devant mon impuissance à découvrir la vérité. Je sens le mari qui me pose des questions auxquelles je ne peux pas répondre. Je sens le juge d’instruction qui voudrait lire dans mon rapport autre chose que « je n’ai rien trouvé ».

Cela fait beaucoup de présences autour de soi, surtout quand on n’a rencontré physiquement aucun des protagonistes de cette histoire .

Conclusion:

J’ai facturé 10 heures de travail.

Je n’ai jamais su la suite de cette affaire (on ne tient pas l’expert au courant des suites…).

J’y repense souvent: suicide ou assassinat?

Qu’est-ce que j’y peux moi si l’ordinateur ne contient rien que de très banal?

Mais quand même…

PS: les ages, sexes et liens des personnes ont été changés. Seul reste le fond de l’histoire, et mon insatisfaction… La vie de cette femme me hante encore. Et sa mort aussi.

Un coup d'oeil dans le retroviseur

Il faut parfois faire une pause et regarder un peu en arrière pour faire de l’autocongratulation (cela fait du bien) et un peu d’autocritique (cela ne fait pas de mal).

1) Le mois de septembre est le premier mois qui voit plus de 3000 visites sur ce blog. (3075 pour être précis, contre 2732 en août et 2327 en juillet). Si mes calculs concernant la droite de régression sur ces trois points sont corrects (merci de vérifier, j’ai fait le calcul à la main), cela nous donnera 135856 visites en avril 2037, le mois précédant ma disparition, soit 2% du public qui regardait les 45mn du 1er épisode de « Cold Case » lundi dernier. Merci à Maître Eolas pour l’audience liée à mon apparition dans sa blogroll, France 2 n’a qu’à bien se tenir (et moi aussi).

2) Le livre Zythom : Dans la peau d’un informaticien expert judiciaire est classé 8e meilleure vente dans sa catégorie (Internet et informatique, en français) sur lulu.com! Bon, sur l’ensemble des ouvrages de lulu.com, il arrive 21559e, ce qui est moins bien. Merci à tous les bibliophiles de leur confiance. J’offre une dédicace spéciale au 100e acheteur:)

3) Je n’ai pas tenu parole concernant le dépôt de cette candidature… Mais j’ai quand même perdu 8kg et rêvé un peu. C’est l’essentiel. Il faut laisser la place aux jeunes (mouais mouais).

4) Le billet le plus lu de ce blog est toujours celui-ci. Je ne sais pas s’il faut s’en réjouir. Ceci dit, ce n’est pas demain que je changerai la couleur de fond de ce blog. Celui-ci est 2e, je ne me demande pas pourquoi… Enfin, 3e but not least, étonnant non?

5) Le billet le moins lu est le présent billet.

Merci quand même d’être resté jusque là. Promis, une anecdote d’expertise bientôt en ligne sur ce blog. Elle est prête depuis quelques jours, mais un triste fait divers m’a fait sursoir à sa publication.

Obligation de réserve

Je ne résiste pas au détournement d’un billet de Philippe Bilger sur son blog « Justice au singulier« . Il faut lire le billet d’origine qui s’applique bien évidemment aux magistrats, et excuser le pillage que j’en ai fait. S’il apprend un jour mon existence, j’espère qu’il me pardonnera. Surtout que lui agit à visage découvert, et moi pas.

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Depuis plusieurs mois, sur un mode qui me critique ou m’approuve, des sollicitations me sont faites pour que je tente de définir ce que représente selon moi l’obligation de réserve de l’expert.

D’abord, je dois admettre qu’entendre parler d’obligation de réserve crée chez moi dans l’instant, une sorte de méfiance instinctive, un refus irraisonné, comme si naturellement, derrière la volonté peut-être légitime de limiter l’expansion intime et intellectuelle de l’expert, se dissimulait le désir de brimer l’imprévisibilité et la liberté possibles de la personne, comme si l’être humain faisait peur et qu’il convenait de s’assurer de lui. Sans doute cela vient-il du fait que je n’ai jamais éprouvé de dilection particulière pour les vertus négatives de l’abstention et de l’effacement, préférant, quoi qu’il en coûte, les qualités positives de l’affirmation. Pour résumer, affronter les risques de l’intelligence me semble plus gratifiant que de bénéficier des faiblesses de la complaisance. Mais, tout de même, puisque l’obligation de réserve existe et qu’elle est si bien admise qu’elle paraît consubstantielle à l’expertise, il n’est pas inutile de voir à quoi elle peut correspondre aujourd’hui.

Sa définition nous interdit tout manquement aux devoirs de notre état, à l’honneur, à la délicatesse ou à la dignité. C’est à la fois noble et vague, flou et plein d’une rectitude idéale. On ne peut pas soutenir que ces généralités offrent une lumière claire et décisive aux experts qui voudraient lucidement s’aventurer hors du champ de la technique pure. Qui voudraient formuler ce qu’ils pensent de leur pratique, dénoncer les dysfonctionnements de l’institution ou favoriser ses impulsions bienfaisantes, donner leur avis sur les projets ou propositions de lois. Bref, se comporter en citoyens non partisans en demeurant dans le cadre, même élargi, de leur sphère d’activité.
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Jamais je n’aurais su exprimer cela en ces termes. Mais ce texte détourné (où j’ai simplement remplacé le mot « magistrat » par « expert ») rend bien compte de l’état d’esprit du présent blog. Je demande à mes lecteurs de m’excuser de ne pas avoir ce talent d’écriture.

Edit: Je précise aux ronchons de service que Monsieur Bilger m’a gentillement donné l’autorisation d’exploitation de son billet.

Deux milliards de trucs à faire

Après le retour de vacances, après la rentrée des étudiants, après la fin des « vacances judiciaires », voici venu le temps des « deux milliards de trucs à faire »…

Etant malheureusement sujet à la procrastination, mais d’autre part responsable devant mon employeur, aimant devant ma famille, méticuleux et toujours-dans-les-temps devant les magistrats, il me faut gérer correctement l’avalanche des tâches prioritaires.

J’ai donc décidé de procéder scientifiquement et avec méthode: depuis une quinzaine de jours, je consacre un temps chaque jour aux tâches que je n’ai pas envie de faire mais qui sont importantes: je consacre à ces tâches pénibles chaque jour une heure au boulot, une 1/2h à la maison, un 1/4h pour les expertises!

Incroyable mais vrai, cela marche!

Professionnellement, ma pile de dossier « pénibles » diminue. Côté privé, les plantes du jardin sont arrosées (enfin pas tous les jours, mais bon), et le rangement de mon bureau avance. Enfin, les factures à faire et autres tâches fastidieuses concernant les expertises échappent à l’enlisement.

En comptant 8h de sommeil, il me reste donc 13h disponibles pour m’éclater au boulot, en famille et en expertise! Elle est pas belle la vie.

« Il y a les malins et les pas malins. Et le moins malin des malins n’est pas beaucoup plus malin que le plus malin des pas malins. Mais en cas de nombre impair, il peut être les deux à la fois. »
Philippe Geluck « L’avenir du Chat »