Plus X

Certaines réactions chimiques n’ont lieu qu’en présence d’un catalyseur, tels les mariages, légalisés par la présence d’un officiel. Quelques équations ne peuvent être résolues que par l’insertion d’une quantité inconnue appelée x. Si vous n’avez pas ce qu’il vous faut pour obtenir un résultat, vous devez ajouter ce dont vous avez besoin. Si vous avez besoin d’une aide extérieur qui n’existe pas, il vous faut l’inventer.

Chaque fois que l’homme s’est trouvé incapable de maîtriser son environnement les mains nues, ledit environnement a été soumis par la force ou l’entêtement par l’Homme plus x. Il en était ainsi depuis le début des Temps: Homme plus outils ou armes.

Mais x n’est pas nécessairement quelque chose de concret ou de solide, quelque chose de mortel ou de visible. Ce pouvait être aussi intangible ou indémontrable que la menace des feux de l’Enfer ou la promesse du Ciel. Ce pouvait être un rêve, une illusion, un mensonge abominable… N’importe quoi, pratiquement.

Eric Frank Russel, « Plus X »

J’aime beaucoup l’idée que quand rien ne va plus, quand vous êtes au 22e sous sol, une idée saugrenue – souvent sans rapport avec ce qui vous arrive – vous permet de toucher le fond et de remonter.

Lisez ce livre, et vous comprendrez 🙂

Hacker vaillant, rien d’impossible

Dans mon esprit, le mot hacker désigne plutôt un bidouilleur qu’un pirate ou un consultant en sécurité informatique. D’un autre côté, je ne connais pas personnellement Jacques Coeur

Par contre, je suis très (auto)satisfait de ma tentative de fonctionnement d’un disque dur USB mis sous scellé.

Le problème des scellés, c’est qu’il ne faut pas en modifier un bit afin de préserver leur intégrité. Dans le cas qui me préoccupe, il s’agit d’un conflit entre deux entreprises où l’un des ordinateurs mis en cause a été mis sous scellé. Plus exactement, une image (ghost) a été faite puis stockée sur un disque dur externe USB.

C’est ce disque dur USB qui ma été remis sous scellé.

Ma mission (et je l’ai accepté) est de procéder à un certain nombre de vérifications en faisant fonctionner plusieurs des programmes stockés sur le disque dur USB…

Problème: je n’ai pas l’ordinateur original, je ne dois pas modifier le disque dur USB (donc pas question de booter dessus), j’ai très peu de temps et ma version du logiciel GHOST ne reconnait pas ce disque USB.

Solution trouvée (si vous avez une solution plus rapide, ne me le dites pas, c’est trop tard):

– faire une image du disque USB (avec le logiciel True Image par exemple)

– déployer cette image sur un disque IDE vierge

– booter sur ce disque dur (juste pour voir au cas où, mais cela n’a pas fonctionné)

– faire une image du disque dur IDE (avec le logiciel GHOST 12)

– transformer cette image en disque dur virtuel pour le logiciel Virtual PC (avec GHOST 12)

– installer Virtual PC et créer un ordinateur virtuel utilisant ce disque virtuel

– croiser les doigts et démarrer l’ordinateur virtuel.

Et bien, chez moi, cela marche!

Résultats: le scellé est préservé et j’ai pu démarrer un ordinateur virtuel simulant parfaitement l’ordinateur d’origine, tout au moins dans ses aspects logiciels de base. Les anomalies à rechercher n’étant pas liées au hardware, ni à la configuration, j’ai pu mener mon enquête et rendre compte des résultats. En plus, c’est pratique de travailler sur son rapport tout en faisant fonctionner l’ordinateur à étudier dans une autre fenêtre.

Par contre, j’y ai laissé quelques plumes avec des nuits très courtes.

Si j’avais plus de temps, j’essaierais bien tester Xen, mais je n’ai pas (encore) réussi à l’installer.

Le chemin est long jusqu’au chapeau blanc

Le Dernier Jour d’un condamné

L’avantage d’avoir des enfants, c’est d’être finalement obligé de réviser ses classiques pour rester dans le coup.

Parfois, cette révision passe par des voies surprenantes: il s’agit cette fois d’une bande dessinée de Stanislas Gros intitulée : « Le Dernier Jour d’un condamné » de Victor Hugo. Je l’ai dévoré d’une traite et ai refermé la bande dessinée avec l’idée de trouver le livre le plus rapidement possible.

A recommander à tous!

Beau, riche et célèbre

Mont-Joye Saint-denis ! Le livre « Zythom : blog d’un informaticien expert judiciaire » est paru. Un cadeau original qui étonnera vos amis, surprendra votre conjoint(e) ou séduira votre petit(e) ami(e). Cet achat est parfaitement inutile car les billets en question sont toujours en ligne, mais il vous évitera de vider votre cartouche d’encre noire:)
Vous pouvez en faire l’acquisition via ce lien pour le modique prix d’une clef USB.

Alors Zythom attrape-t-il la grosse tête?
A vous de juger, mais (re)lisez avant le billet intitulé « blog papier« .

Cependant, afin d’assurer la diffusion la plus large, n’hésitez pas à en parler autour de vous et à dire « j’y étais ». Pour les séances de dédicaces par contre, cela va poser un problème

Un expert judiciaire face à la pédophilie

Un expert judiciaire est un citoyen inscrit sur une liste par des magistrats pour ses compétences techniques. Dans la pratique, beaucoup des expertises sont faites par des médecins ou des psychologues. Mais il y a des experts judiciaires dans tous les domaines et j’aurai du intituler ce billet « Un informaticien face à la pédophilie »…

J’ai déjà fait remarquer sur ce blog l’augmentation du nombre d’expertises qui me sont demandées avec comme mission principale de « découvrir la présence d’images ou films pédopornographiques » sur les disques durs mis sous scellés.

J’accepte ces missions malgré la souffrance que je ressens lorsque je découvre une collection d’images et de films « vraiment » pédophile. C’est une façon pour moi de participer à la protection des enfants maltraités qui subissent les violences dont je suis le témoin impuissant lorsque je visionne les films et images que j’extrais des ordinateurs qui me sont confiés.

« Vraiment » pédophile, pédopornographique, qu’est-ce que cela veut bien dire?

La pédophilie est l’attirance sexuelle d’un adulte envers les enfants. Un enfant est un être humain dont le développement se situe entre la naissance et la puberté. L’étymologie de ce mot est latine : infans signifiait, chez les romains, « qui ne parle pas ».

Il semble qu’en droit français, le terme de pédophilie n’apparaissent pas dans les codes et règlement du droit et de la justice : les termes utilisés pour décrire l’infraction de relations sexuelle entre un majeur et un mineur sont atteinte sexuelle pour une relation avec consentement de l’enfant, agression sexuelle ou viol lorsque le consentement n’est pas reconnu. La notion d’âge de consentement peut être séparée de celle de majorité sexuelle : ainsi, certaines législations prévoient le cas de relations sexuelles consenties entre mineur sexuel et un adulte, qui reste illégale mais punie moins sévèrement qu’une relation non consentie.

En France, la majorité sexuelle est fixée à 15 ans sauf cas de vulnérabilité particulière du mineur. On voit donc que cette notion de majorité sexuelle ne correspond pas à la variété et la continuité qu’on peut observer dans le développement physiologique (notamment la puberté) et la maturité des êtres humains.

Par ailleurs, l’article 227-23 du Code Pénal est ainsi rédigé (les gras sont de moi):

Le fait, en vue de sa diffusion, de fixer, d’enregistrer ou de transmettre l’image ou la représentation d’un mineur lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 Euros d’amende.

Le fait d’offrir, de rendre disponible ou de diffuser une telle image ou représentation, par quelque moyen que ce soit, de l’importer ou de l’exporter, de la faire importer ou de la faire exporter, est puni des mêmes peines.

Les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et à 100 000 Euros d’amende lorsqu’il a été utilisé, pour la diffusion de l’image ou de la représentation du mineur à destination d’un public non déterminé, un réseau de communications électroniques.

La tentative des délits prévus aux alinéas précédents est punie des mêmes peines.

Le fait de consulter habituellement un service de communication au public en ligne mettant à disposition une telle image ou représentation ou de détenir une telle image ou représentation par quelque moyen que ce soit est puni de deux ans d’emprisonnement et 30000 euros d’amende.

Les infractions prévues au présent article sont punies de dix ans d’emprisonnement et de 500 000 Euros d’amende lorsqu’elles sont commises en bande organisée.

Les dispositions du présent article sont également applicables aux images pornographiques d’une personne dont l’aspect physique est celui d’un mineur, sauf s’il est établi que cette personne était âgée de dix-huit ans au jour de la fixation ou de l’enregistrement de son image.

Vous voyez donc la difficulté pour un expert judiciaire en informatique d’effectuer une sélection appropriée parmi les centaines de milliers de photos:

faut-il différencier et si oui COMMENT,

– les mineurs de 18 ans

– les mineurs de 15 ans

– les enfants (pré-pubères)

Certains photographes utilisent des modèles ayant 18 ou 19 ans en rasant les poils pubiens et en les rajeunissant le plus possible (couettes, vêtements, situations…)

De nombreux intellectuels français – y compris Foucault, Danet, Hocquenghem, Derrida, Althusser et Françoise Dolto – ont signé une pétition, la « Lettre ouverte sur la révision de la loi sur les délits sexuels concernant les mineurs », adressée au Parlement en 1977 défendant la dépénalisation de toutes relations consenties entre adultes et mineurs de moins de 15 ans.

De plus certaines photos mettant en scène des enfants et des adultes nus sont légales (comme le nudisme) et certains pays acceptent la création de partis politiques pédophiles, comme les Pays Bas avec le PNVD. Ce parti voudrait abaisser la majorité sexuelle à douze ans, puis à l’éliminer sur le long terme, sauf dans le cas de relations de dépendance ou familiales. Seules les relations sexuelles « forcées » ou « dangereuses » seraient punies. Le PNVD voudrait aussi légaliser l’usage privé de pédopornographie et autoriser le porno soft à toute heure à la télévision. Il défend également la zoophilie (légale aux Pays-Bas).

Dans le même ordre d’idée, j’éprouve un certain malaise à la lecture de l’article de wikipédia consacré à l’activisme pédophile.

Ajoutez à cela la crainte de laisser passer la photo d’un enfant disparu.

« La mission, rien que la mission » et « respect de la loi française » sont les deux mamelles de l’expert judiciaire (si je puis dire).

Sans être juge et encore moins justicier.

Tout cela rend ces missions très longues et éprouvantes.

Sources:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pédophilie

https://fr.wikipedia.org/wiki/Enfant

https://fr.wikipedia.org/wiki/Majorité_sexuelle

https://fr.wikipedia.org/wiki/PNVD

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_loi_de_la_pudeur

https://fr.wikipedia.org/wiki/Activisme_pédophile

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pornographie_enfantine

Le mot de la fin

Un blog est un espace public d’internet où une personne expose ses états d’âme privés. C’est un peu comme une conversation avec un téléphone portable au milieu d’une rame de métropolitain.

Jusqu’où suis-je prêt à aller dans l’exposition de mon intimité ?

Ah ah ah !

Bon, OK ce blog est anonyme. Mais parmi mes lecteurs se trouvent quelques uns de mes amis et quelques membres de ma famille (pas tous), qui n’apprécieraient pas une forme trop poussée d’exhibition.

Je suis de plus quelqu’un de très pudique, malgré mon penchant pour la musique et l’informatique.

Alors quoi ? Et bien, j’ai trouvé quelque chose de très personnel, qui pourrait être utile à la communauté de mes lecteurs (chacun étant confronté à un moment ou à un autre à ce type de problème) et dont je repousse la rédaction toujours plus loin: mon testament.

C’est assez privé non?

Mais quel rapport avec ce blog ?

Et bien, il suffit de remplacer le titre de ce billet par « Testament d’un informaticien expert judiciaire »…

Bien entendu, il n’entre dans aucune des cinq catégories prévues par la loi: testament olographe, authentique, mystique, exceptionnel ou international.

Chiche? C’est parti!

Ceci est mon testament, qui révoque tout autre testament antérieur.

Ce testament est écrit de ma main via mon compte Zythom, pseudonyme légalement reconnu.

Je soussigné Gudule Muad’Dib Hal ZYTHOM, né sur Terre au XXe siècle, demeurant https://zythom.fr, prends les dispositions suivantes, en cas de décès :

Pour le blog de céans: réaffichage, en dernière date, du billet intitulé « le mot de la fin », avec ajout de la mention « cessation pour cause de décès », en fin de billet. Ayant contribué (modestement) à la recherche de la Vérité, je souhaite que cette mention soit suivie de la cause réelle du décès. Merci d’éviter les termes du type « longue maladie ». Ma préférence va aux termes très crus.

Pour le réceptacle corporel ayant entrainé le décès par défaut de fonctionnement: prélèvement de toute pièce pouvant servir à la réparation d’autrui (yeux compris), puis incinération et dispersion des cendres dans une mine de silice (silicium oxydé), sans épitaphe, lors d’une cérémonie émouvante (port du casque spéléo obligatoire) où sera servi une boisson égyptienne à base d’orge fermenté.

Au sujet des enfants: les langages SMS, MMS, MSN et leurs dérivés continueront à être proscrits jusqu’à leur majorité matrimoniale (18 ans depuis le 4 avril 2006). Les horaires d’utilisation des ordinateurs continueront à être fixés selon la loi familiale locale en usage au moment de mon décès, révisable tous les ans par l’autorité parentale ou le tuteur légal. Qu’ils choisissent leurs études selon leurs propres inclinaisons. Voyage d’un an hors continent obligatoire.

Au sujet de mes ordinateurs: dans la mesure où aucun d’entre eux n’arrive à passer avec succès le test de Turing, ils seront démontés et vendus « à la bougie » lors d’une réunion de famille réunissant au minimum 15 personnes majeures. Si l’un des ordinateurs réussit ledit test, je demande qu’une copie du disque dur soit offerte au support technique de chez HP, et qu’une autre copie soit adressée à l’Association for Computing Machinery (ACM) afin que mon nom soit proposé pour la prochaine nomination: Zythom, prix Turing 2037!

Pour mes dossiers d’expertises: faire trois tas: « finis », « en cours » et « pas commencés ».

Pour les dossiers « finis », merci de les confier au bon soin du crématorium ci-dessus mentionné pour qu’ils contribuent au bon fonctionnement de la cérémonie. Voir ses cendres mélangées avec celles de ses dossiers, quelle plus belle fin pour un expert judiciaire?

Pour ceux « pas commencés », écrire au greffe du tribunal me désignant avec un courrier de refus de mission indiquant comme raison « je suis désolé de ne pouvoir accepter cette mission, mais je suis décédé ».

Enfin, pour les dossiers « en cours », faire un courrier (en lettre recommandée avec avis de réception) aux parties indiquant « je suis dessaisi de ce dossier suite à mon décès. Vous pouvez faire votre deuil des pièces de votre dossier envoyées en original, sauf à vous déplacer pour les récupérer. Fallait m’adresser des copies comme demandées… »

Pour le reste, j’institue comme ma légataire universelle en pleine propriété mon épouse. Au cas où, à la date de mon décès, il existerait des héritiers réservataires et si la réduction de ce legs était demandée, celui-ci comprendrait alors au seul choix de mon épouse, la plus forte quotité disponible permise entre époux, soit en pleine propriété et en usufruit, soit en usufruit seulement, et, en outre, comprendrait la nue-propriété de la réserve de mes ascendants.

Paix à mes cendres, ne pas éternuer.

Fait en Europe, le 19 juin 2007.

Zythom

Le bureau de vote

Dans ce billet, j’annonçais fièrement ma participation à la tenue d’un bureau de vote. Après quatre dimanches électoraux, voici un petit bilan:

Tout d’abord, le lieu de vote impressionne les électeurs. Non pas par son décor: il s’agit de la cantine de l’école maternelle! Non, mais toutes les personnes entrent en silence, avec une petite gène, ne sachant pas s’il faut venir d’abord au bureau de vote présenter sa carte d’électeur, ou prendre les bulletins (combien? Ah oui, ne pas oublier l’enveloppe, quel isoloir prendre? Que faire des bulletins non utilisés). N’oublions pas que nous sommes au moins trois assis derrière l’urne à observer la personne qui entre.

Ensuite, il y a les petites erreurs: untel entre d’un pas décidé, prend un unique bulletin (sans enveloppe) et vient directement à l’urne. Il faut expliquer avec tact qu’il lui faut retourner prendre une enveloppe, passer par l’isoloir, plier le bulletin et le mettre dans l’enveloppe, puis venir à la table de vote présenter sa carte d’électeur. « C’EST BEN COMPLIQUE »…

Un autre vous tend son enveloppe de vote et cherche à faire entrer sa carte d’électeur dans l’urne.

Puis, il y a le dépouillement. Cela a été une très grande surprise pour moi: quelle transparence, quelle minutie, quelle précision… Un ballet où chacun prend et tiens sa place consciencieusement avec solennité.

C’est un peu compliqué, parfois un peu surprenant, mais on sent que chaque action a sa raison d’être:

– ouverture de l’urne par deux personnes avec deux clefs (comme un lancement de missile nucléaire) en présence des citoyens présents (une quinzaine à chaque fois);

– tout le monde se regroupe autour de la table et fait des petits tas de 25 bulletins;

– les petits tas sont comptés, le nombre de bulletins est vérifié avec le nombre de signatures du cahier d’émargement (et le compteur de l’urne, mais celui-ci ne donne qu’une information approximative car il ne fonctionne pas toujours correctement);

– les tas sont ensuite placés par quatre (100 bulletins) dans des grandes enveloppes qui sont scellés (avant dépouillement!) et signées par trois personnes;

– immédiatement après, une première grande enveloppe est descellée et son contenu est étalé sur la table;

– deux personnes ouvrent les enveloppes de vote, en extrait les bulletins, et les passent à la personne désignée par le président pour lire le nom inscrit sur chaque bulletin, puis le bulletin est transmis à une personne qui classe les bulletins par candidat;

– pour chaque nom prononcé, deux autres personnes inscrivent un bâton sur leur feuille de résultats en prononçant à voix haute le chiffre des unités du nombre de votes pour le candidat concerné. S’ils énoncent le même chiffre (entre zéro et neuf), ils sont en phase. Sinon, l’un d’entre eux a commis une erreur;

– si problème il y a, tout le monde s’arrête et dans le pire des cas, nous recommençons à zéro la centaine de bulletins présents sur la table (ce n’est jamais arrivé).

En pratique, c’est simple car il y a toujours des personnes qui connaissent bien la procédure et des nouveaux (comme moi) pour les apprendre.

Tout le monde surveille tout le monde, aucune fraude n’est possible, sauf à ce que tous les participants soient d’accord. Et comme le dépouillement est public, tous les candidats peuvent envoyer une personne surveiller.

Il faut 3/4 d’heure pour dépouiller environ 500 bulletins.

Tout est transparent, techniquement simple et vérifiable par un bac-8.

Ce qui ne sera pas le cas avec un ordinateur de vote.

Un œil, des œils

Depuis des lustres je reprends mes enfants quand ils glissent une (petite) erreur dans la conversation:

« Dis Papa, la hauteur des œils est-elle toujours constante? »

« On ne dit pas des œils , mais des yeux »

Et bien, la langue française étant ce qu’elle est, j’ai découvert que la conversation (virtuelle) précédente montre que mes enfants (réels) peuvent avoir raison contre toute apparence: en typographie, l’œil (pluriel œils) désigne la partie de la lettre en relief sur la tige.

J’ai vérifié dans mon dictionnaire, c’est vrai.

Et comme disent mes étudiants, si c’est écris sur internet, c’est que c’est vrai.

Prudence donc avant de ramener sa fraise

Correspondance privée et public joke

Les gens sont méchants.

Un de mes amis proches dont le nom commence par Z tient un blog et s’attire parfois les foudres d’un internaute mécontent. Les foudres en question consistent en générale en un envoi d’emails rageurs et insultants, dont le niveau d’intelligence égale le niveau de bonne foi.

Ce blogueur a parfois la tentation de jouer un bon tour: publier un des emails croustillants sur son blog et faire une bonne contre publicité à son interlocuteur…

Question à deux euros: ce blogueur est-il en faute? Peut-il impunément publier un email sous prétexte qu’il lui était adressé nommément et personnellement?

Je ne suis pas juriste, ma réponse ne vaut donc pas grand chose et mon meilleur conseil est de consulter une avocate (ou un avocat, je ne suis pas sexiste).

Bon, avant d’ennuyer une femme (ou un homme) de Loi, cherchons un peu dans les codes:

article 226-15 du Code Pénal (l’augmentation de graisse est de moi)

Le fait, commis de mauvaise foi, d’ouvrir, de supprimer, de retarder ou de détourner des correspondances arrivées ou non à destination et adressées à des tiers, ou d’en prendre frauduleusement connaissance, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende.

« Adressées à des tiers »: donc cela ne s’applique pas quand vous êtes destinataire du message. La suite du même article:

Est puni des mêmes peines le fait, commis de mauvaise foi, d’intercepter, de détourner, d’utiliser ou de divulguer des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie des télécommunications ou de procéder à l’installation d’appareils conçus pour réaliser de telles interceptions.

« De divulguer des correspondances reçues par la voie des télécommunications »: Bingo, sauf erreur de ma part, on ne peut donc pas, sans l’accord express de l’expéditeur, publier un email dans un blog, même s’il vous est destiné.

Finalement, cela ressemble fort à du bon sens: un petit con vous écrit, vous publiez son texte pour le ridiculiser, fort de votre grande audience. Mais la loi protège toujours le petit…

Qui c’est qui aura l’air con pendant le procès ? La question reste ouverte.

Après tout, il n’y a en jeu qu’une Citroen C6 Lignage avec quelques options à 45000 euros.

Mais les gens sont vraiment méchants.

Ajout:

Merci à mes lecteurs de lire ce commentaire très instructif dont Me EOLAS me fait l’honneur, mais aussi ce billet de François sur blog-droit.over-blog.com.

Ajout complémentaire:

Puis-je mettre sur mon site ou sur mon blog un courrier que j’ai reçu ?

Et n’oubliez pas: si c’est sur internet, c’est que c’est vrai:)

PS: Après avoir discuté avec mon avocate favorite, il semble qu’elle soit d’accord avec Eolas et que l’article 226-15 du Code Pénal ne s’applique pas ici.

De plus, s’il n’y a pas d’article interdisant de publier par le destinataire une correspondance privée sans demander l’autorisation à l’expéditeur, c’est donc que c’est possible!

Exemple: dans un divorce, Madame verse au dossier un courrier que Monsieur lui a envoyé et dans lequel il avoue sa faute. Il n’y a pas violation du secret des correspondances privées.

Gare à ceux qui vont m’écrire des emails vengeurs et insultants !

Reste à vérifier qu’ils ne se cachent pas derrière une identité d’emprunt pour lui nuire et me brouiller avec elle! Mais cela, c’est une autre histoire…

Suis-je un bon expert ?

Suis-je un bon expert?

Cette question me hante depuis de nombreuses années…

En effet, chaque expertise est unique, et les enjeux pour les parties sont considérables. J’ai beau expliquer à chaque début de réunion que l’expert ne fait que rédiger un avis que le magistrat n’est pas obligé de suivre, je connais très bien le poids d’un rapport d’expertise dans un dossier…

Pourtant quand je lis des blogs informatiques, quand je parcours des ouvrages informatiques, je me dis que j’ai beaucoup, beaucoup de lacunes:

cryptologie, sécurité, imprimantes, estimation des coûts des sinistres informatiques, et caetera.

Bien sur, j’ai quelques connaissances, je ne pense pas être le plus nul des experts judiciaires, mais la question me taraude.

Qu’est-ce qu’un bon expert judiciaire en informatique?

– Expert judiciaire = « Personne choisie pour ses connaissances techniques et chargée de faire, en vue de la solution d’un procès, des examens, constatations ou appréciations de fait. »

– Informatique = « Science de l’information; ensemble des techniques de la collecte, du tri, de la mise en mémoire, de la transmission et de l’utilisation des informations traitées automatiquement à l’aide de programmes mis en oeuvre sur ordinateurs. »

– Information = « Elément ou système pouvant être transmis par un signal ou une combinaison de signaux.« .

Ne pas confondre avec « Renseignement ou évènement qu’on porte à la connaissance d’une personne, d’un public »

ou avec « Ensemble des actes qui tendent à établir la preuve d’une infraction et à en découvrir les auteurs (instruction), comme dans Ouvrir une information« .

– Bon = « Qui convient, qui fait bien son métier, son travail; tient bien son rôle. »

Conclusion: j’ai été choisi pour mes connaissances afin de faire des constatations techniques sur des éléments ou systèmes pouvant être transmis par une combinaison de signaux traités automatiquement à l’aide de programmes mis en oeuvre sur ordinateurs.

Reste à savoir si je tiens bien mon rôle.

Jusqu’ici tout va bien.

PS: Toutes les définitions sortent du « Petit Robert 1991 » (je sais, il y a plus récent, mais je collectionne les vieux dictionnaires…)