Je suis une femme

Je suis une femme car je conduis prudemment sans dépasser les limitations de vitesse. Si un panneau demande de ne pas dépasser les 30 km/h, je roule à moins de 30 km/h, même si cela surprend les autres automobilistes (j’attends le jour où l’un d’entre eux descendra de son véhicule pensant s’être arrêté…).

Je suis une femme car je n’ai pas l’habitude de montrer mon plus grand doigt à l’automobiliste qui m’a déçu dans sa façon d’appréhender une règle de conduite particulière à mon égard.

Je suis une femme car j’ai un odorat délicat capable de détecter une odeur de cigarette à plus de 50m et de cigare à plus de 300m.

Je suis une femme car je jongle avec plusieurs professions tous les jours.

Je suis une femme car avant de saluer un avocat et son assistante, je vérifie qu’il ne s’agit pas d’une avocate et de son assistant.

Je suis une femme car je n’arrive pas à m’habituer à l’analyse des photos pédophiles.

Je suis une femme car je facture mes expertises 37% moins chères que mes confrères.

Je suis une femme car lorsque j’ai vu qu’ils s’étaient trompés de 8 ans sur mon âge dans les prospectus électoraux, j’ai hurlé!

Je suis une femme parce que je me souviens que le 8 mars, c’est la journée internationale des femmes

C’est quand même plus classe à fêter que le 14 février!
Préparez les bouquets, mais moi, je préfère ça ou ça 🙂

Vaporexpertise

J’effectue pas mal d’expertises au civil, et pourtant je me rend compte que j’en parle assez peu sur ce blog…

Dans un dossier, le disque dur du serveur de l’entreprise était au coeur du litige. Le tribunal m’avait demandé dans les missions de venir prendre possession du disque dur.

Une fois le rendez-vous pris avec le greffe concerné, je me présente, vêtu de mes plus beaux atours. A force de fréquenter les mêmes tribunaux, et malgré ma propension ochlophobe, je finis quand même par reconnaître quelques personnes… C’est le cas de cette gentille greffière dynamique:

Bonjour Monsieur l’Expert! Pouvez-vous attendre quelques instants que j’aille chercher le scellé de ce dossier?

Zythom: « Heu, bah, oui, bonjour, est-ce que vous voulez que je vienne vous aider? »

Non, merci, car vous n’avez pas le droit d’entrer dans la pièce des scellés. A tout de suite.

Une demi-heure plus tard, voici ma gentille greffière de retour… les mains vides et toute désolée: je ne trouve pas le scellé…

Nous voici bien ennuyés tous les deux: elle parce qu’elle voit bien que je suis venu pour rien, et moi, parce que je vois bien qu’elle est ennuyée que je sois venu pour rien.

Zythom: « Vous êtes sur que vous ne voulez pas que je cherche avec vous? Savez-vous reconnaître un disque dur informatique? Vous savez, ce n’est pas toujours facile… même pour un expert. »

Non, non, non… Je veux vérifier avant dans le dossier.

Gentille greffière dynamique se plonge alors avec efficacité dans une masse de papier, et , après quelques minutes, me regarde avec un sourire gênée: je suis désolé, mais j’ai fait une erreur dans la transcription de vos missions, le disque dur n’est pas chez nous, il a été confié à une entreprise de récupération de données par le client…

Après avoir obtenu l’adresse de l’entreprise de récupération de données, je prends contact avec icelle:

Zythom: « bonjour, Monsieur, je suis expert judiciaire en informatique, et j’ai pour mission de récupérer le disque dur qui vous a été confié par l’entreprise CESTLAKATA. »

Bonjour, je suis désolé, mais je suis le nouveau gérant et le nom de cette société ne me dit rien. Savez-vous quand le disque dur nous a été confié?

Zythom: « Euh, bah, attendez que je regarde… Oui, il y a trois ans! »

Ah! Oui? Je vérifie. C’est bon, effectivement, voici sa trace. Mais le disque dur a été détruit il y a six mois, lorsque j’ai repris la société. C’est la procédure normale lorsque le disque dur est irréparable et que le coût de la récupération est trop élevée pour le client… Et puis vous savez, si on devait garder toutes les pièces non réclamées plusieurs années…

Bien entendu, personne ne m’avait informé de cette situation lors de la première réunion d’expertise contradictoire.

J’ai donc contacté le magistrat pour l’informer de l’impossibilité de poursuivre mes missions, le disque dur ayant été vaporisé par un pilon. Il m’a demandé de déposer mon rapport en l’état.

C’était ma première expérience de vaporexpertise.

Je n’en ai pas eu d’autre depuis.

Des vaporwares par contre…

Tommy was here

J’ai fait un grand pas technologique:

j’ai acheté un GPS!

Non, pas le General Problem Solver qui a fait date en intelligence artificielle… mais bien le système de positionnement mondial que nous pouvons utiliser grâce à la volonté de Ronald Reagan et à la mort des 269 personnes du vol 007 de la Korean Airline.

PREAMBULE

J’ai fait cette acquisition dans le cadre de la préparation de mon voyage aux youéssa de l’été prochain. Il me fallait donc la certitude que mon achat allait pouvoir être utilisé en France et sur la terre du Mark I.

Zythom: Bonjour, Monsieur, je voudrais savoir si le TomTom dont vous faites la promotion (269 euros TTC) peut fonctionner en France mais également aux Etats-unis.

Vendeur de voitures: Ah non Monsieur, vous n’y pensez pas! Les systèmes ne sont pas compatibles.

Zythom: Ah bon? C’est comme les DVD alors? Il y a des blocages artificiellement introduits pour empêcher le fonctionnement de ces appareils sur les divers continents?

Vendeur de voitures: Euh, oui c’est à peu près cela. Ce ne sont pas les mêmes signaux

Bon, vous l’avez compris, encore un vendeur incompétent qui ne sait pas dire « je ne sais pas » ou « attendez je vais me renseigner« . Non, ces personnes là préfèrent vous donner une réponse fausse. Faites attention, il y en a beaucoup de ces « experts » là!

Je contacte donc par email (gratuit) le support technique TomTom

Zythom: Les différents vendeurs que je rencontre m’indique qu’un tom tom XL europe acheté en France ne fonctionnera pas aux Etats Unis même si je télécharge sur votre site la carte usa-canada?

Est-ce vrai?

Réponse (Yann L. (FR))

Cher(e) Monsieur,

Nous tenons à vous remercier pour votre email.

Vous pouvez joindre un agent du service clientèle de support TomTom (horaire d’ouverture : du lundi au vendredi de 10h00 à 18h30 CET), au numéro suivant :

France

0811XXXXXX

Sincères salutations,

L’équipe de support TomTom

Fort de cette réponse fort bien rédigée, je contacte donc le numéro surtaxé fourni délicatement par Yann L. que je ne saurai trop remercier ici, et dont j’envie le métier fascinant ainsi que la passion qui l’habite, ne sachant trop si je devais l’absence de « oui » ou « non » à sa maitrise approximative de notre langue, belle mais complexe, ou à sa compétence dans le copier/collé cher à nos têtes blondes (ou brunes, rousses, blanches…).

Me voici donc au téléphone avec un être humain parlant français qui, après moultes explications sur l’universalité des signaux satellites et la grandeur d’âme de sa société, m’indique que OUI, le modèle susvisé fonctionnera en Europe ET aux Etats-Unis, si je veux bien me donner la peine de franchir l’océan qui les sépare. Par contre, il ne semblait pas connaître l’histoire du vol 007 qu’il a du confondre avec le pastiche du film OSS117.

J’ai donc aussitôt passé commande sur amazone pour la modique somme de 230 euros TTC port gratuit inclus…

/PREAMBULE

Me voici donc exhibant tout fièrement à mes enfants mon nouveau jouet tout en leur expliquant que ce magnifique appareil capte des signaux en provenance de satellites en orbite dans l’espace glacial entourant la Terre.

Mes enfants l’ont aussitôt adopté en m’imposant de lui choisir une voix féminine et en l’appelant « Tommy », faisant ainsi preuve de l’inconstante logique qui leur est propre. Bien sur, ils ne pouvaient pas savoir que Tommy, c’est un opéra rock du groupe britannique The Who sorti en 1969.

Quittant ma maîtresse alpine pour les lointaines Pyrénées et leurs pentes enneigées prometteuses, nous voici sur la route, voiture chargée, monoski accroché sur le toit, ordinateurs soigneusement empaquetés, et la cuisine de geek momentanément oubliée…

C’est alors avec délice que je me laissais guidé par cet appareil diabolique:

– « gardez votre gauche » sur l’autoroute, signifie qu’il vous faut rester sur votre file de droite (celle de gauche étant réservée aux imprudents roulant au dessus de 130 km/h), mais que l’autoroute se sépare en deux parties, et que la votre, c’est celle de gauche…

– « faites demi-tour », en montagne, signifie que le GPS manque de satellites et croit que vous êtes sur le lacet suivant dans le mauvais sens. Cela fait beaucoup rire les enfants!

– « adresse inconnue » pour votre domicile, signifie que vous venez de faire construire une maison, mais que pour le GPS, vous habitez en plein champs…

– « bip bip bip », signifie, au choix, que vous roulez trop vite, que vous roulez correctement mais que la vitesse limite est mal saisie dans le GPS, ou qu’un radar s’approche.

Fort de cette confiance qui n’existe que dans le cœur des informaticiens, lorsque « Tommy » m’a proposé – sans raison apparente – de sortir de l’autoroute, j’ai obtempéré. Nous nous sommes alors retrouvé sur une petite route de campagne fort sympathique qui nous a fait traverser des villages dont la visite nous aurait semblé improbable…

Et le plus amusant, c’est que nous suivions plusieurs voitures dont les immatriculations montraient qu’elles n’avaient rien à faire a priori dans le coin, mais qui toutes arboraient un petit appareil ventousé sur leur parebrise. Nous suivions tous (et toutes) les conseils aventureux de nos petits TomTom…

C’est alors que je me suis rappelé que « Tommy » était le surnom donné par les français aux soldats anglais de la seconde guerre mondiale… Et de fils en aiguilles, par proximités synaptiques, comme si nous étions de téméraires aventuriers, j’ai pensé à ces graffitis que les soldats américains laissent dans des endroits improbables: « Kilroy was here« .

Pendant la seconde guerre mondiale, un inspecteur de rivets de la marine américaine, Kilroy, s’était fait accusé une fois de n’être pas allé vérifier les rivets sur un bateau, alors qu’il avait bien fait l’inspection. Pour éviter que cette accusation ne se répète, il pris l’habitude d’écrire à la craie la mention « Kilroy was here » accompagnée d’un petit dessin, lors de chaque inspection de navire. Bien entendu, pour les troupes embarquées sur les bateaux, cette inscription restait un mystère, mais ce qui frappa les esprits, c’est que « Kilroy était venu ici le premier ». Pour plaisanter, les GI commencèrent à placer ce graffiti partout où ils arrivaient les premiers, comme un pari d’écrire cela dans les endroits les plus improbables. Il paraît qu’on trouve cette inscription au sommet de l’Everest, sur la statue de la liberté, sous l’arc de Triomphe et dans la poussière de la lune…

Personnellement je préfère l’explication d’Isaac Asimov dans sa nouvelle « The Message » pour qui Kilroy est un historien du 30e siècle en visite.

Toujours est-il que j’aurais aimé descendre de voiture pour aller graver sur une pierre du bord de la route: « Tommy was here« … Je n’ai pas eu le temps: la neige qui m’attendait commençait à fondre.

En tout cas, si pour votre retraite vous faites l’acquisition d’une maison dans un coin paisible, méfiez-vous: vous n’êtes pas à l’abri d’une horde de voitures amenées par un raccourci proposé par un calculateur GPS…

Nausées visuelles

Dans le problème de la recherche d’images pédopornographiques, j’ai déjà abordé le démontage du disque dur et la copie du disque dur (« La vue, c’est la vie« ).

J’ai également abordé les difficultés que je rencontrais avec la reconstitution des scellés. Au passage, je recommande cette méthode (trop forts les ricains) aux experts débutants qui me lisent. Personnellement, je continue à l’ancienne avec mon bâton de cire et mon creuset, sur de vieilles étiquettes récupérées et mes sachets de congélation…

Vous avez lancé vos scripts, vos virtualiseurs et vos différents programmes d’analyses. Vous voici donc à la tête de trois tas d’images:

– les images non effacées encore stockées de façon apparente sur le disque dur;

– les images effacées, récupérables avec leurs caractéristiques liées à l’OS (chemin d’accès vers le répertoire de stockage, dates de manipulation, etc)

– les images effacées, découvertes en zone non allouée, mais sans information OS.

Seulement voilà, l’habileté de vos outils à pister la moindre trace d’images vous place à la tête de 400000 (quatre cent mille) images…

Première étape: éliminer les doublons. Vous pouvez utiliser Picasa ou mieux ftwin.

Deuxième étape: éliminer les icones. Personnellement, je procède par tri sur les tailles de fichiers. Il est rare qu’un fichier de taille inférieure à 2Ko contienne une information intéressante. Ceci étant, je n’efface rien, je mets simplement de côté pour investigations ultérieures si nécessaire.

Cette étape est périlleuse sous Windows XP car dès qu’un répertoire dépasse 3000 ou 4000 fichiers la manipulation de masse est difficile (du moins sur mon poste de travail). Alors 400000…

Troisième étape: repérer les images disposant de métadonnées renseignées de type EXIF ou IPTC. C’est souvent riche d’informations et permet également d’effectuer un classement (par date de prise de cliché, par type d’appareil photo, etc). Lire à ce sujet une anecdote sur l’excellent site de Sid (ou sur le site de l’excellent Sid:).

A ce stade, vous voici face à 100000 (cent mille) images qu’il va vous falloir étudier une à une… Comment procède-je?

Et bien, pour l’instant, je n’ai rien trouvé de mieux que de faire défiler l’ensemble des photos sur l’écran de mon ordinateur. J’utilise pour cela des logiciels très simples, comme IrfanView et Picasa. Les deux disposent d’un mode d’affichage de miniatures permettant d’afficher plusieurs images à la fois. Ils disposent également de fonctionnalités permettant d’imprimer des images sous forme de planches contact (pour le rapport).

A ce stade de l’expertise, il faut prendre la précaution de fermer la porte de son bureau parce que débute parfois une véritable descente aux enfers. Sur certaines expertises, j’ai eu droit à des collections d’images de cadavres mutilés à coups de machette, assortis des films des massacres associés. Dans un autre coin du disque se trouvaient des images d’enfants de cinq ans violés par des pédophiles.

Il faut sélectionner les images et films. Les classer. Les imprimer (pour les films, extraire les images les plus représentatives).

Cette partie de ce type d’expertise est très difficile.

J’en ai les larmes aux yeux rien que de l’évoquer.

C’est pour cela que je tiens ce blog.

Merci de m’avoir lu.

Variations autour de 300

Le billet précédent était le 299e et a été l’occasion d’une fête à tout faire sauter. Me voici donc avec un billet portant un beau numéro bien rond.
J’ai beau être un peu fâché avec les chiffres ronds (au point que certains m’affublent à tort de TOC!), j’aime les nombres un peu particuliers. Et 300, comme chacun sait, est un nombre un peu à part.

D’abord, c’est un nombre triangulaire. En effet 300=24*25/2, c’est-à-dire un triangle équilatéral de côté 24…

Ensuite, c’est la somme de dix nombres premiers consécutifs 300=13+17+19+23+29+31+37+41+43+47, et la somme de deux nombres premiers jumeaux (nombres premiers séparés de 2): 300=149+151.

300 est un nombre de « grande joie », car il est divisible par la somme de ses chiffres.

Au bowling, c’est le score parfait (300=douze strikes consécutifs). Pour l’instant, j’en suis très loin sur la Wii Sport… Plus en tout cas que sur le flipper 300 des années 1970!

300, c’est aussi un nombre d’actualité puisque c’est paraît-il le nombre de décisions qui vont changer la France.

300K, c’est à peu près la température moyenne de la Terre (profitez en!).

L’article 300 du Code Civil dit ceci: « Chacun des époux séparés conserve l’usage du nom de l’autre. Toutefois, le jugement de séparation de corps ou un jugement postérieur peut, compte tenu des intérêts respectifs des époux, le leur interdire. » alors que celui du Code de Procédure Pénale dit: « Si les accusés ne se concertent pas pour récuser, le sort règle entre eux le rang dans lequel ils font les récusations. Dans ce cas, les jurés récusés par un seul, et dans cet ordre, le sont pour tous jusqu’à ce que le nombre des récusations soit épuisé. »

Il n’y a pas d’article 300 dans le Code Pénal ni dans le Code du Travail. L’explication est ici.

En chiffres romains, 300 s’écrit « CCC ».
CCC est un des 64 codons possibles du code génétique: c’est l’un de ceux représentant la proline.

CCC, ce sont également les initiales du célèbre Chaos Computer Club… et bien sûr du Comité Contre les Chats de Les Nuls.

300, c’est aussi le nombre record de visites sur ce blog (313 exactement), le 22 novembre 2007, en grande partie suite à ce commentaire de Me Eolas sur embruns.net

Ce trois centième billet est surtout l’occasion pour moi de vous remercier tous, par votre présence, d’avoir souhaité que ce blog continue.

En route donc jusqu’au 400e billet, si je survis à la semaine de ski qui s’annonce.
Si vous voyez passer un dinosaure en monoski, casque et doudoune de bucheron des années 80, c’est sans doute moi 🙂

Meilleurs voeux

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai encore raté l’envoi de tous mes courriers de bonne année et meilleurs voeux.

Bon, sur ce blog, j’ai quand même respecté la tradition a minima.
Il faut dire que je n’aime pas beaucoup ce côté obligatoire… Et puis pourquoi réserver au seul mois de janvier la possibilité d’adresser des souhaits?

Alors, en ce 1er février, parce que j’aime la fête, et que j’aime partager ma joie quand cela me chante, je vous souhaite à tous santé, bonheur et prospérité pour les 12 prochains mois (et plus).
Et un bon mois de février 2008!

artifices 15Source image: fr.bestgraph.com

De Michel Eyquem de Zythom – Faille spatio-temporelle

Cher Internaute,

C’est ici un blog de bonne foi, lecteur. Il t’avertit dés l’entrée, que je ne m’y suis proposé nulle fin que domestique et privée: je n’y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire: mes forces ne sont pas capables d’un tel dessein. Je l’ai voué à la commodité particulière de mes parents et amis: à ce que m’ayant perdu (ce qu’ils ont à faire bientôt) ils y puissent retrouver tous les traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent plus entière et plus vive, la connaissance qu’ils ont eue de moi. Si c’eût été pour rechercher la faveur du monde, je me fusse paré de beautés empruntées, ou me fusse tendu et bandé en ma meilleure démarche. Je veux qu’on m’y voit en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans étude et artifice: car c’est moi que je peins. Mes défauts s’y liront au vif, mes imperfections et ma forme naïve autant que la révérence publique me l’a permis. Que si j’eusse été parmi ces nations qu’on dit vivre encore sous la douce liberté des premières lois de nature, je t’assure que je m’y fusse très volontiers peint tout entier et tout nu. Ainsi, cher Internaute, je suis moi-même la matière de mon blog: ce n’est pas raison que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain. Adieu donc.

De Zythom, ce 1er de mars 1580.

Au secours, je suis bloqué là-bas, et il va me falloir attendre encore 62 ans pour pouvoir vraiment m’amuser

M0275 01 0011

Texte original trouvé sur Les Bibliothèques Virtuelles Humanistes

Analyses inforensiques

La sérendipité est la caractéristique d’une démarche qui consiste à trouver quelque chose d’intéressant de façon imprévue, en cherchant autre chose, voire rien de particulier. Cette approche est issue d’une démarche heuristique.

Avec le développement des T.I.C (Technologies de l’information et de la communication), la sérendipité a pris une dimension toute particulière dans la recherche documentaire actuelle sur ordinateur et particulièrement sur Internet. JF Smith en se basant sur les travaux de K. Merton invente le terme de « sérendipité systématique » lorsqu’un chercheur utilise la découverte de la connaissance à partir de l’outil informatique. Les chercheurs d’information n’hésitent pas à naviguer, voire à se perdre au sein des liens hypertextes pour trouver au hasard d’une page, au détour d’un lien, au cœur d’un nœud, une information leur étant utile… alors même qu’ils ne savaient pas qu’ils la cherchaient vraiment. Ainsi la notion de sérendipité prend ici tout son sens comme «Découverte, par chance ou par sagacité d’informations qu’on ne cherchait pas exactement».

Source Wikipedia

Cette longue introduction honteusement pompée dans Wikipedia me sert:

1) A montrer que je connais des supers mots-pas-faciles-à-placer-dans-une-conversation

2) A introduire quelques pages d’un nouveau blog (nouveau pour moi) qui m’a bien intéressé: devloop.lyua.org/blog (pas facile à retenir), et surtout ces deux séries de billets

Analyse forensique d’un systeme windows et Solution du hoffmann forensic challenge, et de façon générale, la rubrique Sécurité.

Je ne connais pas la personne qui tient ce blog, mais comme il semble qu’il cherche du travail, si vous avez un job qui peut l’intéresser… En tout cas, les billets qu’il publie sont très intéressants. Cela m’a valu encore de nombreuses heures de lectures et de tests…

Tant que j’y suis, il me semble que le métier d’expert judiciaire tel que je l’exerce corresponde assez bien à la définition de zemblanité:

Le principe de zemblanité a été inventé par William Boyd (écrivain) dans son roman Armadillo (1999). Il s’agit de la faculté de faire exprès des découvertes attendues mais malheureuses et malchanceuses. La zemblanité tire son nom de la Nouvelle Zemble, qui se trouve exactement aux antipodes de l’île de Serendip, d’où est issu le concept de sérendipité. La zemblanité est définie comme le contraire de la sérendipité.

Source wikipedia.

Encore un mot pas facile à placer dans la conversation 🙂

Antépénultième

Ce billet fait suite à celui-ci. Résumé des épisodes précédents:

Notre héros (c’est moi), à force d’assister aux réunions du conseil municipal, s’est vu proposer une place sur la liste du maire sortant pour les élections municipale à venir. Il a dit « oui ».

J’avais rendez-vous la semaine dernière pour rencontrer toutes les autres personnes de la liste. Elles se connaissent pour la plupart et beaucoup ont déjà plusieurs mandats au compteur.

J’étais donc intimidé.

Assis dans un coin de la salle, j’observais et j’apprenais. Monsieur le Maire a proposé de faire un tour de table pour que chacun se présente. Lorsque mon tour est arrivé, j’ai fait le service minimum, tant je sais par habitude que l’étalage des diplômes et des responsabilités montre plus l’orgueil et la suffisance de leur propriétaire: « Gudule Zythom, responsable informatique dans l’école d’ingénieurs du coin, et l’un des trois petits nouveaux de la liste ». Cela a eu le mérite de faire sourire la plupart des personnes présentes. Quand on ne connaît rien à la gestion d’une municipalité, on ne ramène pas sa fraise.

J’ai appris à cette réunion que j’étais en avant-avant-dernière position sur la liste. Antépénultième donc, mais premier des trois nouveaux!

J’étais assis à côté d’une personne qui s’est présentée comme étant agriculteur, chargé de la commission environnement et espaces verts. J’avais pu constater tout au long des différents conseils municipaux ses qualités organisationnelles et sa volonté de faire avancer les dossiers dont il avait la charge. Tant d’énergie, tant d’efforts et tant de pugnacité au service de la collectivité. Cela m’a confirmé dans mon souhait de ne pas augmenter mes tarifs d’expert judiciaire.

Alors, tout petit sur ma chaise, je me suis demandé ce que j’allais pouvoir apporter à ce groupe de personnes, et avec eux, à la collectivité. Il va falloir que je sorte le nez de « mes » ordinateurs et que j’arrête de regarder le bout de mes pieds lorsque je marche dans la rue.

Tant à apprendre, et tant à faire.

Antépénultième, je ne mérite même pas cette place.

Brisez les chaines

J’ai reçu dans ma boite d’emails une nième chaîne de messages.
En général, la durée de vie d’une chaîne dans ma messagerie est égale au temps nécessaire à l’influx nerveux pour passer directement du fond de la rétine jusqu’à l’index de ma main droite qui détruit l’intrus d’un clic vengeur…

Et pourtant, cette fois, ce message a eu droit à un traitement de faveur avec passage par le cortex cérébral car le message contenait une suite de questions à deux euros!
Et presque toutes m’ont fait sourire, mis à part bien sur la phrase finale assassine « faites suivre ce message à tout votre carnet d’adresses »…

Extraits:
« Pourquoi les kamikazes portaient-ils des casques? »[1]
« Pourquoi désinfecte-t-on le bras d’un condamné à mort avant d’y placer la seringue? »
« Pourquoi pour arrêter son ordinateur faut-il cliquer sur ‘démarrer’? »

J’ai presque failli l’envoyer à tous mes amis!
Mais j’ai résisté, car, après tout, ces questions peuvent-être utiles pour ma rubrique (à deux euros elle aussi)…

Mais le plus drôle, c’est quand on essaie de répondre sérieusement à ces questions…

Je ne m’y risquerai pas.

PS: Merci de faire suivre le lien de ce billet à tout votre carnet d’adresses…

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[1] Lire commentaire de Sid… Même pas drôle 🙂