Ils sont formidables

Il m’arrive d’avoir une baisse de moral. Je vois souvent la vie en noir (c’est pour cela que j’ai choisi cette couleur pour ce blog). Je rédige des rapports d’expertise sur des sujets éprouvants. Je dirige un service technique et un service informatique (ce qui veut dire que je dois gérer beaucoup de problèmes et de mauvaises humeurs tout en restant zen et diplomatique). J’essaye d’impulser des projets positifs, des changements d’habitudes, des changements tout courts, je tiens un blog qui parle (un peu) d’expertises, mais je rencontre beaucoup de résistance au changement.

Bref, la vraie vie quoi.

(l’expression « quoi » est typique du Nord et se prononce « koua »)

Heureusement, je travaille dans une école d’ingénieurs avec des étudiants formidables: ils représentent la jeunesse, ils comprennent le besoin du changement, ils font des erreurs parce qu’ils font des essais, ils ont des projets et cherchent à les réaliser, ils posent des questions.

Tous les matins, ils me font aimer arriver au boulot.

Craquer les mots de passe

ecouteIl y a de nombreuses circonstances où savoir craquer les mots de passe peut être particulièrement utile. Par exemple, lorsqu’un fournisseur a mis un mot de passe inconnu sur le compte administrateur d’une machine qui vous appartient.

Flashback:

L’entreprise de formation où je travaille a ouvert un centre au Maroc. Je dois en piloter toute l’informatique (achat, installation, maintenance…) sans personnel informatique sur place. J’ai donc choisi de procéder de la façon suivante:

– expressions des besoins par les utilisateurs et validation technique par mes soins

– achats par le directeur marocain (négociations avec les fournisseurs et choix)

– livraisons et déballages par un technicien du fournisseur

– installations par un professeur marocain du composant logmein pour prise de contrôle à distance (produit gratuit et très performant!)

– configurations et installations à distance des logiciels pédagogiques. Pour ce dernier point, j’ai mis en place cet été un serveur Citrix XenApps qui permet l’utilisation au Maroc d’applications installées en France dans ma notre salle serveurs. Les publications de nouvelles applications (fréquentes dans le monde de l’enseignement) ne nécessitent donc pas de déplacement au Maroc.

Back to the present:

Mais la mise en place d’un système informatique complet demande malgré tout de venir sur place de temps en temps. J’ai déjà décrit mes aventures une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, pour trois missions à Casablanca (trois emménagements du centre de formation).

Et lors de la dernière intervention, il m’a fallu raccorder au réseau 10 PC dont le fournisseur n’avait pas indiqué le mot de passe administrateur. Le temps m’étant compté très juste, je ne pouvais pas procéder à la réinstallation complète des postes.

Comment trouver ces mots de passe?

C’est là où l’activité d’expert judiciaire en informatique fournit une aide appréciée lors de mon activité professionnelle: la connaissance de l’outil ad hoc pour ce genre d’intervention: ophcrack et son « live cd ». Ophcrack est un craqueur de mots de passe Windows basé sur des tables arc-en-ciel. Il récupère 99,9% des mots de passe alphanumériques en quelques secondes. Le « live cd » permet de trouver les mots de passe sans rien installer sur la machine visée, alors que l’installation locale permet de personnaliser les tables arc-en-ciel.

En moins d’une demi-heure, j’avais les dix mots de passe des comptes administrateurs.

Lire aussi: liste d’outils de sécurité.

The future:

Pour les étudiants-administrateurs informatiques, voilà une bonne raison de configurer les postes de travail Windows de façon à ce qu’ils ne puissent pas démarrer sur cédérom (ni sur port USB) et de limiter les droits d’accès des utilisateurs.

Sans oublier bien entendu d’utiliser des mots de passe « administrateur Windows » différents de celui ceux utilisés en salle serveurs.

Il n’est enfin pas inutile de rappeler que toute utilisation illégale de ce type de logiciel entraine votre responsabilité juridique.

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Crédit images darkroastedblend.com

Aide mémoire LVM

Après installation d’une distribution Debian netinstall 40r5, si l’on a fait le choix de monter un LVM sur plusieurs disques (3 fois 20Go par exemple) et que l’on s’aperçoit après installation que seul le premier disque est réellement utilisé (la commande vgdisplay retourne un « volume group size » de 20 Go au lieu des 60Go attendus), il faut:

1) étendre le volume logique aux trois disques:
lvextend -L+40Go /dev/grpvol/root

2) et redimensionner à chaud le système de fichier ext3
resize2fs -p /dev/grpvol/root

C’est la troisième fois que j’ai besoin de régler ce problème (je dois rater quelque chose dans la procédure d’installation. RTFM?) et je rame à chaque fois dans Google avant de retrouver ces deux commandes.
Je saurais où les chercher une prochaine fois:)

PS: C’est toujours amusant d’installer un serveur de 10 ans d’âge, biprocesseur Pentium II, 512Mo de mémoire vive et dont la carte mère n’accepte pas les disques durs IDE de plus de 20Go. Un serveur pour faire des tests bien sur…

Commentaire sur l’ordonnance du mois d’avril 1667

Ou de la simplicité supposé du droit des anciens…

Article XIII de l’ordonnance
« Si les experts sont contraires en leur rapport, le Juge nommera d’office un tiers qui sera assisté des autres en la visite, et si tous les Experts conviennent, ils donneront un seul avis et par un même rapport, sinon donneront chacun leur avis. »

Commentaire rédigé en 1776 par M. François Serpillon, Lieutenant-Général Criminel, et Conseiller-Civil au Bailliage et Siège Préfidial d’Autun:

Lorsque le tiers Expert s’accorde en partie avec l’un des Experts, quoique dans les autres parties il ne soit d’accord, ni avec l’un, ni avec l’autre, on homologue le rapport pour la partie sur laquelle il s’est accorde avec l’un des Experts, et on ordonne qu’à l’égard du surplus il sera nommé un autre tiers Expert qui sera tenu de se ranger du parti de l’un ou de l’autre des premiers Experts. C’est ce qui a été jugé au Parlement de Dijon le 7 Janvier 1755, sur la plaidoirie des Avocats Roche et Courbabon. Cette décision est fondée, sur ce qu’il n’est pas permis à un tiers Expert, d’élever un tiers avis. Il ne peut que lever le partage qui se trouve entre les premiers Experts. Voyez cependant ci-après.

Il s’agissoit d’un surtaux[1]; la Cour mit sur l’appellation, la demande en homologation du rapport à néant, en homologant à l’égard du surtaux de l’année 1749, et condamna la veuve Ratet en la moitié des dépens. Et à l’égard de l’année 1750, il fut ordonné, que par un autre tiers Expert qui seroit nommé, il seroit procédé à la levée du partage des deux premiers Experts, et qu’il seroit tenu de se ranger à l’avis de l’un ou de l’autre des deux premiers Experts, dépens réserves pour ce chef; présidant M. Languet de Rochefort.

Le 13 du même mois il y eut deux autres Arrêts rendus par la même Cour qui décidèrent pareillement cette question; l’un par assentement, et l’autre contradictoirement, encore sur la plaidoirie de l’Avocat Roche et de Chantepinot. M. Jousse, sur cet article, tire du même principe la même conséquence; il dit que quand un tiers Expert estime un ouvrage, il ne peut l’estimer plus haut que le plus haut prix, ni plus bas que le plus bas prix de la première estimation; il ajoute que plusieurs Arrêts ont annulé des rapports de tiers Experts qui avoient contrevenu à cette règle.

M. de Fromental Procureur du Roi au Présidial du Puy, dans son Dictionnaire de droit imprimé en 1740 in-fol. p. 299, au mot Experts, dit aussi que le tiers Expert doit se ranger à l’avis de l’un des Experts partagés, sans qu’il lui soit loisible d’ouvrir un nouvel avis, à peine de cassation de son rapport. Cet Auteur ajoute, que cependant cette Jurisprudence a changé par deux Arrêts de la Cour des Aides qu’il ne date pas, lesquels deux Arrêts ont jugé que les rapports des tiers Experts qui contenoient des avis particuliers, étoient valables.

Ces deux Arrêts de la Cour des Aides de Toulouse cités par M. de Fromental, sont conformes à l’usage présent en Bourgogne. Malgré les Arrêts du Parlement de Dijon, qui viennent d’être rapportés, on laisse au tiers Expert toute liberté dans son avis; nous le voyons pratiquer tous les jours; il a prêté serment d’estimer en conscience, il faut qu’il le fasse librement. Il en arriveroit de grands inconvénients; deux Experts d’intelligence, affecteroient d’estimer fort bas les choses, en mettant cependant quelque différence dans leurs avis, et par-là ils forceroient le tiers Expert à se ranger au plus haut, qui pourroit être fort au dessous du véritable prix de la chose à estimer. Il n’est pas vrai que le tiers Expert soit appelé pour lever le partage, il est nommé pour dire librement son avis, après cependant avoir médité sur celui des autres, et avoir pris d’eux des instructions.

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[1] Taux ou taxe supplémentaire, surtaxe (wiktionary).
Quand même ils seroient faits avec toute la fidélité imaginable, on en peut y apporter la même économie & le même soin, que des Négocians qui chercheroient leur intérêt personnel; d’où il s’ensuit un surtaux indispensable qui est payé par le Prince, ou par le Peuple. (Claude-Jacques Herbert, Essai sur la Police générale des Grains, 1753)

Commission de sécurité

Lorsque j’ai fait le choix d’ajouter sur ma tête la casquette de responsable technique, je savais qu’il allait falloir que j’acquière rapidement des connaissances qu’un simple responsable informatique ne possède pas nécessairement.

La gestion d’un bâtiment ERP2 en fait partie.

ERP = Etablissement Recevant du Public, et non pas Progiciel de Gestion Intégré comme je l’ai pensé la première fois que l’on m’en a parlé.

Un ERP possède au moins un type et entre dans une catégorie: dans le cas de mes bâtiments, il s’agit d’un ERP de type R (Etablissements d’enseignement) de catégorie 2 (701 à 1500 personnes). La gestion technique d’un tel ensemble de bâtiments nécessite de respecter des règles de sécurité afin de prévenir les accidents.

Par chance, mon prédécesseur m’a laissé un (volumineux) dossier contenant la règlementation à suivre et une pile de dossiers à jour concernant la sécurité. Il faisait ainsi mentir l’adage « Mon prédécesseur, cet incapable; mon successeur, cet ambitieux« . Et pour faire mentir cet adage à mon tour (vis à vis de mon futur successeur), je me suis plongé dans les abimes règlementaires des ERP2…

Ma première décision a été de faire venir un pompier pour qu’il inspecte rapidement les lieux. La présence d’un homme en uniforme a également permis de faire passer plus en douceur la décision n°2 issue de cette inspection: supprimer toutes les tables, présentoirs, chaises et autres mobiliers qui s’étaient gentiment invités dans les couloirs et les escaliers de l’établissement… Les axes de circulation ne sont pas des zones de stockage, et ces objets représentent un risque pour l’évacuation en cas d’incendie ET pour la progression des pompiers. Seuls les photocopieurs d’étage semblent tolérés.

Pour le reste, RAS: tous les éléments de sécurité (extincteurs, trappes de désenfumage, centrale du système de sécurité incendie, détecteurs, etc.) ou les éléments dangereux (charriot élévateur, palans, ascenseurs, etc.) sont opérationnels et font l’objet de contrôles réguliers par des sociétés agréées.

Il n’empêche.

Tout ceci doit faire l’objet d’un contrôle ultime, une fois tous les trois ans: LA visite de la commission de sécurité.

Sous son intitulé complet, la commission consultative départementale de sécurisé et d’accessibilité est l’organisme compétent, à l’échelon du département, pour donner un avis concernant la poursuite d’activité de l’établissement à l’autorité investie du pouvoir de police administrative.

Et il y a quelques jours, c’était la première visite que j’avais à gérer…

Je me suis donc retrouvé face à cinq personnes: un représentant du préfet, de la mairie, de la police, de la DDE et des pompiers. Cela m’a rappelé les oraux des concours d’entrée aux grandes écoles! Et pendant deux heures, ils ont épluchés les documents que je leur présentais à la demande: consignes de sécurité, bilans des exercices d’évacuation, registre de sécurité, PV de vérifications des installations électriques, des chaudières, du gaz, des extincteurs, jusqu’aux contrats d’entretien des portes coulissantes de l’entrée principale de l’établissement.

Puis a eu lieu la visite des bâtiments. Nous nous sommes promenés dans tous les laboratoires, toutes les salles de TP, de TD, dans les amphithéâtres… RAS.

Enfin est venue la visite du sous-sol: archives et locaux de stockage du mobilier. Le pompier me désigne la porte d’un local en me demandant de l’ouvrir. Et là, stupeur: enchevêtrement de câbles, de rallonges, de chaises, de tabourets, d’enceintes, d’amplis, de batteries, de moquettes, de caisses, de cartons, de jeux de lumières… Il s’agit du local de répétition des différents groupes de musique de l’école.

Un silence plane sur le groupe agglutiné à l’entrée de cette pièce à l’aspect improbable.

Le pompier me regarde et m’interroge: Monsieur le responsable technique, quels sont les problèmes que vous relevez dans cette pièce?

Moi, déconfit: Et bien… les appareils électriques sont branchés sur des rallonges multiprises cascadées (jusqu’à quatre multiprises!), la pièce est remplis d’objets encombrants et inflammables visiblement stockés là sur une longue durée (zone de stockage) alors qu’il s’agit d’une pièce de vie, le désordre ambiant devient un piège mortel en cas d’incendie, pour les occupants qui cherchent à sortir, comme pour les sauveteurs qui cherchent à entrer. Bref, un piège mortel.

Lui: Et que comptez-vous faire?

Moi: Fermeture immédiate de ce local et dès demain, nettoyage avec les étudiants puis mis en place d’une installation électrique correspondant à leurs besoins.

Lui: Bien.

Résultat: avis favorable.

PS: Le pompier est revenu quinze jours après pour une visite impromptue. Tout avait été fait. Je n’ai qu’une parole.

Que faire quand vous découvrez une infraction?

En l’absence de poste effectivement dédié à la sécurité, je fais office de RSSI dans mon entreprise, c’est-à-dire que j’assure la responsabilité de la sécurité du système d’information.

En d’autre termes (dixit wikipedia), la sensibilisation des utilisateurs aux problèmes de sécurité, la sécurité des réseaux, la sécurité des systèmes, la sécurité des télécommunications, la sécurité des applications, la sécurité physique, la mise en place de moyens de fonctionnement en mode dégradé (récupération sur erreur), la stratégie de sauvegarde des données et la mise en place d’un plan de continuité d’activité «disaster recovery».

Bien.

Cela tombe assez bien car en tant qu’expert judiciaire, je suis amené plutôt souvent à me prononcer sur la validité des actions menées au sein des entreprises par les responsables concernés par ces problèmes (et ils sont nombreux, les problèmes potentiels).

Seulement voilà, RSSI, c’est un métier à part entière, qui demande des connaissances techniques particulièrement élevées, et dans des domaines très divers. Un métier d’Expert.

Donc, quand on se définit comme un informaticien généraliste devant intervenir sur tous les aspects de l’informatique (i.e. responsable-informatique-dans-une-école-d’ingénieurs-et-expert-judiciaire-en-informatique), il est bon d’avoir plus que quelques bonnes notions concernant la sécurité informatique.

Et heureusement, il y a la pratique, la théorie et le partage d’expérience.

Concernant le partage d’expérience, il y a les blogs: Sid, Bruno Kerouanton, Maître Eolas, et j’en passe d’autres et des moins bons, et il y a les conférences.

A propos des conférences, s’il est parfois difficile d’y aller (temps, distance, frais…), il est souvent possible d’obtenir les actes, et parfois même gratuitement! C’est le cas pour le Symposium sur la Sécurité des Technologies de l’Information et des Communications (SSTIC).

Du coup, il est possible d’accéder à des documents intéressants (quand on arrive à en comprendre le sens). C’est le cas de l’excellent « Recueil et analyse de la preuve numérique dans le cadre d’une enquête pénale » de Nicolas DUVINAGE.

Résumé: Au cours de l’enquête pénale peuvent être saisies et analysées de nombreuses pièces à conviction de toutes natures: traces d’ADN, empreintes digitales, armes, etc, mais aussi disques durs, clés USB, téléphones portables… La présentation portera à la fois sur les grands principes de la criminalistique (étude scientifique des éléments de preuve), qui s’appliquent indifféremment à tous les scellés quelle que soit leur nature, mais aussi sur les particularités du traitement de la preuve numérique (saisie, conservation, exploitation, présentation des résultats). Une conduite à tenir-type sera également conseillée aux RSSI et administrateurs-réseau d’entreprise en cas de découverte d’infraction dans leur périmètre de compétences.

Et parce que nous sommes tous maintenant des RSSI en puissance (je n’ai pas dit « compétents »), et grâce à l’aimable autorisation de l’auteur, je peux retranscrire ici les conclusions de ce document (pour votre bonheur je vous encourage à les lire dans le document original).

———- extrait ———–

QUELQUES CONSEILS

«Les RSSI qui découvrent une infraction…»

Vous découvrez ce que vous pensez/supposez être une infraction… mais vous n’êtes pas magistrat!

• …ce n’est pas forcément une infraction.

• …et même si c’en est une, le suspect n’est pas forcément celui que l’on croit (ex.: poste de travail partagé, trojan, etc).

• …et même si c’est bien lui, il n’est pas forcément coupable (ex.: comportement involontaire).

• …et même s’il l’est pour tout le monde, il ne sera pas forcément condamné (ex.: absence de preuves suffisantes, vice de procédure, etc.).

De fausses accusations (même énoncées de bonne foi et sans intention de nuire) peuvent avoir de lourdes conséquences:

– Il est plus facile de détruire une réputation en 5 minutes que de la reconstruire… même s’il est prouvé que la personne est innocente («Il n’y a pas de fumée sans feu», les accusations de pédophilie sont souvent indélébiles…).

– Pour le suspect:

• Risque de mise à pied ou de licenciement;

• Risque de rupture conjugale, de suicide (pédophilie);

• Méfiance de l’entourage, de la famille, des amis, des collègues…

Conseil n°1: PRUDENCE et DISCRETION:

• Ne pas alerter toute l’entreprise (se contenter par ex du responsable juridique et du directeur du site, faire attention aux éventuelles complicités internes…).

• Laisser faire les spécialistes du droit (signaler les faits à la gendarmerie/police…).

• Ne pas porter de jugement hâtif sur l’intéressé (lui laisser le bénéfice du doute et la présomption d’innocence).

Conseil n°2: Pour autant, il faut réagir! …tout en respectant le droit du travail et les libertés fondamentales de la personne:

• Pas d’analyse des fichiers personnels privés du PC du suspect (cf. «arrêt Nikon» de la Cour de Cassation).

• Pas de «perquisition» dans son vestiaire, dans ses tiroirs en son absence.

Conseil n°3: Pour autant, il faut réagir! …et préserver les éléments de preuve:

• Remplacer le PC suspect par un autre PC (ex.: en prétextant une maintenance, une mise à jour, un problème de sécurité, ou au pire, en prétextant une infraction moins

infamante que la pédophilie [piratage, escroquerie…]).

• Extraire/graver les fichiers issus de serveurs (ex.: logs gravés sur CD).

• Si vous avez impérativement besoin de faire des analyses: réaliser une copie bit à bit des supports mis de côté et n’analyser que ces copies.

• Conserver les supports mis de côté dans un endroit sûr (ex.: coffre-fort) en attendant de les donner à la gendarmerie/police.

——- fin d’extrait ——–

Et si je peux me permettre d’ajouter un conseil: contactez un expert judiciaire. Il saura réaliser les actions techniques préconisées…

On voit des choses et on se demande pourquoi elles existent. Moi je rêve de choses qui n’ont jamais existé et je me demande pourquoi pas?

George Bernard Shaw

Canal moins

logo canal moinsComme beaucoup d’internautes, je dispose de plusieurs adresses emails, essentiellement pour échapper aux spammeurs.

Certaines de ces adresses emails ne sont utilisées que pour des opérations techniques particulières et ne sont fournies à aucun organisme (autre que le site de création de l’adresse email). C’est pourquoi j’ai été surpris de recevoir un message de canal+ sur l’une de ces adresses emails dont le sujet est le suivant: « Inscription à canalplus.fr ».

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CONFIRMATION DE VOTRE INSCRIPTION
VOTRE INSCRIPTION A BIEN ETE ENREGISTREE.
VOICI VOTRE MOT DE PASSE POUR VOUS CONNECTER A VOTRE
ESPACE SUR LE SITE CANALPLUS.FR
E-MAIL °°°°°@gmail.com
MOT DE PASSE °°°°°
CONSERVEZ PRECIEUSEMENT CE MESSAGE. VOS IDENTIFIANTS
SONT NECESSAIRES POUR CONSULTER VOTRE ESPACE ET GERER
VOS DONNEES.

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Ma première idée a été qu’il s’agissait d’une tentative de phishing, mais avant de supprimer le message, je me suis dit qu’il était peut-être préférable de vérifier si je n’étais pas victime d’un vol d’identité numérique et qu’une personne mal intentionnée ne m’aurait pas inscrit à l’insu de mon plein gré à cette chaine cryptée.

Je vérifie donc le contenu de l’email, le lien intégré, et m’assure que le site existe bien et correspond à ce qu’il prétend être. RAS, le site existe et est bien celui de Canal+. Pas d’hameçonnage à l’horizon…

Je cherche l’espace abonné sur le site et entre les identifiants fournis par l’email. Et paf (le chien), cela marche! Mon cœur s’accélère: j’ai un compte d’abonné sur le site de Canal+ et je n’ai rien demandé!

Je vérifie les informations du compte et m’aperçois qu’il s’agit d’une autre personne, habitant en France, abonné depuis plusieurs mois à Canal+. Et cette personne vient juste d’ouvrir un compte web chez Canal+ en fournissant une adresse email erronée: la mienne. C’est donc moi qui ait reçu le mot de passe d’accès à ce compte web…

Problème: Comment rectifier la situation?

Je décide de contacter la personne par téléphone, puisque celle-ci a indiqué un téléphone portable dans les informations de son compte. Personne ne répond. Je laisse un message sur la boite vocale.

Résumons: je viens d’appeler un inconnu qui ne me connait pas pour lui dire qu’il s’est trompé d’adresse email lors de l’ouverture de son compte web Canal+. Je n’ai pas laissé mon téléphone, je ne lui ai pas donné le mot de passe que j’ai reçu à sa place car finalement je ne sais pas si je m’adresse à la bonne personne. La situation est toujours bloquée.

Je cherche sur le site de Canal+ un numéro de téléphone pour tenter d’expliquer la situation: je trouve un numéro (surtaxé). J’ai un automate au téléphone et après avoir jonglé avec les # et options, il me demande d’entrer un numéro d’abonné. J’ai bien le numéro de l’abonné qui a donné mon adresse email, mais je ne vais quand même pas me faire passer pour lui uniquement pour avoir un opérateur au téléphone qui va croire que j’ai piraté son compte… Je raccroche. La situation est toujours bloquée.

Je décide de répondre à l’email envoyé par Canal+:

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Bonjour,
Je ne suis pas abonné à Canal+ et pourtant je viens de recevoir cet email (voir PJ)!
J’ai d’abord pensé à du phishing, mais après vérification, les informations que vous m’avez transmise permettent bien de se connecter au compte d’un abonné MAIS CE N’EST PAS MOI (je ne suis pas abonné).
Il s’agit de l’abonné « °°°° °°°°° N° Client °°°°°° »
qui a semble-t-il ouvert un accès web à son compte canal+ EN UTILISANT UNE ADRESSE EMAIL ERRONEE (la mienne).
Merci donc d’aller lui corriger cela rapidement car j’accède à toutes ses données!!!
Cordialement

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Pour assurer le coup, j’envoie une copie de cet email par facsimilé au numéro du service technique de Canal+. J’ai maintenant une trace fiable de la promptitude de ma réaction et de mon honnêteté sans faille. Je peux dormir tranquille.

Une semaine plus tard, je vérifie que les identifiant/mot de passe ont bien été désactivés: le compte est toujours ouvert, et c’est toujours moi qui ait l’accès.

Personne chez Canal+ n’a corrigé le problème. La situation est toujours la même. C’est amusant et triste à la fois: il n’est plus possible de contacter une personne techniquement capable de résoudre ce problème. Il n’est même plus possible simplement de contacter quelqu’un par téléphone. Quand je dis « simplement », je veux dire sans me prendre la tête.

Si un lecteur de ce blog connait un numéro de téléphone permettant de contacter une personne compétente de Canal+, qu’il me l’envoie à mon adresse email.

Même s’il s’agit d’une vedette de la chaine!

Parce que pour l’instant, moi, j’ai un peu le sentiment d’être dans la 4e dimension cryptée. Sur Canal moins en quelque sorte.

Soutien aux magistrats

cocarde magistratIl n’est pas fréquent que les magistrats soient en colère.

Plusieurs d’entre eux ont publié des billets hébergés sur le blog de Maître Eolas.

Je souhaite ici apporter ma petite lumière d’expert judiciaire.

Etre expert judiciaire, ce n’est pas une profession. Je suis un citoyen comme les autres, salarié dans une entreprise, inscrit dans la Cour d’Appel dont je dépends géographiquement sur la liste des personnes habilitées à apporter aux magistrats un éclairage sur un point technique de leurs dossiers (liste des experts judiciaires).

De ce fait, il m’arrive de rencontrer des magistrats sur leur lieu de travail, pour être entendu en audition ou pour discuter (un peu) avec eux lors d’une remise de scellés.

Etant indépendant du monde judiciaire, je peux le regarder d’un oeil relativement objectif.

Les magistrats du siège, les juges d’instruction et les greffiers que j’ai rencontrés font un travail remarquable.

Peu de moyens, un dévouement exemplaire, des locaux vétustes, des piles de dossiers incroyables dans tous les coins possibles et imaginables…

Lors de ma première rencontre avec un magistrat, je venais juste de prêter serment et souhaitais me présenter par correction. Le magistrat qui m’a reçu a commencé l’entretien par les mots suivants: « Bonjour Monsieur l’Expert, j’ai 5mn à vous consacrer, quel est le problème? »

Moi qui était déjà très impressionné par cette première rencontre avec un magistrat, je suis resté un peu « bête »:

« heu, et bien, je venais me présenter par politesse puisque je viens juste de prêter serment ».

Lui: « Ah, bien. Connaissez-vous le monde judiciaire, avez-vous déjà ouvert un code de procédure, quelle est votre formation juridique? »

Moi: « Je ne connais pas le monde judiciaire, je n’ai jamais ouvert un code de procédure et ma formation juridique est nulle. Mais mon épouse est avocate et j’ai souhaité mettre mes connaissances techniques d’ingénieur en informatique au service de la justice, qui est son monde à elle. Un moyen de travailler ensemble en quelque sorte. »

Lui: « Bien, donc elle saura vous guider dans les procédures, notamment sur le respect du contradictoire. Soyez clair dans vos rapports, et respectez bien les délais impartis pour le dépôt de vos rapports. Maintenant, je dois vous laisser, car mon emploi du temps est très chargé. Merci et bon courage. »

Cela m’avait un peu refroidi, car j’avais imaginé un accueil plus enthousiaste, je pensais qu’il allait s’intéresser de près à mes compétences pour pouvoir les exploiter au mieux. Je pensais qu’on allait discuter une petite heure de ma petite personne. J’avais tort et j’ai compris pourquoi très vite.

Je rencontre très rarement les magistrats. Ce sont des personnes très occupées pour qui chaque minute compte. Lisez leurs histoires ICI et vous comprendrez. Idem pour les greffiers qui sont les garants du respect de la procédure et que j’ai longtemps pris pour des secrétaires. Ce sont surtout des femmes et des hommes à tout faire.

Je souhaite leur apporter ici tout le soutien dont je suis capable, même si ce n’est que le point de vue d’un petit expert judiciaire.

Bravo pour tout ce dévouement.

Mais je sens bien que la coupe est pleine.

Une grotte de cristaux

J’aime la spéléologie, même si je ne la pratique plus beaucoup.
Aussi, quand je suis tombé sur cet article du National Geographic… Je suis tombé par terre. Si vous regardez bien la photo, vous verrez des spéléos en train d’explorer la grotte.

Ce sont apparemment les plus grands cristaux découverts sur sous Terre (jusqu’à 10m de long!). Cette cavité s’appelle « Cueva de los Cristales » et s’étend jusqu’à 300m sous le désert de Chihuahua. Découverte en 2000 lors du percement d’une galerie minière, elle est extrêmement chaude et humide (45°C et 95% d’humidité), au point d’obliger les spéléologues à être équipés de respirateurs et de vêtements refroidis avec des sacs de glace.

De quoi donner envie de replonger sous terre.

Photos crédit Carsten Peter, Speleoresearch & Film

18e congrès des experts judiciaires

18econgresLes 10, 11 et 12 octobre 2008 a eu lieu le 18e congrès des experts judiciaires. Le thème était « Justice et vérité: de l’autorité de l’expert ».

Je n’ai pas pu m’y rendre, et je le regrette car il y avait de nombreux intervenants de qualité, comme par exemple le philosophe André Comte-Sponville.

D’un autre côté, il est vrai que je ne goûte guère ce type de grand-messe.

Néanmoins, pour ceux que cela intéresse, vous trouverez ici un compte-rendu qui donne plusieurs informations sur les sujets abordés.

Ce que je retiens (de ce compte-rendu):
– la Garde des Sceaux fait allusion à un éventuel code de déontologie de l’expert judiciaire,
– la suggestion d’interventions des experts au sein des sessions de formation des magistrats,
– la nécessaire humilité de l’expert.

Cela me fait vraiment regretter de ne pas avoir pu y aller…