J’ai d’abord envisagé d’écrire un billet complet sur les crypto-monnaies, en partant de la définition des blockchains jusqu’à la description des équipes de mineurs, mais finalement, vous trouverez beaucoup d’informations sur ces sujets dans des billets écrits par des personnes bien plus expertes que moi. Ceux qui voudraient des informations vraiment utiles peuvent aller par exemple parfaire leurs connaissances sur https://www.bortzmeyer.org/search?pattern=blockchain, ou sinon, j’ai trouvé l’ouvrage du CIGREF clair, même si je n’ai pas la prétention d’en juger le contenu (pdf gratuit) Blockchain : passer de la théorie à la pratique dans les grandes entreprises
L’histoire (de ce billet) commence quand je me suis retrouvé avec la « vieille » machine de mon gamer de fils : une belle tour équipée d’une carte graphique Nvidia GTX1080Ti (achetée d’occasion sur LeBonCoin…). Première idée : l’utiliser pour casser du mot de passe. Oui, mais j’ai déjà un PC dédié à cette tâche, acheté sur Backmarket et dans lequel j’ai mis l’ancienne-ancienne carte graphique de mon gamer de fils, une GTX1060…
Mais je n’ai pas besoin de casser du mot de passe tous les jours.
Ajoutez à cela les températures en chute libre, le froid qui se glisse dans le petit appartement que j’occupe depuis que je travaille 3 jours par semaine en région parisienne, et le besoin d’acheter un radiateur d’appoint à ce chauffage collectif qui a sans aucun doute été réglé sur le mode économe.
J’ai eu l’idée saugrenue de miner des crypto-monnaies.
Ma conscience écologique a été mise à rude épreuve, surtout en lisant ce que consomment certains algorithmes de consensus (cf Consommation énergétique des technologies blockchain), mais mon mauvais génie de la curiosité m’a convaincu d’essayer « un peu, pour voir et pour comprendre »…
Alors c’est parti dans tous les sens, entre lecture d’articles, navigation sur des sites plus ou moins sérieux, et surtout je me suis immergé dans un monde nouveau, avec ses codes, son jargon, ses concepts, ses arnaques, ses mafias, ses escrocs, ses taxes et ses pigeons.
J’ai essayé de ne pas être dans cette dernière catégorie, j’ai essayé de faire attention où je mettais mes pieds, et ce n’est pas facile.
ATTENTION / DISCLAIMER : investir de l’argent dans les crypto-monnaies est dangereux, vous pouvez perdre entièrement votre mise, vos cheveux et devenir stérile. NE VOUS LANCEZ PAS DANS CETTE ACTIVITÉ, sauf si vous disposez déjà de matériel ET si vous acceptez de couper votre chauffage électrique ET si vous avez fait une croix sur vos cheveux ET atteint votre quota d’enfants. Ce billet n’est sponsorisé par personne.
Voici donc ce que j’ai fait, et ce n’est valable sans doute qu’au moment de l’écriture de ce billet.
Le transfert vers mon compte en banque
Curieusement, j’ai commencé par ce problème, car je souhaitais protéger mes données personnelles sensibles tels que ma carte d’identité ou mon passeport. Quand on ne sait pas trop où l’on met les pieds, mieux vaut être un peu prudent.
Après quelques lectures sur différents sites, j’ai choisi l’application ZenGo sur Smartphone car elle permet d’ouvrir un compte sans devoir fournir des pièces d’identité, dès lors que les transactions restent limitées, ce qui sera mon cas. Une reconnaissance faciale sert de sésame en cas de perte du Smartphone, pour une réinstallation depuis iCloud (iPhone) ou autre prestataire de stockage. Moui.
Au niveau des commissions, ZenGo à l’air de se situer au milieu de la fourchette du marché, mais j’avoue que c’est un peu le cadet de mes soucis pour mon étude. ZenGo supporte plusieurs crypto-monnaies (voir ici la liste) et en particulier celles qui m’intéressent, j’ai nommé Ethereum et Bitcoin.
ZenGo embarque un portefeuille (Wallet) qui me permet de disposer d’une adresse sur la blockchain Ethereum (pour y stocker mes ETH) et d’une adresse sur la blockchain Bitcoin (pour mes BTC).
Attention, ZenGo ne sait transférer que des Bitcoins vers un compte bancaire en euros.
Choix de la crypto-monnaie à miner
Je suis tombé sur ce site https://2cryptocalc.com/what-to-mine-with-1080ti qui recommande de miner des Ethers quand on dispose d’une carte graphique GTX1080ti… Et comme je débute dans cet univers, j’ai suivi le conseil. Les gains espérés sont de 2€ par jour auxquels il faudra retirer les coûts divers dont en particulier les coûts électrique, puis les frais de transaction Ethereum (également appelés “frais de gaz“) qui sont très élevés en ce moment.
Pour éviter ces frais, j’ai trouvé une équipe de mineurs qui me permet de miner des Ethers et d’être récompensé (payé) en Bitcoins : l’équipe 2miners.com. Du coup, j’évite les frais élevés d’enregistrement de mes gains dans la blockchain Ethereum, tout en disposant directement dans ZenGo de Bitcoins que je peux transférer en euros sur mon vrai compte bancaire.
Je ne sais pas si c’est une bonne idée, mais ça m’a permis de commencer sans trop de risques, et sans investir autre chose que du temps de calcul d’une carte graphique de récupération (et des coûts électriques à faire saigner un peu mon cœur DD&RS…).
Commencer enfin à miner
J’ai suivi l’aide en ligne du site de l’équipe de minage : https://eth.2miners.com/help qui recommande (pour une carte Nvidia) soit le logiciel T-Rex, soit Gminer. Pouf pouf, j’ai choisi T-Rex… ce qui donne la commande suivante :
sudo ./t-rex -a ethash -o stratum+tcp://eth.2miners.com:2020 -u <mon adresse BTC ZenGo> -w rigZythom -p x
Six jours après, je recevais 15 euros en BTC. Au bout de trois semaines environ, je devrais dépasser la somme minimale de 37 euros sur mon portefeuille ZenGo me permettant un transfert vers mon compte en banque en euros. En vrai, je n’ai pas encore atteint cette somme, car je fais beaucoup d’essais de transferts entre divers crypto-monnaies et d’expériences en testant des portefeuilles logiciels (Jaxx, Exodus, Zelcore, Metamask), des réseaux secondaires (Polygon), et d’autres crypto-monnaies (FLUX, Monero, MATIC…).
J’ai le radiateur électrique le plus cher du monde, mais je me console en me disant qu’il est constitué de matériels de récupération et consomme moins que mon radiateur électrique « normal ». Ne me jugez pas trop.












