Profession : Expert Judiciaire

Etre Expert Judiciaire, ce n’est pas une profession, mais une occupation annexe. Or, les Experts Judiciaires souffrent d’un grave déficit d’image auprès du public, et certaines affaires judiciaires récentes le montrent bien. Parmi les différentes raisons qui peuvent expliquer ce phénomène, je citerais la confusion avec le simple titre d’expert qui n’est pas règlementé, avec les experts automobiles, les experts d’assurance, et même les experts comptables.

Certains amis pensent que je fais parti d’un groupe plus ou moins occulte, muni d’équipements incroyables dernier cri, capable de faire parler les cheveux coincés dans les octets des disques durs. Peut-être l’influence de la série TV « Les Experts »…

Le titre d’Expert Judiciaire près d’une Cour d’Appel (ou agréé par la Cour de Cassation), autrefois considéré comme un honneur par les femmes et hommes de haut niveau technique, n’est plus recherché par les spécialistes de haut vol.

Dans ma partie, l’informatique, je cherche encore les grands noms du domaine (je vais en vexer quelques uns).

Et pourtant, il existe une solution: faire de l’expertise judiciaire une spécialisation professionnelle exercée à temps partiel, organiser les compagnies régionales pluridisciplinaires sur le modèle des barreaux d’Avocats, et créer un ordre national par spécialité (informatique, etc).

Une formation en droit adaptée à l’expertise serait exigée (un mois intensif) avant d’être lâché dans l’arène judiciaire.

Des couples Avocats spécialistes / éminents techniciens pourraient être constitués, dispensant ainsi de formation juridique les techniciens les plus (re)connus.

C’est peut-être la pire idée post réveillon que j’ai pu avoir, mais elle me plait bien.

Bonne année à tous.

Top 10

Un petit bilan sur les billets les plus lus de ce blog, effectué à partir des statistiques de consultations que je ne regarde jamais plus de cinq fois par jour:

1) l’horreur de la pédophilie. A ne pas mettre entre toutes les mains.

2) et 3) Les dix commandements de ce blog et Mon PC à 10000m grâce au coup de pouce de Bertrand Lemaire du Monde Informatique.

4) Devenir expert judiciaire

5) Bonjour au revoir, ou “une anecdote d’expertise”. Certainement grâce à la présence d’un commentaire de Maître Eolas !

6) Recrutement de tueur sur Internet. La plupart des lecteurs de ce billet viennent après une recherche sur google… Ce qui commence à me faire peur.

7) SNCF c’est possible. Cela me fait plaisir de voir ce billet dans le top 10, car il me faire rire à chaque fois que je le relis…

8) Le téléphone sonne. Si vous saviez le nombre d’étudiants froissés par ce billet!

9) Le distributeur de billet

10) Adieu Mme l’institutrice

Merci à tous les lecteurs de ce blog.
Merci aux commentateurs, malgré mon souhait de ne publier que très peu de commentaires.
Merci également à Anaclet de Paxatagore pour son référencement.

Le blues de l'informaticien

Je suis informaticien, je sais je ne devrais pas m’en vanter.

Parfois, lorsque les gens me demandent ce que je fais, je dis que je m’occupe des ordinateurs. C’est assez vague et en général on ne me pose pas vraiment de questions complémentaires, les gens s’intéressant de toute façon peu à ce que l’on fait vraiment.

L’informatique est une bien étrange discipline : il faut cinq ans pour former un ingénieur informaticien débutant et pourtant, le premier venu déballant son nouvel ordinateur se sent capable de donner des leçons.

Il y va en informatique comme en médecine ou en droit : vous pouvez choisir d’être généraliste ou vous spécialiser. Par contre, autant tout le monde comprendra qu’un médecin généraliste ne pratique pas d’opérations à cœur ouvert, autant le vulgus pecus ne comprend pas qu’un informaticien (généraliste ou spécialiste) ne sache pas tout sur tout et en détail.

A côté de cela, tout le monde me dit « c’est nul je ne comprends rien », ou encore « de toute façon vous les informaticiens, on ne comprend rien de ce que vous racontez ».

Ce phénomène est commun à tous les domaines où les spécialistes ont développé un vocabulaire précis, parfois inventé (ex : concaténer), parfois emprunté ailleurs (ex : ordinateur, mot à l’origine utilisé en théologie).

Vous retrouvez les mêmes reproches faits aux juristes, aux médecins, aux électriciens. Cela m’a d’ailleurs valu lors de mon stage ouvrier de me faire balader pendant une heure dans une usine à la recherche d’une lime à épaissir. J’avais quand même 21 ans. C’est à cela que servent les stages ouvriers : à découvrir tous les noms des outils, et accessoirement à comprendre qu’on peut avoir de longues études, et manquer de bon sens. Cette leçon d’humilité m’a servi toute ma vie.

Doit-on concrètement payer l'euro symbolique ?

J’entends souvent dire que des tribunaux condamnent « à l’euro symbolique », mais je me suis toujours demandé si la personne condamnée devait aller quelque part pour payer concrètement cette somme.

Dans la rubrique « Questions à deux euros » donc.

Sur le site haas-avocats.com

« L’euro symbolique, comme il existait auparavant le franc symbolique, est en général le moyen utilisé par un tribunal pour stigmatiser une faute elle aussi symbolique, qui n’a en vérité entraîné, sinon aucun préjudice, du moins un préjudice moral infime. Tel est le cas par exemple de nombreuses poursuites en injures et diffamation entre candidats à une élection politique : les gens s’insultent ou se diffament, et le tribunal est bien obligé de le reconnaître, mais cela fait en quelque sorte partie du jeu de la politique, et, sauf accusations extrêmement graves, c’est sans conséquence notable sur la carrière politique de la victime. Ce peut être aussi le cas d’une atteinte fautive, mais insignifiante compte tenu de nos mœurs actuelles, à l’honneur d’une personne. Entre sportifs professionnels, ou entre gens d’une même profession, les accrocs à la déontologie sont fautifs, mais, sauf exception, leur réparation reste en général purement symbolique.

L’euro symbolique est donc utilisé comme une sorte de réparation d’amour-propre. Il donne raison sur le principe à son bénéficiaire, à qui l’on reconnaît ainsi qu’il a subi une sorte de préjudice moral, mais il ne prétend évidemment pas réparer un préjudice matériel. »

Bon, c’est bien, mais paye-t-on cette somme ?

Allez, je vais être franc: google n’est pas mon ami cette fois-ci et je ne vais pas passer la journée à faire des recherches, surtout que je pense vraiment que le paiement est symbolique lui aussi.

Vous remarquerez l’augmentation de plus de 550% lors du passage du « franc symbolique » à l’euro symbolique. Cela aurait été amusant de lire une condamnation à « 15 centimes d’euro symboliques »!

Mais ce qui m’aurait vraiment amusé, c’est qu’on prévoit effectivement le versement de la somme, au moins pour le symbole…

Nul n'est censé ignorer la loi

J’inaugure une rubrique « questions à deux euros » pour y placer toutes les questions (souvent assez bêtes) que je me pose et qui nécessite de ma part une petite recherche.

« Nul n’est censé ignorer la loi ».

Je trouve cette adage fréquemment cité (souvent d’ailleurs avec l’utilisation incorrecte du mot « sensé »: 10500 contre 77900 pour « censé » sur google) avec ironie car il est souvent sous-entendu qu’il n’est pas possible de connaitre toutes les lois.

De plus, un expert judiciaire n’étant pas un juriste (enfin par forcément), j’ai souvent des sueurs froides liées à une éventuelle méconnaissance d’un point de procédure.

J’ai voulu donc savoir effectivement ce que signifiait cet adage.

Mes meilleurs résultats:

Sur le site vie-publique.fr:

« Ce célèbre adage ne signifie pas que tout citoyen est censé connaître l’ensemble des textes législatifs et réglementaires (décrets, circulaires…) existant dans l’ordre juridique français. Avec 8 000 lois et plus de 110 000 décrets en vigueur, le plus studieux des juristes ne relèverait pas un tel défi…

Cet adage représente en fait une fiction juridique, c’est-à-dire un principe dont on sait la réalisation impossible, mais qui est nécessaire au fonctionnement de l’ordre juridique. Ici, la fiction est évidente : personne ne peut connaître l’ensemble des lois. Mais dans le même temps, cette fiction est éminemment nécessaire. En effet, si elle n’existait pas, il suffirait à toute personne poursuivie sur le fondement d’une loi d’invoquer (et même de prouver) son ignorance du texte en cause pour échapper à toute sanction. On comprend que les règles perdraient toute efficacité devant la facilité avec laquelle on pourrait se soustraire à leur application. »

C’est tout de suite plus clair.

En fait, je pensais simplement que l’adage signifiait: « Nul n’est censé ignorer que la Loi existe », et que pour la connaître, il suffisait de s’adresser à un juriste (ou faire des études de Droit).

J’ai trouvé également un article intéressant dans le Code Pénal:

Article 122-3 du Code Pénal:

« N’est pas pénalement responsable la personne qui justifie avoir cru, par une erreur sur le droit qu’elle n’était pas en mesure d’éviter, pouvoir légitimement accomplir l’acte. »

Mail il semblerait que la jurisprudence sur ce point soit très restrictive.

Bon, pour toute explication supplémentaire, contactez votre avocat préféré.

Comment devenir expert judiciaire ?

Les experts judiciaires sont des professionnels habilités chargés de donner aux juges un avis technique sur des faits afin d’apporter des éclaircissements sur une affaire.

Le juge choisit en général un expert qui est inscrit sur une liste établie à la cour d’appel dont il dépend (voir la liste des cours d’appel sur wikipedia par exemple).

Pour demander son inscription sur une liste d’expert, il suffit d’adresser, avant le 1er mars, un courrier au procureur de la République du tribunal de grande instance dans le ressort duquel on exerce son activité professionnelle et précisant les rubriques de la liste pour lesquelles la demande est faite.

Le courrier doit être accompagné de:

– un CV

– un extrait de casier judiciaire

– une copie certifiée conforme des diplômes

– toutes pièces permettant d’apprécier ses compétences

Un coup de téléphone à sa cour d’appel peut être utile pour savoir s’il faut des documents complémentaires (photos, etc.)

Si votre demande est acceptée, vous serez convoqué pour prêter serment. C’est aussi le bon moment pour contacter une compagnie d’experts pour parler formations, procédures, assurance…

Plus d’informations en cliquant ici (mais il faudra réfléchir).

Mon PC à 10000 m

J’ai un petit Dell Dimension 2400 qui sert à l’un de mes enfants et dont je voudrais augmenter la mémoire (du Dell, pas de ma fille). Aussi sec, je vais sur le site Dell pour y trouver les spécifications de cette machine (mémoire max et type de mémoire).

Quelle ne fut pas ma surprise de voir dans le tableau des spécifs, que cette machine a été conçue pour fonctionner entre -15,2 m et 3048 m. Pourquoi donc -15,2 m (-50 pieds) ?

Mais le plus drôle, ce sont quand même les limitations du stockage: le PC ne doit pas être stocké à moins de -15,2 m (encore!), ni à plus de 10670 m.

Zut, j’avais un temps envisagé d’utiliser un ballon à hélium pour faire du stockage de PC en vol stationnaire à 10000 m !

Les 10 commandements de ce blog

1) Je suis Blog, ton Dieu, qui t’ai fait sortir de la vie réelle, monde de servitude

2) Aucune image tu ne posteras

3) Orthographe et grammaire toujours tu vérifieras

4) Souviens toi du jour de RTT, pour le sanctifier

5) Honore ton entreprise, qui te nourrit, afin que tes jours se prolongent dans le pays que Blog, ton Dieu, te donne.

6) Tu ne commettras point d’homicide en pérorant contre autrui.

7) Tu ne commettras point d’adultère en postant ailleurs des commentaires.

8) Tu ne déroberas point de billets sur un autre blog.

9) Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain en jouant au Troll.

10) Tu ne convoiteras point le blog de ton prochain; tu ne convoiteras point l’audience de ton prochain, ni son ordinateur, ni son site web, ni ses compétences, ni sa souris, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.

Bien sur, toute ressemblance avec ces dix autres commandements est fortuite.

Faire parler l'imprimante

Il y a quelques temps, je suis allé donner ma carte me présenter devant le nouveau magistrat instructeur. Pensant échanger quelques banalités pendant cinq minutes, je fus surpris lorsqu’il me demanda « Bon, qu’est-ce que vous savez faire? ».

Moi: « Heu, ben, heu, je sais extraire des informations d’un disque dur… »

Lui: « Oui, certes, mais qu’est-ce que vous savez faire d’extraordinaire? »

Moi: « Ben, en fait, rien d’extraordinaire. Je connais bien les procédures, je connais bien l’informatique, mais je ne vois rien de particulièrement extraordinaire à raconter. »

Lui: « Ah bon? Là d’où je viens, je travaillais avec un expert capable de faire parler les imprimantes »

Moi: « Ah, ça ! Mais, heuu, cela va dépendre du modèle, mais il ne devrait pas y avoir de problème. En tout cas, je peux étudier la question. »

En revenant, dans la voiture, j’étais perdu dans mes pensées. Devais-je lui dire que je n’ai pas la moindre idée de comment une imprimante fonctionne? Moi, je clique sur « imprimer », c’est tout. Je sais la brancher, l’installer sous Windows, sous Linux. Je sais (parfois) pourquoi rien ne sort quand j’essaye d’imprimer un document (urgent). Je sais que les documents sont parfois « spoolés » avant d’être envoyés vers l’imprimante. Je sais qu’il y a des serveurs d’impression pour gérer les imprimantes en réseau.

Mais je ne sais pas du tout comment fonctionne la mémoire d’une imprimante. Je me suis senti nuuuuul.

Une fois rentré à la maison, j’ai fait des recherches sur internet (google is my friend). Puis j’ai démonté une vieille imprimante. Puis j’ai démonté une imprimante neuve. Puis j’ai fait des recherches sur les photocopieurs/imprimantes du boulot. J’ai téléphoné à mes fournisseurs pour qu’ils m’expliquent comment récupérer les dernières impressions effectuées sur le photocopieur/imprimante/fax/machine à café du travail, quitte à devoir démonter le disque dur interne du photocopieur.

Bon, voilà mes conclusions:

Pour les photocopieurs/imprimantes avec disque dur, il est possible de récupérer une grande partie des données imprimées (avec l’aide du constructeur, car parfois les données sont chiffrées).

Pour les imprimantes des particuliers, le plus simple reste d’analyser le contenu du disque dur des ordinateurs qui conservent trace des fichiers générés lors des impressions. Il « suffit » de disposer des logiciels analysant les différents langages d’impression utilisés par les constructeurs d’imprimante.

Encore des frais d’achat logiciels en perspective.

Je vais quand même attendre une mission sur le sujet.

Et puis, il y a toujours les collègues des listes de diffusion qui peuvent aider.

Quand je passe près d’une imprimante maintenant, je pense « toi, si tu pouvais parler, qu’est-ce que tu pourrais raconter? »

Et parfois, cela me fait peur.

Interface AIGLX

Ceux qui ne connaissent pas Linux, ou qui ne connaissent pas la nouvelle interface graphique “3D” AIGLX, peuvent faire un test simple et sans danger avec le liveCD de la distribution Kororaa.

Après avoir démarré votre ordinateur à partir du cédérom, vous pourrez tester les effets graphiques avec les combinaisons de touches suivantes:
Alt + Tab : permutation des bureaux
Ctrl + Alt + flèche droite ou gauche : permutation des bureaux sur le cube
Ctrl + Alt + shift flèche droite ou gauche : permutation des bureaux sur le cube avec glissement de la fenêtre active
Ctrl + Alt + clic gauche sur fond du bureau : rotation du cube

Pour les autres effets, les touches sont indiquées sur le bureau après démarrage.

Remarque: les utilisateurs de la distribution Debian pourront s’amuser avec AIGLX en suivant ces explications.