<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><FictionBook xmlns="http://www.gribuser.ru/xml/fictionbook/2.0" xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink"><description><title-info><genre>antique</genre><author><first-name></first-name><last-name>Zythom</last-name></author><book-title>T1 L'âge d'or est devant nous</book-title><lang>en-US</lang></title-info><document-info><author><first-name></first-name><last-name>Zythom</last-name></author><program-used>calibre 0.8.22</program-used><date>1.5.2012</date><id>6fd7ac88-7efa-464b-8af1-ff5f9db1d041</id><version>1.0</version></document-info></description><body>
<section>
<empty-line /><empty-line /><empty-line /><empty-line /><empty-line /><p><strong>
</strong></p><empty-line /><p><strong>Zythom</strong></p><empty-line /><p><strong></strong></p><empty-line /><p><strong>Dans la peau d'un informaticien</strong></p><empty-line /><p><strong>expert
judiciaire</strong></p><empty-line /><p><strong></strong></p><empty-line /><p><strong></strong></p><empty-line /><p><strong>Tome 1</strong></p><empty-line /><p><strong>L’âge d’or est
devant nous</strong></p><empty-line /><empty-line /><empty-line /><empty-line /><empty-line /><p><emphasis>"Je
jure, d'apporter mon concours à la Justice, d'accomplir ma
mission, de faire mon rapport, et de donner mon avis en mon honneur
et en ma conscience."</emphasis></p>

<p>Serment
prêté en Cour d'appel par l'expert judiciaire.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ce
livre électronique vous est offert gratuitement.</p>

<p>Il
est disponible également en version papier sur le site
lulu.com</p><empty-line /><empty-line /><empty-line /><empty-line /><empty-line /><p>Copyright
© 2007
by Zythom</p>

<p>All
rights reserved.</p>

<p>ISBN
 978-1-84799-877-4</p><empty-line /><empty-line /><p><emphasis>A
ma femme</emphasis></p>

<p><emphasis>A
mes enfants</emphasis></p>

<p><emphasis>A
mes parents</emphasis></p>

<p><emphasis>A
ma sœur</emphasis></p>

<p><emphasis>A
mes belles sœurs, mes beaux frères et mes beaux parents</emphasis></p>

<p><emphasis>A
mes nièces et neveux</emphasis></p>

<p><emphasis>A
mes amis</emphasis></p>

<p><emphasis>A
mes étudiants</emphasis></p>

<p><emphasis>A
Google et Blogger</emphasis></p>

<p><emphasis>A
mon responsable de thèse</emphasis></p>

<p><emphasis>A
mon chef</emphasis></p>

<p><emphasis>A
mes ordinateurs</emphasis></p>

<p><emphasis>A
mes téléphones portables</emphasis></p>

<p><emphasis>A
mes serveurs</emphasis></p>

<p><emphasis>A
mes scellés</emphasis></p>

<p><emphasis>A
mes confrères et consœurs expert(e)s judiciaires</emphasis></p>

<p><emphasis>A
tous les blogueurs cités dans ce livre</emphasis></p>

<p><emphasis>A
Wikipédia</emphasis></p>

<p><emphasis>A
toi chère lectrice</emphasis></p>

<p><emphasis>A
toi lecteur</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Avant-propos
à la seconde édition du tome 1 :</strong></p>

<p>Ce
livre reprend certains billets que j’ai écrits dans le
blog http://zythom.blogspot.com
et qui peuvent être classés en trois rubriques :</p>

<p>- expertises
judiciaires informatiques ;</p>

<p>- mon
travail comme responsable informatique ;</p>

<p>- des
anecdotes pour mes amis et ma famille.</p>

<p>L’ordre
chronologique des billets a été préservé,
ainsi que le gentil chaos des thèmes abordés. Mais
seules les anecdotes les plus intéressantes ont été
conservées pour la conception de ce livre.</p>

<p>Si
les histoires relatées ici ne sont pas le fruit de mon
imagination, il convient néanmoins de préciser que
l’expert judiciaire est soumis au secret professionnel et qu’il
ne peut faire état des éléments d’information
qui ont été recueillis lors de ses opérations et
dont la divulgation pourrait porter atteinte à un intérêt
légitime. Les dates, lieux, sexes et noms des personnes ou
entreprises ont été modifiés dans toutes les
anecdotes citées ici. Ces billets sont donc des récits,
subjectifs et romancés, de faits réinventés dans
le souci de ne blesser personne, ce que j’espère
profondément avoir su éviter.</p>

<p>A
la date de publication de cet ouvrage, le blog continue et rencontre
un certain succès d’estime qui me fait plaisir. Les
billets du livre sont (normalement) toujours en ligne.</p>

<p>Mon
père et ma mère sont instituteurs. Quand je leur ai
envoyé un exemplaire de la première édition du
tome 1, ils m’ont félicité comme tous parents.
Mais ma mère m’a gentiment fait remarquer que quelques
« coquilles » s’étaient glissées
dans le texte. Quand j’ai préparé cette deuxième
édition, elle a accepté de faire le travail laborieux
de correctrice pour le plus grand plaisir des lecteurs.</p>

<p>J’espère
que vous (re)découvrirez dans le présent ouvrage ces
modestes billets avec plaisir et je vous souhaite une bonne lecture.</p>

<p>	Zythom,
mars 2012.</p>

<p><strong>
Pourquoi
Zythom ? 
</strong></p>

<p>Zythom
est le dernier mot de mon dictionnaire. La signification m'importe
peu et ça sonne bien.<sup>1</sup></p>

<p><strong>
Pourquoi
un blog ? 
</strong></p>

<p>Depuis
plusieurs mois, je me demande pourquoi des personnes ont l'impudeur
de vouloir étaler leurs états d'âme sur Internet.
J'observe néanmoins avec curiosité le phénomène
et j'apprends à répondre à cette interrogation.
Je suis depuis tombé sur plusieurs blogs qui m'ont
particulièrement intéressé, comme par exemple
l'excellent Journal
d'un Avocat<sup>2</sup>.
Tout cela m'a amené à envisager à m'essayer à
cette impudeur.</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
clou a été quand ma fille de 12 ans m'a demandé
un soir :</p>

<p>"Dis !
Papa, est-ce que je peux créer un blog ?"</p>

<p>Réponse
du papa attentif à respecter les besoins de ses enfants même
s'il ne les comprend pas, conscient qu'il convient d'essayer de ne
pas devenir un "vieux con", mais qu'il convient aussi de ne
pas céder à toutes les demandes :</p>

<p>"Mais
pour quoi faire ?"</p>

<p>"Mais
pour montrer à mes copines des photos de chevaux (c'est sa
passion) et parce que tout le monde fait cela !"</p>

<p>Après
avoir rappelé à ma fille que "une copine"
n'est pas "tout le monde" j'ai dit "Non". Deux
jours plus tard, sans que ma fille n'ait remis le sujet sur le tapis,
et avoir vraiment réfléchi à cette question,
j'ai annoncé à ma fille qu'il était impensable
d'écrire en style SMS, d'afficher des photos de la famille, de
faire des fautes d'orthographe et de croire que ses parents n'iraient
pas jeter un œil de temps en temps à son blog, et j'ai
dit "Oui".</p><empty-line /><empty-line /><p>Ma
fille a eu son blog avant moi qui suis informaticien ! !</p>

<p>Je
vieillis.</p>

<p><strong>
Réparation
progressive 
</strong></p>

<p>Notre
photocopieur/imprimante est tombé en panne : des traînées
noires d'un 1/2 cm de large sont apparues sur le bord droit des
feuilles.</p><empty-line /><empty-line /><p>Appel
n°1 au magasin de vente (nous n'avons pas pris de contrat de
maintenance) : "Vous n'avez qu'à nous l'apporter
pour que l'on voit ce qu'il a". A ma question du coût est
répondu qu'un devis sera établi. Normal</p>

<p>Deux
jours plus tard, le magasin nous appelle pour nous dire que le
photocopieur est réparé (quoi, pas de devis, mais ça
va couter combien ?). Un simple nettoyage a suffi pour enlever
les traces. Sceptique, car j'avais déjà entièrement
démonté l'appareil pour le nettoyer, je reviens
chercher la bête.</p>

<p>Une
semaine plus tard, les traces réapparaissent...</p><empty-line /><empty-line /><p>Appel
n°2 au magasin : "Je vous envoie un technicien".
Génial.</p>

<p>Quelques
jours plus tard, un technicien vient constater les dégâts,
change une lame de nettoyage, constate que cela ne change rien et
propose de nous envoyer un devis de réparation.</p>

<p>Une
semaine plus tard, nous recevons bien un devis mais également
deux factures couvrant les deux interventions (inutiles), avec les
frais associés (déplacement, main d'œuvre, etc.)
pour un montant de 232 euros TTC... Le devis de réparation
est lui de 400 euros (en gros le prix du matériel).
Cerise sur le gâteau, si l'on refuse le devis, il devient
payant à un prix forfaitaire de 45 euros ! ! !</p><empty-line /><empty-line /><p>Appel
n°3 au magasin : "de qui se moque-t-on ?"
Réponse : nous procédons par petits pas afin de ne
pas faire payer au client une réparation couteuse inutile.
Nous réparons de façon progressive...</p><empty-line /><empty-line /><p>Par
chance, cette entreprise est un de mes fournisseurs professionnels.
J'appelle donc mon contact professionnel à qui j'explique mon
problème personnel. Horrifié par la tournure des
évènements, il intervient pour annuler toutes les
factures (ouf) et m'explique ensuite qu'étant donné la
faible marge qu'il fait avec les entreprises (dont la mienne), il est
bien obligé de se rattraper sur le pec... particulier moyen.</p><empty-line /><empty-line /><p>Exeritur
opere nequitia, non incipit (L'acte décèle la
méchanceté, mais n'en est pas le principe. Google est
mon ami)</p>

<p><strong>
1er
conseil municipal 
</strong></p>

<p>Et
oui, il fallait bien commencer un jour. Pour la première fois,
j'ai assisté à un conseil municipal. Exactement l'idée
que je m'en faisais ! Un maire qui anime les débats pour
éviter qu'ils ne s'enlisent. Des conseillers ayant travaillé
auparavant en commissions et qui rendent compte (parfois avec
partialité mais d’une façon qui ne trompe
personne).</p><empty-line /><empty-line /><p>Nous
étions trois dans le public pour une ville de 5000 habitants.</p><empty-line /><empty-line /><p>Tous
les sujets de la vie de la commune sont abordés :
traitements des eaux, distribution et coût de l'eau,
aménagement des rues, des lotissements, et même un débat
très partagé sur les panneaux d'affichage à
destination des associations.</p><empty-line /><empty-line /><p>Parfois
ridicules, souvent instructifs, les échanges rendent compte de
la vie de 5000 personnes, avec leurs travers, leurs incivilités,
et leurs qualités.</p><empty-line /><empty-line /><p>Début
des débats 20h30, fin à 23h15.</p>

<p>A
refaire.</p>

<p><strong>
SNCF
c'est possible 
</strong></p>

<p>Je
ne résiste pas à l'envie de vous narrer une petite
mésaventure qui m'est arrivé il y a quelques temps.</p><empty-line /><empty-line /><p>Décor :
je dois me déplacer pour raison professionnelle. Je regarde
les horaires possibles sur le site de la SNCF. Je décide
d'acheter en ligne moi-même mon billet (au lieu de passer par
la personne ad hoc de l'entreprise).</p>

<p>C'est
vrai quoi, c'est super pratique, et puis comme ça au lieu de
payer moi-même et de me faire rembourser, c'est la boîte
qui paiera directement.</p><empty-line /><empty-line /><p>Erreur
fatale.</p><empty-line /><empty-line /><p>Réservation
des billets en ligne (<emphasis>tiens, il faut aller les chercher à
la gare</emphasis>)</p>

<p>Il
faut fournir un numéro de CB : je fournis celui de la CB
de l'entreprise que j'utilise pour mes commandes en ligne [Je précise
ici qu'il s'agit d'une CB attribuée à la personne en
charge des achats autres qu'informatiques. Par souci d'économie
et de simplicité, j'ai estimé inutile de disposer
moi-même d'une CB pour mes achats internet (il ne faut pas
engraisser les banques plus que nécessaire). J'ai donc en ma
possession, pour mon usage professionnel, les différentes
informations nécessaires à un achat en ligne, mais pas
la CB elle-même]</p><empty-line /><empty-line /><p>En
quittant le travail, je passe à la gare pour récupérer
les billets (<emphasis>chouette je pars plus tôt</emphasis>)</p><empty-line /><empty-line /><p>Au
choix : la queue ou les machines automatiques. Les machines
nécessitant la carte bancaire (que je n'ai pas puisqu'il
s'agit de celle de l'entreprise), je choisis la queue (<emphasis>finalement
pourquoi ai-je commandé par internet ? A oui, pour
réserver mes places</emphasis>)</p><empty-line /><empty-line /><p>Arrivé
devant le guichetier :</p>

<p>- Tiens
vous avez commandé par internet ?</p>

<p>- (<emphasis>intrigué</emphasis>)
Ben oui</p>

<p>- Vous
payez comment ?</p>

<p>- Ben
par carte bancaire, mais j'ai déjà donné mon
numéro sur le site</p>

<p>- (pas
de réaction, regard fixe sur écran) Allez-y mettez
votre carte</p>

<p>- Mais
je n'ai pas la carte, j'ai utilisé celle de l'entreprise !
Mais j'ai déjà donné le numéro sur le
site web !</p>

<p>- A
oui, mais le site web est sécurisé (<emphasis>mais qu'est-ce
qu'il me raconte</emphasis>) et moi il faut que vous mettiez une carte
bancaire pour régler.</p>

<p>- Bon
OK, je retourne au boulot chercher la carte bancaire.</p><empty-line /><empty-line /><p>Retour-boulot,
j'explique à genoux à la personne achat (<emphasis>ouf elle
est encore là</emphasis>) qu'il faut qu'elle me prête "sa"
carte bancaire.</p><empty-line /><empty-line /><p>Retour-gare,
refile d'attente, re-même guichetier :</p>

<p>- Bonjour,
me revoilà avec la carte bancaire de l'entreprise</p>

<p>- (re-regard
fixe sur l'écran) Votre numéro de dossier</p>

<p>- DJFNCH637873HDNNXH
(<emphasis>vous avez remarqué la simplicité des dossiers de
résa SNCF</emphasis>)</p>

<p>- Mettez
votre CB dans l'appareil</p>

<p>- (<emphasis>un
horrible doute m'assaille</emphasis>) Voilà</p>

<p>- (<emphasis>Ahhhhh
quel con, ça va me demander le code secret</emphasis>) VEUILLEZ TAPER
VOTRE CODE</p>

<p>- (<emphasis>AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH,
merde j'ai pas le code, mais quel CON</emphasis>) Euh, l'appareil me demande
mon code, mais je l'ai pas, c'est la CB de l'entreprise, qu'est-ce
que je fais ?</p>

<p>- (une
lueur dans l'œil du guichetier) Vous DEVEZ entrer le code
secret de la carte, c'est pour vous protéger, c'est à
cause des vols, vous comprenez.</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
là, pour la première fois de ma vie, j'ai éclaté :</p>

<p>- MAIS
QU'EST CE C'EST QUE CE SYSTEME D'ACHAT PAR INTERNET COMPLETEMENT NUL
VOUS M'AVEZ DIT QU'IL FALLAIT LA CARTE MAIS VOUS NE M'AVEZ PAS DIT
QU'IL FALLAIT LE CODE</p>

<p>Bref,
une belle gueulante qui défoule. Toute la gare nous regarde
(le guichetier et moi). Je quitte la gare, furieux mais défoulé.</p><empty-line /><empty-line /><p>Retour-boulot
(pour rendre la CB : pas question de demander le code secret à
la personne des achats à cause de son cœur fragile. De
toute façon je ne me vois pas retourner au guichet).</p><empty-line /><empty-line /><p>Problème :
il me faut les billets pour demain matin à l'aube.</p><empty-line /><empty-line /><p>Solution :
achat sur une borne automatique avec ma CB perso. Pas d'autre gare à
moins de 30 km. Retour (discret) à la gare.</p><empty-line /><empty-line /><p>Retour-gare :
les deux bornes sont en panne (<emphasis>meeeerde, t'as l'air de quoi
maintenant</emphasis>).</p>

<p>Re-queue.
Je choisis un autre guichetier.</p>

<p>- Bonjour,
c'est vous qui avez fait scandale il y a une demi-heure ?</p>

<p>- Heu,
ben en fait votre système d'achat en ligne n'est pas vraiment
pratique, mais bon quoi, les ordinateurs, hein (<emphasis>mais quel faux
cul</emphasis>)</p>

<p>- Bon
mais mon collègue là-bas qui nous regarde, et ben il
n’est pas content du tout.</p>

<p>- (...)</p>

<p>- Bon
vous payez comment ?</p>

<p>- Par
carte bancaire.</p>

<p>- Mettez
votre carte dans l'appareil.</p>

<p>- Voilà.</p>

<p>- A
tiens, ça recommence.</p>

<p>- (<emphasis>puce
illisible, carte défectueuse, carte volée, carte
terroriste, carte ayant humilié un agent d'une grande
administration</emphasis>) Qu'est ce qui se passe ?</p>

<p>- Le
système de paiement par carte bancaire est en panne, c'est un
problème de téléphone. Vous avez un autre moyen
de paiement ?</p>

<p>- (<emphasis>AAArgh
mon chéquier</emphasis>) Heu, non.</p><empty-line /><empty-line /><p>Résigné,
je suis sorti de la gare pour aller au distributeur de billet retirer
du liquide, je suis revenu, j'ai refait la queue, le seul guichetier
disponible était celui à qui j'avais fait esclandre...</p>

<p>- Tiens
vous payez en liquide (regard fixe sur l'écran).</p>

<p>- Oui,
c'est possible ? (J'ai baissé la tête)</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
lendemain, à 5h30 du matin, ce guichetier était sur le
quai de la gare en train de ranger des chariots. Persuadé
qu'il me cherchait, je me suis faufilé jusqu'à ma place
en espérant qu'il n'ait pas passé le mot au contrôleur.</p><empty-line /><empty-line /><p>Avec
la SNCF, tout est possible.</p>

<p><strong>
Le
téléphone sonne 
</strong></p>

<p>Je
fais quelques interventions en amphithéâtre devant les
étudiants de l'école d'ingénieurs où je
travaille.</p>

<p>J'aime
cela, j'aime les étudiants et je crois que les étudiants
m'aiment bien aussi.</p>

<p>Peut-être
simplement est-ce parce que mes cours, bien qu'obligatoires, ne sont
pas sanctionnés par une note finale...</p><empty-line /><empty-line /><p>Me
voilà donc face à eux en ces jours de rentrée.
150 têtes et autant de paires d'oreilles m'écoutent
attentivement (ce sont de nouveaux étudiants, ils n'ont pas eu
le temps d'apprendre à parler entre eux en amphi) quand tout à
coup un téléphone sonne dans l'amphi. Je vois aussitôt
un étudiant plonger dans son sac pour éteindre son
portable. Agacé, mais surtout pour marquer le coup pour la
suite de l'année, je demande à l'étudiant fautif
de se lever. Grand silence dans l'amphi, l'étudiant se lève.
Cruel jusqu'au bout, je désigne l'étudiant, clame haut
et fort mon indignation et demande à tous les étudiants
de l'applaudir pour l'encourager à éteindre son
téléphone portable avant d'entrer en amphi la prochaine
fois.</p><empty-line /><empty-line /><p>L'amphi
applaudit à tout rompre, l'étudiant fautif est rouge de
confusion, je lui demande de s'asseoir en lui accordant mon pardon,
magnanime.</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
cours continue, je vois quelques étudiants sortir discrètement
leur portable pour l'éteindre. Mon portable est posé
sur le bureau, bien éteint, je vérifie moi aussi tout
aussi discrètement.</p><empty-line /><empty-line /><p>Un
quart d'heure passe quand soudain mon téléphone DECT de
ceinture sonne. Je le coupe d'un geste machinal, comme si j'étais
en réunion. C'était sans compter sur les étudiants
de l'amphithéâtre qui se sont tous mis à
applaudir...</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
les aime bien mes étudiants, car ils sont intelligents. Ce
n'est pas le cas de tous leurs profs...</p>

<p><strong>
Vol
d'objet virtuel 
</strong></p>

<p><emphasis>Chine :
un homme de 41 ans a poignardé un de ses compagnons de jeu. Il
n'a pas supporté que celui-ci revende le sabre virtuel gagné
dans un jeu multi-joueurs en ligne, sabre qu'il lui avait prêté.
Selon les médias qui rapportent cette affaire, l'homme était
d'abord allé se plaindre auprès de la police du vol de
son arme virtuelle. La loi étant muette sur le cas de la
propriété d'objets virtuels, sa plainte n'aurait pas
abouti et furieux, l'homme en serait venu à tuer son compagnon
de jeu.</emphasis></p>

<p><emphasis>Il
a été condamné à mort avec sursis à
exécution, peine qui peut être commuée en peine
de prison à vie.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>(Source :
CLUSIF "Panorama de la Cyber-criminalité - Année
2005")</p>

<p><strong>
Recrutement
de tueur à gage sur Internet 
</strong></p>

<p>France-Japon,
le choc des cultures...</p><empty-line /><empty-line /><p><emphasis>France :</emphasis></p>

<p><emphasis>En
avril 2005, un homme est mis en examen à Nancy pour offre de
commettre un assassinat. Il aurait cherché à faire
éliminer le concubin de sa maîtresse par un tueur à
gages en faisant maquiller l'élimination du rival en accident.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p><emphasis>Japon :</emphasis></p>

<p><emphasis>Une
femme porte plainte contre un homme qu'elle avait engagé sur
Internet comme tueur à gages pour éliminer la femme de
son amant et qui n'avait pas "exécuté" son
contrat. Il est condamné pour escroquerie volontaire en
décembre 2005.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>(Source :
CLUSIF "Panorama de la Cyber-criminalité - Année
2005")</p><empty-line /><empty-line /><p>Dans
un cas, c'est le commanditaire qui est condamné, dans l'autre
c'est le tueur car il n'a pas rempli son contrat...</p>

<p>Étonnant
non ?</p>

<p><strong>
Expert
Judiciaire en Informatique 
</strong></p>

<p>J'exerce
sur mon temps libre l'activité d'expert judiciaire en
informatique.</p>

<p>C'est
une activité passionnante, mais exténuante.</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
faut connaître des domaines de l'informatique dont on ne
soupçonne parfois pas l'existence (comment faire parler la
mémoire d'une imprimante pour savoir quels ont été
les derniers documents imprimés ?).</p>

<p>Il
faut connaître les procédures juridiques.</p>

<p>Il
faut connaître les risques que l'on prend à titre
personnel en termes de responsabilités.</p>

<p>Il
faut se blinder mentalement (10 000 images pédophiles à
regarder et imprimer).</p>

<p>Il
faut garder le sourire quand on se fait rembourser ses frais (et
payer ses honoraires) avec un retard d'un an.</p><empty-line /><empty-line /><p>De
plus en plus d'experts ne demandent plus leur renouvellement sur les
listes des Cours d'Appel.</p>

<p>De
plus en plus de magistrats désignent des "experts"
en dehors de ces listes, pour faire des économies, sans se
rendre compte de leur manque de compétences dans domaines
cités ci-dessus.</p><empty-line /><empty-line /><p>Tous
les experts sont mis dans le même sac : l'expert
psychologue qui mène deux cents dossiers par an sur une base
forfaitaire et l'expert informatique qui mène les débats
dans une réunion d'expertise au commerce face à trois
parties assistées de leurs propres experts et Avocats, soit
quinze personnes...</p><empty-line /><empty-line /><p>Les
missions d'expertises informatiques sont passionnantes, surtout en
matière criminelle, mais où est la reconnaissance de la
qualité des experts ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Pchhhiiiitttt.</p>

<p><strong>
Saisie
contradictoire 
</strong></p>

<p>J'ai
été contacté par un huissier de justice pour
effectuer une saisie de données dans une entreprise. La
situation est toujours la même : un salarié quitte
son entreprise, crée une entreprise concurrente et son
entreprise initiale l'accuse d'être parti avec le fichier
client.</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
problème ici est que la mission de l'huissier est la
suivante : entrer dans la nouvelle entreprise et saisir toutes
les données concernant les clients (fichiers et bases de
données).</p><empty-line /><empty-line /><p>L'huissier
me contacte pour que je l'assiste techniquement (il n'est pas à
l'aise avec l'informatique me confie-t-il).</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
lui explique comment je procède dans ce genre d'affaire, en
insistant sur le fait que je place <emphasis>in fine</emphasis> mes propres scellés
sur les données saisies avec la mention "les présents
scellés ne doivent être brisés que sur décision
de justice".</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
sens alors une gêne de la part de l'huissier :
"l'ordonnance du Juge est claire sur ce point, je dois fournir
les données à la plaignante".</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
lui fais part de mon étonnement sur le fait qu'une société
peut ainsi récupérer des données très
sensibles sur une entreprise concurrente. Il me répond alors
qu'il effectuera un "tri des données" en ne
fournissant que les données communes aux fichiers clients des
deux entreprises (l'objectif étant clair pour l'entreprise
plaignante de démontrer le vol des fichiers clients).</p><empty-line /><empty-line /><p>Devant
mon refus de l'assister dans ces conditions, nous engageons une
conversation plus générale sur la "couverture"
offerte par l'ordonnance d'un magistrat. Je suis en effet persuadé
qu'un grand nombre d'ordonnance sont écrites "sous la
dictée" de l'avocat de la partie plaignante. Mais que se
passera-t-il si l'ordonnance permet à l'expert de se mettre
dans une situation délicate (ce que ne manquera pas de
démontrer l'avocat de la partie adverse) ?</p><empty-line /><empty-line /><p>L'Expert
restera seul devant sa faute.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
fait pleinement mien le principe du contradictoire et j'essaye de
l'introduire dans la procédure même quand le juge ne le
demande pas.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ainsi,
la mise sous scellés d'expert des pièces constituant
une preuve est une action par nature non contradictoire (l'entreprise
visée n'est pas prévenue avant l'intervention). Il est
par contre possible ensuite de démarrer une deuxième
action juridique : l'analyse des pièces saisies. Cette
deuxième action sera contradictoire, permettant ainsi à
la partie visée de se défendre.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
l'anecdote, l'huissier a contacté le magistrat et l'avocat de
la partie plaignante qui se sont mis d'accord pour modifier
l'ordonnance en ce sens.</p><empty-line /><empty-line /><p>Abundans
cautela non nocet</p>

<p>(Une
précaution excessive ne fait pas de tort)</p>

<p><strong>
Adieu
Mme l'Institutrice 
</strong></p>

<p>J'ai
assisté hier à la réunion de parents d'élèves
du CE2 de ma fille. Tout s'est bien passé jusqu'à la
dernière intervention de l'institutrice :</p>

<p>"Bon,
puisqu'il n'y a pas d'autres questions, je vous annonce que je pars à
la retraite fin décembre. Je ne finirai pas l'année
scolaire avec vos enfants..."</p>

<p>Stupeur
dans l'assistance.</p><empty-line /><empty-line /><p>L'institutrice
ajoute :</p>

<p>"Vous
n'êtes pas sans savoir qu'il y a plusieurs réformes qui
s'enchaînent depuis plusieurs mois. Je vous avais annoncé
en début d'année que cette année scolaire serait
la dernière avant mon départ en retraite. J'ai appris
il y a quelques jours que si je ne prends pas ma retraite avant la
fin de l'année civile, je perds des avantages."</p>

<p>Re-stupeur
dans l'assistance.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
vous passe les détails qui ont suivi, les angoisses des
différents parents, les questions métaphysiques du type
"mais qui va l'annoncer aux enfants ?".</p><empty-line /><empty-line /><p>Les
personnes en charge des réformes des retraites ne semblent pas
préoccupées par le fait que les instituteurs exercent
sur une année scolaire (et non civile). Peut-être la
proximité des élections ?</p>

<p>En
tout cas, j'ai annoncé moi-même l'information à
ma fille qui a trouvé dommage que son institutrice s'en aille
parce qu'elle l'aimait bien.</p>

<p><strong>
Pas
bien réveillé ? 
</strong></p>

<p>Le
mot "coaltar" signifie "goudron de houille".
Cette substance est utilisée pour imprégner les bois et
en thérapeutique comme désinfectant et antiseptique.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
n'avais jamais vu ce mot écrit et n'en connaissais pas
l'orthographe. C'est pourtant un mot souvent utilisé, par
oral, dans l'expression "Etre dans le coaltar".</p>

<p><strong>
Le
psychologue d'Outreau reste Expert 
</strong></p>

<p>L'information
est publiée dans un article du journal Le Monde
du 13 octobre 2006.</p>

<p>"Malmené
lors de sa déposition devant la cour d'assises par les avocats
de la défense qui lui reprochaient la formulation imprudente
des conclusions de son expertise sur les enfants du couple
Delay-Badaoui, cet expert était devenu l'homme de la petite
phrase lâchée le 17 novembre 2005 devant micros et
caméras :</p>

<p>« Quand
on paie les expertises au tarif d'une femme de ménage, on a
des expertises de femmes de ménage ! »"</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
Garde des Sceaux avait alors demandé sa radiation.</p>

<p>La
Cour d'Appel de Rouen a estimé le 29 mai 2006 que l'expert
n'avait commis aucune faute susceptible d'entraîner sa
radiation.</p>

<p>La
Cour relève que le travail de l'expert "est extrêmement
fouillé et individualisé".</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
cite encore l'article du Monde :</p>

<p>"La
Cour a également tenu compte du fait que [l'expert] avait
saisi l'occasion de son audition, en mars, devant la commission
d'enquête parlementaire de l'Assemblée Nationale, pour
s'excuser publiquement de ses propos maladroits."</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
suis choqué du faible écho médiatique de la
confirmation d'un expert, qui certes a commis une maladresse devant
les micros.</p>

<p>Je
n'ai pas entendu par contre le Garde des Sceaux s'excuser
publiquement pour ses propos maladroits et hâtifs.</p>

<p>A
chair de loup, dent de chien.</p>

<p><strong>
Qu’est-ce
qu’un expert judiciaire ? 
</strong></p>

<p>J’ai
longtemps cru qu’un expert judiciaire était un homme (ou
une femme) maîtrisant son domaine technique et à qui
l’on demandait un avis, un éclairage, pour amener des
données scientifiques comme éléments objectifs
dans le jugement d’un litige.</p>

<p>Las,
j’ai vite été amené à changer
d’avis.</p><empty-line /><empty-line /><p>Comme
ancien chercheur, j’ai des connaissances pointues dans le
domaine des réseaux de neurones formels appliqués à
l’identification et à la commande de processus non
linéaires.</p><empty-line /><empty-line /><p>Comme
ancien maître de conférences, j’ai la connaissance
des problèmes pédagogiques liés à la
rédaction d’explications claires pour un profane
(l’étudiant, même brillant et motivé est
toujours un profane).</p><empty-line /><empty-line /><p>Comme
responsable informatique, j’ai appris à gérer mes
collaborateurs, mes fournisseurs, mes clients et mon budget.</p><empty-line /><empty-line /><p>JAMAIS
je n’ai eu de cours de droit ou de procédure.</p>

<p>J’ai
longtemps méconnu l’organisation de la Justice en
France, avec sa logique, sa beauté et sa complexité.
J’ai longtemps cru être un auxiliaire de justice comme
les avocats, les avoués près la cour d’appel ou
les huissiers de justice. Que nenni.</p>

<p>J’ai
prêté serment devant la cour d’appel, ému
et impressionné :</p>

<p><emphasis>"Je
jure, d'apporter mon concours à la Justice, d'accomplir ma
mission, de faire mon rapport, et de donner mon avis en mon honneur
et en ma conscience."</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>C’est
à cette occasion que le premier clignotant est apparu :
le président de la compagnie des experts de ma cour d’appel
nous a présenté les activités de sa compagnie.
Cela me semblait plus relever du réseau social, ou de la
confrérie qu’autre chose. Moi qui suis plutôt ours
solitaire. Mais il nous a indiqué que la cotisation comprenait
une assurance à un prix très compétitif. Une
assurance ? Mais contre quoi ? En responsabilité…
Mais je connais mon domaine technique, je risque peu de faire une
erreur ? Non, non, c’est plutôt contre les erreurs
de procédures. Ah ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Moi
qui avais souhaité devenir expert judiciaire pour me
rapprocher du métier de ma femme qui est Avocate ! C’est
ainsi que maintenant les notions de « contradictoire »,
« dires des parties », « civil »
ou « pénal » n’ont plus de secret
pour moi…</p><empty-line /><empty-line /><p>Qu’est-ce
qu’un expert judiciaire aujourd’hui ? Certes, un
technicien très spécialisé et à la pointe
des connaissances techniques de son domaine ; mais également
un technicien maîtrisant parfaitement la procédure, le
conflit, la transaction et capable d’imposer son autorité
aux avocats et à leurs clients.</p><empty-line /><empty-line /><p>A
quoi serviront les listes d’experts dans quelques années ?
Y aura-t-il encore des professionnels qui s’intéresseront
à l’expertise judiciaire ? Nous constatons
aujourd’hui une réelle désaffection des listes
d’experts judiciaires par les meilleurs techniciens. Le nombre
de démissions d’experts judiciaires devient
significatif, le nombre d’experts ne demandant pas leur
renouvellement l’est encore plus.</p><empty-line /><empty-line /><p>La
jurisprudence administrative considère l’expert
judiciaire comme un collaborateur occasionnel du service public de la
justice (Conseil d’Etat Section Aragon du 26 février
1971). La jurisprudence judiciaire est quant à elle
différente. Dans un arrêt du 2 juin 2004, la Cour de
cassation affirme « l’Expert commis par le juge est
un auxiliaire de justice qui de ce fait n’est pas un tiers et
n’a pas qualité pour former tierce opposition ».</p><empty-line /><empty-line /><p>Quelle
solution alors ? La professionnalisation des experts ? Un
non-sens puisqu’on aboutit alors à un personnage
hyperspécialisé dans une profession qu’il
n’exerce plus et dont il va perdre à terme la maîtrise
et par conséquent le droit d’émettre un avis des
plus pertinents.</p><empty-line /><empty-line /><p>En
fait, plutôt que de désigner un expert et de l’envoyer
au massacre judiciaire, il faudrait désigner un avocat
spécialisé (et il en existe de très pointus en
informatique) qui s’adjoindrait (s’il le juge utile) les
services d’un expert technique.</p>

<p>Ce
système me semblerait plus sain.</p>

<p><strong>
Missions
impossibles 
</strong></p>

<p>Le
recours à l’expertise judiciaire permet de pallier
l’absence de connaissances du juge quant aux données
scientifiques et techniques qui conditionnent la solution du litige.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pourtant,
dès lors que le magistrat n’est pas compétent en
matière informatique, il est surprenant qu’il doive
fixer des missions précises à l’expert judiciaire
(en informatique) sans en discuter auparavant avec lui, ce qui oblige
parfois l'expert à répondre de la façon la plus
précise à des questions qui n’ont aucun sens (ce
qui n’a aucun sens).</p><empty-line /><empty-line /><p>L’exemple
le plus frappant est celui de la datation. J’ai souvent à
répondre à la question suivante : quand
l’ordinateur a-t-il été utilisé pour faire
telle ou telle chose ? L’ordinateur en question étant
sous scellé depuis un certain temps, la pile du BIOS est
déchargée, ce qui m’interdit de comparer les date
et heure effectivement enregistrées par la machine (en clair,
la machine est-elle à l’heure ?) et le temps
imparti pour l’analyse de la machine ne me permet pas d’évaluer
la dérive éventuelle de l’horloge interne de
l’ordinateur. D'autre part, de nombreux utilitaires permettent
de modifier les dates et heures de création/modification/dernier
accès de chaque fichier, sans forcément introduire
d'incohérence entre les différentes dates des autres
fichiers du système d'exploitation. Dans ce cas, comment
expliquer sans enfoncer des portes ouvertes que les dates et heures
enregistrées pour chaque fichier sur l’ordinateur ne
sont que de vagues indications.</p><empty-line /><empty-line /><p>Un
autre exemple est la date de dernier démarrage de
l’ordinateur. Cette question m’était posée
dans une triste affaire de pendaison où la mère de la
victime prétendait qu’il s’agissait d’un
crime maquillé et non pas d’un suicide. Après
analyse, la date de dernier démarrage correspondait à
l’intervention de la maréchaussée lors de la
saisie du matériel informatique…</p><empty-line /><empty-line /><p>Enfin,
une de mes missions consistait à assister un Huissier de
Justice pour une saisie en entreprise, avec comme consigne « de
saisir tous les cédéroms présents dans
l’entreprise ». Il m’a fallu expliquer au juge
que d’une part, cela m’amenait à devoir fouiller
l’ensemble des tiroirs et placards de l’entreprise, mais
également de saisir tous les éventuels cédéroms
musicaux qui pouvaient être présents sur les lieux. Avec
bien entendu un impact non négligeable sur le coût de
l’expertise, dont la responsabilité ne pouvait m’être
imputée.</p><empty-line /><empty-line /><p>En
conclusion, il me semble important de refuser toutes les missions
imprécises ou impossibles de facto et de contacter le juge,
quand il est joignable, pour discuter des aménagements
possibles du libellé des missions qu’il fixe à
l’expert.</p>

<p><strong>
Terminologie
et néologie 
</strong></p>

<p>Dans
le
journal officiel n°214 du 15 septembre 2006 est publié
un avis de la commission générale de terminologie et
néologie concernant le vocabulaire de l'audiovisuel et de la
communication :</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
ne faut pas dire "home cinéma" mais "cinéma
à domicile",</p>

<p>pas
"webcam", mais "cybercaméra";</p>

<p>pas
"blockbuster" (production cinématographique à
gros budget), mais "grosse machine";</p>

<p>pas
"story-board", mais "scénarimage";</p>

<p>pas
"call TV", mais "télé-tirelire"...</p><empty-line /><empty-line /><p>Au
passage, j'ai appris le mot "kakémono" qui signifie
"grande affiche à suspendre" (merci Google).</p><empty-line /><empty-line /><p>Autant
j'applaudis les efforts louables d'une commission pour maintenir la
richesse de la langue française, surtout dans le domaine
technique, autant je m'attriste de voir que cet effort est fait par
des technocrates isolés dans leur tour d'ivoire.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pourquoi
ne pas simplement valider tous les termes choisis par nos "cousins"
canadiens qui sont confrontés directement au choc des langues.</p><empty-line /><empty-line /><p>Quels
imbéciles ont choisi "mél" pour remplacer
"email" alors que nos amis québécois
utilisent depuis longtemps le mot "courriel", diminutif
logique de "courrier électronique", traduction
pendante de "electronic mail" ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Comment
ne pas trouver stupide le mot "cédérom",
transcription phonétique de CDROM signifiant "Compact
Disc Read Only Memory", alors que l'expression "Disque
Compact" nous tendait les bras ?</p>

<p>Face
aux Avocats dont le métier implique la maîtrise du mot
juste, comment vais-je devoir rédiger un rapport d'expertise
clair ? Dois-je remplacer la phrase "Le disque compact
mentionné dans le courriel a été trouvé
dans le home-cinéma présent sur place et contenait le
story-board d'un blockbuster destiné à une call TV"
par la phrase suivante "Le cédérom mentionné
dans le mél a été trouvé dans le cinéma
à domicile présent sur place et contenait le
scénarimage d'une grosse machine destinée à une
télé-tirelire".</p><empty-line /><empty-line /><p>Après
tout, c'est beaucoup plus joli.</p>

<p><strong>
Retraite
II le retour 
</strong></p>

<p>Dans
un
billet précédent (lire page 17), je
narrais l'annonce du départ à la retraite de
l'institutrice de ma fille cadette à la réunion de
parents d'élèves.</p>

<p>Cette
fois ci, c'est plus stupéfiant :</p><empty-line /><empty-line /><p>Décor :
Nous sommes à table mes enfants, ma femme et moi.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Moi</strong> :
Alors, raconte-nous un peu ta journée à l'école
ce matin.</p>

<p><strong>Ma
fille ainée</strong> : Se mat1, la pr0f d mat ns a anoncé
q cété son dernié kour vec ns cr L parté
ala retrait ojdui. d2m1 on ora 1 renplassan (Traduction : ce
matin, la prof de math nous a annoncé que c'était son
dernier cours avec nous car elle partait à la retraite
aujourd'hui. Demain, on aura un remplaçant)</p>

<p><strong>Ma
femme et moi</strong> : ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !</p>

<p><strong>Moi</strong> :
A bon ? Elle vous a annoncé ça aujourd'hui ?</p>

<p><strong>Ma
fille</strong> : Bin oui.</p>

<p><strong>Ma
femme à moi et moi à ma femme</strong> : Voilà
un professeur (de collège) qui part à la retraite en
pleine année scolaire, finissant sa carrière par une
sortie peu glorieuse, en rasant les murs. Annonçant son départ
aux enfants le dernier jour au dernier cours, elle faut<sup>3</sup>
à son devoir et à la responsabilité qu'elle
avait de prendre en charge l'éducation de nos enfants.</p>

<p><strong>Ma
fille</strong> : On peut prendre notre dessert ?</p>

<p><strong>Moi</strong> :
Est-ce que tu appréciais cette prof ?</p>

<p><strong>Ma
fille</strong> : Non, elle était nulle.</p>

<p><strong>Nous</strong> :
Bon espérons que son remplaçant sera meilleur.</p>

<p><strong>Conclusion</strong> :
je n'ai pas pris de dessert.</p>

<p><strong>
Catachrèse
</strong></p>

<p>Lu
ce jour sur Wikipédia<sup>4</sup> :</p>

<p><emphasis>La
catachrèse (du grec κατάχρησις
katákhrêsis, « emploi (abusif) »)
est, avec l'emprunt lexical, l'un des procédés par
lesquels le lexique d'une langue s'enrichit. Elle donne un sens
nouveau à un mot ou à une expression qui existe déjà
en étendant ce sens à l'aide d'un trope, ou figure de
rhétorique en un seul mot (ou expression). La destinée
normale d'une catachrèse est de se lexicaliser, de sorte qu'on
oublie que le mot n'a pas toujours eu ce sens-là. Par exemple,
on ne voit plus que poubelle est une antonomase (et aussi une
métonymie), du nom du préfet de la Seine Eugène-René
Poubelle qui imposa en 1884 l'usage de ce récipient.</emphasis></p>

<p>Il
y a dans ce texte six mots ou expressions dont le sens m'échappe
complètement. Heureusement l'article renvoie à chaque
fois vers la définition, qui elle-même contient entre
deux ou dix mots inconnus. Résultat : une heure passée
dans les définitions en espérant qu'un ou deux de ces
mots nouveaux restent dans ma mémoire...</p><empty-line /><empty-line /><p>Vive
la langue française !</p>

<p><strong>
Accès
aux données professionnelles 
</strong></p>

<p>Une
fois n'est pas coutume, je cite <emphasis>in extenso</emphasis> un
article<sup>5</sup>
du 17 novembre 2006 de l'excellent site legalis.net.</p>

<p><emphasis>"Un
salarié qui crypte son poste informatique commet une faute
grave justifiant son licenciement. Cette règle vient d’être
énoncée par la chambre sociale de la Cour de cassation
le 18 octobre 2006.</emphasis></p>

<p><emphasis>En
l’espèce, un salarié avait crypté son
ordinateur, empêchant ainsi son employeur d’y avoir accès
et de consulter les documents qui s’y trouvaient en son
absence. Ce dernier a estimé qu’il s’agissait
d’une faute grave justifiant son licenciement sans préavis.
La Cour de cassation lui a donné raison aux motifs qu’</emphasis><emphasis><strong>un
employeur doit pouvoir accéder au poste informatique de ses
salariés en leur absence et consulter les dossiers qui s’y
trouvent. En effet, ceux-ci sont présumés
professionnels</strong></emphasis><emphasis>. Cependant, ce droit accordé de
l’employeur ne s’étend pas aux fichiers et aux
dossiers que le salarié a expressément qualifiés
de personnels. Cette règle est issue de la jurisprudence Nikon
de 2001 qui consacre un droit au respect de la vie privée du
salarié pendant son temps et sur son lieu de travail.</emphasis></p>

<p><emphasis>Les
juges doivent alors définir ce qui appartient au domaine de la
vie privée. Ainsi, une décision de la Cour de cassation
du 19 mai 2004 a décidé que la consultation et
l’animation d’un site pornographique n’en faisait
pas partie."</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Depuis
que j'exerce comme responsable des systèmes d'information,
j'ai toujours refusé l'accès aux données
informatiques stockées localement sur l'ordinateur d'une
personne en l'absence de celle-ci. Je découvre aujourd'hui que
j'ai parfois donné inutilement des sueurs froides à un
chef de service qui essayait de récupérer un courrier
tapé la veille par sa secrétaire avant de partir en
vacances...</p>

<p>Pourtant,
je connais l'arrêt Nikon, mais dans mon esprit le salarié
était plus protégé que cela.</p>

<p>Encore
qu'il lui suffit de mettre toutes ses données locales dans un
dossier intitulé "personnel" pour que personne ne
puisse y accéder (sans ordonnance d'un magistrat bien
entendu).</p>

<p>Quand
je pense que dans mon entreprise le personnel hurle quand les
informaticiens entrent dans leur bureau <strong>en leur absence</strong> pour
installer un logiciel ou réparer leur ordinateur...</p>

<p><strong>
Déplacement
payant 
</strong></p>

<p>Dans
une affaire opposant un gérant d'un magasin informatique à
un de ses clients, je m'affairais à organiser la première
réunion d'expertise judiciaire.</p>

<p>Je
contacte tout d'abord les différents avocats et nous convenons
de plusieurs dates possibles pour cette première réunion.</p>

<p>Je
contacte ensuite le gérant pour proposer ces différentes
dates.</p><empty-line /><empty-line /><p>Immédiatement
le gérant m'informe qu'il n'est pas question pour lui de se
déplacer chez son client.</p><empty-line /><empty-line /><p>Face
à mon étonnement puisque le matériel défectueux
se trouvait chez le client, le gérant me répond :</p>

<p>"Je
veux bien venir à cette réunion à la condition
expresse que mon client me paye le déplacement"</p><empty-line /><empty-line /><p>J'avoue
être resté sans voix.</p><empty-line /><empty-line /><p>PS :
J'ai bien entendu adressé les convocations par lettres
recommandées avec les avertissements usuels en cas d'absence
d'une des parties. Le gérant est venu mais avec 20 mn de
retard à cette réunion.</p>

<p><strong>
Bogue
</strong></p>

<p>Extrait
d'un de mes anciens rapports d'expertise :</p>

<p><emphasis>"Il
est à noter que pendant la réunion d’expertise,
le terme « bogue » a été sujet à
discussion. En effet, Monsieur XX, expert auprès de la société
YY, considère que ce terme ne peut pas s’appliquer au
progiciel ZZ car le dysfonctionnement a un caractère
aléatoire. Pour ma part, je me réfère à
la définition plus générale de la « bogue »
suivante :</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Bogue, n. f.</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Défaut de conception
ou de réalisation se manifestant</emphasis></p>

<p>
<emphasis>par des anomalies de
fonctionnement.</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Anglais : bug.</emphasis></p>

<p><emphasis>qui
est présentée dans le Glossaire informatique des termes
de la Commission ministérielle de terminologie informatique.
Ces termes ont été publiés par la CMTI et
l'AFNOR dans la collection A SAVOIR de l'AFNOR, sous le titre
Glossaire des termes recommandés de l'informatique.</emphasis></p>

<p><emphasis>Je
choisi donc de faire usage dans mon rapport du terme « bogue »
sous cette définition qui s’applique ici parfaitement.</emphasis></p>

<p><emphasis>Le
progiciel ZZ possède donc une bogue."</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Je
pourrais compléter ce rapport aujourd'hui par cet extrait de
wikipédia<sup>6</sup> :</p>

<p><emphasis>"En
France, le terme « bogue » est recommandé
par la Délégation générale à la
langue française et aux langues de France (DGLF) depuis un
arrêté paru au Journal officiel du 30 décembre
1983. Ce mot, qui se veut plus français, n'exprime pas une
étymologie. C'est pourquoi peu de gens utilisent la version
francisée. À cette époque le genre féminin
était préconisé.</emphasis></p>

<p><emphasis>Cependant
à la fin de la décennie 1990, les dictionnaires tels
que le « Nouveau petit Robert » et « Le
Petit Larousse illustré » rapportaient l’usage
de ce terme au masculin, sans doute sous l’influence québécoise
où l’Office québécois de la langue
française (OQLF) prônait depuis longtemps l’emploi
du genre masculin. Le terme français a été
popularisé avec le fameux bogue de l'an 2000 qui, sans avoir
entraîné de dysfonctionnement visible majeur, a
néanmoins nécessité beaucoup de travaux de
transformation des systèmes d'information dans la décennie
1990.</emphasis></p>

<p><emphasis>Désormais
la DGLF recommande aussi le genre masculin pour ce mot."</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Reste
qu'à l'époque, ce qui m'avait amusé, c'était
la tentative de l'expert "adverse" de me faire écrire
que le logiciel de sa cliente n'était pas "bogué"
car son dysfonctionnement était aléatoire.</p>

<p>Ce
qui m'avait amusé également, c'était la
réticence de toutes les personnes présentes à la
réunion à utiliser le terme français de "bogue",
qui plus est en son genre féminin<sup>7</sup>...</p><empty-line /><empty-line /><p>On
a les amusements que l'on peut.</p>

<p><strong>
L'horreur
de la pédophilie 
</strong></p>

<p>Ce
billet n'est pas à lire si l'on a moins de seize ans.</p>

<p>Je
demande donc à mes enfants et à ceux des autres de
passer leur chemin.</p>

<p>Ames
sensibles s'abstenir.</p><empty-line /><empty-line /><p>Lors
d'une discussion avec des amis, nous avons abordé le sujet des
crimes que l'on est amené à traiter dans le cadre
professionnel. Autour de la table, plusieurs professions étaient
concernées : des avocats, des médecins, un expert
judiciaire en informatique (moi). La discussion tournait autour des
atrocités que nous avions pu être amené à
voir dans le cadre de nos dossiers. Les avocats présents nous
ont parlé des photos qu'ils sont amenés à
étudier dans les dossiers criminels (cadavre au visage lacéré
par des coups de couteaux, etc.) Les médecins nous ont parlé
des cas les plus tragiques qu'ils ont pu rencontrer (en général,
c'est assez gore). Finalement, cette discussion me laissait un
sentiment de "déjà vu à la télé".
Un mélange d'"Urgences" et de "NCIS" (vous
savez, la salle d'autopsie).</p><empty-line /><empty-line /><p>Qu'ai-je
eu à raconter sur mes dossiers ? Rien.</p>

<p>Je
n'ai pas pu.</p>

<p>Je
n'ai pas réussi à parler de l'horreur que je rencontre
dans les dossiers pédophiles.</p>

<p>Je
la livre ici.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
suis pourtant capable de supporter les 20 premières minutes du
film "Il faut sauver le soldat Ryan", j'observe sans (trop)
fermer les yeux une opération de chirurgie dans "Nip/Tuck".
Mais bien sûr tout ceci est fictif, une œuvre de fiction
basée sur des faits réels.</p><empty-line /><empty-line /><p>Comment
expliquer l'horreur d'une image pédophile ?</p>

<p>Une
image pédophile, c'est une enfant de quatre ans empalée
sur un sexe d'homme. On y voit clairement la souffrance de l'enfant
liée à la différence de taille entre les deux
sexes.</p>

<p>Une
image pédophile, c'est un garçonnet de cinq ans
sodomisé par un homme qui lui déchire le corps.</p>

<p>Une
image pédophile, c'est une fillette qui a en bouche un sexe
plus grand que sa tête.</p><empty-line /><empty-line /><p>Un
dossier pédophile, c'est un expert judiciaire qui pleure tout
seul dans son atelier.</p><empty-line /><empty-line /><p>On
n'en parle pas autour d'une table, on n'en parle pas à la TV,
on n'en parle pas sur les blogs. On travaille en silence,
consciencieusement, et avec nous les gendarmes, la police, les
greffiers, les magistrats, et d'autres, qui luttent contre ce fléau.</p>

<p><strong>
La
poubelle est pleine 
</strong></p>

<p>Un
expert judiciaire en informatique se doit de disposer de tous les
logiciels (parfois fort onéreux !) permettant de
récupérer les fichiers effacés sur les disques
durs saisis.</p><empty-line /><empty-line /><p>Cela
demande la maîtrise absolue de ces logiciels, mais aussi des
concepts sous-jacents parfois complexes de l'organisation des
supports de stockage.</p><empty-line /><empty-line /><p>Parfois,
c'est beaucoup plus simple que cela :</p>

<p>Dans
une récente expertise où j'accompagnais la maréchaussée
lors d'une perquisition, une fois les mots de passe obtenus auprès
de Madame (Ah le prestige de l'uniforme...), j'étais prêt
à sortir tout mon savoir-faire pour impressionner mon petit
monde.</p>

<p>Le
gendarme qui regardait l'écran par-dessus mon épaule me
dit : "tiens la corbeille n'est pas vidée".</p>

<p>La
totalité des documents supprimés depuis le début
de l'utilisation de cet ordinateur se trouvait encore dans la
corbeille ! Tous les documents intéressants l'enquêteur
s'y trouvaient, le propriétaire de la machine pensant qu'il
suffisait de faire "supprimer" pour détruire
définitivement un fichier.</p><empty-line /><empty-line /><p>On
s'étonne après, que les gendarmes ne fassent plus appel
aux experts informatiques.</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
vrai que mes honoraires dans cette expertise ont du avoir du mal à
passer auprès du gendarme que j'accompagnais... Mais j'ai des
frais : il faut que je rembourse mes logiciels d'investigation.</p>

<p><strong>
Tribun
du troisième âge 
</strong></p>

<p>J'aime
les amphis.</p>

<p>Je
veux dire, j'aime faire cours en amphi.</p>

<p>J'aime
parler d'une voix forte en essayant d'intéresser mon
auditoire.</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
n'en a pas toujours été comme cela...</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
jour d'obtention de mon DEA, ma directrice de recherche me demande de
publier mon travail dans un colloque. Elle m'explique alors qu'il me
faudra présenter mes travaux lors d'une intervention d'environ
15 mn devant un parterre de chercheurs. Particulièrement
flatté, j'ai immédiatement accepté.</p><empty-line /><empty-line /><p>Quelques
mois après, la date du colloque approchant, je commençais
à me sentir dans mes petits souliers.</p>

<p>Le
jour J, j'étais terrorisé.</p>

<p>A
l'heure H-1, j'assistais tétanisé à une furieuse
altercation entre un chercheur du public et l'orateur qui me
précédait.</p><empty-line /><empty-line /><p>Me
voici sur l'estrade, face au public composé de 200 chercheurs
du domaine où j'ai effectué mes (modestes) recherches.</p>

<p>Je
commence mon intervention en parlant doucement dans le micro.</p>

<p>Immédiatement
ma voix est couverte par celle d'un vieillard parlant en même
temps que moi. Curieusement, cette voix chevrotante sortait des hauts
parleurs de la salle. J'ai fini par comprendre que cette voix,
c'était la mienne... J'ai stoppé mon discours, pris une
grande inspiration et présenté mes excuses à la
salle en leur indiquant qu'il s'agissait de ma première
intervention publique.</p>

<p>Ma
voix est redevenue normale (enfin presque) et j'ai pu poursuivre mon
intervention.</p><empty-line /><empty-line /><p>Personne
ne m'a agressé et tout le monde a applaudi (poliment).</p>

<p>J'en
suis très fier.</p>

<p><strong>
Le
distributeur de billet 
</strong></p>

<p>Perdu
dans mes pensées, poussant mon chariot dans la galerie
marchande de ma grande surface favorite, j'entends quelqu’un
parler à un distributeur de billet.</p><empty-line /><empty-line /><p>Toujours
prêt à me moquer de mes contemporains (j'ai un mauvais
fond), je m'arrête à distance pour écouter la
bêtise humaine :</p>

<p>Lui
à la machine : "Et ça remarchera bientôt ?".</p>

<p>Aussi
sec, la machine lui répond : "Je reprends mon
service dans un quart d'heure".</p><empty-line /><empty-line /><p>Stupéfait,
je regarde aussitôt s'il n'y a pas un complice quelque part
dans la galerie, des caméras cachées derrière
les fleurs. Rien. Je reste à mon poste d'observation. Après
tout, il y a bien des pompes à essence qui vous explique la
marche à suivre.</p><empty-line /><empty-line /><p>Lui :
"Mais j'ai des courses à faire".</p>

<p>La
machine : "Je ne peux pas répondre à cette
question".</p><empty-line /><empty-line /><p>Normal,
l'intelligence artificielle n'est pas suffisamment développée
aujourd'hui pour traiter des propos aussi éloignés de
la spécialité de la machine. Amusé, je pousse
donc mon chariot juste devant le distributeur "nouvelle
génération".</p><empty-line /><empty-line /><p>Un
réparateur bien humain était installé à
l'intérieur (derrière en fait) et faisait sa pause
déjeuner avant de reprendre ses activités d'entretien.
Il avait démonté tout l'arrière de l'appareil,
et on pouvait facilement lui parler.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
été très déçu.</p><empty-line /><empty-line /><p>PS :
Quand j'ai raconté l'anecdote à ma femme, elle m'a tout
de suite dit qu'il devait y avoir quelqu'un à l'intérieur.
Je suis parfois très naïf.</p>

<p><strong>
Citations
le retour 
</strong></p>

<p>Citations
attribuées à CHURCHILL</p><empty-line /><empty-line /><p>*
Certains pensent que le chef est le loup à abattre, d'autres
voient en lui une vache à lait, mais rares sont ceux qui
voient en lui le cheval qui tire la charrue.</p><empty-line /><empty-line /><p>*
La critique peut être désagréable, mais elle est
nécessaire. Elle est comme la douleur pour le corps humain :
elle attire l'attention sur ce qui ne va pas.</p><empty-line /><empty-line /><p>*
Le golf consiste à mettre une balle de 4 cm de diamètre
sur une boule de 40 000 km de tour et à frapper la petite, non
la grande.</p><empty-line /><empty-line /><p>*
Le succès c'est d'aller d'échec en échec sans
perdre son enthousiasme.</p><empty-line /><empty-line /><p>*
Pour s'améliorer, il faut changer. Donc, pour être
parfait, il faut avoir changé souvent.</p><empty-line /><empty-line /><p>*
Sous le capitalisme, les gens ont davantage de voitures. Sous le
communisme, ils ont davantage de parkings.</p><empty-line /><empty-line /><p>*
Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité,
un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté.</p><empty-line /><empty-line /><p>*
[En réponse à une opposante politique qui lui avait
déclaré à la radio :]</p>

<p>- Monsieur,
si vous étiez mon mari, je vous ferais un café
empoisonné</p>

<p>- Madame,
si vous étiez ma femme, je le boirais.</p>

<p><strong>
Bonjour,
au revoir 
</strong></p>

<p>Il
arrive parfois que l’expert judiciaire soit victime d’un
combat qui n’est pas le sien.</p><empty-line /><empty-line /><p>Les
avocats ont informatisé pour la plupart leur cabinet.</p>

<p>Bien
que parfois utilisés comme des machines à écrire
évoluées, les ordinateurs y sont souvent utilisés
au sein d’un réseau avec serveurs de fichiers, droits
d’accès, serveurs d’impression, etc.</p>

<p>Eh
bien entendu, il arrive que cela ne fonctionne pas comme attendu.</p>

<p>Et
parfois le sempiternel conflit entre un client (ici avocat) et son
fournisseur informatique est porté en justice, avec demande
d’expertise judiciaire.</p><empty-line /><empty-line /><p>Avant
d’aller plus loin, je voudrais préciser quelque peu
l’organisation d’une réunion d’expertise.</p>

<p>J’exerce
sur mon temps libre, c’est-à-dire que je prends une
journée de congé pour d’abord organiser la
première réunion d’expertise, puis pour la faire.
Organiser consiste essentiellement à trouver une date
convenant à toutes les parties et à leurs avocats. Il
faut donc commencer par faire le tour des avocats (par politesse) ou
du moins leur secrétariat et trouver plusieurs dates
possibles, puis faire le tour de leurs clients, et pour finir refaire
le tour de tout le monde pour confirmer la date retenue. Certains
avocats jouent le jeu, d’autres jouent la montre. Le juge a
fixé quant à lui une date limite pour le dépôt
du rapport qu’il me faut respecter. Une fois la date fixée,
j’envoie les convocations aux parties et aux avocats (en
recommandé avec avis de réception), j’informe le
juge et je pose un jour de congé auprès de mon
employeur, en espérant qu’il l’accepte.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
prépare ensuite le dossier en survolant les pièces que
les parties m’adressent. Je préfère en effet que
les parties m’expliquent leurs pièces de façon
contradictoire, plutôt que de travailler seul dans mon bureau
avec le danger de me faire un préavis erroné. Je
survole néanmoins le dossier pour savoir s’il va me
falloir venir avec des disques durs, des appareils de mesure, des DVD
vierges, des tournevis ou un appareil photo. J’avoue aussi que
l’arrivée en terrain technique complètement
inconnu m’effraie un peu.</p><empty-line /><empty-line /><p>Tout
cela prend du temps.</p><empty-line /><empty-line /><p>Dans
cette affaire, arrivé le premier sur le lieu du litige (un
cabinet d’avocat donc), je suis reçu par le maître
de céans. Une fois les courtoisies d’usage échangées,
il m’informe en ces termes :</p>

<p>« Je
crois, Monsieur l’Expert, que la réunion ne va pas durer
longtemps ».</p>

<p>« Maître,
je crains le pire. Ai-je commis une <strikethrough>conn</strikethrough> bévue ? »</p>

<p>« Vous
verrez dès le début de la réunion. Je voulais
néanmoins vous avertir par politesse. Je peux vous rassurer
sur un point, c’est que vous n’êtes pas en cause.
Je prendrai la parole après votre introduction. »</p><empty-line /><empty-line /><p>Toutes
les parties arrivent les unes après les autres, deux avocats
et leurs clients, accompagnés d’un expert informatique,
pour la plupart venant de fort loin par des trains matinaux.</p>

<p>Commençant
toujours les réunions à l’heure, j’entame
mon introduction, surtout destinée à expliquer la
procédure et mes missions aux clients (cela permet aux avocats
retardataires d’arriver).</p>

<p>Je
laisse ensuite la parole à l’avocat, hôte des
lieux.</p>

<p>« Chères
consœurs et chers confrère, vous n’êtes pas
sans savoir que nos règles déontologiques nous imposent
d’écrire un courrier au bâtonnier de l’ordre
pour le prévenir qu’une affaire est en cours dans
laquelle vous intervenez chez l’un de vos confrères.</p>

<p>Je
vous demande de vous mettre en règle avec nos règles de
déontologie. La réunion est donc terminée. Merci
de sortir de mon cabinet. »</p><empty-line /><empty-line /><p>Stupéfaction
autour de la table.</p>

<p>Tout
le monde se tourne vers moi : « faites quelque chose
Monsieur l’Expert ! C’est scandaleux ».</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
n’ai pu qu’expliquer que la réunion ne pouvait se
tenir contre le gré du propriétaire des lieux, bien que
plaignant.</p><empty-line /><empty-line /><p>Tout
le monde est sorti en colère.</p>

<p>Je
pense que c’était le but.</p>

<p>J’ai
dû réorganiser une nouvelle réunion.</p>

<p>J’ai
beaucoup aimé.</p>

<p><strong>
Le
siècle des lumières 
</strong></p>

<p>Etre
expert judiciaire en informatique, c’est devoir être prêt
à tout et devoir tout savoir sur tout.</p><empty-line /><empty-line /><p>Missionné
dans un dossier où l’entreprise type « bulle
internet an 2000 » avait mis la clef sous la porte, je
devais analyser le contenu de tous les ordinateurs et en faire
l’inventaire à fin de vente aux enchères.
Accompagné du commissaire-priseur disposant des clefs et de
quelques informations de type « mots de passe »
susceptibles de me faire gagner du temps, je me retrouve dans l’ex
jeune pousse<sup>8</sup>.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
m’apprête à remplir mes missions quand soudain un
horrible doute me prend.</p>

<p>Je
me tourne vers le commissaire-priseur :</p>

<p>« Y
a-t-il de l’électricité ? »</p>

<p>« Non,
le compteur a été coupé il y a plusieurs mois. »</p>

<p>« Et
comment vais-je analyser le contenu des ordinateurs ? »</p>

<p>« Ben
c’est vous le spécialiste. »</p><empty-line /><empty-line /><p>200
km pour rien, une journée de perdue.</p>

<p>Maintenant
je sais quelle question il faut ajouter à ma « check
list » d’avant expertise.</p>

<p><strong>
Faire
parler l'imprimante 
</strong></p>

<p>Il
y a quelques temps, je suis allé <strikethrough>donner ma carte</strikethrough>
me présenter devant le nouveau magistrat instructeur. Pensant
échanger quelques banalités pendant cinq minutes, je
fus surpris lorsqu'il me demanda "Bon, qu'est-ce que vous savez
faire ?".</p>

<p>Moi :
"Heu, ben, heu, je sais extraire des informations d'un disque
dur..."</p>

<p>Lui :
"Oui, certes, mais qu'est-ce que vous savez faire
d'extraordinaire ?"</p>

<p>Moi :
"Ben, en fait, rien d'extraordinaire. Je connais bien les
procédures, je connais bien l'informatique, mais je ne vois
rien de particulièrement extraordinaire à raconter."</p>

<p>Lui :
"Ah bon ? Là d'où je viens, je travaillais
avec un expert capable de faire parler les imprimantes"</p>

<p>Moi :
"Ah, ça ! Mais, cela n'a rien d'extraordinaire.
C'est tout à fait dans mes compétences. Cela va
dépendre du modèle, mais il n'y a pas de problème."</p><empty-line /><empty-line /><p>En
revenant, dans la voiture, j'étais perdu dans mes pensées.
Devais-je lui dire que je n'ai pas la moindre idée de comment
une imprimante fonctionne ? Moi, je clique sur "imprimer",
c'est tout. Je sais la brancher, l'installer sous Windows, sous
Linux. Je sais (parfois) pourquoi rien ne sort quand j'essaye
d'imprimer un document (urgent). Je sais que les documents sont
parfois "spoolés" avant d'être envoyés
vers l'imprimante. Je sais qu'il y a des serveurs d'impression pour
gérer les imprimantes en réseau.</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
je ne sais pas du tout comment fonctionne la mémoire d'une
imprimante. Je me suis senti nuuuuul.</p><empty-line /><empty-line /><p>Une
fois rentré à la maison, j'ai fait des recherches sur
internet (Google is my friend). Puis j'ai démonté une
vieille imprimante. Puis j'ai démonté une imprimante
neuve. Puis j'ai fait des recherches sur les
photocopieurs/imprimantes du boulot. J'ai téléphoné
à mes fournisseurs pour qu'ils m'expliquent comment récupérer
les dernières impressions effectuées sur le
photocopieur/imprimante/fax/machine à café du travail,
quitte à devoir démonter le disque dur interne du
photocopieur.</p><empty-line /><empty-line /><p>Bon,
voilà mes conclusions :</p>

<p>Pour
les photocopieurs/imprimantes avec disque dur, il est possible de
récupérer une grande partie des données
imprimées (avec l'aide du constructeur, car parfois les
données sont cryptées).</p>

<p>Pour
les imprimantes des particuliers, le plus simple reste d'analyser le
contenu du disque dur des ordinateurs qui conservent trace des
fichiers générés lors des impressions. Il
"suffit" de disposer des logiciels analysant les différents
langages d'impression utilisés par les constructeurs
d'imprimante.</p><empty-line /><empty-line /><p>Encore
des frais d'achat logiciels en perspective.</p>

<p>Je
vais quand même attendre une mission sur le sujet.</p>

<p>Et
puis, il y a toujours les collègues des listes de diffusion
qui peuvent aider.</p><empty-line /><empty-line /><p>Quand
je passe près d'une imprimante maintenant, je pense "toi,
si tu pouvais parler, qu'est-ce que tu pourrais raconter ?"</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
parfois, cela me fait peur.</p>

<p><strong>
Les
10 commandements de ce blog 
</strong></p>

<p>1)
Je suis Blog, ton Dieu, qui t'ai fait sortir de la vie réelle,
monde de servitude</p>

<p>2)
Aucune image tu ne posteras</p>

<p>3)
Orthographe et grammaire toujours tu vérifieras</p>

<p>4)
Souviens toi du jour de RTT, pour le sanctifier</p>

<p>5)
Honore ton entreprise, qui te nourrit, afin que tes jours se
prolongent dans le pays que Blog, ton Dieu, te donne.</p>

<p>6)
Tu ne commettras point d'homicide en pérorant contre autrui.</p>

<p>7)
Tu ne commettras point d'adultère en postant ailleurs des
commentaires.</p>

<p>8)
Tu ne déroberas point de billets sur un autre blog.</p>

<p>9)
Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain en
jouant au Troll.</p>

<p>10)
Tu ne convoiteras point le blog de ton prochain; tu ne convoiteras
point l'audience de ton prochain, ni son ordinateur, ni son site web,
ni ses compétences, ni sa souris, ni aucune chose qui
appartienne à ton prochain.</p><empty-line /><empty-line /><p>Bien
sûr, toute ressemblance avec ces
dix autres commandements<sup>9</sup>
est fortuite.</p>

<p><strong>
Mon
PC à 10000 m 
</strong></p>

<p>J'ai
un petit Dell Dimension 2400 qui sert à l'un de mes enfants et
dont je voudrais augmenter la mémoire (du Dell, pas de ma
fille). Aussi sec, je vais sur
le site Dell<sup>10</sup>
pour y trouver les spécifications de cette machine (mémoire
max et type de mémoire).</p><empty-line /><empty-line /><p>Quelle
ne fut pas ma surprise de voir dans le tableau des spécifs,
que cette machine a été conçue pour fonctionner
entre -15,2 m et 3048 m. Pourquoi donc -15,2 m (-50 pieds) ?</p>

<p>Mais
le plus drôle, ce sont quand même les limitations du
stockage : le PC ne doit pas être stocké à
moins de -15,2 m (encore !), ni à plus de 10670 m.</p><empty-line /><empty-line /><p>Zut,
j'avais un temps envisagé d'utiliser un ballon à hélium
pour faire du stockage de PC en vol stationnaire à 10000 m !</p>

<p><strong>
Comment
devenir expert judiciaire ? 
</strong></p>

<p>Les
experts judiciaires sont des professionnels habilités chargés
de donner aux juges un avis technique sur des faits afin d'apporter
des éclaircissements sur une affaire.</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
juge choisit en général un expert qui est inscrit sur
une liste établie à la cour d'appel dont il dépend
(voir la liste des cours d'appel sur Wikipédia par exemple).</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
demander son inscription sur une liste d'expert, il suffit
d'adresser, avant le 1er mars, un courrier au procureur de la
République du tribunal de grande instance dans le ressort
duquel on exerce son activité professionnelle et de préciser
les rubriques de la liste pour lesquelles la demande est faite.</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
courrier doit être accompagné de :</p>

<p>- un
CV</p>

<p>- un
extrait de casier judiciaire</p>

<p>- une
copie certifiée conforme des diplômes</p>

<p>- toutes
pièces permettant d'apprécier ses compétences</p><empty-line /><empty-line /><p>Un
coup de téléphone à sa cour d'appel peut être
utile pour savoir s'il faut des documents complémentaires
(photos, etc.)</p><empty-line /><empty-line /><p>Si
votre demande est acceptée, vous serez convoqué pour
prêter serment. C'est aussi le bon moment pour contacter une
compagnie d'experts pour parler formations, procédures,
assurance...</p>

<p><strong>
Nul
n'est censé ignorer la loi 
</strong></p>

<p>J'inaugure
une rubrique "questions à deux euros" pour y placer
toutes les questions (souvent assez bêtes) que je me pose et
qui nécessite de ma part une petite recherche.</p><empty-line /><empty-line /><p>"Nul
n'est censé ignorer la loi".</p>

<p>Je
trouve cette adage fréquemment cité (souvent d'ailleurs
avec l'utilisation incorrecte du mot "sensé" :
10
500 contre 77
900 pour "censé" sur Google) avec ironie car il
est souvent sous-entendu qu'il n'est pas possible de connaître
toutes les lois.</p><empty-line /><empty-line /><p>De
plus, un expert judiciaire n'étant pas un juriste (enfin par
forcément), j'ai souvent des sueurs froides liées à
une éventuelle méconnaissance d'un point de procédure.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
voulu donc savoir effectivement ce que signifiait cet adage.</p>

<p>Mes
meilleurs résultats :</p>

<p>Sur
le site vie-publique.fr<sup>11</sup> :</p>

<p><emphasis>"Ce
célèbre adage ne signifie pas que tout citoyen est
censé connaître l’ensemble des textes législatifs
et réglementaires (décrets, circulaires…)
existant dans l’ordre juridique français. Avec 8 000
lois et plus de 110 000 décrets en vigueur, le plus studieux
des juristes ne relèverait pas un tel défi...</emphasis></p>

<p><emphasis>Cet
adage représente en fait une fiction juridique, c’est-à-dire
un principe dont on sait la réalisation impossible, mais qui
est nécessaire au fonctionnement de l’ordre juridique.
Ici, la fiction est évidente : personne ne peut connaître
l’ensemble des lois. Mais dans le même temps, cette
fiction est éminemment nécessaire. En effet, si elle
n’existait pas, il suffirait à toute personne poursuivie
sur le fondement d’une loi d’invoquer (et même de
prouver) son ignorance du texte en cause pour échapper à
toute sanction. On comprend que les règles perdraient toute
efficacité devant la facilité avec laquelle on pourrait
se soustraire à leur application."</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
tout de suite plus clair.</p>

<p>En
fait, je pensais simplement que l'adage signifiait : "Nul
n'est censé ignorer que la Loi existe", et que pour la
connaître, il suffisait de s'adresser à un juriste (ou
faire des études de Droit).</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
trouvé également un article intéressant dans le
Code Pénal :</p>

<p>Article
122-3 du Code Pénal :</p>

<p><emphasis>"N'est
pas pénalement responsable la personne qui justifie avoir cru,
par une erreur sur le droit qu'elle n'était pas en mesure
d'éviter, pouvoir légitimement accomplir l'acte."</emphasis></p>

<p>Mail
il semblerait que la jurisprudence sur ce point soit très
restrictive.</p><empty-line /><empty-line /><p>Bon,
pour toute explication supplémentaire, contactez votre avocat
préféré.</p>

<p><strong>
Doit-on
payer l'euro symbolique ?</strong></p>

<p>J'entends
souvent dire que des tribunaux condamnent "à l'euro
symbolique", mais je me suis toujours demandé si la
personne condamnée devait aller quelque part pour payer
concrètement cette somme.</p>

<p>Dans
la rubrique "Questions à deux euros" donc.</p>

<p>Sur
le site haas-avocats.com<sup>12</sup></p>

<p><emphasis>"L’euro
symbolique, comme il existait auparavant le franc symbolique, est en
général le moyen utilisé par un tribunal pour
stigmatiser une faute elle aussi symbolique, qui n’a en vérité
entraîné, sinon aucun préjudice, du moins un
préjudice moral infime. Tel est le cas par exemple de
nombreuses poursuites en injures et diffamation entre candidats à
une élection politique : les gens s’insultent ou se
diffament, et le tribunal est bien obligé de le reconnaître,
mais cela fait en quelque sorte partie du jeu de la politique, et,
sauf accusations extrêmement graves, c’est sans
conséquence notable sur la carrière politique de la
victime. Ce peut être aussi le cas d’une atteinte
fautive, mais insignifiante compte tenu de nos mœurs actuelles,
à l’honneur d’une personne. Entre sportifs
professionnels, ou entre gens d’une même profession, les
accrocs à la déontologie sont fautifs, mais, sauf
exception, leur réparation reste en général
purement symbolique.</emphasis></p>

<p><emphasis>L’euro
symbolique est donc utilisé comme une sorte de réparation
d’amour-propre. Il donne raison sur le principe à son
bénéficiaire, à qui l’on reconnaît
ainsi qu’il a subi une sorte de préjudice moral, mais il
ne prétend évidemment pas réparer un préjudice
matériel."</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Bon,
c'est bien, mais paye-t-on cette somme ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Allez,
je vais être franc : Google n'est pas mon ami cette
fois-ci et je ne vais pas passer la journée à faire des
recherches, surtout que je pense vraiment que le paiement est
symbolique lui aussi.</p><empty-line /><empty-line /><p>Vous
remarquerez l'augmentation de plus de 550% lors du passage du "franc
symbolique" à l'euro symbolique. Cela aurait été
amusant de lire une condamnation à "15 centimes d'euro
symboliques" !</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
ce qui m'aurait vraiment amusé, c'est qu'on prévoit
effectivement le versement de la somme, au moins pour le symbole...</p>

<p><strong>
Le
blues de l'informaticien 
</strong></p>

<p>Je
suis informaticien, je sais je ne devrais pas m’en vanter.</p>

<p>Parfois,
lorsque les gens me demandent ce que je fais, je dis que je m’occupe
des ordinateurs. C’est assez vague et en général
on ne me pose pas vraiment de questions complémentaires, les
gens s'intéressant de toute façon peu à ce que
l'on fait vraiment.</p><empty-line /><empty-line /><p>L’informatique
est une bien étrange discipline : il faut cinq ans pour
former un ingénieur informaticien débutant et pourtant,
le premier venu déballant son nouvel ordinateur se sent
capable de donner des leçons.</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
y va en informatique comme en médecine ou en droit : vous
pouvez choisir d’être généraliste ou vous
spécialiser. Par contre, autant tout le monde comprendra qu’un
médecin généraliste ne pratique pas d’opérations
à cœur ouvert, autant le vulgum pecus ne comprend pas
qu’un informaticien (généraliste ou spécialiste)
ne sache pas tout sur tout et en détail.</p><empty-line /><empty-line /><p>A
côté de cela, tout le monde me dit « c’est
nul je ne comprends rien », ou encore « de
toute façon vous les informaticiens, on ne comprend rien de ce
que vous racontez ».</p><empty-line /><empty-line /><p>Ce
phénomène est commun à tous les domaines où
les spécialistes ont développé un vocabulaire
précis, parfois inventé (ex : concaténer),
parfois emprunté ailleurs (ex : ordinateur, mot à
l’origine utilisé en théologie).</p>

<p>Vous
retrouvez les mêmes reproches faits aux juristes, aux médecins,
aux électriciens. Cela m’a d’ailleurs valu lors de
mon stage ouvrier de me faire balader pendant une heure dans une
usine à la recherche d’une lime à épaissir.
J’avais quand même 21 ans. C’est à cela que
servent les stages ouvriers : à découvrir tous les
noms des outils, et accessoirement à comprendre qu’on
peut avoir de longues études, et manquer de bon sens. Cette
leçon d’humilité m’a servi toute ma vie.</p>

<p><strong>
Profession :
Expert Judiciaire 
</strong></p>

<p>Etre
Expert Judiciaire, ce n'est pas une profession, mais une occupation
annexe. Or, les Experts Judiciaires souffrent d'un grave déficit
d'image auprès du public, et certaines affaires judiciaires
récentes le montrent bien. Parmi les différentes
raisons qui peuvent expliquer ce phénomène, je citerais
la confusion avec le simple titre d'expert qui n'est pas règlementé,
avec les experts automobiles, les experts d'assurances, et même
les experts comptables.</p><empty-line /><empty-line /><p>Certains
amis pensent que je fais parti d'un groupe plus ou moins occulte,
muni d'équipements incroyables dernier cri, capable de faire
parler les cheveux coincés dans les octets des disques durs.
Peut-être l'influence de la série TV "Les
Experts"...</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
titre d'Expert Judiciaire près d'une Cour d'Appel (ou agréé
par la Cour de Cassation), autrefois considéré comme un
honneur par les femmes et hommes de haut niveau technique, n'est plus
recherché par les spécialistes de haut vol.</p><empty-line /><empty-line /><p>Dans
ma partie, l'informatique, je cherche encore les grands noms du
domaine (je vais en vexer quelques-uns).</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
pourtant, il existe une solution : faire de l'expertise
judiciaire une spécialisation professionnelle exercée à
temps partiel, organiser les compagnies régionales
pluridisciplinaires sur le modèle des barreaux d'Avocats, et
créer un ordre national par spécialité
(informatique, etc.).</p><empty-line /><empty-line /><p>Une
formation en droit adaptée à l'expertise serait exigée
(un mois intensif) avant d'être lâché dans l'arène
judiciaire.</p><empty-line /><empty-line /><p>Des
couples Avocats spécialistes / éminents techniciens
pourraient être constitués, dispensant ainsi de
formation juridique les techniciens les plus (re)connus.</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
peut-être la pire idée post réveillon que j'ai pu
avoir, mais elle me plait bien.</p><empty-line /><empty-line /><p>Bonne
année à tous.</p>

<p><strong>
Exemple
de mission 
</strong></p>

<p>Madame
Marie-Claude MARTIN, vice-présidente du TGI de Paris, publie
dans la revue "Experts<sup>13</sup>"
(numéro 73 de décembre 2006), un excellent article
intitulé "la personnalité de l'expert".</p><empty-line /><empty-line /><p>Dans
le paragraphe consacré à la désignation de
l'expert, elle écrit :</p>

<p><emphasis>"[...]
plusieurs comportements sont susceptibles d'être observés :</emphasis></p>

<p><emphasis>- "</emphasis><emphasis>L'expert
sans problème</emphasis><emphasis>" : Je lis la mission, elle
rentre parfaitement dans mes attributions, je l'accepte.</emphasis></p>

<p><emphasis>- "</emphasis><emphasis>L'expert
aventureux, ou téméraire, ou intéressé</emphasis><emphasis>" :
La mission ne paraît pas relever de ma compétence, mais
elle m'intéresse ; je prendrai un sapiteur ultérieurement
[...]</emphasis></p>

<p><emphasis>- "</emphasis><emphasis>L'expert
optimiste qui dit toujours oui</emphasis><emphasis>" : Je suis surchargé,
je prends quand même cette mission, je me ferai aider au besoin
par l'équipe qui m'entoure [...].</emphasis></p>

<p><emphasis>- "</emphasis><emphasis>L'expert
stressé qui ne sait pas dire non</emphasis><emphasis>" : Je suis
surchargé, mais si je dis non, je ne serai plus désigné
et je vais rapidement me trouver sans mission.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Voici
sans transition, un exemple de mission que j'ai reçue il y a
quelques années :</p>

<p>
<emphasis>L'an deux mille NN,</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Le dix-huit décembre à
dix heures trente</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Nous, TTT PPP</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Capitaine de Police</emphasis></p>

<p>
<emphasis>En fonction à AAA</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Officier de Police Judiciaire
en résidence à AAA</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Poursuivant l'enquête</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Prions et au besoin requérons
Monsieur ZYTHOM</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Domicilié NN rue SS à
KKK</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Expert en informatique près
la Cour d'Appel de ZZZ</emphasis></p>

<p>
<emphasis>A effet de procéder
aux actes ci-après :</emphasis></p>

<p>
<emphasis>- Assister les services
d’enquête du Commissariat de AAA au cours de la
perquisition qui s’effectuera au NN rue YY à AAA et à
la saisie du matériel informatique utile à la
manifestation de la vérité ;</emphasis></p>

<p>
<emphasis>- Prendre possession,
dans ce même commissariat du scellé n°NN (PV
n°NNNN/NNN) comportant les faux billets de 50 euros, portant le
même numéro NNNNNNNNN, saisis par les services d’enquête
au NN rue YY à AAA le NN mois NNNN ;</emphasis></p>

<p>
<emphasis>- Analyser les faux
billets ainsi que les contenus des disques durs, imprimantes et
autres matériels informatiques utiles à la
manifestation de la vérité, saisis ;</emphasis></p>

<p>
<emphasis>- Dire si le matériel
informatique saisi a été utilisé pour la
contrefaçon, la falsification ou l’impression des faux
billets saisis ;</emphasis></p>

<p>
<emphasis>- Faire tous actes
utiles à la manifestation de la vérité.</emphasis></p><empty-line /><p>
<emphasis>Dont procès-verbal.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
accepté la mission, alors que je n'avais jamais participé
à une perquisition, ni vu de faux billets. J'avais plusieurs
missions en cours et commençais à voir les délais
courir de façon stressante. Enfin, cela faisait plusieurs mois
qu'aucun magistrat ne m'avait proposé de nouvelles missions...
Je suis donc un "<emphasis>expert aventureux, téméraire,
intéressé, optimiste stressé surchargé
qui dit toujours oui et ne sait pas dire non</emphasis>".</p><empty-line /><empty-line /><p>Me
voici habillé pour 2007.</p><empty-line /><empty-line /><p>PS :
Une perquisition, c'est très dérangeant. Je n'ai pas
trouvé trace de fichiers en rapport avec les faux billets
malgré des investigations techniques approfondies. Un faux
billet, eh bien, c'est comme un vrai, mais faux.</p>

<p><strong>
Feux
piétons 
</strong></p>

<p>Nous
avons passé, ma petite famille et moi, les fêtes dans la
région de Lyon.</p><empty-line /><empty-line /><p>Chose
assez rare, j'ai donc été forcé de lâcher
ordinateurs, jeux virtuels, messageries, et autres blogs, vlogs, et
logs.</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
j'ai découvert un monde étrange : celui des feux
piétons IRL (In
Real Life<sup>14</sup>) :
il y a sous chaque feu tricolore un double signal représentant
un piéton à l'arrêt (rouge) et un piéton
en marche (vert).</p><empty-line /><empty-line /><p>Eh
bien, croyez-moi sur parole, PERSONNE n'aperçoit ces deux
signaux ! Ils sont invisibles ! Je suis le SEUL
représentant de la catégorie humaine "français
à pied" à les apercevoir.</p><empty-line /><empty-line /><p>Imaginez
donc cette scène assez cocasse où une famille (trois
enfants et deux adultes) reste immobile au pied de chaque feu
tricolore jalonnant son périple citadin, dans l'attente du
passage au vert de cet improbable signal lumineux. Bien entendu, nous
étions les seuls à attendre, la foule qui nous
entourait traversant la chaussée sans vergogne en pestant
contre ces importuns immobiles.</p><empty-line /><empty-line /><p>Heureusement,
nous ne circulions pas à vélo<sup>15</sup>.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
résisté durant tout le séjour (trois jours),
sans lâcher du regard ces signaux solitaires qui semblaient
eux-mêmes surpris de l'intérêt soudain qu'on leur
portait.</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
j'ai pensé à chaque fois aux dizaines de piétons
que nous écrasons ensemble mon fils (4 ans et demi) et moi à
chaque partie de "Midtown
Madness 2<sup>16</sup>"...</p>

<p><strong>
Bravo
bravo j'y étais 
</strong></p>

<p>Nous
sortons régulièrement, mon épouse et moi, pour
assister à un spectacle donné dans notre bonne salle
culturelle locale.</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
une sortie nécessaire rendue obligatoire par ma monomanie
informatique.</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
souvent, le spectacle est dans la salle...</p>

<p>Notamment
à la fin du spectacle quand les spectateurs se mettent à
applaudir à tout rompre, parfois même quand certains
tentent de faire se lever l'assemblée pour une "standing
ovation".</p><empty-line /><empty-line /><p>Applaudisseur
enthousiaste lors des premiers spectacles, je me suis rendu compte
que j'étais capable d'envoyer toutes mes chaleureuses
félicitations par ce biais bruyant aux comédiens, aux
costumiers, aux metteurs en scène, aux metteurs en espace, aux
metteurs en musique...</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
comment en suis-je arrivé là, moi qui suis d'une
inculture lamentable dès qu'il s'agit d'un domaine qui sort de
mon quotidien ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Qu'est-ce
que j'y connais moi aux subtilités de la mise en espace ou de
la mise en scène ? Comment imaginer que je sois capable
de juger des compétences d'un comédien ou d'une
troupe ? Parce qu'il/elle est connu(e) ? Parce qu'on ne
peut pas siffler Molière ? Parce qu'on ne doit pas se
faire remarquer en n'applaudissant pas ? Parce qu'on doit
montrer son raffinement culturel en applaudissant ?</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
alors qu'apparaît la « question
à deux euros » dans toute sa splendeur :
quelle que soit la qualité du spectacle, le public applaudit à
tout rompre à la fin ! <strong>Mais dans ce cas, qu'applaudit
le public ?</strong></p><empty-line /><empty-line /><p>Perturbé
par les applaudissements téléguidés des
spectacles de divertissements télévisuels, je n'ai
trouvé la réponse à cette question que
récemment :</p>

<p><strong>Le
public s'applaudit lui-même !</strong></p><empty-line /><empty-line /><p>Et
comme souvent, je n'ai ouvert les yeux que grâce à la
clairvoyance des autres (Google is my friend). Je vous engage donc à
lire ce
billet de Pikipoki<sup>17</sup>
dont j'adapte ci-dessous un extrait :</p>

<p><emphasis>Tous
ces braves gens approuvaient leur choix d’être venus, qui
plus est à [la salle culturelle] qui continue de véhiculer
chez beaucoup l’image d’un divertissement d’élite.
Ils étaient donc eux-mêmes cette élite. Tout le
montrait autour d’eux, ou semblait le montrer à leurs
yeux. Mais cela aurait été grandement gâché
s’il leur avait fallu reconnaître la médiocrité
du spectacle, ou même seulement d’un de ses acteurs.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Avant,
j'applaudissais donc parce que j'avais choisi de venir assister à
un spectacle pour élite, parce que je l'avais compris et
apprécié, car je faisais partie de cette élite.</p>

<p>Maintenant
je continue d'applaudir, mais je sais pourquoi : car je suis bon
public.</p>

<p><strong>
Les
livres de l'expert 
</strong></p>

<p>Lorsque
l'on devient expert judiciaire en informatique, il faut disposer
d'une documentation minimale.</p>

<p>Voici
quelques suggestions personnelles :</p>

<p><strong>- "Expertises
judiciaires : Désignation et missions de l'expert,
Procédure selon la juridiction"</strong></p>

<p>de
Jacques Boulez, Ed Dalloz-Sirey (2006)</p><empty-line /><p><strong>- "Guide
Pratique de l'Expertise Judiciaire"</strong></p>

<p>de
Pierre Feuillet et Félix Thorin</p>

<p>Ed
Gazette du Palais / Litec (1991)</p><empty-line /><p><strong>- "L'expertise"</strong></p>

<p>avec
la coordination de Marie-Anne Frison-Roche et Denis Mazeaud, Ed
Dalloz (1995)</p><empty-line /><p><strong>- "L'expertise
judiciaire en informatique de gestion"</strong></p>

<p>de
JM Breton et E. Piégay</p>

<p>Presses
universitaires de Caen (1998)</p><empty-line /><p><strong>- "Droit
de l'informatique et des réseaux" 2 tomes</strong></p>

<p>Lamy
(2003)</p><empty-line /><p><strong>- "Eléments
de droit pour informaticiens"</strong></p>

<p>de
Guy BOULAYE, Ed Ellipses (1990)</p><empty-line /><empty-line /><p>Bonnes
lectures.</p>

<p><strong>
Note
de frais et honoraires 
</strong></p>

<p>S'il
y a bien un sujet tabou, c'est la façon dont les experts
rédigent leurs notes de frais et honoraires. Je vais pourtant
donner ici quelques éléments personnels à
destination des jeunes confrères démarrant leur
activité d'expert en informatique.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ma
facture est en deux parties : le remboursement des frais engagés
et le paiement des honoraires.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>1)
Remboursement des frais engagés :</strong></p>

<p>Il
s'agit essentiellement des frais photocopies et des frais postaux :</p>

<p>- frais
postaux : tarifs en vigueur</p>

<p>- photocopies :
comme il y a souvent beaucoup de manipulations à faire
(classements, agrafage, numérotation), j'applique les tarifs
de la BnF<sup>18</sup>
soit de 0,26 à 0,46 euros en fonction de la quantité</p>

<p>- impressions :
même tarif que les photocopies</p>

<p>- frais
de déplacement : tarif fiscal</p>

<p>- préparation
du dossier : 50 euros. Il s'agit d'un forfait couvrant toutes
les dépenses diverses (fournitures, téléphone,
fax...)</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>2)
Honoraires :</strong></p>

<p>J'applique
un taux horaire de 80 euros (qui me semble assez bas compte tenu des
fourchettes fournies par certaines cours d'appel).</p>

<p>Je
tiens donc une comptabilité précise du temps passé
en expertise :</p>

<p>- réunions</p>

<p>- analyses
et investigations</p>

<p>- rédaction
des pré-rapport et rapport</p>

<p>- temps
de trajet (compté à demi-tarif, soit 40 euros/h)</p><empty-line /><empty-line /><p>Remarque :
je ne prends pas en compte le temps passé à réaliser
le travail de reproduction (qui pourtant n'est pas négligeable).
Je ne prends pas non plus en compte le temps de dactylographie.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
joins au rapport final la copie de tous les justificatifs (accusé
de réception, récépissés d'envoi), et
j'indique les dates, heures et durées de chaque réunion
et/ou investigation.</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
est difficile de donner une estimation moyenne du montant d'une
expertise tant sont grandes les différences entre deux
affaires, même similaires. Par exemple : une analyse d'un
disque dur de 4 Go sous Windows 98 n'aura rien à voir avec une
analyse d'un disque de 400 Go sous Linux. J'ai déjà
eu une affaire où toutes les données intéressantes
se trouvaient dans la corbeille (lire le billet page 30).</p><empty-line /><empty-line /><p>Ceux
qui trouvent le taux horaire de 80 euros trop élevé
doivent lire l'excellent billet
de Me Eolas<sup>19</sup>
consacré certes aux Avocats, mais facilement adaptable aux
experts.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ceux
qui trouvent que ce taux est trop bas pour garantir une prestation de
qualité, eh bien je les invite à méditer sur
cette citation d'Alain (Propos I - la Pléiade - Gallimard
1956. Merci à http://www.bribes.org) :</p>

<p><emphasis>"On
dit que la plupart des hommes tombent en quelque sorte à
genoux sur la seule mention de l'argent. Je n'ai vu rien de tel. Je
vois bien que les hommes ont besoin d'argent et s'occupent
premièrement à en gagner ; cela veut dire seulement que
l'homme mange au moins deux fois par jour, et choses semblables. Mais
un homme qui ne pense qu'à manger et à gagner, cela est
rare ; c'est une sorte de monstre. Et pareillement, celui qui ne
pense qu'à étendre ses affaires, et à ajouter
des millions à des millions est une sorte de monstre. Quant
aux opérations intellectuelles que suppose cette manie
d'acquérir, elles sont tellement communes et faciles que
personne ne les jugera au-dessus de soi. Où donc courent les
hommes dès qu'ils sont assurés de leur pâtée ?
Ils courent au stade, et ils acclament un homme fort, un homme agile,
un homme courageux ; ce sont des valeurs qui ne s'achètent
point, des valeurs estimées bien plus haut que l'argent. Ou
bien ils vont au concert, et crient de tout leur cœur et
casseraient les banquettes en l'honneur de quelque artiste ; et
certes ils savent que le plus riche des hommes ne peut s'offrir cette
gloire. Quant aux puissances de pur esprit, nul ne les méconnaît
; nul ne les mesure aux millions. Personne ne demande si Einstein est
bien riche."</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Je
reprendrai bien un peu de caviar moi.</p>

<p><strong>
Tout
un pays derrière une seule adresse IP 
</strong></p>

<p>Tous
les webmasters savent que les statistiques de consultation des sites
web sont à analyser avec prudence, tant il est difficile de
répondre à la question suivante : combien de
personnes sont venues lire telle ou telle page ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Les
raisons sont multiples, mais l'une d'entre elles est qu'il arrive
assez souvent qu'un accès internet soit partagé par
plusieurs personnes. La navigation internet est alors perçue
comme provenance d'une seule machine alors qu'elle provient en fait
d'un groupe de personnes. On parle alors de serveur mandataire (ou
proxy).</p><empty-line /><empty-line /><p>Exemple :
chez moi, nous sommes cinq à partager une liaison "libre
boîte" ADSL<sup>20</sup>
(chacun dispose de sa machine, nous ne mélangeons pas les
torchons et les serviettes).</p><empty-line /><empty-line /><p>Autre
exemple : mon entreprise. Nous disposons d'un PC sous Debian qui
fait office de parefeu/passerelle/proxy/filtre et qui gère
l'accès internet pour les 300 PC de l'établissement.</p><empty-line /><empty-line /><p>Autre
exemple : le Qatar.</p>

<p>En
effet, il semble que ce pays ait mis en place un accès unique
pour pouvoir filtrer l'ensemble de sa population, si l'on en croit
cette dépêche du site theglobeandmail.com :</p>

<p><emphasis>"The
entire country had been accidentally blocked because Qatar's sole
tel</emphasis><emphasis>ecom, Q-Tel, funnels all Internet
traffic through a single Internet protocol address, which allows it
to monitor and censor its users, Gerard said. When Wikipedia blocked
that single IP address, it shut down participation by all of Qatar, a
Connecticut-sized Arab country that harbours the world's largest
field of natural gas.</emphasis></p>

<p><emphasis>[...]</emphasis></p>

<p><emphasis>Routing
an entire country's traffic — even that of a tiny country like
Qatar — through a single IP address is unusual, Gerard said.
Wikipedia is looking for a way to refine its capabilities to block
problem individual users in the Gulf state without hamstringing the
entire country, he said."</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Pourvu
que l'adresse IP du Qatar n'apparaisse pas dans une des "black
lists" de messagerie (RBL)...</p>

<p><strong>
Où
sont passées les balles ? 
</strong></p>

<p>Ma
jeunesse a été bercée par diverses expressions
d'argot, dont les deux questions suivantes : "t'as pas 100
balles ?" puis plus tard "t'as pas 10 balles ?"</p><empty-line /><empty-line /><p>Remarquons
au passage que dans le premier cas, balle = un ancien franc et que
dans le deuxième cas balle = un franc (ancien lui maintenant).</p><empty-line /><empty-line /><p>Ce
qui m'amène tout naturellement à la (fameuse) rubrique
"questions
à deux euros" : l'unité argotique "balle"
va-t-elle survivre au passage à l'euro et si oui, quelle sera
sa valeur ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
constate qu'autour de moi, l'utilisation des "balles" comme
unité monétaire a complètement disparue (depuis
le passage à l'euro qui commence à dater). Donc, soit
l'utilisation de l'argot a disparu dans mon entourage, ce que ne
confirment pas nos récentes discussions lors des agapes de
Noël, soit l'unité "balle" a disparu, soit elle
est en sommeil et ressurgira dans quelques temps.</p>

<p>La
question reste donc ouverte.</p><empty-line /><empty-line /><p>Quelle
sera sa valeur ?</p>

<p>Si
l'on souhaite une continuité historique, le "t'as pas dix
balles ?" se transformera en "t'as pas un virgule cinq
balles ?".</p>

<p>La
complexité de la phrase explique certainement la disparition
momentanée de son utilisation.</p><empty-line /><empty-line /><p>Néanmoins,
nous pouvons facilement imaginer un glissement vers le haut de
l'unité, ce qui donnerait "t'as pas deux balles ?".</p><empty-line /><empty-line /><p>Ce
qui nous amène à la justification du nom de la rubrique
"questions à deux euros", mon utilisation écrite
de l'argot laissant à désirer.</p><empty-line /><empty-line /><p>Demain,
une réflexion sur les briques, les patates, les unités...</p>

<p><strong>
Jargon
technologique 
</strong></p>

<p>L'informatique
est un domaine où fleurissent les noms techniques, les
nouveaux concepts, les sigles, les faux amis, les anglicismes...</p>

<p>Ex :
DOS, DDOS, ICP, PKI, IDS, BLOG (aphérèse de weblog)...</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
y a aussi des exemples plus amusants : COBIT, concaténation,
LAMP, ROI, SPICE, bandothèque, SAS, AJAX, CAF, ESB, méthodes
agiles, OASIS, INFINIBAND...</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
plus d'informations, achetez le numéro du "Monde
Informatique" n°1139 du 15 décembre 2006 qui contient
le glossaire 2007 à garder sur un coin de son bureau.</p><empty-line /><empty-line /><p>Tout
cela m'amène en des temps maintenant lointains où
j'apprenais le dur métier d'ingénieur. Pour ce faire,
il fallait effectuer un stage que l'on appelait à l'époque
"stage ouvrier". J'ai été embauché
pour un mois comme "ouvrier spécialisé niveau 2
aide câbleur" dans une entreprise de réalisation
d'armoires électriques.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>1er
jour</strong> : à mon arrivée, le contremaître me
donne les plans électriques d'une armoire, ma caisse à
outils, me montre mon établi et me dit : "Bon ben
allez, au boulot...". Il n'avait pas compris que j'étais
étudiant, que je n'avais jamais vu de plan électrique
d'armoire industrielle de ma vie, que je n'avais jamais fait de
câblage, et que j'étais incapable de remplacer au pied
levé l'ouvrier parti en vacances.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>1ère
semaine</strong> : découverte des outils, apprentissage de
leur maniement. Le métier rentre un peu, les ouvriers se
décontractent (ils pensaient que j'étais le fils d'un
col blanc de l'entreprise) et commencent à m'aider.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>2e
semaine</strong> : je suis complètement intégré
dans l'équipe. Je découvre les noms des outils, je
travaille en binôme avec un ouvrier qui m'apprend le métier :
"passe-moi le [nom d'une marque] de 15 avec un collier [nom
d'une marque]".</p>

<p>"Perce
un trou de 5 avec la [nom d'une marque]".</p><empty-line /><empty-line /><p>J'étais
donc souvent en train de chercher dans ma caisse un outil pouvant
ressembler au nom barbare qui m'était donné.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
venais de percer un trou dans le plafond d'une armoire, quand je me
suis rendu compte que j'avais mal effectué ma mesure et que le
trou n'était pas tout à fait au bon endroit (mais pas
loin). Je me tourne donc vers mon camarade de travail et lui demande
s'il n'y pas un outil permettant de "déplacer le trou",
c'est à dire de l'ovaliser suffisamment afin qu'il se trouve
au bon endroit.</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
réfléchit et me dit "tu n'as qu'à utiliser
une lime [nom barbare]".</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
cherche dans ma caisse et lui dit que je n'ai pas de lime. Il jette
un coup d'œil et me dit d'aller voir le magasinier.</p>

<p>Je
vais voir le magasinier qui cherche alors dans son stock d'outils et
me dit qu'il a déjà prêté cet outil à
untel.</p>

<p>Je
vais voir untel qui cherche dans sa caisse et se souvient d'avoir
donné cette lime à truc.</p>

<p>Après
avoir été baladé pendant une demi-heure (je suis
très patient) dans toute l'usine, me voici dans l'atelier des
femmes à demander à la cantonade : "personne
n'a une lime <strong>A EPAISSIR</strong> par hasard, j'en cherche une depuis
une demi-heure et on m'a dit que vous en aviez".</p><empty-line /><empty-line /><p>Toutes
les ouvrières se sont mises à rire, et l'une d'entre
elles m'a expliqué qu'une lime à épaissir, eh
bien cela n'existe pas...</p>

<p>En
revenant, j'ai dû retraverser toute l'usine, et j'ai vu
beaucoup d'ouvriers dans les différents ateliers qui
souriaient franchement en me voyant.</p>

<p>J'étais
profondément vexé, mais tout a disparu quand l'ouvrier
qui avait initié la blague m'a tapé un grand coup dans
le dos en me disant : "t'en fais pas, moi on m'a fait
chercher à mes débuts un marteau à bomber le
verre".</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
retenu plusieurs leçons de cette petite mésaventure :</p>

<p>- il
faut toujours réfléchir et se méfier des
apparences ("à épaissir", ce n'est pas le nom
barbare d'une marque inconnue);</p>

<p>- "ceux
qui savent" sont toujours prêts à se moquer de
"ceux qui ne savent pas";</p>

<p>- il
faut se méfier de ceux qui utilisent en permanence un jargon
technologique;</p>

<p>- les
femmes sont les seules à rire franchement de vous quand vous
êtes ridicules.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
appris depuis quelques noms d'outils intéressants :</p>

<p>le
niveau à bulle fixe,</p>

<p>la
bobine de ligne de mire,</p>

<p>l'échelle
à poser les plaintes,</p>

<p>le
bidon d'huile de coude,</p>

<p>le
pot de peinture écossaise,</p>

<p>le
bâton d'oxygène,</p>

<p>le
pied de biche en plastique,</p>

<p>le
creuset en étain,</p>

<p>l'élastique
métallique,</p>

<p>le
câble de frein moteur,</p>

<p>la
boîte d'étincelles,</p>

<p>l'échelle
de carreleur,</p>

<p>l'extincteur
à essence,</p>

<p>le
briquet à éteindre,</p>

<p>la
lampe à obscurcir,</p>

<p>le
marteau pour taper dans les coins,</p>

<p>le
hachoir à farine...</p><empty-line /><empty-line /><p>Remarquez :
il y a bien le bouton "démarrer" pour éteindre
l'ordinateur...</p>

<p><strong>
Sauvegardez
vos données ! 
</strong></p>

<p>Mes
étudiants viennent souvent me voir pour une panne de disque
dur de leur ordinateur personnel.</p><empty-line /><empty-line /><p>Plusieurs
de mes expertises judiciaires concernent des entreprises qui ont
perdu des données vitales suite à une panne de disque
dur sur leur serveur.</p><empty-line /><empty-line /><p>Dans
tous les cas, je propose à mon interlocuteur d'acheter un
nouveau disque dur et de restaurer les données à partir
des dernières sauvegardes effectuées.</p>

<p>Et
presque à chaque fois, la réponse est la même :
"je ne sauvegarde pas mes données" ou "mes
sauvegardes sont périmées".</p><empty-line /><empty-line /><p>Vous
qui avez fait l'acquisition à Noël d'un bel ordinateur,
vous qui avez fait 200 photos numériques par jour pendant les
dernières fêtes, vous qui conservez plusieurs années
de photographies numériques originales bien classées
sur votre disque dur : <strong>SAUVEGARDEZ VOS DONNEES !</strong></p><empty-line /><empty-line /><p>A
quel prix estimez-vous la perte totale et définitive de vos
données ?</p>

<p>Cela
n'a pas de prix.</p><empty-line /><empty-line /><p>Combien
coute un cédérom ou un DVD vierge ?</p>

<p>Rien
ou presque rien.</p><empty-line /><empty-line /><p>Gravez
un DVD chaque fois que vous prenez des photos lors d'une occasion
mémorable. Complétez le DVD avec toutes les anciennes
photos, de manière à ce qu'une photo soit présente
sur plusieurs DVD. Indiquez sur le DVD son contenu et la date de
gravure pour retrouver rapidement une donnée perdue. Rangez-le
dans un classeur de DVD dédié à cet usage.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ceux
qui souhaitent pouvoir effectuer des sauvegardes rapides et faciles
peuvent y dédier un vieil ordinateur en suivant les
consignes du billet « sauvegardes
vers un serveur SAMBA »<sup>21</sup>.</p><empty-line /><empty-line /><p>Vous
pouvez aussi vous astreindre à un reformatage complet de votre
ordinateur tous les mois. Cela dégage les bronches et force un
méga ménage mensuel. Au moins faites le avant d'être
obligé de le faire.</p><empty-line /><empty-line /><p>Particulières,
particuliers, sauvegardez vos données ! !</p>

<p>Et
arrêtez de venir me voir pour vous plaindre d'avoir tout perdu
lors d'un crash de disque dur...</p>

<p><strong>
Je
sauvegarde mais j'ai tout perdu quand même 
</strong></p>

<p>Pour
faire suite à mon précédent billet, une petite
anecdote d'expertise :</p>

<p>Une
entreprise poursuit son prestataire informatique suite à la
perte de quatre mois de données clients (bons de commandes,
bons de travaux, factures...).</p><empty-line /><empty-line /><p>Les
faits :</p>

<p>
	une sauvegarde du serveur est
	faite tous les jours;</p>

<p>
	deux bandes sont utilisées
	alternativement (jours pairs et jours impairs);</p>

<p>
	un jour, pendant la sauvegarde,
	le serveur plante avec un écran bleu de la mort ;</p>

<p>
	le prestataire, contacté
	par téléphone, conseille de redémarrer le
	serveur et de voir s'il fonctionne correctement;</p>

<p>
	une fois redémarré,
	le serveur fonctionne correctement et est utilisé normalement
	par l'entreprise;</p>

<p>
	le lendemain, le serveur
	replante de la même façon lors de la sauvegarde;</p>

<p>
	cette fois-ci le serveur ne
	redémarre plus, son disque étant HS.</p><empty-line /><p>
Si vous avez bien suivi les
faits, les deux plantages du serveur ont eu lieu à chaque fois
pendant la sauvegarde, deux jours de suite. Il n'y a donc aucune
sauvegarde fonctionnelle, puisqu'à chaque fois les sauvegardes
ont été écrasées par les nouvelles
sauvegardes non terminées.</p><empty-line /><p>
Le disque étant HS,
l'entreprise n'a plus de données !</p><empty-line /><p>
Sa seule solution a été
de restaurer les données conservées lors de la clôture
de son année comptable, quatre mois auparavant et de saisir à
la main toutes les données dont une trace papier a pu être
retrouvée. Imaginez si 11 mois s'étaient écoulés
depuis...</p><empty-line /><p>
Interrogé par mes soins,
la personne responsable des sauvegardes m'a indiqué que le
prestataire avait émis l'hypothèse (parmi d'autres) que
la bande utilisée pouvait être défectueuse et
être responsable du plantage du serveur. C'est pourquoi la
deuxième bande avait été utilisée (en
plus, il s'agissait de la bande du jour).</p><empty-line /><p>
<strong>Conclusion :</strong></p>

<p>
Je ne rapporterai pas ici le
contenu de mon rapport qui reste confidentiel, mais plutôt
quelques leçons que l'on peut tirer de cette mésaventure :</p>

<p>
	il faut faire des sauvegardes
	des données importantes;</p>

<p>
	en cas de destruction (même
	partielle) d'une sauvegarde, il faut immédiatement mettre de
	côté les sauvegardes précédentes;</p>

<p>
	les sauvegardes "jours
	pairs/jours impairs" sont très insuffisantes. Il faut
	privilégier des schémas de sauvegarde plus efficaces
	(complète,
	incrémentale, différentielle<sup>22</sup>...);</p>

<p>
	il faut être conscient
	qu'un disque dur peut lâcher d'un coup</p>

<p>
	il faut former ses équipes
	aux bons réflexes.</p>

<p>
Ces remarques sont valables tant
pour un particulier que pour un chef d'entreprise, pour une
entreprise individuelle comme pour une multinationale.</p><empty-line /><p>
J'espère avoir fait peur
à tout le monde.</p>

<p><strong>
Une
expertise au jour le jour (1) 
</strong></p>

<p>Hier
dimanche, j'ai passé la journée enfermé à
la maison dans mon bureau pour démarrer une expertise
délicate. Je vais essayer d'en rendre compte ici au fur et à
mesure.</p><empty-line /><empty-line /><p>Tout
d'abord, pourquoi suis-je enfermé dans mon bureau ?</p>

<p>Eh
bien il s'agit d'une recherche d'images pornographiques mettant en
scène des enfants mineurs.</p>

<p>J'ai
trois enfants, donc bureau fermé.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Première
action : le rapport.</strong></p>

<p>J'ouvre
un rapport type, j'y place toutes les références de
cette affaire, etc.</p>

<p>J'y
retranscris les missions indiquées sur le PV, ce qui me permet
de bien les étudier (je tape à deux doigts depuis
toujours).</p><empty-line /><empty-line /><p>Tiens,
il y a deux missions portant le numéro 5 sur le PV, une erreur
de l'OPJ sans doute. Bon, je vais noter 5b la sixième mission
pour ne pas décaler les autres numéros, afin de
conserver une certaine lisibilité pour tous ceux qui vont
avoir à lire la procédure.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Deuxième
action : l'ouverture des scellés.</strong></p>

<p>Il
s'agit d'un lot de cédéroms et DVD, ainsi qu'une unité
centrale.</p>

<p>Je
vérifie que le contenu correspond bien aux étiquettes...</p>

<p>Patatras,
l'étiquette du scellé mentionne 8 CD et 5 DVD, alors
que je n'ai que 12 galettes. Après vérification, il
manque bien un cédérom.</p>

<p>Bon,
cela commence bien.</p>

<p>Je
note ce problème dans mon rapport.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Troisième
action : l'analyse des supports optiques.</strong></p>

<p>Je
procède en trois temps : étiquetage, analyse du
support (nombre de sessions, type de données...), transfert du
contenu vers mon disque dur et analyse du contenu (décompression,
recherche d'images et de films).</p>

<p>Je
vérifie qu'il n'y a pas de session cachant des données.</p>

<p>Je
procède à la récupération des données
lorsque la gravure a été mal faite (erreur de
redondance cyclique).</p>

<p>A
chaque fois, je prends des notes directement dans mon rapport (partie
intitulée "investigations techniques").</p>

<p>Pour
cette fois, l'impression des images n'est pas demandée dans
les missions, mais leur gravure pour exploitation ultérieure.</p><empty-line /><empty-line /><p>Cela
me prendra 6 heures pour l'étude des 12 supports optiques,
totalisant trois milles images et 70 films, tous pornographiques.</p>

<p>Présence
de nombreuses photos mettant en scène des mineurs, dont un
grand nombre de mineurs de 15 ans.</p>

<p>Sale
boulot.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Quatrième
action : l'analyse de l'unité centrale.</strong></p>

<p>J'ouvre
l'unité centrale pour étudier visuellement son contenu.</p>

<p>Il
n'y a qu'un seul disque dur, mais il fait 160 Go.</p>

<p>L'analyse
promet d'être longue...</p>

<p>Je
vérifie que les différents lecteurs (optiques,
disquette, cartes mémoires) sont vides.</p>

<p>Je
débranche le disque dur.</p>

<p>Je
boote et entre dans le BIOS pour noter les date et heure, et forcer
le boot sur "cédérom exclusif".</p>

<p>Je
rebranche le disque dur et boote sur un cédérom
"maison" Linux.</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
disque dur est constitué de deux partitions (la première
est cachée et sert aux réinstallations systèmes,
la deuxième est NTFS).</p><empty-line /><empty-line /><p>Mauvaise
nouvelle : mon cédérom "maison" Linux ne
reconnaît pas la carte réseau intégrée de
cette carte mère.</p>

<p>Je
démonte donc le disque dur et le place sur une station
d'accueil "maison".</p>

<p>Reboot
(sur la station d'accueil donc) et copie bit à bit du disque
dur à travers le réseau vers mon PC de travail.</p>

<p>Estimation
du temps de copie (et compression) : 3 jours !</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
est 22h.</p>

<p>Je
vérifie que tout est en ordre pour fonctionner (onduleur,
câbles, etc.).</p>

<p>Je
suis fatigué.</p>

<p>L'expression
"des images plein la tête" n'est pas toujours
positive.</p><empty-line /><empty-line /><p>La
suite dans trois jours (au mieux)...</p>

<p><strong>
Une
expertise au jour le jour (2) 
</strong></p>

<p>Bon,
en rentrant hier soir, la copie était interrompue : le
switch réseau n'a visiblement pas supporté le débit
du transfert entre les deux PC.</p><empty-line /><empty-line /><p>Changement
du switch, redémarrage de la procédure de copie sans la
compression, réestimation du temps de copie : 9h. Euh,
j'avais donc mal estimé le temps de la copie (hier j'avais
calculé 3 jours...). On va dire que c'est à cause du
switch défectueux.</p><empty-line /><empty-line /><p>La
nuit passe.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ce
matin, tout est OK. La prise d'image s'est bien déroulée
pendant la nuit : durée 27852s (à vos
calculettes).</p>

<p>J'éteins
la station d'accueil et range le disque d'origine.</p>

<p>Je
fais une copie de l'image (2x160 Go : heureusement que
j'inaugure mon nouveau DD de 400 Go !) et lance mes procédures
automatiques de recherche d'images.</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
est 8h du matin, il faut aller travailler.</p>

<p>Suite
des investigations ce soir après 21h... Et alors fini les
automatismes, place à l'être humain !</p>

<p><strong>
Amphi
wifi sans pile 
</strong></p>

<p>J'ai
assisté à une réunion dans mon entreprise sur le
thème "comment permettre aux étudiants de suivre
un cours basé sur l'utilisation de leurs ordinateurs portables
en amphi".</p><empty-line /><empty-line /><p>Très
vite, la solution du Wifi est abordée par les participants qui
se tournent alors tous vers moi.</p>

<p>
	"Pour équiper un
	amphi en Wifi, il n'y a pas de problème. On place plusieurs
	bornes sur des canaux différents pour couvrir tout l'amphi
	(il faut utiliser des termes techniques compliqués pour faire
	pro mais pas trop pour faire sérieux), et le nombre de canaux
	étant limité, il faut régler la puissance
	d'émission de chaque borne pour éviter de perturber
	les autres zones. Mais il y a un autre problème..."</p>

<p>
	Silence attentif mais ennuyé.</p>

<p>
	"Dites-moi, les étudiants
	ont bien des cours de 2x2h le matin avec une pause d'1/4 d'heure ?"</p>

<p>
	"Ben oui"</p>

<p>
	"Les batteries des
	portables ont rarement une autonomie effective de plus de deux
	heures, non ?"</p>

<p>
	Silence très attentif</p>

<p>
	"Bon, ben, le problème,
	c'est qu'il faut équiper les amphis avec 250 prises
	électriques pour alimenter chaque portable. Dès que
	c'est fait, vous me le dites et on installe le Wifi".</p>

<p>
Cela a été une des
réunions les plus courtes de ma carrière
professionnelle (pour la réunion la plus courte de ma
"carrière d'expert", lire le billet de la page 34).</p><empty-line /><p>
Notez bien que ce problème
sera peut-être résolu plus vite que l'on croit, après
tout, les étiquettes RFID fonctionnent sur ce principe, ainsi
que des
souris sans fil et sans pile<sup>23</sup>.</p><empty-line /><p>
Les plus anciens d'entre vous
connaissent déjà le
poste à galène<sup>24</sup>.
A quand le portable à galène ?</p><empty-line /><p>
Ou alors, il faut obliger les
étudiants à s'équiper de portables à
manivelle.</p>

<p><strong>
Une
expertise au jour le jour (3) 
</strong></p>

<p>Hier
soir, premier tri manuel des données extraites du disque dur :
21 Go de photos et films tous pornographiques, et dont une grande
partie concernant des mineurs de 15 ans. Deux heures de travail
(21h-23h).</p><empty-line /><empty-line /><p>Parmi
les missions qui m'ont été confiées, je dois
préciser la proportion d'images concernant des enfants
mineurs. Ceci va me demander d'étudier en détail chaque
photo, et donc des jours et des jours de travail. Ce matin, j'ai donc
contacté l'OPJ à l'origine du PV de missions pour lui
faire part des avancées de mon expertise et lui proposer de
limiter mes activités sur le classement des photos.</p><empty-line /><empty-line /><p>Surpris
par ma demande dont la conséquence est de diminuer de façon
importante ma future facture, il est parfaitement d'accord avec ma
suggestion.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
note tout ceci dans mon rapport (j'ai prêté
serment d'accomplir ma mission, il s'agit d'expliquer pourquoi je
la limite).</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
procèderai à la gravure (deux exemplaires me sont
demandés) sur DVD de toutes ces données ce soir (10 DVD
probablement).</p><empty-line /><empty-line /><p>A
venir ensuite : étude des fichiers effacés, des
navigations internet, étude des échanges sur
messagerie, recherche d'informations pouvant intéresser
l'enquête.</p><empty-line /><empty-line /><p>On
verra ce qui pourra être fait ce soir.</p>

<p><strong>
Une
expertise au jour le jour (4) 
</strong></p>

<p>Cela
fait deux jours que je ne peux pas continuer mon expertise pour cause
de surcharge professionnelle. On ne peut pas aller à Paris
pour une journée de travail (levé 4h du matin, train à
5h, réunion de 10h à 18h, train retour à 22h,
couché à 23h), mener une vie familiale normale (une
femme et trois enfants à bichonner quand même) et
trouver les heures de concentration nécessaires pour mener à
bien un travail d'expertise de qualité.</p><empty-line /><empty-line /><p>Une
expertise mal faite peut briser la vie de plusieurs personnes.</p><empty-line /><empty-line /><p>Dans
le cadre des recherches de photos avec des enfants, j'ai également
toujours l'angoisse de passer à côté d'une photo
d'un enfant disparu recherché par sa famille.</p><empty-line /><empty-line /><p>Demain
samedi, je dois exceptionnellement travailler toute la journée.
Il va donc falloir bloquer encore tout le dimanche pour continuer
l'expertise actuelle.</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
aussi cela, le travail d'un expert.</p>

<p><strong>
Bilan
annuel des missions 
</strong></p>

<p>Ca
y est. J'ai reçu de la part de ma compagnie d'experts
judiciaires le tableau bilan à remplir pour les expertises que
j'ai menées en 2006.</p><empty-line /><empty-line /><p>En
effet, conformément à l'article 23 du décret
n°2004-1463 du 23 décembre 2004, décret relatif aux
experts judiciaires :</p>

<p><emphasis>"L'expert
fait connaître tous les ans avant le 1er mars au premier
président de la cour d'appel et au procureur général
près ladite cour ou, pour celui qui est inscrit sur la liste
nationale, au premier président de la Cour de cassation et au
procureur général près ladite cour, le nombre de
rapports qu'il a déposés au cours de l'année
précédente ainsi que, pour chacune des expertises en
cours, la date de la décision qui l'a commis, la désignation
de la juridiction qui a rendu cette décision et le délai
imparti pour le dépôt du rapport. Dans les mêmes
conditions, il porte à leur connaissance les formations
suivies dans l'année écoulée en mentionnant les
organismes qui les ont dispensées."</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>
Bon, en clair, voilà ce
que je vais transmettre au greffe de la Cour d'Appel (avant le 1er
mars) :</p>

<p>
	Rapports déposés
	en 2006 : 7</p>

<p>
	Rapports en cours : 1</p>

<p>
	Formations suivies : 2</p><empty-line /><p>
Et voilà ce que je ne
transmettrai pas :</p>

<p>
	Temps réel passé :
	200 heures. Temps facturé : 35 heures</p>

<p>
	Expertises en attente de
	paiement : 6</p>

<p>
	Nombre de week-end sacrifiés :
	15</p>

<p>
	Création d'un weblog</p><empty-line /><p>
Finalement, une bonne année.</p>

<p><strong>
Avez-vous
déjà vu quelqu'un dormir à une de vos
présentations PowerPoint ? 
</strong></p>

<p>Si
vous êtes déjà capable de faire des présentations
PowerPoint où <emphasis>tout le monde</emphasis> reste suspendu à vos
lèvres, alors ce billet n'est pas pour vous.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
suis en train de lire un livre que je recommande à tout le
monde : "Comment ne pas endormir son auditoire en 30
secondes" de Jean-Marc Aimonetti aux éditions De Boeck.</p><empty-line /><empty-line /><p>Même
si pour ma part, je ne m'en sors pas si mal lorsque je suis invité
à faire une conférence à des étudiants,
j'ai beaucoup appris à la lecture de cet ouvrage. Je vais même
essayer d'en tirer quelques leçons pour les billets de ce
blog, mais aussi pour mes rapports d'expertise.</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
livre donne surtout les clefs d'une communication orale réussie,
mais aussi quelques anecdotes vécues croustillantes.</p><empty-line /><empty-line /><p>Extraits :</p>

<p>
	<emphasis>Je mets [le lecteur] au défi
	de n'avoir jamais croisé un orateur pitoyable, celui qui ne
	regarde que la lumière de secours qui brille en coulisse,
	celui qui reste "scotché" à ses notes et qui
	ne lève jamais la tête de son pupitre, celui qui
	assassine d'entrée l'auditoire avec deux diapositives
	illisibles bourrées de formules chimiques et qui dit
	modestement "comme tout un chacun sait..."</emphasis></p>

<p>
	<emphasis>Thelma travaille sur la
	maladie de Parkinson [...] Elle devait parler devant environ deux
	cents personnes et elle avait peur. [...] Thelma est appelée
	au pupitre. Elle s'approche de la scène, commence à
	monter les marches et se prend les pieds dans le tapis rouge. Elle
	atterrit quelques mètres plus loin, juste en dessous du
	pupitre. Elle se relève, saisit le microphone et dit :
	"Justement, je devais vous parler des troubles de la marche
	chez le parkinsonien." Les Japonais qui n'avaient pas osé
	rire jusque-là se sont lâchés pour de bon. Elle
	venait de faire une des meilleures accroches auxquelles je n'ai
	jamais assisté, sans même le faire exprès.</emphasis></p>

<p>
	<emphasis>L'accroche solennelle est un
	exercice de haute voltige que je ne recommande pas, sauf si vous
	avez un talent certain pour la grandiloquence. Dans un congrès
	à Québec, un ami qui travaille sur l'imagerie par
	résonance magnétique fonctionnelle a hurlé en
	projetant sa première diapositive où l'on voyait une
	carte du Québec avec un nuage d'électrons autour :
	"Vivent les électrons LIBRES !" Il fallait
	oser.</emphasis></p>

<p>
	<emphasis>Le trac est une réaction
	de défense du système nerveux autonome, celui que la
	volonté ne commande pas. C'est un moyen inconscient de vous
	protéger. Votre cerveau, malgré votre volonté,
	donne de l'énergie pour la parole et la réflexion.
	Comme l'énergie disponible n'est pas infinie, le cerveau
	arrête ce qui ne sert à rien à ce moment-là :
	les fonctions digestives et la motricité (dans ce cas, le
	problème est que la voix est créée par des
	muscles). Les mains moites, l'envie d'uriner sont une conséquence
	physiologique de l'émotion.</emphasis></p><empty-line /><p>
J'ai particulièrement
apprécié la partie du livre consacrée à
la panne du vidéoprojecteur.</p><empty-line /><p>
Vraiment, un livre à
lire.</p>

<p><strong>
Propositions
aux candidats pour de meilleures expertises 
</strong></p>

<p>Les
candidats aux élections présidentielles construisent
leurs programmes avec des équipes de conseillers et de
collaborateurs.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ces
personnes, bien que très occupées, surfent parfois d'un
site à un autre, ce qui peut les amener ici complètement
par hasard. [C'est d'ailleurs un problème que je rencontre
souvent, parti que je suis pour faire une recherche sur Google sur le
thème "remplacement d'une carte mère" et
arrivé finalement sur
cette page<sup>25</sup>
passionnante consacrée au libre arbitre.]</p><empty-line /><empty-line /><p>Ce
billet s'adresse donc aux équipes des candidats au poste de
président(e) de la république française (rien
que cela). Je vais donc faire bref puisque leur temps est précieux :</p>

<p><strong>Problèmes</strong> :</p>

<p>Les
expertises judiciaires informatiques sont chères et longues.</p>

<p>Les
organismes publics capables de les effectuer sont débordés.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Solutions
actuelles</strong> :</p>

<p>- les
OPJ font de plus en plus d'expertises gratuites. Problème :
leurs salaires sont à la charge de l'état, les
expertises ont donc un coût qui bien que cachés est
important.</p>

<p>- les
laboratoires publics doivent être développés et
équipés. Problème : le coût.</p>

<p>- les
magistrats peuvent désigner des experts hors listes.
Problème : l'inexpérience juridique.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Propositions</strong> :</p>

<p>1)
encourager les OPJ à passer par des experts, des laboratoires
privés créés par des experts judiciaires ou à
devenir eux-mêmes experts judiciaires.</p>

<p>2)
mettre à la disposition des experts les logiciels
d'investigation développés par les différents
organismes d'état. A défaut, négocier avec les
éditeurs commerciaux un prix de groupe pour la France.</p>

<p>3)
encourager les magistrats à désigner des experts
inscrits sur listes.</p>

<p>4)
permettre l'inscription d'avocats spécialisés sur les
listes d'experts. Ces avocats seraient désignés comme
experts, seraient garants du bon respect de la procédure et
pourraient choisir de s'adjoindre les services d'experts techniques
hors listes (professeurs, chercheurs, techniciens reconnus...).</p><empty-line /><empty-line /><p>Un
magistrat pourrait ainsi choisir soit :</p>

<p>- un
expert judiciaire expérimenté et formé à
la procédure judiciaire</p>

<p>- un
avocat spécialiste accompagné d'un expert ponctuel</p>

<p>- un
laboratoire regroupant plusieurs compétences (techniques et/ou
juridiques)</p><empty-line /><empty-line /><p>Toutes
les autres règles actuelles continueraient à
fonctionner (renouvèlement pour cinq ans, obligation de
formations, délais raccourcis pour les rapports, radiation des
listes, etc.).</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
coût de ces mesures est nul.</p>

<p>Les
trois systèmes seraient en concurrence, tant techniquement que
financièrement.</p>

<p>Les
coûts des expertises informatiques ne pourraient que baisser.</p>

<p>Les
compétences seraient meilleures, donc la qualité des
expertises ne pourrait que croître.</p><empty-line /><empty-line /><p>PS :
Si un candidat veut me confier une étude sur le sujet, je suis
prêt à lui faire un prix...</p>

<p><strong>
SDF
</strong></p>

<p>J'ai
passé deux jours dans la capitale pour des raisons
professionnelles.</p>

<p>En
marchant sur un trottoir, j'aperçois un SDF "classiquement"
installé avec son chien, ses cartons, sa pancarte et sa
casquette retournée.</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
là où mes bras sont tombés par terre, c'est
quand j'ai vu qu'il tapotait négligemment sur un ordinateur
portable HP qui me semblait du dernier cri. Après avoir
ramassé mes deux bras et pris mon courage à deux mains,
je lui ai demandé à quoi il utilisait cette machine (je
n'ai pas osé lui demander comment il l'avait obtenu, et de
toute façon je n'avais pas à le faire). Il m'a répondu
en souriant qu'il était connecté en Wifi et surfait sur
Internet.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
dû vraiment faire un effort pour lui glisser une pièce
de deux euros dans sa casquette, mais c'est à cela que l'on
reconnaît un provincial !</p>

<p><strong>
Arrêter
d'acheter votre informatique au restaurant ! 
</strong></p>

<p>Dans
plusieurs de mes expertises, je rencontre le dialogue suivant :</p>

<p>- "Pouvez-vous
me fournir le cahier des charges que vous avez fourni à votre
fournisseur pour votre ré-informatisation ?"</p>

<p>- "un
cahier des charges ? Mais tout s'est passé par oral lors
de nos discussions avec le commercial. Tenez, voici le bon de
commande annoté sur lequel nous avons <strikethrough>griffonné</strikethrough>
expliqué nos besoins."</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
même eu droit à une photocopie de notes prises sur une
nappe en papier ! ! !</p><empty-line /><empty-line /><p>Chef
de PME, chef de TPE, n'achetez plus votre informatisation dans un bar
ou dans un restaurant... Je sais que vous n'avez pas les moyens de
salarier un informaticien, je sais que vous ne pouvez pas vous offrir
le luxe d'un consultant ou d'un chef de projet, MAIS la plus petite
méthode de gestion de projet commence par l'établissement
de la liste de vos besoins : le cahier des charges.</p><empty-line /><empty-line /><p>Vous
pouvez même ensuite envisager des concepts tels que
"pouvez-vous laisser l'ancien système en place le temps
que l'on teste le nouveau ?".</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
puis, si tout va mal et que vous allez en justice, travaillez le
concept "laisser le système litigieux en place et ne plus
y toucher" pour que l'expert ne débarque pas avec la
mission "décrire le système litigieux" à
laquelle il ne pourra que répondre "le système
litigieux n'existe plus".</p><empty-line /><empty-line /><p>Merci
de réserver le restaurant pour fêter avec votre
fournisseur la joie d'une installation réussie.</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
sûr, les notes de frais vont baisser.</p>

<p><strong>
Un
train trop tôt 
</strong></p>

<p>Mercredi,
il m'a fallu me lever dès
le poitron-jacquet<sup>26</sup>,
et je n'aime pas cela.</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
pour cela que j'ai raté mon train de 5h47, réveillé
que je fus par une petite voix dans ma tête me poussant à
regarder le réveil pour y lire :</p>

<p><strong>7h</strong>...</p><empty-line /><empty-line /><p>Bon
pas de panique, internet, horaire prochain train 7h45, je peux y
arriver.</p><empty-line /><empty-line /><p>7h30,
je fais la queue à la gare pour changer mon billet. Pas eu le
temps café, pas eu le temps douche, haleine de chacal.</p>

<p>7h43,
je sors de la file d'attente pour éviter de rater encore une
fois le train.</p>

<p>7h44,
je demande au chef de gare si je peux monter dans le train avec un
billet du train précédent et celui-ci me répond :
<emphasis>"Ah mais non, vous ne pouvez pas prendre de train si vous
n'avez pas le bon billet"</emphasis>.</p>

<p>7h44'30",
je monte quand même, le train part et je recherche le
contrôleur.</p>

<p>7h50,
j'ai trouvé le contrôleur : <emphasis>"J'ai raté
le train précédent, la file d'attente au guichet était
trop longue, est-ce que vous pouvez me changer mon billet ?"</emphasis></p>

<p>Le
contrôleur : <emphasis>"Oulala, mais c'est que c'est plus
compliqué que ça mon bon monsieur ! ! !
[10 mn d'explications pseudo techniques] Bon, comme c'est compliqué,
je ne dis rien pour le TER, je ne vous poinçonne pas votre
billet, mais pour le TGV à suivre je vous laisse vous
débrouiller avec le guichet de la gare TGV"</emphasis></p>

<p>9h,
en gare TGV, au guichet : <emphasis>"Ah mais vous avez déjà
entamé le voyage, donc vous verrez directement dans le TGV
avec le contrôleur, je ne peux pas vous changer votre billet"</emphasis>.</p>

<p>9h30,
dans le TGV, avec le contrôleur : <emphasis>"Bon, je vous
laisse votre billet, mais vous devez prendre une réservation à
15 euros, mais comme vous avez pu le constater, il n'y a plus de
place donc vous resterez sur les strapontins d'entre wagons."</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Moi :
<emphasis>"Mais alors à quoi bon prendre une réservation ?"</emphasis></p>

<p>Le
contrôleur : <emphasis>"C'est comme ça. Estimez-vous
heureux de n'avoir pas à reprendre un billet complet plein
tarif avec surtaxe pour achat dans le train ET réservation
obligatoire".</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
payé mes 15 euros.</p>

<p>Je
suis arrivé 2h en retard à ma réunion à
Paris.</p><empty-line /><empty-line /><p>Finalement,
c'est pas trop cher payé pour avoir passé une bonne
nuit...</p>

<p><strong>
Huissiers
de Justice et Experts Judiciaires 
</strong></p>

<p>Il
m'arrive de moins en moins souvent d'avoir à assister un
Huissier de Justice mandaté pour réaliser un constat de
contrefaçon informatique, notamment en matière de site
internet.</p><empty-line /><empty-line /><p>Internet
étant maintenant entré dans un grand nombre de foyers
et d'habitudes, beaucoup d'huissiers considèrent que la
présence d'un expert judiciaire à leur côté
pour un constat n'est plus utile (le montant
des honoraires d'un expert judiciaire n'est certainement pas
étranger non plus à cette décision, lire
page 54).</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
site legalis.net
nous rappelle dans ce
billet<sup>27</sup>
que malheureusement les subtilités informatiques échappent
encore trop souvent aux non informaticiens.</p>

<p>Mais
pas aux juges du Tribunal de Grande Instance de Mulhouse qui
indiquent dans
cette décision<sup>28</sup> :</p>

<p>Attendu
enfin, concernant l’ensemble des constatations réalisées
le 27 août 2004 au sein de la société YYY, que
l’huissier ne précise pas s’il a vidé la
mémoire cache de l’ordinateur ayant servi à
établir le constat ; qu’il n’affirme pas davantage
avoir vérifié si la connexion au réseau internet
se faisait ou non par un serveur proxy ;</p>

<p>Attendu
que l’ensemble de ces incohérences ou omissions ôtent
toute valeur probante aux constatations réalisées ;</p>

<p>Qui
a dit que les Juges ne connaissaient rien aux subtilités
d'Internet ?</p>

<p>Mais
peut-être est-ce parce qu'ils utilisent (eux) les compétences
des experts judiciaires en informatique.</p><empty-line /><empty-line /><p>Huissières,
Huissiers, appuyez-vous sur les experts judiciaires en informatique
pour vos constats informatiques. Ils n'en seront que plus probants.</p>

<p><strong>
Les
scellés 
</strong></p>

<p>Je
me souviens avec quelle émotion (encore !) j'ai reçu
mes premiers scellés : belles étiquettes
vieillottes, empaquetage avec ficelles d'un autre âge et
surtout beaux cachets de cire rouge comme à la télé ! !</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
chaque dossier avec scellés, vous lirez sur la liste des
missions la phrase « vous prendrez réception des
scellés n°X et Y que vous ouvrirez » (je n’ai
jamais lu l’expression « briser les scellés »),
puis en fin de liste, « … vous procèderez à
la reconstitution des scellés ».</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
problème : comment reconstituer un scellé ?
Faut-il acheter de la cire rouge ? Où ? Faut-il
acquérir un sceau ? Où ? Comment faire fondre
la cire ?</p>

<p>Après
une recherche sur Internet (essayez de la faire, c’est assez
difficile), je suis finalement parti dans une boutique spécialisée
« rue du Palais » pour y trouver tout le
nécessaire.</p><empty-line /><empty-line /><p>J’ai
donc :</p>

<p>un
joli bâton de cire rouge,</p>

<p>un
sceau fait sur mesure avec un dessin d’ordinateur (!),</p>

<p>un
petit creuset en verre pour y faire fondre la cire,</p>

<p>et
une bougie pour chauffer le creuset.</p>

<p>C’est
donc parti pour la reconstitution des scellés.</p>

<p>Il
me faut trouver un sac plastique transparent (c’est mieux).</p>

<p>Il
me faut trouver des agrafes (mon agrafeuse est TOUJOURS vide à
ce moment-là).</p>

<p>Je
plie une feuille de papier pour faire une bande que je place au bord
du sac plastique et CRAC je mets mes agrafes dessus pour fermer le
tout (ATTENTION pas trop d’agrafes, voir plus loin).</p>

<p>J’entoure
le tout d’une belle ficelle que j’ai hérité
de mon grand-père.</p>

<p>J’attache
au bout l’étiquette d’origine du scellé sur
laquelle j’écris la date, « scellé
reconstitué par l’expert » et je signe où
je peux car l’administration n’a pas prévu de case
pour les experts.</p><empty-line /><empty-line /><p>Attention :
nous passons à la réalisation du cachet de cire !</p>

<p>Ce
qu’il vous faut maintenant imaginer, c’est que je suis
assis par terre (je n’ose pas faire ces manipulations sur mon
bureau, c’est trop dangereux…), en train de découper
à la scie un morceau de cire rouge (elle est TRES dure), pour
le placer ensuite dans mon petit creuset en verre que je place sur
une bougie. Il faut ensuite attendre cinq bonnes minutes pour que la
cire fonde.</p>

<p>Et
là, d’un geste expert, POUR CHAQUE AGRAFE, côté
sortie des agrafes, il faut verser la cire pour faire un petit rond,
pas trop petit, pas trop grand, poser le creuset rapidement car la
cire sèche vite, saisir le sceau et faire un joli cachet bien
dégoulinant et tellement « geek ».</p><empty-line /><empty-line /><p>
<strong>Remarque pour les nouveaux
experts</strong> :</p>

<p>Si
vous ne mettez pas une bande de papier pour y mettre les agrafes qui
vont sceller votre sac plastique, la cire fera fondre (très
artistiquement d’ailleurs) ledit sac plastique.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Remarque
pour les experts expérimentés</strong> :</p>

<p>Par
pitié, 38 ans après le premier pas sur la lune,
dites-moi qu’il existe un appareil simple à faire fondre
la cire… et dites-moi où je peux l’acheter !</p><empty-line /><empty-line /><p>En
attendant, le jeu consiste à chercher à ouvrir les
scellés sans les briser, afin de pouvoir les reconstituer
facilement.</p>

<p>Mais
les OPJ savent y faire et c’est quasiment impossible !</p><empty-line /><empty-line /><p>Qui
a dit qu'informaticien expert judiciaire n'était pas une
activité manuelle.</p>

<p><strong>
Achat
sur internet 
</strong></p>

<p>Je
ne me lasse pas des procédures mises en place pour l'achat en
ligne.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
déjà narré sur ce blog une
"aventure" avec la SNCF<sup>29</sup>
(dont je ne suis pas précisément très fier).</p><empty-line /><empty-line /><p>Voici
ce qui m'est arrivé aujourd'hui :</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Les
faits :</strong></p>

<p>Je
dois commander 70 clefs USB avec le logo de mon entreprise.</p>

<p>Une
petite recherche sur Internet me donne plusieurs pistes possibles.</p>

<p>Je
contacte trois sociétés pour obtenir des devis (et un
échantillon si possible).</p>

<p>Une
fois l'entreprise choisie, je constate malheureusement que le délai
de 10 jours pour la fabrication/livraison est un peu long pour ma
dead line.</p>

<p>J'appelle
par téléphone pour essayer de gagner quelques jours en
essayant d'accélérer le processus.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Le
dialogue</strong> :</p>

<p>Moi :
"Bonjour, c'est moi qui ai commandé un échantillon
de clef USB avec logo (je donne mon nom et la référence
de la commande d'échantillon). C'est OK pour passer commande,
mais je voudrais être livré le plus vite possible"</p><empty-line /><empty-line /><p>Société
X : "Pas de problème. Le plus simple est un paiement
par carte bancaire."</p><empty-line /><empty-line /><p>Moi :
"OK, mais je n'ai pas vu sur le site comme régler par
carte bancaire".</p><empty-line /><empty-line /><p>Société
X : "C'est normal, je dois vous envoyer le formulaire".</p><empty-line /><empty-line /><p>Moi : ? ? ?</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>La
procédure</strong> :</p>

<p>
	Je dois envoyer un email pour
	confirmer que l'échantillon est conforme à mes
	attentes;</p>

<p>
	Le commercial me confirme la
	réservation d'un créneau de fabrication et m'envoie un
	devis complet (vous savez, avec la taxe éco-truc non
	mentionnée dans les tarifs en ligne);</p>

<p>
	Je faxe mon bon de commande
	avec le devis (imprimé) signé;</p>

<p>
	En retour je reçois un
	formulaire PDF que je dois imprimer et remplir avec mon numéro
	de CB, le libellé exact du propriétaire de la carte,
	sa signature et les trois chiffres (vous savez, ceux qui se trouvent
	derrière la carte);</p>

<p>
	Je faxe ensuite le formulaire;</p>

<p>
	Le commercial m'envoie un email
	pour me dire qu'il a tout reçu et transmet le formulaire CB à
	son service comptable;</p>

<p>
	Le lendemain, le commercial me
	confirme que le paiement CB s'est bien passé (ce qui m'amuse,
	vu que j'ai signé de ma propre signature qui n'est pas celle
	du propriétaire de la carte bancaire) et que la production a
	démarré.</p>

<p>
Ouf.</p>

<p>
Deux fax, deux impressions et un
nombre d'échange d'emails non calculé.</p>

<p>
Vraiment, bravo pour toute cette
imagination.</p><empty-line /><p>
Dire que je suis devenu
informaticien pour que l'informatique me simplifie la vie...</p>

<p><strong>
Pas
ici 
</strong></p>

<p>Mon
beau-père, à la question "Qu'auriez-vous souhaitez
être que vous n'avez pas été ?", m'a
répondu :</p>

<p>"J'aurais
aimé être célibataire..."</p>

<p>Je
précise à l'intention des membres de ma famille qui
lisent ce blog que mon beau-père regardait alors son épouse
en souriant.</p>

<p>Dans
la bonne humeur générale, je me tourne alors vers ma
fille ainée et lui dit :</p>

<p>"Ne
ris pas, car tu ne serais probablement pas ici".</p>

<p>Elle
réfléchit un peu et comprend que sa mère ne
serait (probablement) pas née, et donc elle non plus.</p>

<p>Elle
me regarde alors et me dit :</p>

<p>"Dans
ce cas, tu ne serais pas ici non plus !".</p>

<p>Interloqué,
je réfléchis à mon tour. Je comprends alors
qu'elle voulait me dire que si je n'avais pas rencontré ma
femme, je n'aurais pas vécu la vie que j'ai vécu et
donc que je ne serais physiquement pas présent autour de la
table.</p>

<p>Espace-temps
quand tu nous tiens...</p><empty-line /><empty-line /><p>Ma
fille de 13 ans a tout compris.</p>

<p>J'en
suis très fier...</p>

<p><strong>
Un
kilo plus lourd 
</strong></p>

<p>Question
à deux euros : pourquoi mon disque dur de 400 giga-octets
ne vaut-il que 372 giga après formatage ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Les
informaticiens aiment les puissances de deux.</p>

<p>Ainsi,
les préfixes
du système international<sup>30</sup>
kilo, méga, giga etc. ont été légèrement
modifiés en informatique : les puissances de dix ont été
remplacées par les puissances de deux les plus proches. Par
exemple, un kilo octet (Ko) vaut 1024 octets (2 puissance 10) au lieu
de 1000 octets. Un méga octet vaut 1024 Ko, etc.</p><empty-line /><empty-line /><p>Alors ?
Un kilo informatique est plus lourd qu'un kilo de ce que vous
voudrez...</p><empty-line /><empty-line /><p>Les
organismes de normalisation étant faits pour normaliser, en
1998, les choses se sont clarifiées avec l'apparition des
kibi,
mébi et gibi<sup>31</sup>...
Sauf que personne ne s'en sert et que les informaticiens continuent à
utiliser kilo, méga et giga avec leur propre sens.</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
faut dire que parler de kibibit au lieu de kilobit n'est pas chose
aisée...</p><empty-line /><empty-line /><p>Les
fabricants de disques durs sont revenus aux préfixes du
système international. Ainsi, lorsque vous lisez l'étiquette
d'un disque dur, la capacité indiquée est donnée
en puissance de dix. Par exemple : 400 Go signifie 400 milliards
d'octets.</p>

<p>Pas
un de moins.</p><empty-line /><empty-line /><p>400
Go</p>

<p>=
400 000 Mo</p>

<p>=
400 000 000 Ko</p>

<p>=
400 000 000 000 octets.</p><empty-line /><empty-line /><p>Si
l'on convertit cette quantité en unités "puissances
de deux", on trouvera :</p>

<p>400
000 000 000 octets</p>

<p>=
390 625 000 Kibioctets (1 Kio = 2 puissance 10 octets soit 1024
octets)</p>

<p>=
381 470 Mébioctets (1 Mio = 2 puissance 20 octets soit 1024
Kio)</p>

<p>=
372 Gibioctets (1 Gio = 2 puissance 30 octets soit 1024 Mio)</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
les systèmes d'exploitation continuent eux de parler comme les
informaticiens. Et donc utilisent les anciennes abréviations
(Ko, Mo et Go).</p>

<p>C'est
pourquoi votre disque dur de 400 Go est donné pour 372 Go (il
faudrait en fait lire 372 Gio).</p><empty-line /><empty-line /><p>Personne
ne vous a volé un millibit !</p>

<p><strong>
Photos
d'écran 
</strong></p>

<p>Je
narrais naguère (lire page 30) une anecdote où le
"soupçonné coupable" avait omis de vider la
corbeille informatique de son bureau Windows, par méconnaissance
de son mécanisme.</p>

<p>J'alimente
aujourd'hui la rubrique "Anecdotes
expertises" avec une affaire où mon travail a été
grandement simplifié par un coup du sort.</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
s'agit d'une affaire de pédophilie supposée. Le suspect
est en possession d'un ordinateur et ma mission (et je l'ai acceptée)
est de faire "parler" cet ordinateur.</p><empty-line /><empty-line /><p>Me
voici en train d'étudier une copie du disque dur.</p><empty-line /><empty-line /><p>Or,
l'une des premières choses que je fais lors d'une analyse de
disque dur, est de me promener au gré de mes envies (j'allais
dire mon instinct comme à la télé) dans les
différents répertoires, avant de lancer les <strikethrough>chiens</strikethrough>
scripts d'analyse.</p><empty-line /><empty-line /><p>"Tiens,
un répertoire nommé &lt;&lt; vrac piratés &gt;&gt;"</p>

<p>"Tiens,
un autre qui s'appelle &lt;&lt; superteensk13 &gt;&gt;..."</p>

<p>Bref,
je flâne.</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
alors que je tombe sur un répertoire intitulé "print
screens" contenant environ 5000 photos. Je regarde quelques-unes
de ces photos, ainsi que les dates de création des images :
il s'agit de photos d'écran.</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
suspect avait installé un logiciel de copie d'écran
automatique : une photo de l'écran était prise
toutes les 10 minutes et copiée dans ce répertoire !
Le sort avait voulu que le suspect ne le désinstalle pas, ne
sachant probablement pas ce qu'il avait installé !</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
ainsi pu avoir sans me fatiguer et de façon assez détaillée
l'utilisation de cet ordinateur (parties de solitaire incluses, sans
jeu de mots), les contenus des cédéroms qui ont été
gravés, les impressions, les webmails, etc.</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
effectivement, cela valait le détour !</p>

<p><strong>
Un
week-end pour m'enterrer 
</strong></p>

<p>Je
vais mourir un vendredi.</p>

<p>Pas
n'importe quel vendredi, celui du 15 mai 2037.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ce
n'est pas moi qui l'invente, c'est écrit ici
sur Internet<sup>32</sup>,
donc c'est vrai.</p><empty-line /><empty-line /><p>Avantages :</p>

<p>- c'est
loin.</p>

<p>- c'est
une veille de week-end, donc mon enterrement ne gênera pas mes
proches dans leur travail.</p>

<p>- je
vais pouvoir prendre tous les risques</p>

<p>- trente
ans d'informatique, cela risque d'être intéressant.</p><empty-line /><empty-line /><p>Inconvénients :</p>

<p>- trente
ans, en fait, ça va vite passer.</p>

<p>- si
je prends tous les risques et que je me transforme en légume,
trente ans de jardinage, c'est un peu long pour mes proches.</p>

<p>- sept
élections présidentielles, c'est beaucoup.</p><empty-line /><empty-line /><p>Bon,
quatre avantages pour trois inconvénients trouvés en
cinq minutes, c'est bon signe.</p><empty-line /><empty-line /><p>A
votre santé !</p>

<p><strong>
Le
mythe de l'expert judiciaire 
</strong></p>

<p>Qu'est-ce
qu'un expert judiciaire ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
le magistrat, c'est un technicien (un homme ou une femme compétant
en technique) capable de l'éclairer sur une partie technique
d'un dossier.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
l'Avocat, c'est une personne reconnu dans le domaine où il
exerce s'il dépose un dossier favorable à son client,
c'est un inconnu ignare des choses de la justice s'il dépose
un dossier défavorable à son client.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
le particulier, c'est celui qui va lui faire gagner son procès.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
le grand public, c'est une personne qui sait tout sur tous les
aspects de son domaine, c'est un généraliste qui en
sait autant que tous les spécialistes réunis (un geek<sup>33</sup>
quoi...)</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
l'Officier de Police Judiciaire, c'est quelqu'un qui va pouvoir faire
avancer son enquête rapidement, mais qui coûte très
cher.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
l'Huissier, c'est quelqu'un qui coûte cher et dont il peut se
passer (au moins pour le domaine informatique) car l'informatique
c'est facile (lire page 80)</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
la télévision, c'est une bande de
copains/collègues/amis-mais-pas-plus capable de "faire
parler" un écran informatique - parce que vous savez, si
les écrans pouvaient parler, ils en auraient des choses à
dire. Le tout bien sûr avec des ordinateurs dotés
d'interfaces graphiques 3D dignes de "Minority
Reports<sup>34</sup>"
et capables de vous agrandir le visage pris par la caméra de
surveillance, ou de reconstituer la scène du crime en 3D et en
quelques clics.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
les autres experts, c'est un confrère ou une consœur,
car nous sommes une grande famille.</p>

<p><strong>
La
fibre pour tous ! 
</strong></p>

<p>Un
court billet pour mettre en avant un
article très intéressant<sup>35</sup>
sur la possibilité d'avoir un accès 100 Mb/s POUR TOUS
avant 15 ans.</p>

<p>Extrait :</p>

<p><emphasis>Il
y a un siècle, les défis relevés par nos
« anciens » étaient autrement difficiles
aussi bien au niveau technologique que financier. Qui aurait cru en
1907 que quelque 80 ans plus tard, chaque maison habitée de
France, même si elle est située au « fin
fond » d’une campagne inaccessible, serait desservie
par un câble électrique et un tuyau d’eau
potable ? Et pourtant le challenge paraissait insurmontable tant
les problèmes techniques à résoudre étaient
complexes.</emphasis></p>

<p><emphasis>Il
est autrement difficile et dangereux de tirer partout des câbles
électriques supportant au minimum 220 Volts, dont un maniement
malheureux peut provoquer la mort, que d’enfouir des fibres
optiques qui ne porteront que de la lumière.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>100
Mb/s symétrique... Cela laisse rêveur quand même ?</p>

<p><strong>
Un
blog de moine ? 
</strong></p>

<p>Je
reçois aujourd'hui à l'adresse zythom@gmail.com un
email d'une société d'Avocats qui me propose un dossier
d'expertise.</p><empty-line /><empty-line /><p>La
fréquentation croissante de ce blog me flatte, car cela fait
toujours plaisir d'être lu par autrui, mais ce n'est pas
l'objet de ce blog que de chercher la publicité à fin
de développement d'une activité que je souhaite
limitée. C'est pourquoi j'ai choisi un pseudonyme.</p>

<p>C'est
pourquoi je refuse (poliment) tout dossier qui m'est proposé
par ce biais.</p>

<p>Ce
blog est un amusement sans prétention.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ce
qui m'étonne, c'est que l'email en question était
accompagné de documents pdf relatant tout le dossier, avec les
noms des personnes impliquées. C'est un peu comme si j'ouvrais
un blog médical avec pseudo etc., et que je recevais un email
avec dossier médical attaché... J'espère que des
médecins me lisent aussi (au moins le mien !).</p>

<p>Et
qu'on ne me parle pas de prestation de serment, de déontologie,
de secret professionnel, car vous trouverez en vain le nom ZYTHOM
inscrit sur une liste d'experts près une Cour d'Appel.</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
blog ne fait pas le moine.</p>

<p><strong>
Un
réseau bien hospitalier... 
</strong></p>

<p>Dans
une affaire de pédophilie (encore une !), j'avais parmi
les missions à "fournir [au magistrat instructeur] la
liste de toutes les adresses emails présentes sur le disque
dur objet du scellé n°N."</p><empty-line /><empty-line /><p>"La
mission, rien que la mission, toute la mission." Me répétait
mon vieux professeur d'expertise...</p><empty-line /><empty-line /><p>Muni
de mes outils opensource d'investigations, j'obtiens au bout de
quelques heures de recherches, un ensemble d'emails que je commence à
analyser : untel écrit à truc, truc répond
avec copie à trucmuche, etc. Sur ma feuille de papier se
dessine un réseau de correspondances... Euh, en fait, DEUX
réseaux apparaissent ! D'un côté, un
ensemble de personnes qui s'écrivent, avec certains courriers
à thème pédophile, de l'autre un ensemble
d'emails qui relatent plutôt des faits médicaux.</p><empty-line /><empty-line /><p>Des
médecins impliqués dans un réseau
pédophile ! ! !</p><empty-line /><empty-line /><p>Oui,
mais alors pourquoi DEUX ensembles disjoints de correspondances ?</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
donc poussé un peu plus loin en regardant les dates des
fichiers présents et effacés du disque dur. Après
analyse (aidé par la gendarmerie), il s'est avéré
que l'ordinateur avait commencé sa carrière au sein
d'un hôpital, avant d'être vendu d'occasion pour finir
dans les mains d'un pédophile. Les données effacées
AVANT la vente étaient bien entendu toujours présentes
sur le disque dur.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'avais
failli inscrire dans mon rapport des personnes complètement
étrangères à cette affaire !</p><empty-line /><empty-line /><p>Oui
mais : "La mission, rien que la mission, toute la mission."</p>

<p>Or,
celle-ci indiquait clairement qu'il fallait que je fournisse la liste
de TOUTES les adresses emails apparaissant sur le disque dur !</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
alors contacté le magistrat instructeur pour avis.</p>

<p>Celui-ci
m'a laissé le choix entre "La mission, rien que la
mission, toute la mission" ou "mouillez-vous un peu et
faites un pré-tri".</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
donc un peu mouillé ma chemise et n'ai fait mention que des
emails du premier ensemble. Outreau n'est jamais très loin...</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
quand j'y repense, j'ai toujours un peu froid dans le dos. Des restes
de transpiration sans doute.</p>

<p><strong>
Expert
en faux 
</strong></p>

<p>Je
reçois ce jour une réquisition aux fins d'expertise
avec pour missions (je mets mes commentaires entre crochets) :</p>

<p><emphasis>1)
Examiner les scellés n°X et Y constitués dans la
procédure n°Z [un disque dur externe et un ordinateur avec
Dieu</emphasis><sup><emphasis>36</emphasis></sup><emphasis>
sait combien de disques durs à l'intérieur]</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p><emphasis>2)
Y rechercher tout enregistrement et fichier relatif à la
réalisation de faux documents,</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p><emphasis>3)
Y rechercher de manière générale toutes
informations relatives à des tiers afin d'en permettre
l'exploitation notamment à l'effet de vérifier si le
nom de ces tiers n'a pas été utilisé par Mr YYY
[je mets YYY plutôt que XXX pour éviter d'attirer trop
de monde sur ce blog]</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p><emphasis>4)
Apporter tout élément utile à la manifestation
de la vérité.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Autant
vous dire que je n'ai aucune idée de ce qu'il faut chercher
sur les disques durs.</p>

<p>Eh
bien, c'est cela qui me plait bien !</p>

<p><strong>
Service
service 
</strong></p>

<p>Je
gère un service informatique où nous sommes trois.</p>

<p>En
face de nous, de l'autre côté des tranchées, 900
utilisateurs.</p><empty-line /><empty-line /><p>Parmi
les utilisateurs :</p>

<p>- les
super-compétents :</p>

<p>"J'ai
installé Vista en multiboot sur mon portable perso mais
depuis, ma partition Windows XP et ma partition Windows 98 ne
démarrent plus."</p>

<p>- les
super-enthousiastes :</p>

<p>"Je
viens d'installer Outlook 2007 et depuis, j'ai un message d'erreur
sur mon serveur IMAP : Code de l'erreur : 0x800CCCDD"</p>

<p>- les
super-normaux :</p>

<p>"Ma
synchronisation PDA ne fonctionne plus"</p><empty-line /><empty-line /><p>Parmi
nous (les membres du service info) :</p>

<p>- le
para normal :</p>

<p>"Est-ce
que vous avez redémarré la machine ?"</p>

<p>- le
geek :</p>

<p>"Mais
c'est normal que cela ne fonctionne pas, c'est à cause du
Windows update de ce matin que l'ActiveSync avec votre palm est
maintenant bugué. Fallait pas accepter le Windows update"</p>

<p>- le
chef (c'est moi) :</p>

<p>"Cool
les gars : politesse, diplomatie, traitement des tâches
dans l'ordre : d'abord les tâches planifiées, tout
en répondant au téléphone pour les tâches
non planifiées. Et n'oubliez pas de dire bonjour. Bon si on
m'appelle, je suis en salle serveur..."</p><empty-line /><empty-line /><p>Un
service informatique,</p>

<p>- il
faut que cela soit organisé :</p>

<p>gestion
des tâches = logiciel
opensource OTRS<sup>37</sup></p>

<p>- doit
satisfaire ses clients :</p>

<p>politesse,
diplomatie, le client doit sentir que son problème nous
intéresse et que l'on va trouver rapidement une solution. Ne
jamais lui dire qu'il est nul. Après tout, s'il appelle, c'est
que l'informatique n'est pas si efficace que cela, mais que nous les
êtres humains gourous à son service, nous allons dompter
la bête et la domestiquer pour lui.</p>

<p>- doit
trouver les solutions :</p>

<p>check
lists, Google et réinstallations-sans-comprendre sont les
trois mamelles qui nourrissent l'âme du service informatique
efficace (et rapide).</p><empty-line /><empty-line /><p>Un
service informatique, cela doit être "au service de".</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
parfois, c'est dur.</p>

<p><strong>
Sauvegardes :
les données importantes 
</strong></p>

<p>Lors
de la préparation du passage à l'an 2000, j'ai suivi
une présentation éponyme où le consultant
énonçait les différentes étapes à
suivre.</p><empty-line /><empty-line /><p>De
son exposé, j'ai surtout retenu qu'il était important
de s'occuper en priorité des données VITALES de
l'entreprise. Mais que pour cela, il fallait être capable de
déterminer quelles étaient REELLEMENT les données
importantes de l'entreprise.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
donc immédiatement établi la liste des applications
VITALES de mon entreprise :</p>

<p>- la
paie</p>

<p>- la
comptabilité</p>

<p>- les
applications métiers.</p><empty-line /><empty-line /><p>Tout
le reste sert à maintenir un bon niveau de productivité,
d'organisation, mais n'est finalement pas VITAL (c'est du confort).</p><empty-line /><empty-line /><p>Avant
de mettre en place toutes les opérations de sauvegarde, j'ai
soumis mon analyse aux secrétaires et assistantes des
différents services.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Service
paie</strong> : "si on perd toutes les données
informatiques, je procède à la photocopie des bulletins
de salaire du mois précédent en expliquant aux salariés
et on régularise plus tard"</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Service
compta</strong> : "si on perd les données informatiques,
on reviendra à l'âge de pierre dans le service, mais
l'entreprise ne coulera pas (des explications ont suivi, mais je n'ai
pas tout compris. Il y était question de déclarations
fiscales, sociales, pariétales...)"</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Les
autres services</strong> : "la plupart des secrétaires
utilisent des modèles de documents qu'elles ont mis au point
individuellement et qui leur servent à générer
des documents qui seront en général imprimés à
un moment ou à un autre".</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Conclusions</strong> :</p>

<p>1)
A ma grande surprise, l'entreprise ne coulera pas (immédiatement)
si l'informatique brûle.</p>

<p>2)
Les données importantes ne sont pas celles que je croyais et
qui me paraissaient évidentes.</p>

<p>3)
Il faut s'adresser aux secrétaires et assistantes des services
et non pas aux chefs des services, car ceux-ci m'ont tous dit que
nous étions morts si l'informatique tombait en panne plus de
deux jours.</p>

<p>4)
Rester discret sur cette enquête pour rester crédible à
cause de l'investissement de l'automate de sauvegarde, alors que les
données VITALES (les modèles Word) tiennent sur une
clef USB...</p>

<p>5)
Le confort, cela n'a pas de prix.</p>

<p>6)
Dans mon cas (je suis un privilégié), si la salle
serveurs brûle, j'ai UN MOIS avant de mettre réellement
en péril l'activité de l'entreprise.</p><empty-line /><empty-line /><p>Cela
laisse le temps d'acheter et de remonter des serveurs avec les
données extraites des cendres.</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
cela aussi le savoir-faire de l'expert judiciaire !</p><empty-line /><empty-line /><p>PS :
Je parle bien ici de l'évaluation d'un arrêt "longue
durée" de l'informatique. Tout le monde sait qu'un
serveur arrêté entraîne <emphasis>ex abrupto</emphasis> une
paralysie d'au moins une demi-journée (c'est le temps
nécessaire pour un utilisateur moyen pour arrêter de
fixer son écran désespérément noir ET
pour arriver à joindre le service informatique dont la ligne
est bizarrement toujours occupée).</p>

<p><strong>
Un
jour j'oserai 
</strong></p>

<p>Un
jour, je mettrai ce texte de Rabelais dans un rapport d'expertise...</p>

<p><emphasis>"De
quoy diable donc (dist il) servent tant de fatrasseries de papiers et
copies que me bailliez ? N'est ce le mieux ouyr par leur vive
voix leur debat que lire ces babouyneries icy, qui ne sont que
tromperies, cautelles diabolicques de Cepola et subversions de
droict ? Car je suis sceur que vous et tous ceulx par les mains
desquelz a passé le procès y avez machiné ce que
avez peu Pro et Contra, et, au cas que leur controverse estoit
patente et facile à juger, vous l'avez obscurcie par sottes et
desraisonnables raisons et ineptes opinions de Accurse, Balde,
Bartole, de Castro, de Imola, Hippolytus, Panorme, Bertachin,
Alexandre, Curtius et ces aultres vieulx mastins qui jamais
n'entendirent la moindre loy des Pandectes, et n'estoyent que gros
veaulx de disme, ignorans de tout ce qu'est necessaire à
l'intelligence des loix.[...]</emphasis></p>

<p><emphasis>Par
ce, si voulez que je congnoisse de ce procès, premierement
faictez moy brusler tous ces papiers, et secondement faictez moy
venir les deux gentilzhommes personnellement devant moy, et, quand je
les auray ouy, je vous en diray mon opinion, sans fiction ny
dissimulation quelconques.</emphasis><emphasis>"</emphasis></p>

<p>Source :
Pantagruel
Chapitre 10<sup>38</sup>
(<emphasis>Comment Pantagruel équitablement jugea d'une contreverse
merveilleusement obscure et difficile si justement que son jugement
fut dict fort admirable</emphasis>).</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
est vrai qu'un expert judiciaire n'est pas un juge...</p>

<p><strong>
Mon
bollard et mon couteau 
</strong></p>

<p>Un
lecteur me demande quels seraient selon moi les premiers achats à
faire lorsque l'on prête le serment d'expert judiciaire en
informatique.</p><empty-line /><empty-line /><p>Les
réponses varient d'un expert judiciaire à un autre,
mais pour ma part, je dirai : <strong>rien</strong>.</p><empty-line /><empty-line /><p>A
chaque désignation, je demande des détails sur les
missions et je refuse toute expertise qui est en dehors de mes
compétences OU de mes possibilités financières.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
ne pas toujours venir avec seulement mon bollard<sup>39</sup>
et mon couteau, j'ai acheté au fur et à mesure des
expertises les logiciels et matériels qui me permettent
d'accepter plus de missions, ou de les exécuter de façon
plus confortable.</p><empty-line /><empty-line /><p>Certains
confrères m'ont indiqué refuser toutes les analyses de
disques durs, car ils n'ont jamais été adeptes de ce
type de recherche.</p><empty-line /><empty-line /><p>Heureusement
pour moi, les outils opensources permettent d'effectuer quasiment
toutes les opérations d'expertise, au prix d'une bonne
connaissance du monde Linux (mais pas nécessairement des
connaissances de type gourou<sup>40</sup>).</p><empty-line /><empty-line /><p>J'en
ai cité plusieurs sur ce blog et j'essayerai de faire un
billet technique détaillé sur mon préféré
HELIX
(lire page 80)...</p>

<p><strong>
La
ceinture-portables 
</strong></p>

<p>Je
découvre avec intérêt le téléphone
portable que mon entreprise vient de m'offrir pour être sûr
de pouvoir me joindre à tout moment : il s'agit d'un
Blackberry dont je tairai le modèle pour ne pas éveiller
en vous de jalousie superfétatoire.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
joue donc depuis une heure à paramétrer la bête
(internet, réception des emails, synchronisation d'agenda,
SMS, MMS...)</p><empty-line /><empty-line /><p>Bref,
tout ce que ma <strikethrough>radinerie</strikethrough> prudence légendaire
en matière de télécommunication m'a empêché
de tester depuis des années, moi qui ne dispose que d'un
simple forfait SFR de 10 mn (pour 7 euros TTC /mois...) sur un
téléphone même pas appareil photo.</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
alors se pose maintenant un problème digne de figurer dans ma
rubrique "questions à deux euros" : comment ma
ceinture de pantalon va-t-elle encaisser ce choc supplémentaire ?</p><empty-line /><empty-line /><p>En
effet, s'y trouvent déjà agrippés : un
téléphone portable perso (pour les expertises et mes
amis), un téléphone sans fil DECT (professionnel), un
badge professionnel et un PDA. Et voilà donc qu'il faut faire
une place pour ce petit nouveau...</p><empty-line /><empty-line /><p>Bref,
je suis à la recherche d'une ceinture pour portables.</p><empty-line /><empty-line /><p>Une
paire de bretelles en renfort peut-être...</p>

<p><strong>
Nouvelle
Netware 
</strong></p>

<p>Le
saviez-vous ?</p>

<p>L'origine
du nom "Novell" provient d'une mauvaise orthographe du mot
français "Nouvelle". En tout cas,
c'est ce que dit ce
site<sup>41</sup> :</p>

<p><emphasis>"According
to Roger White, an early Novell employee, the two founders of Novell
Data Sy</emphasis><emphasis>stems were at their lawyer’s
office preparing to incorporate. Jack Davis planned to use the name
Macro Systems, when George Canova said his wife had a great name for
the company : Novell. Jack asked, “What does it mean ?”
Davis said that it meant "new" in French. Considering that
the French word for "new" is the masculine "nouveau"
or the feminine "nouvelle," it appears that Novell’s
current name is the result of a misspelling."</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Ce
qui donne à peu près en français (traduction
libre) :</p>

<p>"D'après
Roger White, employé de la première heure chez Novell,
les deux fondateurs de 'Novell Data Systems' préparaient leur
création d'entreprise chez leur avocat. Jack Davis avait prévu
de lui donner comme nom 'Macro Systems' [ha ha ha], quand George
Canova lui dit que sa femme avait trouvé un excellent nom pour
la société : 'Novell'. "Qu'est-ce que ça
veut dire ?" lui demanda Jack. [George] répondit que
cela signifiait 'new' en français. Sachant que 'new' se
traduit par 'nouveau' au masculin ou 'nouvelle' au féminin, il
s'avère que le nom 'Novell' retenu pour la société
est le résultat d'une faute d'orthographe."</p>

<p><strong>
Prédictions
</strong></p>

<p>J'ai
commencé ma carrière professionnelle comme "Assistant
Professeur". Je parle de 'carrière professionnelle' là
où mes amis parlent "d'éternel étudiant"
tant il est vrai que la fonction occupée alors me permettait
d'assouvir ma passion d'étudiant pour l'intelligence
artificielle, tout en préparant un doctorat et en bénéficiant
d'un faible mais réel émolument.</p><empty-line /><empty-line /><p>Intelligence
artificielle signifie ici pour moi "réseaux de neurones
artificiels". J'y ai sacrifié cinq de mes plus belles
années pour mon plus grand plaisir, entre rétropropagation
et algorithmes de minimisation, et en particulier sur l'utilisation
des réseaux de neurones en modélisation non linéaire.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
en tête une anecdote qui en fera sourire quelques-uns : un
concours avait été organisé sur le thème
de la prédiction : une courbe de mesure était
fournie, sans information sur la nature des grandeurs utilisées
pour les abscisses et ordonnées. La courbe comportait une
centaine de points et semblait vaguement sinusoïdale sans
l'être. Aucune information n'était donnée sinon
que les mesures concernaient un phénomène naturel
complexe. Le défi était de poursuivre la courbe en
traçant les vingt points suivants.</p><empty-line /><empty-line /><p>Plus
de quarante équipes de chercheurs dans le monde ont étudié
cette courbe et fabriqué des outils plus ou moins complexes
pour rendre compte (on parle de modélisation) des mesures
connues (la courbe fournie) et pour prédire la suite de la
courbe (on parle alors de la réalisation d'un prédicteur).</p><empty-line /><empty-line /><p>Les
résultats ont été publiés, le vainqueur a
été connu et glorifié, la nature de la courbe a
été dévoilée (il s'agissait du nombre de
tâches solaires au cours du temps).</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
le plus amusant, c'est qu'un chercheur a eu l'idée de
concourir en proposant comme outil son propre cerveau : il a
étudié la courbe et dessiné à main levée
la suite qu'il trouvait la plus juste... et il est arrivé
troisième du concours ! ! !</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
toujours regretté de ne pas avoir pu participer à ce
concours, mais j'imagine ma tête si mon réseau de
neurones artificiels récurrents à poids calculés
avec mes propres algorithmes avait été battu par la
"simple" réflexion humaine.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
suis sûr que cela m'aurait fait plaisir.</p>

<p><strong>
A
voté ! 
</strong></p>

<p>Pour
la première fois de ma vie, je vais tenir un bureau de vote !</p><empty-line /><empty-line /><p>Bon
d'accord, je ne serai qu'un simple assesseur, mais j'ai déjà
assisté à une réunion d'information à la
mairie pour comprendre le déroulement d'une élection
"vue de l'intérieur".</p><empty-line /><empty-line /><p>Déjà,
c'est assez compliqué. Il suffit de lire ceci<sup>42</sup>
pour avoir une idée du déroulement des opérations.</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
là où ma crainte grandit, c'est lorsque je commence à
entendre parler de machines à voter électronique.</p><empty-line /><empty-line /><p>Mon
sang d'informaticien ne fait qu'un tour ! ! !</p><empty-line /><empty-line /><p>Pourquoi
changer un système qui fonctionne bien, avec toutes les
sécurités possibles et la meilleure fiabilité ?
Pourquoi y introduire l'opacité d'un système
électronique que le citoyen lambda ne pourra plus contrôler ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Moi,
j'aime bien la table de décharge, l'isoloir, l'urne
transparente et les registres papiers. N'y touchez pas !</p>

<p><strong>
Les
Avocats et l'informatique 
</strong></p>

<p>Les
avocats, comme les experts judiciaires, doivent suivre des formations
leur permettant de rester "dans le coup". Ces formations
sont d'ailleurs souvent assez chères et de qualités
inégales.</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
pourquoi lorsque l'on m'a proposé d'assister à une
conférence sur la cryptographie, organisée par le CRFPA
(Centre Régional de Formation Professionnelle des Avocats)
près de chez moi, j'ai été intrigué :</p>

<p>1)
La conférence était gratuite, mais réservée
aux avocats (et à leurs invités ;)</p>

<p>2)
Le conférencier était (et est toujours) un avocat,
Maître
Alain Bensoussan<sup>43</sup></p>

<p>3)
Comment ce sujet extrêmement technique allait-il être
abordé ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
y a parmi les avocats, comme parmi toutes les professions, des
personnes passionnées par l'informatique, des utilisateurs
normaux, des utilisateurs réfractaires et des technophobes
acharnés. Le tout dans des proportions certainement identiques
à toutes les professions.</p><empty-line /><empty-line /><p>Un
bémol quand même : la sélection et la
formation des avocats m'incitent à penser qu'on y trouve
relativement peu d'adeptes de Charles
Babbage<sup>44</sup>,
de fans de Prolog<sup>45</sup>
ou d'admirateurs de SHRDLU<sup>46</sup>...</p><empty-line /><empty-line /><p>Bref,
me voici dans le public, au premier rang, face à un avocat
certainement compétent dans son domaine, mais prétendant
réaliser un exposé technique dans une branche de MON
domaine.</p><empty-line /><empty-line /><p>Prétentieux
que j'étais !</p>

<p>L'exposé
a été d'une clarté extraordinaire.</p>

<p>Les
explications sur les échanges de clefs, sur leurs différents
types (clefs publiques et privées) et sur les mécanismes
mis en jeux m'ont simplement bluffé.</p>

<p>J'ai
dévoré chaque mot et me suis retenu de me lever à
la fin pour applaudir !</p><empty-line /><empty-line /><p>La
seule chose qui m'a un peu rassuré, c'est de voir le regard un
peu endormi des différents élèves-avocats pour
qui la conférence était obligatoire. Je sais de source
proche que la plupart n'avait pas <strikethrough>compris</strikethrough> écouté
grand-chose...</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
néanmoins pu constater depuis, lors des réunions
d'expertise, que nombres d'avocats maîtrisent parfaitement
l'outil informatique et les concepts qui se cachent derrière,
en plus évidemment de leur expertise "naturelle" du
Droit. A leur maîtrise du mot juste s'ajoute celle du jargon
informatique.</p><empty-line /><empty-line /><p>A
l'inverse, c'est malheureusement loin d'être mon cas :
outre que je ne prétends même pas maîtriser en
profondeur toutes les branches de mon <strikethrough>art</strikethrough> domaine,
j'éprouve des difficultés certaines avec un certain
nombre de termes juridiques... (je révise : pénal
= là où on donne une peine, civil = pas militaire, heu
non, c'est entre deux personnes, heu...)</p><empty-line /><empty-line /><p>En
fait, mon incompétence en droit se voit assez peu, car je suis
passé maître dans l'art du hochement de tête en
réunion, voire de la petite boutade qui fait plaisir :
"Maître, c'est vous l'expert... en Droit".</p><empty-line /><empty-line /><p>En
plus, c'est vrai !</p>

<p><strong>
Deux
vies 
</strong></p>

<p>A
ce moment précis de mon existence, j'ai la chance de n'avoir
tué personne : ni accident mortel, ni meurtre parfait.</p>

<p>J'ai
même la fierté de pouvoir dire que j'ai sauvé
deux vies :</p><empty-line /><empty-line /><p>- Lors
d'une sortie spéléo, un copain et moi explorions pour
la première fois un gouffre bien connu. Nous étions
face à un passage particulièrement étroit que
nous pensions franchissable. D'ailleurs nous voyions clairement un
vaste puits derrière l'étroiture, preuve à nos
yeux que nous étions sur la bonne voie. Mon camarade s'est
engagé dans la faille en se faufilant, jusqu'à se
trouver complètement coincé.</p>

<p>Le
cauchemar de tout spéléologue.</p>

<p>En
cherchant à se dégager, il a même perdu le sac
d'équipement qu'il portait et que nous avons entendu se
fracasser plusieurs dizaines de mètres plus bas. Spectateur
impuissant derrière lui, j'entendais au son de sa voix que la
panique commençait à monter. Sur le ton de la
plaisanterie (et pourtant je n'en menais pas large), je lui dis qu'il
ne se fasse pas trop d'illusion sur mon compte, car j'allais
entreprendre de le déshabiller. En passant un bras au travers
de l'étroiture, j'ai réussi à lui retirer tout
son équipement, ses bottes, son baudrier et sa combinaison.
Ainsi allégé, il a pu se contorsionner pour reculer et
se sortir de ce mauvais pas... Le vrai chemin était en fait
quelques mètres plus haut et contournait cette faille
impénétrable. Il ne nous restait plus qu'à
bricoler les quelques cordes qui nous restaient pour aller chercher
le sac perdu qui contenait tout le matériel prévu pour
la suite (dont notre repas)... 1 - 0</p><empty-line /><empty-line /><p>- ma
fille ainée s'étouffait avec un bonbon donné à
l'entrée du supermarché par un Père Noël.
Sans paniquer, l'esprit clair et froid, je me suis placé
derrière elle et j'ai violemment comprimé son ventre à
deux mains. Le bonbon coincé dans sa gorge a été
propulsé loin dans le rayon et elle s'est mise à
respirer normalement. J'ai immédiatement ri avec elle pour
dédramatiser l'évènement et nous avons continué
les courses tous les deux tranquillement (ce n'est pas si souvent que
je fais les courses, mon réfrigérateur se remplissant
tout seul comme par enchantement... La magie du mariage sans doute).
Ce n'est que quelques minutes plus tard que mes nerfs ont lâché
et que j'ai laissé couler quelques larmes. Imaginez la scène :
un homme larmoyant poussant un caddie avec une enfant réclamant
un nouveau bonbon... 2 - 0</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
sais, c'est très mal de s'auto glorifier, mais je suis <strong>TRES
FIER</strong> d'avoir sauvé deux vies.</p>

<p><strong>
Assistance
lors d'une perquisition 
</strong></p>

<p>Etre
réquisitionné pour assister la police lors d'une
perquisition n'est pas une chose agréable. Outre le fait de
débarquer chez quelqu'un sans y avoir été
invité, devoir fouiller dans les placards, même en
présence du propriétaire des lieux, est quelque chose
qui m'insupporte.</p><empty-line /><empty-line /><p>Bon,
heureusement, parfois le propriétaire prend la chose très
correctement, voire même avec humour. C'est ce qui m'est arrivé
cette semaine lorsque j'ai dû assister le commissaire de la
ville voisine dans une affaire de vol de codes sources.</p><empty-line /><empty-line /><p>Une
entreprise en difficulté financière ne paye plus son
informaticien. Celui-ci, au bout de deux mois sans salaire attaque
son employeur aux prudhommes. L'employeur, mécontent, attaque
son salarié au pénal pour vol de codes sources. Là
où l'affaire est intéressante, c'est que l'employeur ne
disposant pas de locaux, avait demandé à son salarié
de travailler chez lui, sur son matériel informatique
personnel.</p>

<p>L'informaticien,
honnête et prudent, ayant rendu à son employeur tous les
développements réalisés, nous a laissé
perquisitionner chez lui. Après avoir vérifié
qu'il n'y avait aucune trace de codes sources ni d'exécutable
indument conservé, nous avons dressé procès-verbal
de la perquisition.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ce
procès-verbal lave le salarié de tout soupçon et
lui permettra d'ajouter un élément dans son dossier
prudhommal.</p><empty-line /><empty-line /><p>Qui
a dit que les perquisitions étaient toujours à charge ?</p>

<p><strong>
Chaud
chaud chaud ! 
</strong></p>

<p>Le
B.A.BA de l'expert judiciaire en informatique est d'être
capable de procéder à la recherche d'informations sur
un disque dur.</p><empty-line /><empty-line /><p>Voilà
deux jours que je tente de faire une image du disque dur d'un
scellé : je lance la prise d'image (huit heures annoncées
à chaque fois) et PAF, quand je reviens quelques heures plus
tard (ou le lendemain matin) la prise d'image s'est arrêtée
en cours de route...</p>

<p>J'ai
essayé avec plusieurs logiciels, plusieurs distributions
GNU/Linux, rien n'y fait.</p>

<p>Quand
soudain une idée surgit du fond de ma mémoire : la
température !</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
effectuer une analyse de disque dur en toute sécurité,
il faut travailler sur une image. Pour réaliser cette image,
vous pouvez procéder de plusieurs manières, mais pour
ma part, j'utilise un PC dédié sur lequel je place le
disque dur préalablement retiré de son PC d'origine.
Comme cela, je connais bien le BIOS (de mon PC dédié),
je maîtrise sa carte réseau (reconnue par mes
distributions GNU/Linux), etc.</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais,
tout cela se fait carcasse ouverte, fils et nappes "en l'air".
Du coup, les disques durs sont un peu "pendants". Ce qui
fait qu'ils ne sont pas fixés à l'armature métallique
du PC... Grave erreur : la dissipation de la chaleur se fait mal
et la température des disques monte, monte, monte.</p><empty-line /><empty-line /><p>Comme
je n'y ai pensé qu'après avoir relancé une prise
d'image qui a démarré il y a trois heures et que je ne
veux pas perdre (encore) plus de temps, me voici avec un ENORME
ventilateur de bureau TRES bruyant visant le disque dur pour le
refroidir.</p><empty-line /><empty-line /><p>Du
coup, je travaille avec un casque antibruit sur les oreilles.</p><empty-line /><empty-line /><p>On
ne plaisante pas avec les experts judiciaires qui ont endommagé
une preuve.</p>

<p><strong>
Note
à benêt pour prise d'image 
</strong></p>

<p>Pensum<sup>47</sup>
sur prise d'image de disque dur :</p>

<p>1)
Ouvrir le PC mis sous scellé;</p>

<p>2)
Vérifier la présence de cédéroms,
dévédéroms ou cartes mémoires dans les
lecteurs ad hoc;</p>

<p>3)
Prendre une photo de l'intérieur du PC;</p>

<p>4)
Retirer le ou les disques durs en notant les emplacements et
positions des nappes et câbles;</p>

<p>5)
Noter les marque, modèle, capacité et numéro de
série de chaque disque dur (prendre une photo);</p>

<p>6)
préparer un disque dur cible de capacité assez grande
pour recueillir l'image du disque dur source;</p>

<p>7)
s'assurer que la connectique est appropriée pour recevoir le
disque source (ATA, SATA, etc.);</p>

<p>8)
fixer le disque dur source dans le PC d'analyse et s'assurer d'une
bonne dissipation de la chaleur;</p>

<p>9)
placer le bloqueur d'écriture;</p>

<p>10)
avant branchement électrique du disque dur source, démarrer
le PC d'analyse pour s'assurer du bon paramétrage du BIOS
(boot sur le bon média, date, SMART désactivé);</p>

<p><strong>
Sale
affaire 
</strong></p>

<p>
<emphasis>Sale affaire !... J’ai
trempé dans un crime !...</emphasis></p>

<p>
<emphasis>C’est moche,
hein !...Il est mort !... !</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Ça vous fait rien,…
Ça vous touche pas ?...</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Moi non plus !... C’est
moche, hein !</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Mais faudra que j’en
parle à mon chef : ça part plus ! !...</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Le sang ! !, le
sang du crime !... Du « AA positif »…</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Je le connais bien, c’était
mon amant ! ...</emphasis></p>

<p>
<emphasis>J’ai habité deux
jours avec !... C’est moche, hein ! …</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Mais faudra que j’en
parle à mon chef !</emphasis></p>

<p>
<strong>Yolande Moreau "Sale
affaire, du sexe et du crime"</strong></p><empty-line /><empty-line /><p>Depuis
huit jours, je suis plongé dans l'analyse d'un disque dur à
la recherche d'images pédophiles. Première extraction :
400 000 images en tout genre (icones, photos de vacances, gif
internet...). 400 000 images à vérifier, c'est six
jours de travail, six jours de vacances fichus en l'air, six jours
perdus pour ma famille.</p>

<p>C'est
aussi six jours à lutter contre les limites des répertoires
Windows et leur lenteur lorsque l'on y stocke plus de 30 000
fichiers. C'est aussi l'occasion de bénir le mécanisme
des "thumbs.db" qui gardent trace des images visualisées
sur un disque dur...</p>

<p>Au
passage, j'ai découvert un
petit freeware<sup>48</sup>
qui permet de supprimer toutes les images apparaissant plusieurs fois
pour ne garder qu'un exemplaire.</p>

<p>C'est
aussi deux jours pour la suite des investigations et la rédaction
du rapport.</p>

<p>Reste
de ce travail 2 794 images pornographiques dont 120 pédophiles.</p><empty-line /><empty-line /><p>Sale
affaire.</p>

<p><strong>
Des
Hommes d'Honneur 
</strong></p>

<p>Encore
une affaire de pédophilie... Pfffff.</p>

<p>Le
pire dans ce dossier est que le disque dur contient également
des images de massacres. Des films tournés en Afrique montrant
des exécutions sommaires, des êtres humains découpés
à la machette, des têtes percées à la
lance...</p>

<p>Le
tout au milieu d'images pornographiques de mineur de 10 ans.</p>

<p>J'ai
du mal à récupérer.</p><empty-line /><empty-line /><p>Quand
le moral baisse, je me dis que je participe à ma manière
à la protection des enfants qui auraient eu à subir ses
crimes si aucune action n'était menée en la matière.
Mais je suis assez surpris de l'apathie du public sur ce sujet :</p>

<p><emphasis>Ah
bon, y'a des gens qui téléchargent des images
pédophiles sur Internet ? Ben y doivent être
malades un peu, non ? Mais bon, tant qu'y passent pas à
l'acte...</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Article
227-23 du Code Pénal (extrait) :</p>

<p><emphasis>Le
fait, en vue de sa diffusion, de fixer, d'enregistrer ou de
transmettre l'image ou la représentation d'un mineur lorsque
cette image ou cette représentation présente un
caractère pornographique est puni de cinq ans d'emprisonnement
et de 75 000 Euros d'amende.</emphasis></p>

<p><emphasis>Le
fait d'offrir, de rendre disponible ou de diffuser une telle image ou
représentation, par quelque moyen que ce soit, de l'importer
ou de l'exporter, de la faire importer ou de la faire exporter, est
puni des mêmes peines.</emphasis></p>

<p><emphasis><strong>Les
peines sont portées à sept ans d'emprisonnement et à
100 000 Euros d'amende lorsqu'il a été utilisé,
pour la diffusion de l'image ou de la représentation du mineur
à destination d'un public non déterminé, un
réseau de communications électroniques.</strong></emphasis></p>

<p><emphasis>La
tentative des délits prévus aux alinéas
précédents est punie des mêmes peines.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Article
227-23 du Code Pénal (extrait) :</p>

<p><emphasis>Le
fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen
que ce soit et quel qu'en soit le support un message à
caractère violent ou pornographique ou de nature à
porter gravement atteinte à la dignité humaine, soit de
faire commerce d'un tel message, est puni de trois ans
d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende lorsque ce message est
susceptible d'être vu ou perçu par un mineur.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Le
droit français classe les sanctions en fonctions des peines
encourues : crime, délit et contravention. Une infraction
sera qualifiée de criminelle, si la peine encourue est
supérieure à 10 ans ou 75 000 euros d'amendes pour les
personnes morales (source Wikipédia<sup>49</sup>).</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
téléchargement via Emule, Kazaa, BitComet ou autre
Azureus d'images pornographiques d'enfants entre en plein dans le
champ d'action de ces textes.</p>

<p>Il
s'agit bien d'actes criminels.</p><empty-line /><empty-line /><p>Au
public qui pense "mollement" contre ces personnes, je
réponds :</p>

<p>
<emphasis>Nous vivons dans un monde qui
a des murs, et ces murs doivent être gardés par des
hommes en arme. Qui va s'en charger ? Vous ?</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Je suis investi de
responsabilités qui sont pour vous totalement insondables.
Vous pleurez </emphasis><strikethrough><emphasis>Santiago</emphasis></strikethrough><emphasis> Internet et vous
maudissez les </emphasis><strikethrough><emphasis>Marines</emphasis></strikethrough><emphasis> Experts.</emphasis></p>

<p>
<emphasis>C'est un luxe que vous vous
offrez. Vous avez le luxe d'ignorer ce que moi je sais trop bien. La
mort </emphasis><strikethrough><emphasis>de Santiago</emphasis></strikethrough><emphasis> d'Internet, bien que
tragique, a probablement sauvé des vies. Et mon existence,
bien que grotesque et incompréhensible pour vous, sauve des
vies.</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Vous ne voulez pas la vérité
parce qu'au tréfonds de votre vie frileuse de tout petit
bourgeois vous ME voulez sur ce mur, vous avez besoin de moi sur ce
mur.</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Notre devise c'est </emphasis><strikethrough><emphasis>"Honneur
Code Loyauté"</emphasis></strikethrough><emphasis> "Apporter mon concours
à la Justice, d'accomplir ma mission, de faire mon rapport, et
de donner mon avis en mon honneur et en ma conscience". Pour
nous ces mots sont la poutre maîtresse d'une vie passée
à défendre des bastions. Chez vous ces mots finissent
en gag.</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Je n'ai ni le temps ni le
désir de m'expliquer devant un homme qui peut se lever et
dormir sous la couverture d'une liberté que moi je protège
et qui critiquera après coup ma façon de la protéger.</emphasis></p>

<p>
<emphasis>J'aurai préféré
que vous me disiez merci et que vous passiez votre chemin ou alors je
vous suggère de prendre une arme et de vous mettre en
sentinelle postée.</emphasis></p>

<p>
<strikethrough><strong>Jack Nicholson</strong></strikethrough><strong>
Zythom, dans "Des Hommes d'Honneur".</strong></p><empty-line /><p>
Bon, je sais, dans le film,
c'est lui le criminel...</p>

<p><strong>
Billet
anonyme 
</strong></p>

<p>On
me demande souvent pourquoi ce blog est anonyme. Il y a plusieurs
raisons :</p>

<p>1)
les dossiers dont je parle sont réels. Les noms sont changés,
les dates aussi. Mais puisqu'un expert judiciaire dépend d'une
cour d'appel, les dossiers sur lesquels il intervient sont localisés
géographiquement. Le risque qu'une personne se reconnaisse
serait trop grand.</p><empty-line /><empty-line /><p>2)
l'activité d'expert judiciaire n'est pas une profession. Un
expert judiciaire doit exercer une "vraie" profession pour
rester dans le coup d'un point de vue "compétences".
Le nombre d'expertises réalisées en une année
est faible et ne doit pas être considéré comme un
revenu financier (c'est mon point de vue). Par conséquent, la
recherche de clients n'est pas mon objectif. Ce blog n'est pas une
vitrine de mon savoir-faire (ou de ma maladresse) ni un moyen de me
faire "mousser" auprès de mes confrères (que
je salue au passage), des magistrats (que je salue respectueusement
au passage) ou des avocats (que je salue très respectueusement
au passage).</p><empty-line /><empty-line /><p>3)
l'utilisation d'un pseudonyme offre un confort d'écriture et
une liberté de ton que j'apprécie. Liberté vis à
vis de mon employeur (que je remercie de me faire vivre chaque mois
en échange d'un dévouement corps et âme
inconditionnel et sans limite), liberté également vis à
vis de mes confrères ou de ma compagnie régionale
d'experts. J'ai des idées parfois incongrues (lire page 74
le billet « propositions aux candidats… »)
ou à contre-courant (lire page 46, le billet
« profession : expert judiciaire »), mais
je n'ai pas une âme de militant. C'est certainement une forme
de lâcheté, mais je tiens à ce confort.</p><empty-line /><empty-line /><p>Par
ailleurs, je ne résiste pas à adapter une récente
diatribe de Maître Eolas (dont vous trouverez l'original
ici<sup>50</sup>) :</p><empty-line /><empty-line /><p>Alors
une petite mise au point.</p>

<p>
D'abord, j'existe. J'ai vérifié
ce matin auprès d'experts, médecins, juristes et
philosophes, qui m'ont tous confirmé mon existence. Aucun
doute n'est plus permis là-dessus.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ensuite,
le fait que je blogue anonymement ne signifie pas que mon pseudonyme
est en libre-service et permet à n'importe quel petit malin de
se faire passer pour moi impunément. Mon anonymat ne fera
jamais obstacle à ce que j'aille en justice demander des
comptes à quiconque s'amuserait à cela.</p>

<p>Quand
j'interviens en qualité d'expert judiciaire, je le fais sous
mon vrai nom, par une lettre recommandée écrite sur mon
papier à entête haut de gamme qui coûte fort cher
et justifie mes honoraires hors de prix. Pas par e-mail sauf si je
n'ai qu'une adresse électronique pour contacter les parties.
Je n'écrirai jamais sous le nom de Zythom, expert judiciaire.
Zythom est un nom de plume, dans le seul cadre de la création
littéraire qu'est ce blog.</p><empty-line /><empty-line /><p>D'un
point de vue juridique, le pseudonyme est protégé
civilement contre l'usurpation. Pénalement, le délit
d'usurpation d'identité est constitué dès lors
que je suis aisément identifiable puisque je suis le seul
expert à employer ce pseudonyme, si l'usurpateur m'exposait à
des poursuites civiles, pénales ou disciplinaires du fait de
ses actes sous sa fausse identité.</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
surtout, au-delà de mon humble personne, le fait d'usurper la
qualité d'expert judiciaire pour déterminer quelqu'un à
effectuer un paiement, fût-ce d'une somme effectivement due,
constitue le délit d'escroquerie. Peu importe que vous vous
estimiez vous même victime d'une escroquerie ou d'un débiteur
indélicat, cela ne vous permet pas de commettre un délit
pour obtenir votre dû. On ne vole pas son débiteur, on
ne l'escroque pas, pas plus qu'on ne le menace ou qu'on ne l'agresse.
On ne se fait pas justice à soi-même, c'est une des
fondations de la république.</p>

<p>Mais
qu'il soit désormais clair que si quelqu'un se disant Zythom
prend contact avec vous pour se la jouer expert judiciaire, c'est un
menteur. Merci de me prévenir immédiatement. Je n'aurai
aucune tolérance à ce sujet.</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
j'ai un excellent avocat.</p>

<p><strong>
Que
Momus divertisse la halle bruyante 
</strong></p>

<p>Dans
ce monde d'"after", j'aime à relire nos anciens :</p>

<p><emphasis>Le
monde aime à noircir ce qui rayonne et à traîner
le sublime dans la poudre. Mais sois sans crainte ! Il est
encore de belles âmes qui s'enflamment pour ce qui est élevé
et grand. Que Momus divertisse la halle bruyante; un noble esprit
aime de plus nobles figures.</emphasis></p>

<p>Schiller,
"La pucelle d'Orléans"</p><empty-line /><empty-line /><p>[Momus,
dieu de la raillerie, des "malicieuses critiques et des bons
mots". Ce dieu est représenté levant son masque,
et tenant à la main une marotte, symbole de la folie.]</p>

<p><strong>
La
nuit, à travers le réseau 
</strong></p>

<p>Il
y a quelques temps, j'ai procédé à la rotation
de ma machine de tests qui est allée remplacer le PC de mon
fils devenu plus exigeant en matière de jeux (éducatifs).
J'ai récupéré son "vieux" PC pour en
extraire la "substantifique moelle" et en faire ma nouvelle
machine de tests.</p><empty-line /><empty-line /><p>Las,
il se trouve que, pour une raison inconnue, ma carte PCI me
permettant de brancher des disques SATA entre en conflit avec quelque
chose que je n'ai pas encore eu le temps de déterminer. Et me
voici cette semaine avec un disque dur SATA de 160 Go à
analyser ! Comment faire ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
décide alors d'utiliser le PC d'origine (celui sous scellé)
en laissant son disque SATA à l'intérieur, et de
procéder à une prise d'empreinte à travers le
réseau.</p><empty-line /><empty-line /><p>Re-las,
ma distribution favorite HELIX<sup>51</sup>
ne reconnait pas les clavier et souris USB nécessaires sur ce
PC. Me voici donc à la recherche d'une nouvelle distribution
de type "live boot cd". Muni d'un cédérom RW
et de ma fidèle ligne ADSL, je teste différentes
solutions trouvées sur Internet (qui n'est pas encore mort;).</p>

<p>Eh,
oh las<sup>52</sup>,
je désespérais de trouver mon bonheur, quand je suis
tombé sur DEFT<sup>53</sup>
qui me semble pas mal du tout pour l'usage que je compte en faire.</p><empty-line /><empty-line /><p>Après
démarrage sur le cédérom DEFT basé sur
une Ubuntu, je vérifie la présence des commandes "dd"
et "nc" (netcat). J'installe cygwin sur mon PC de travail
sous Windows XP avec également la commande netcat.</p><empty-line /><empty-line /><p>Côté
PC de travail, je tape :</p>

<p>"nc
-l -p 2000 &gt; image.dsk"</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
côté PC sous scellé booté sous DEFT :</p>

<p>"dd
if=/dev/sda | nc 192.168.0.63 2000"</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
me voilà parti pour cinq heures de prise d'image la nuit à
travers le réseau.</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
moi, pendant ce temps-là, la nuit JE DORS :)</p>

<p><strong>
Tribunal
de Commerce part I 
</strong></p>

<p>Je
parle souvent des expertises de disques durs diligentées par
un juge d'instruction, car elles me permettent de travailler à
la maison (le soir, le week-end, pendant les RTT ou les congés
payés). Il s'agit en général d'expertises
techniques demandant de suivre d'assez près les évolutions
informatiques et d'être équipé de moyens
matériels et logiciels. Le travail se fait tout seul : il
n'est pas contradictoire<sup>54</sup>.</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
il existe une autre sorte d'expertises judiciaires : celle
concernant les conflits entre entreprises. Et là, c'est
l'expérience de l'expert qui va parler, plus que sa compétence
technique. A vous de juger.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
prendrai pour exemple dans cette série de billets, une affaire
qui m'a été proposée il y a quelques années :
l'entreprise "Gros_Moyens" a confié sa migration
informatique à l'entreprise "best_SSII". Le système
informatique ne fonctionne plus après deux mois d'efforts et
de formations. Le ton est monté entre les deux entreprises.
Est venu le temps des recommandés, puis des courriers
d'avocats.</p>

<p>Nous
voilà un an plus tard.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Phase
liminaire :</strong></p><empty-line /><empty-line /><p>Tout
commence par l'arrivée au courrier d'une lettre du Tribunal de
Commerce me désignant comme expert. Cette ordonnance contient
plusieurs pages de présentation du problème, les
parties concernées, la liste des missions ordonnées par
le Tribunal et le montant de la consignation fixé dans le cas
présent à 1500 euros.</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
faut répondre au tribunal pour accepter la mission (ou la
refuser), puis il est urgent d'attendre : ne rien entreprendre
tant que la consignation n'est pas déposée au greffe du
tribunal.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Partie
I : les convocations à la première réunion
d'expertise.</strong></p><empty-line /><empty-line /><p>Une
fois le versement de la consignation effectuée auprès
du greffe du tribunal, il s'agit de prendre contact avec les parties.
La politesse et la pratique veuillent que l'on commence par appeler
les avocats des parties en présence.</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
y a trois parties au dossier :</p>

<p>- "Gros_Moyens"
qui dit que son seul interlocuteur est "best_SSII" qui a
procédé aux installations et aux formations.</p>

<p>- "best_SSII"
qui indique avoir travaillé dans les règles de l'art,
et avoir passé beaucoup plus de temps que prévu sur ce
contrat. Elle met en cause la société "ERP_dynamite"
pour les bugs de son logiciel et ses bugs.</p>

<p>- "ERP_dynamite"
qui n'a pas encore versé de pièces au dossier et qui
semble faire la morte.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
fixe le lieu de la réunion chez "Gros_Moyens" où
se trouve le système informatique à expertiser.</p>

<p>J'appelle
par téléphone le Directeur Général de la
société "Gros_Moyens" pour savoir s'il
dispose d'une salle de réunion assez grande (et s'il accepte
que j'y organise mes réunions d'expertise). C'est fou ce que
l'étiquette "Expert Judiciaire" permet de franchir
comme barrages jusqu'au grand patron. Une voix grave et sombre aide
aussi.</p>

<p>J'appelle
les trois avocats (en général leur secrétariat),
et après plusieurs tours de coup de téléphone
j'obtiens une date compatible avec les quatre agendas (le mien compte
aussi !). Remarque : ne pas proposer de date à moins
de trois semaines, c'est une règle.</p>

<p>Rappeler
les trois avocats pour préciser la date retenue et leur
demander de prévenir leur client (ils préfèrent
en général). En profiter pour vérifier avec eux
les nom et coordonnées de leur client (pour la convocation).</p>

<p>Déposer
un jour de RTT et attendre qu'il soit accepté...</p>

<p>Ecrire
un courrier de convocation mentionnant les lieu, date et heure de la
réunion. Rappeler que "toutes les parties ayant été
régulièrement convoquées, la réunion se
tiendra, même en leur absence". C'est important pour le
respect du contradictoire.</p>

<p>Envoyer
ce courrier, en recommandé avec avis de réception, aux
trois avocats et aux trois responsables des sociétés
concernés.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Partie
II : le jour de la première réunion</strong></p>

<p>A
suivre...</p>

<p><strong>
Ils
ont dix-huit ans aujourd'hui 
</strong></p>

<p>Je
travaille dans une école d'ingénieurs et je participe
aux entretiens d'admission. J'ai quelques questions "pièges"
qui me servent à déstabiliser (un peu) les candidats et
des questions de culture générale. Mon problème,
c'est que je prends chaque année au compteur de la faucheuse
une année supplémentaire, alors que les candidats que
j'interroge chaque année ont toujours dix-huit ans. Il me faut
donc mettre mes questions à jour.</p><empty-line /><empty-line /><p>Avez-vous
conscience que les jeunes qui vont entrer à l'université
dans quelques mois sont nés en 1989 ? Ils n'ont pas connu
le bicentenaire de la révolution française. Ils sont
nés l'année de la mort de la mère Denis.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
eux internet a toujours existé, et en mode graphique, alors
que c'est l'année de leur naissance que Tim Berners-Lee
propose de créer un système hypertexte distribué
sur le réseau informatique pour que les collaborateurs
puissent partager les informations au sein du CERN. Cette même
année, le CERN ouvre sa première connexion extérieure
avec Internet.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
eux, les termes Apple II, MacPlus et Amiga relèvent de la
préhistoire. Ils ne connaissent qu'un seul fabricant de
processeurs (ils ne connaissent pas le mot <emphasis>micro</emphasis>processeur) et
n'ont jamais entendu parler de "station de travail". Pour
eux, un micro, c'est fait pour chanter dedans. Le Minitel et la norme
Vidéotex leur sont inconnus.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ils
n'ont jamais connu le mur de Berlin.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ils
avaient deux ans lors du prix Nobel de Pierre-Gilles de Gennes, trois
pour celui de Georges Charpak.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ils
avaient 9 ans lors de la ratification du traité de Kyoto, 10
ans lors de la tempête de décembre 1999.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ils
ne savent pas ce que c'est qu'une cassette audio ou un walkman. Pour
eux, MP3 c'est un baladeur numérique, pas un format de
fichier. Pour eux, un portable, c'est un téléphone.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
eux, un blog, c'est un skyblog...</p><empty-line /><empty-line /><p>Salut
les vieux !</p>

<p><strong>
Les
Dieux eux-mêmes 
</strong></p>

<p>J'ai
reçu avant hier un email d'un étudiant en droit qui
souhaitait que je réponde à plusieurs questions pour
lui permettre de faire un exposé qui lui était demandé
par un de ses professeurs. La plupart de ses questions trouvaient
leur réponse dans les billets de ce blog, aussi lui ai-je
répondu de venir préparer son exposé en
fouillant ce blog afin de justifier de sa note par un effort
personnel. Etant moi-même ancien Maître de Conférences
et travaillant encore dans une école d'ingénieurs, je
connais bien la tendance naturelle de la plus grande pente (on dit
aussi du moindre effort). Après tout, n'ai-je pas été
moi-même étudiant ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Hélas,
l'étudiant piqué par ma réponse a pris la
mouche.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
réponds donc ici d'un coup à tous les étudiants
(et lycéens, mais ne s'autoproclament-ils pas étudiants
aujourd'hui ?) par cette citation :</p>

<p><emphasis>Et
comment ne pas claquer ces têtes à claques devant
l'irréelle sérénité de la nullité
intello-culturelle qui les nimbe ? Et s'ils n'étaient que
nuls, incultes et creux, par la grâce d'un quart de siècle
de crétinisme marxiste scolaire, renforcé par autant de
diarrhéique démission parentale, passe encore. Mais le
pire est qu'ils sont fiers de leur obscurantisme, ces minables.</emphasis></p>

<p><emphasis>Ils
sont fiers d'être cons.</emphasis></p>

<p><emphasis>« Jean
Jaurès ? C'est une rue, quoi », me disait
récemment l'étron bachelier d'une voisine, laquelle et
son mari. par parenthèse, acceptent de coucher par terre chez
eux les soirs où leur crétin souhaite trombiner sa
copine de caleçon dans le lit conjugal.</emphasis></p>

<p><emphasis>Ceci
expliquant cela : il n'y a qu'un « ah » de
résignation entre défection et défécation.
J'entends déjà les commentaires de l'adolescentophile
de bonne mise : « Tu dis ça parce que t'es en
colère.</emphasis></p>

<p><emphasis>En
réalité, ta propre jeunesse est morte, et tu jalouses
la leur, qui vit, qui vibre et qui a les abdominaux plats, "la
peau lisse et même élastique ", selon Alain
Schifres, jeunologue surdoué au Nouvel Observateur. »
Je m'insurge. </emphasis><emphasis>J'affirme que je haïssais plus encore la
jeunesse quand j'étais jeune moi-même.</emphasis><emphasis> J'ai plus
vomi la période yéyé analphabète de mes
vingt ans que je ne conchie vos années lamentables de rock
abâtardi.</emphasis></p>

<p><emphasis>La
jeunesse, toutes les jeunesses, sont le temps kafkaïen où
la larve humiliée, couchée sur le dos, n'a pas plus de
raison de ramener sa fraise que de chances de se remettre toute seule
sur ses pattes.</emphasis></p>

<p><emphasis>L'humanité
est un cafard.</emphasis></p>

<p><emphasis>La
jeunesse est son ver blanc.</emphasis></p>

<p><emphasis>Autant
que la vôtre, je renie la mienne, depuis que je l'ai vue
s'échouer dans la bouffonnerie soixante-huitarde où de
crapoteux universitaires grisonnants, au péril de leur
prostate, grimpaient sur des estrades à théâtreux
pour singer les pitreries maoïstes de leurs élèves,
dont les plus impétueux sont maintenant chefs de choucroute à
Carrefour.</emphasis></p>

<p><emphasis>Mais
vous, jeunes frais du jour, qui ne rêvez plus que de fric, de
carrière et de retraite anticipée, reconnaissez au
moins à ces pisseux d'hier le mérite d'avoir eu la
générosité de croire à des lendemains
cheguevaresques sur d'irrésistibles chevaux sauvages.</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Quant à ces féroces
soldats, je le dis, c'est pas pour cafter, mais y font rien qu'à
mugir dans nos campagnes.</emphasis></p>

<p>
<strong>Pierre Desproges, chronique de
la haine ordinaire</strong></p><empty-line /><empty-line /><p>Alors ?
Deuxième ou troisième degré ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Allez,
je les aime bien <strong>MES</strong> étudiants.</p><empty-line /><empty-line /><p>Encore
qu'hier, un candidat, à ma question "comment vous voyez
vous dans sept ou huit ans ?" m'a répondu :</p>

<p>"Moi,
mon rêve ?, avoir une belle maison bien à moi..."</p><empty-line /><empty-line /><p>Mit
der Dummheit kämpfen Götter selbst vergebens.</p>

<p>[Contre
la stupidité, les dieux eux-mêmes luttent en vain.]</p>

<p><strong>Schiller,
Die Jungfrau von Orleans.</strong></p>

<p><strong>
Toi
aussi mon fils ! 
</strong></p>

<p>Tu
quoque, mi fili !</p>

<p>Et
tu, Brute !</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
saviez-vous ? Jules César, dans l'hypothèse où
il a effectivement prononcé cette phrase, l'aurait exprimé
en grec : «  kai su, teknon » (même
toi, mon enfant !), langue
des élites romaines<sup>55</sup>.</p><empty-line /><empty-line /><p>Si
je fais ainsi étalage de ma culture googlesque, c'est
simplement parce que mon ignorance me fascine et pour vous narrer la
petite mésaventure qui m'est arrivée il y a peu, et qui
n'intéressera que moi :</p><empty-line /><empty-line /><p>Mon
ordinateur est toujours ouvert à tous les vents puisque j'y
branche et débranche toutes sortes d'appareils plusieurs fois
par expertise. Même la façade est démontée
pour pouvoir y mettre mon boîtier USB de lecture de disques
durs IDE.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
donc sur ma table de travail une machine dénudée
particulièrement inesthétique, mais dont tous les
voyants, leds et autres loupiotes clignotent à qui mieux mieux
dans la pénombre de mon bureau.</p>

<p>Tout
ceci est tentant pour des petites mains curieuses.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'étais
concentré sur un travail particulièrement difficile (la
lecture d'un billet du carnet
de Pikipoki sur la gestion du stress si mes souvenirs sont bons),
quand ma fille ainée est entrée dans mon bureau pour
discuter avec moi.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pendant
la discussion, elle me montre une lumière en disant "ah
c'est joli ça", et sans que je n'ai le temps de réagir,
appuie dessus.</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
s'agissait du bouton d'arrêt du PC.</p>

<p>La
bouche ouverte, j'ai regardé ma machine se mettre à
entamer sa procédure de "shutdown" et s'arrêter.</p><empty-line /><empty-line /><p>Une
saisie d'image était en cours depuis 3h.</p>

<p>Un
article de ce blog était en cours de rédaction sans
avoir été "enregistré en mode brouillon"
(en mode web 2.0 cela veut dire "circulez y a plus rien à
récupérer").</p><empty-line /><empty-line /><p>kai
su, teknon</p>

<p><strong>
Non,
toute peine ne mérite pas salaire ! 
</strong></p>

<p>Je
fais chaque année une conférence aux étudiants
sur le thème du logiciel libre (présentation des
concepts, illustration avec GNU/Linux, avantages et importance
croissante, etc.)</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
à chaque fois, un étudiant me pose la question suivante
(que je place donc dans ma rubrique "question à deux
euros") : "Comment peut-on travailler gratuitement ?"</p><empty-line /><empty-line /><p>A
cela, je réponds :</p>

<p>"Quand
on est passionné par quelque chose, il est parfaitement
pensable de travailler gratuitement, par plaisir, par altruisme.
C'est le principe du bénévolat."</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
à chaque fois, les étudiants me regardent avec des yeux
ronds, eux qui sont formatés pour entrer dans la vie active
"traditionnelle".</p><empty-line /><empty-line /><p>Tristan
Nitot vient d'écrire un
court billet très clair<sup>56</sup>
que je vous invite à lire sur ce sujet.</p><empty-line /><empty-line /><p>Extraits
choisis :</p>

<p><emphasis>Tous
ces gens ont un comportement égoïste, dans le bon sens du
terme : ils s'y retrouvent quand ils contribuent. Bien sûr,
il n'est pas question d'argent ici. Ils sont en quelque sorte payés
"en nature", que ce soit en retirant du plaisir de cette
"transaction" qui n'est pas financière, ou en
bénéficiant d'un meilleur logiciel.</emphasis></p>

<p><emphasis>[...]</emphasis></p>

<p><emphasis>si
quelqu'un participe à un projet Libre, c'est qu'il y trouve
son compte, même si c'est sous une forme non-marchande, en tant
que plaisir de s'adonner à un passe-temps, considération,
réputation, fierté d'avoir fait quelque chose d'utile,
intérêt d'avoir un logiciel de meilleure qualité,
parce que son patron lui a demandé, ou tout simplement parce
que c'était la chose juste...</emphasis></p>

<p>
Je n'aurais pas su dire mieux.
J'aime bien aussi l'exemple de la ferme construite gratuitement avec
l'aide des voisins. Je prends des notes pour ma prochaine
intervention...</p>

<p><strong>
It's
raining CATs and dogs... 
</strong></p>

<p>J'ai
mon CAT !</p>

<p>Non,
pas un Centre
d'Aide par le Travail<sup>57</sup>,
mais un beau Certificat d'Aptitude au Tir...</p><empty-line /><empty-line /><p>En
clair, je suis artificier...</p>

<p>En
plus clair, je suis apte à faire sauter des explosifs.</p><empty-line /><empty-line /><p>"Pour
quelle raison ?", allez-vous me dire.</p>

<p>Mais
parce que je <strikethrough>pratique</strikethrough> pratiquais la spéléologie
(lire page 23) à un niveau tel qu'il fallait commencer à
envisager le pire : la sortie sur civière.</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
dans certains gouffres, une civière, cela ne passe pas.</p>

<p>Il
faut alors choisir entre :</p>

<p>- faire
passer le blessé en vrac malgré ses fractures (boules
QUIES obligatoires);</p>

<p>- laisser
le blessé où il est, et amener l'hôpital par
petits morceaux (prévoir une bonne réserve de morphine,
la reconstruction d'un bloc opératoire dans un boyau
souterrain sans abîmer la nature demandant un certain temps;</p>

<p>- abîmer
la nature sans tuer le blessé, ni les secouristes (et si
possible sans refermer le gouffre).</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
meilleur moyen pour agrandir un passage souterrain loin de toute
civilisation (pas d'électricité, pas de compresseur,
pas de téléphone portable, par d'accès internet
;), eh bien, c'est d'utiliser des explosifs.</p>

<p>Aussi,
quand on m'a demandé de participer à l'équipe
de secours spéléo<sup>58</sup>
de ma région, n'étant plus dans la force de ma
jeunesse, j'ai choisi l'option BOOM, et j'ai passé mon CAT :</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
Certificat d'Aptitude au Tir est obligatoire pour certaines
professions, comme par exemple pour l'exploitant de carrières.
C'est d'ailleurs dans une carrière que j'ai effectué
une semaine de stage intensif pour obtenir ce diplôme.</p><empty-line /><empty-line /><p>La
semaine de stage se termine par un examen théorique ET par une
épreuve pratique qui consiste à faire exploser une
partie de la carrière : chaque stagiaire dispose d'un
trou large de 10 cm, et profond d'environ 10 mètres dans
lequel il place les explosifs (amorce de dynamite avec détonateur
+ mélange explosif) et relie son détonateur au système
de mise à feu (l'exploseur).</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
eu la chance d'être désigné pour actionner
l'exploseur, déclenchant ainsi un tir de carrière
contenant 1 000 fois plus d'explosifs que je ne ferai jamais sauter
sous terre (où l'on utilise des microcharges).</p><empty-line /><empty-line /><p>Nous
avions appris en cours qu'il faut garder la bouche ouverte au moment
de l'explosion pour éviter une surpression au niveau des
tympans.</p><empty-line /><empty-line /><p>Nous
avions également étudié la possibilité
d'un "coup de canon". C'est un phénomène qui
se produit quand l'un des trous rempli d'explosif agit comme un canon
et expulse toute la roche environnante en l'air.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
eu droit à un "effet canon".</p><empty-line /><empty-line /><p>J'étais
donc là debout, la bouche ouverte, les yeux écarquillés
par le spectacle magnifique de l’explosion colossale que
j'avais déclenchée, observant la nuée de petits
points montant dans le ciel pendant que les instructeurs se ruaient
sous le bulldozeur situé près de nous...</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
suis resté seul, bien droit sous mon casque.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'en
ai gardé un souvenir exaltant, ainsi qu'une cicatrice dans le
dos quand les pierres ont commencé à pleuvoir autour de
moi.</p>

<p><strong>
Tribunal
de Commerce part II 
</strong></p>

<p>(suite
de la page 122) :</p>

<p><strong>Partie
II : le jour de la première réunion</strong></p><empty-line /><empty-line /><p>J'arrive
toujours une demi-heure en avance pour m'assurer que tout est prêt
pour recevoir la réunion. Parfois les choses sont assez
cocasses puisque personne à l'accueil ne semble au courant de
l'existence d'une réunion d'expertise judiciaire.</p><empty-line /><empty-line /><p>En
général on me propose un café que j'accepte à
la condition expresse que cela soit proposé à toutes
les personnes qui assisteront à la réunion. Il y a
parfois des réactions amusantes...</p><empty-line /><empty-line /><p>Si
je ne suis pas tout seul à l'heure prévue pour le début
de la réunion (c'est déjà arrivé !),
je commence la réunion. Je suis très à cheval
sur la ponctualité, ce qui me vaut d'être souvent mis en
cause par les parties arrivant en retard et qui soulèvent le
problème du contradictoire. Fallait pas arriver en retard.</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
un moment TRES impressionnant que le début d'une réunion
d'expertise : je découvre les personnes présentes :</p>

<p>- "Gros_moyens"
est représentée par son avocat et son PDG, accompagnés
de quatre spécialistes : un "expert informatique"
(il s'agit souvent d'un expert judiciaire effectuant ici une
expertise privée), le chef du service informatique (ou celui
qui fait office de), le comptable et le sous fifre de service (en
général la personne qui connaît le mieux le
problème, il est arrivé que ce soit un stagiaire).</p>

<p>- "best_SSII"
est représentée par son avocat et son gérant,</p>

<p>- "ERP_dynamite"
n'est représentée par personne. Visiblement, il s'agit
d'une très grosse société faisant peu de cas de
ma convocation. Je suis vexé.</p>

<p>Nous
sommes donc 9 autour de la table.</p><empty-line /><empty-line /><p>L'ambiance
est légèrement électrique. Sans la présence
de son avocat, le PDG de "Gros_moyens" aurait déjà
sauté à la gorge du gérant de "best_SSII".
Comme d'habitude, j'arrive en terrain miné. Je sors mon casque
bleu.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
débute toujours la réunion par une présentation
du rôle de l'expert judiciaire, sur le fait que je ne suis pas
là pour juger mais pour rendre un avis à un juge qui
n'est pas obligé de le suivre. Je lis ensuite mes missions à
l'assistance pour insister sur le but de la réunion (ce n'est
pas le bureau des pleurs, ni un ring, ni une salle de plaidoirie).</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
propose ensuite un tour de table pour que chacun présente
rapidement le problème de son point de vue. Tout est dans le
mot "rapidement"...</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
match commence.</p>

<p><strong>
L'âge
d'or est devant nous... 
</strong></p>

<p>A
quoi voit-on que l'on prend de l'âge ? Quand on commence à
se souvenir d'une époque où l'on était plus
mince, plus fort, plus vif ? Quand nos articulations ne
craquaient pas ? Quand on s'aperçoit qu'avant nous
pouvions faire plus de choses en se fatiguant moins vite ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Non !</p><empty-line /><empty-line /><p>Quand
on commence à dire que c'était mieux avant.</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
cette vision de nos propres capacités s'étend
généralement à la société :
peu importe à quoi elle ressemblait du temps de notre
jeunesse, c'est comme cela qu'elle devrait être, et tout
changement survenu depuis lors est considéré comme une
dégradation, une dégénérescence, une
abomination.</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
puis, notre mémoire, qui n'est pas infaillible, a tendance à
idéaliser le passé, à gommer les soucis et les
frustrations, à amplifier les joies, tout cela encore enjolivé
par le prisme de l'histoire qui met invariablement l'accent sur
l'héroïsme, la détermination inébranlable
et les vertus civiques, tout en passant sous silence les lâchetés,
la corruption et l'injustice.</p><empty-line /><empty-line /><p>N'est-ce
pas vrai jusque dans le domaine informatique ? Vous qui baignez
depuis dix ou vingt ans dans la technologie, ne vous arrive-t-il pas
de songer avec nostalgie à l'âge d'or ? De vous
plaindre que les systèmes d'exploitation sont moins bons que
dans le temps, de rêver à la simplicité des
programmes du temps passé ?</p><empty-line /><empty-line /><p><emphasis>"Quand
j'utilisais WordStar sur mon TRS 80 avec 48 Ko de mémoire vive
et mon lecteur de disquette, je rédigeais mes rapports de 50
pages avec moins de problèmes qu'aujourd'hui"</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Avez-vous
réessayé les programmes ou les jeux électroniques
favoris qui ont illuminé votre enfance sur votre ordinateur
d'alors ? Vous souvenez vous des heures passées devant un
écran noir et blanc (noir et vert) à jouer au tennis
avec une barre verticale servant de "raquette" et une balle
carrée qui faisant "bong" avant d'accélérer
inexorablement ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
viens de refaire une partie de tennis de ce type, eh bien c'est NUL !
Je n'ose même pas montrer ce jeu à mes enfants en leur
expliquant la larme à l'œil que mes parents devaient
m'en limiter l'usage...</p><empty-line /><empty-line /><p>Nous
utilisons aujourd'hui des ordinateurs que les informaticiens d'il y a
vingt ans n'ont pas osé envisager dans leurs rêves les
plus fous. Chaque mois, chaque jour, un nouveau concept technologique
sort des ateliers ou des laboratoires dans le monde entier. Nos
enfants, nos étudiants maîtrisent des technologies de
façon naturelle et banale que nous avons admirées lors
de leurs sorties.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
la chance de travailler dans une école d'ingénieurs au
contact de jeunes ayant entre 17 ans et 23 ans. Demandez-leur s'il
faut autoriser l'usage d'une calculatrice pour un examen en lieu et
place d'une règle à calcul.</p>

<p>Eux
dont le téléphone est relié à Internet...</p><empty-line /><empty-line /><p>Devons-nous
craindre de voir le ciel nous tomber sur la tête, la
technologie prendre le pas sur nos compétences et nous envoyer
ringardiser une étagère de musée ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Nous
vivons une époque exaltante où des idées qui
affolaient les lecteurs de science-fiction sont devenues réalités
ou sont en passe de l'être. Cela ne rend pas l'Homme meilleur,
mais je suis persuadé que l'apparente complexité du
monde actuel prépare un avenir meilleur. Nous devons
contraindre nos neurones à suivre le rythme, à rester
dans la course et si possible en tête. Loin d'être les
fainéants qu'ils veulent paraître, les informaticiens
sont les ingénieurs les plus dynamiques.</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
pourquoi pas ? L'âge d'or de l'informatique est devant
nous.</p><empty-line /><empty-line /><empty-line /><empty-line /><empty-line /><p>PS :
une partie importante de ce billet est inspirée d'un article
d'Isaac Asimov lu dans "Mais le docteur est d'or" et dont
le titre est repris ici.</p>

<p>PS2 :
C'est vrai qu'avant j'avais des abdos plats et fermes...</p>

<p><strong>
Flash
Gordon 
</strong></p>

<p>Je
viens d'être désigné pour une affaire pédophile
(et oui encore !).</p>

<p>La
saga continue.</p><empty-line /><empty-line /><p>Finalement,
je vais commencer à avoir visualisé plus de photos
pédopornographiques que le criminel le plus pédophile...</p>

<p>Bon,
ce n'est pas drôle, d'autant que ce blog me sert surtout
d'exutoire à cause précisément des affaires de
ce type.</p><empty-line /><empty-line /><p>Cette
fois ci, le parquet me demande d'établir un devis. Comme de
toute façon, l'article R107 du code de procédure pénale
en fait l'obligation :</p>

<p><emphasis>Lorsque
le montant prévu de ses frais et honoraires dépasse 460
euros, l'expert désigné doit, avant de commencer ses
travaux, en informer la juridiction qui l'a commis.</emphasis></p>

<p>J'ai
dans les mains deux ordinateurs dont un contient deux disques durs de
160 Go et 80 Go. L'expertise va donc coûter effectivement plus
de 460 euros...</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
une méthode infaillible pour effectuer un devis : comme
je ne sais pas à l'avance si l'un des disques durs est en
panne (ce qui augmente considérablement le coût
d'investigation), si les données sont cryptées, si les
formats utilisés sont exotiques, je procède de la façon
suivante : j'effectue complètement l'expertise et
j'envoie le devis ! Celui-ci est donc particulièrement
précis :)</p>

<p>Bien
sûr, s'il est refusé, c'est pour ma pomme.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
donc démarré ce week-end une expertise particulièrement
éprouvante, enfermé dans mon bureau.</p><empty-line /><empty-line /><p>La
procédure d'analyse des scellés commence toujours de la
même façon : j'effectue une vérification
complète des ordinateurs : y a-t-il un cédérom
oublié dans le lecteur, combien de disques sont branchés,
débranchés, etc. Eh bien pour une fois, mes
vérifications ont porté leurs fruits : il y avait
une petite carte mémoire flash coincée dans le lecteur
<emphasis>ad hoc</emphasis>. Je suis sûr que personne ne l'avait remarquée
car elle n'apparaît sur aucun procès-verbal !</p><empty-line /><empty-line /><p>Une
carte mémoire flash de 2 Go remplie à ras bord de
photos et de films pédophiles !</p>

<p>J'en
suis malade.</p>

<p><strong>
Combien
reste-t-il après une expertise ? 
</strong></p>

<p>Plusieurs
candidats experts m'ont écrit pour avoir plus d'éléments
que ceux fournis dans un précédent billet intitulé
"note
de frais et honoraires" (lire page 54).</p><empty-line /><empty-line /><p>Les
questions tournent en général autour du statut de
l'expert, des déclarations fiscales ou du montant des
bénéfices.</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
suis bien mal placé pour y répondre, ignare que je suis
sur ces sujets.</p>

<p>Néanmoins,
j'essaierai ici quelques réponses...</p><empty-line /><empty-line /><p>1er
conseil : allez voir un expert... en droit fiscal. Comme tous
les juristes, il saura vous conseiller et vous (re)mettre dans le
droit chemin. Si vous préférez néanmoins faire
l'impasse, eh bien voici quelques pistes (mais SGDZ<sup>59</sup> !).</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
ma part, je suis salarié. Mon employeur principal a accepté
que j'exerce l'activité d'expert judiciaire sur mon temps
libre à condition que cela n'empiète pas sur mon
activité professionnelle. Je m'y tiens dans un respect mutuel
et selon mon cinquième commandement (lire page 40).</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
déclare mon activité d'expert judiciaire à
l'URSSAF qui m'a attribué un numéro SIRET (il paraît
que c'est plus difficile aujourd'hui d'en obtenir un). J'y verse donc
la CAF, CSG et autre RDS.</p>

<p>Je
cotise également (c'est obligatoire) à la sécurité
sociale (caisse des professions indépendantes). C'est
obligatoire, même si je cotise déjà via mon
employeur principal. C'est aberrant, mais c'est la France. J'ai ainsi
deux jolies cartes vitales :)</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
déclare aux impôts l'intégralité du
chiffre d'affaire que je réalise en tant qu'expert judiciaire
dans la case "revenus non commerciaux non professionnel".
Je rappelle qu'expert judiciaire, ce n'est pas une profession (lire
page 19). Comme mes revenus d'expertises sont (très)
inférieurs au plafond ad hoc, l'état applique dessus
une remise forfaitaire de 34%.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
jeté au fur et à mesure qu'ils me parvenaient tous les
documents m'invitant (certains très fermement !) à
cotiser à une caisse de retraite. Certainement suite à
mon obtention de numéro SIRET...</p>

<p>Je
cotise déjà via mon employeur principal.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'espère
que ces différents points ne m'attireront point les foudres de
l'état. Que tous les agents attachés à la
collecte des différentes gabelles sachent que si erreur j'ai
commise, elle est bien involontaire, et n'est liée qu'à
mon ignorance regrettée des subtilités administratives
en la matière.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
à ce sujet une petite anecdote :</p>

<p>Est
parue en cette belle année 2000 s'il en fut, une circulaire
portant le doux nom suivant : "<emphasis>Circulaire DSS/SDFGSS/5 B
n° 2000-430 du 21 juillet 2000 relative à la mise en œuvre
des dispositions relatives au rattachement au régime général
de la sécurité sociale des collaborateurs occasionnels
du service public</emphasis>", dont je ne reprendrai que la portion
suivante :</p>

<p><emphasis>C.
- Les personnes redevables du versement des cotisations</emphasis></p>

<p><emphasis>Le
deuxième alinéa de l'article 1er prévoit que
l'Etat, les collectivités territoriales, les établissements
publics en dépendant et les organismes privés chargés
de la gestion d'un service public administratif qui font appel aux
personnes mentionnées au premier alinéa de cet article
premier versent aux URSSAF les cotisations de sécurité
sociale, ainsi que la CSG et la CRDS. Ceci vaut également dans
le cas où la rémunération est assurée par
une tierce personne - expertise judiciaire au civil, gérance
de tutelle, certains commissaires-enquêteurs, médiateurs
civils, etc.</emphasis></p>

<p><emphasis><strong>Dans
ce dernier cas, il appartient à l'Etat, aux collectivités
territoriales et aux établissements publics administratifs en
dépendant, de prendre toutes les mesures de nature à
recouvrer, auprès de la tierce personne à la charge de
laquelle est mise la rémunération versée aux
collaborateurs occasionnels, le montant équivalent à la
part patronale des cotisations et contributions</strong></emphasis><emphasis>, à
l'instar de ce que prévoient les dispositions de l'article R.
91 du code de procédure pénale sur la distinction entre
les frais qui sont à la charge de l'Etat et ceux dont il fait
simplement l'avance.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Il
semble que cette circulaire n'ait pas fait beaucoup rire les
différents greffiers avec qui j'en ai discuté.</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
est vrai que le sujet ne prête guère à rire.</p>

<p>Peut-être
manque-t-il un petit décret d'application pour en éclaircir
les modalités ?</p><empty-line /><empty-line /><p>PS :
Si un éminent confrère se trouvant dans la même
situation que moi (salarié, etc.) procède différemment,
qu'il n'hésite pas à m'en faire part, surtout s'il peut
me faire faire quelques économies... Si un conseiller fiscal
s'égare sur ce billet et qu'il peut me faire bénéficier
de ses lumières, j'irai jusqu'à lui verser 50% des
économies qu'il m'aura fait faire (si celles-ci sont légales
bien sûr).</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
mot de la fin :</p>

<p>
<emphasis>Il n'est pas toujours bon
d'avoir un haut emploi :</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Si tu n'avais servi qu'un
meunier, comme moi,</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Tu ne serais pas si malade.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>La
fontaine, "Les
deux mulets<sup>60</sup>".</p>

<p><strong>
Vingtenaire
</strong></p>

<p>J'ai
toujours rêvé d'aller sur Mars.</p>

<p>C'est
vrai qu'au fur et à mesure que le temps passe, mes chances
s'amenuisent. J'arrive pourtant à développer encore un
argumentaire (lire ce billet page 93).</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
quel âge aurais-je si je vivais sur Mars ?</p>

<p>C'est
une question parfaite pour ma rubrique "Questions
à deux euros"...</p><empty-line /><empty-line /><p>Bon,
d'abord, combien de jours met Mars pour tourner autour du soleil ?</p>

<p>Une
rapide recherche sur Google me renvoie vers wikipédia qui
m'indique que "La durée d'une année sidérale
martienne (le temps mis par la planète pour effectuer une
révolution autour du Soleil) est d'environ 686,98 jours
solaires terrestres."</p><empty-line /><empty-line /><p>Bien.</p>

<p>Le
jour solaire terrestre étant pile poil égal à
24h, il suffit donc de compter le nombre de jours écoulés
depuis ma naissance et de diviser par 686,98.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ok.</p>

<p>Comment
calculer le nombre de jours écoulés depuis ma
naissance ?</p>

<p>Il
suffit d'ouvrir son tableur favori et d'inscrire la date
d'aujourd'hui dans une case, la date de naissance dans une autre et
de faire la soustraction entre les deux cases. C'est aussi simple que
cela...</p><empty-line /><empty-line /><p>Eh
bien devinez quoi : je n'ai pas encore trente ans ! ! !<sup>61</sup></p>

<p><strong>
Donnez-moi
une arme et une bouteille de Tequila... 
</strong></p>

<p>Via
le blog
de Tristan Nitot<sup>62</sup>,
je suis tombé sur cette "dépêche" sur
un forum qui m'a bien fait rire. Comme elle ne semble plus accessible
que via le cache de Google, je la place ici en version française
de mon cru pour ceux <strikethrough>de ma famille</strikethrough> qui ne lisent pas
la langue de Nelson).</p><empty-line /><empty-line /><p><emphasis><strong>Give me a
gun, and a bottle of Tequila...</strong></emphasis></p>

<p><emphasis>Je
lis mes emails depuis chez moi le matin avant d'embaucher, de façon
à voir dans quel bazar je vais débarquer...</emphasis></p>

<p><emphasis>Le
titre de ce billet vous laisser deviner que cette fois, on a atteint
un sommet.</emphasis></p>

<p><emphasis>De :
"Utilisateur qui avait une raison de venir travailler lundi
alors qu'il n'y avait personne"</emphasis></p>

<p><emphasis>A :
Service informatique</emphasis></p>

<p><emphasis>Sujet :
Clim en marche</emphasis></p>

<p><emphasis>Salut
les gars,</emphasis></p>

<p><emphasis>Je
suis venu travailler aujourd'hui (lundi) pour finir un projet avant
un rendez-vous important avec un client potentiel demain, et j'ai
remarqué qu'il y avait trois ou quatre climatiseurs en
fonctionnement pendant tout le temps où j'étais là.
Comme il s'agit d'un week-end de trois jours, personne d'autre
n'était là, alors pourquoi faire fonctionner la clim
24h/24 et 7j/7 ? Avec tout le courant déjà utilisé
par les gros ordinateurs de la pièce, je doute qu'il soit très
écologique de faire fonctionner toutes ces clims en même
temps. En plus, tous les ordinateurs ont des ventilateurs, alors à
quoi bon toutes ces clims dans cette pièce ? J'ai utilisé
le badge du responsable pour éteindre toutes les clims. Je
suis sûr que vous pouvez supporter un peu de chaleur pendant
une heure ou deux quand vous arriverez demain matin. A l'avenir,
soyons un peu plus consciencieux avec notre utilisation de l'énergie.
Merci.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p><emphasis>RESULTATS :</emphasis></p>

<p><emphasis>Sont
morts : le serveur Exchange (messagerie), les contrôleurs
de domaine, quelques SUN dont je ne suis pas trop sûr de
l'usage</emphasis></p>

<p><emphasis>Presque
morts : l'autocommutateur téléphonique, les
serveurs d'applications.</emphasis></p>

<p><emphasis>Température
de la salle serveur à 7h mardi matin : 32 °C</emphasis></p>

<p><emphasis>Bilan
pour le salarié qui a envoyé l'email précédent :
licencié</emphasis></p>

<p><strong>
La
voix de la France 
</strong></p>

<p>J'avais
été ému par les applaudissements des
représentants des nations présents à l'ONU lors
de ce discours de Dominique Galouzeau de Villepin.</p>

<p>Je
n'en ai pas trouvé la version vidéo en français
sur internet (il y a bien la version anglophone, mais bon).</p><empty-line /><empty-line /><p>Remémorez-vous
la tension pré-guerrière de l'époque, et
imaginez-vous devant les caméras du monde entier en train de
lire ce texte, au nom de la France :</p>

<p><emphasis>Dans
ce temple des Nations Unies, nous sommes les gardiens d'un idéal,
nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité
et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire
à donner la priorité au désarmement dans la
paix.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p><emphasis>Et
c'est un vieux pays, la France, d'un vieux continent comme le mien,
l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres,
l'occupation, la barbarie. Un pays qui n'oublie pas et qui sait tout
ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique
et d'ailleurs. Et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout
face à l'Histoire et devant les hommes. Fidèle à
ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de
la communauté internationale. Il croit en notre capacité
à construire ensemble un monde meilleur.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Applaudissements.</p>

<p><strong>
Une
case par personne 
</strong></p>

<p>Certains
dispositifs d'un autre âge sont d'une efficacité
redoutable.</p><empty-line /><empty-line /><p>A
l'heure d'internet, 165 années après l'invention
du fax<sup>63</sup>
(avant celle du téléphone !), quatre siècles
après la création des
messagers royaux par le roi Henri III<sup>64</sup>,
j'ai découvert un système archaïque de
communication entre avocats : la case...</p><empty-line /><empty-line /><p>Bien
sûr, il ne s'agit pas de la petite habitation sommaire et
traditionnelle d'Afrique chère à Monsieur Tom. Non, il
s'agit d'un casier attribué à chaque avocat et situé
dans une petite pièce discrète du tribunal de la ville
où je réside. Réservée aux seuls avocats
et greffiers, la pièce est en pratique accessible à
ceux qui en connaisse son existence.</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
un moyen très économique de communiquer avec les
avocats : il suffit de "mettre en case" les documents
à transmettre.</p><empty-line /><empty-line /><p>Amateurs
de BD s'abstenir.</p>

<p><strong>
Suis-je
un bon expert ? 
</strong></p>

<p>Suis-je
un bon expert ?</p>

<p>Cette
question me hante depuis de nombreuses années... En effet,
chaque expertise est unique, et les enjeux pour les parties sont
considérables. J'ai beau expliquer à chaque début
de réunion que l'expert ne fait que rédiger un avis que
le magistrat n'est pas obligé de suivre, je connais très
bien le poids d'un rapport d'expertise dans un dossier...</p><empty-line /><empty-line /><p>Pourtant
quand je lis des blogs informatiques, quand je parcours des ouvrages
informatiques, je me dis que j'ai beaucoup, beaucoup de lacunes :</p>

<p>cryptologie,
sécurité, imprimantes<sup>65</sup>,
estimation des coûts des sinistres informatiques, <emphasis>et cætera</emphasis>.</p><empty-line /><empty-line /><p>Bien
sûr, j'ai quelques connaissances, je ne pense pas être le
plus nul des experts judiciaires, mais la question me taraude.</p><empty-line /><empty-line /><p>Qu'est-ce
qu'un bon expert judiciaire en informatique ?</p><empty-line /><empty-line /><p>- Expert
judiciaire = "<emphasis>Personne choisie pour ses connaissances
techniques et chargée de faire, en vue de la solution d'un
procès, des examens, constatations ou appréciations de
fait.</emphasis>"</p><empty-line /><empty-line /><p>- Informatique
= "<emphasis>Science de l'information; ensemble des techniques de la
collecte, du tri, de la mise en mémoire, de la transmission et
de l'utilisation des informations traitées automatiquement à
l'aide de programmes mis en œuvre sur ordinateurs.</emphasis>"</p><empty-line /><empty-line /><p>- Information
= "<emphasis>Elément ou système pouvant être
transmis par un signal ou une combinaison de signaux.</emphasis>".</p>

<p>Ne
pas confondre avec "<emphasis>Renseignement ou évènement
qu'on porte à la connaissance d'une personne, d'un public</emphasis>"</p>

<p>ou
avec "<emphasis>Ensemble des actes qui tendent à établir
la preuve d'une infraction et à en découvrir les
auteurs (instruction)</emphasis>, comme dans <emphasis>Ouvrir une information</emphasis>".</p><empty-line /><empty-line /><p>- Bon
= "<emphasis>Qui convient, qui fait bien son métier, son
travail; tient bien son rôle.</emphasis>"</p><empty-line /><empty-line /><p>Conclusion :
j'ai été choisi pour mes connaissances afin de faire
des constatations techniques sur des éléments ou
systèmes pouvant être transmis par une combinaison de
signaux traités automatiquement à l'aide de programmes
mis en œuvre sur ordinateurs.</p><empty-line /><empty-line /><p>Reste
à savoir si je tiens bien mon rôle.</p><empty-line /><empty-line /><p>PS :
Toutes les définitions sortent du "Petit Robert 1991"
(je sais, il y a plus récent, mais je collectionne les vieux
dictionnaires...)</p>

<p><strong>
Correspondance
privée et public joke 
</strong></p>

<p>Les
gens sont méchants.</p>

<p>Un
de mes amis proches dont le nom commence par Z tient un blog et
s'attire parfois les foudres d'un internaute mécontent. Les
foudres en question consistent en générale en un envoi
d'emails rageurs et insultants, dont le niveau d'intelligence égale
le niveau de bonne foi.</p>

<p>Ce
blogueur a parfois la tentation de jouer un bon tour : publier
un des emails croustillants sur son blog et faire une bonne contre
publicité à son interlocuteur...</p><empty-line /><empty-line /><p>Question
à deux euros : ce blogueur est-il en faute ? Peut-il
impunément publier un email sous prétexte qu'il lui
était adressé nommément et personnellement ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
ne suis pas juriste, ma réponse ne vaut donc pas grand-chose
et mon meilleur conseil est de consulter une avocate (ou un avocat,
je ne suis pas sexiste).</p>

<p>Bon,
avant d'ennuyer une femme (ou un homme) de Loi, cherchons un peu dans
les codes :</p>

<p>article
226-15 du Code Pénal (l'augmentation de graisse est de moi)</p>

<p><emphasis>Le
fait, commis de mauvaise foi, d'ouvrir, de supprimer, de retarder ou
de détourner des correspondances arrivées ou non </emphasis><emphasis><strong>à
destination et adressées à des tiers</strong></emphasis><emphasis>, ou
d'en prendre frauduleusement connaissance, est puni d'un an
d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>"Adressées
à des tiers" : donc cela ne s'applique pas quand
vous êtes destinataire du message. La suite du même
article :</p>

<p><emphasis>Est
puni des mêmes peines le fait, commis de mauvaise foi,
d'intercepter, de détourner, d'utiliser ou </emphasis><emphasis><strong>de
divulguer des correspondances</strong></emphasis><emphasis> émises, transmises ou
</emphasis><emphasis><strong>reçues par la voie des télécommunications</strong></emphasis><emphasis>
ou de procéder à l'installation d'appareils conçus
pour réaliser de telles interceptions.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>"De
divulguer des correspondances reçues par la voie des
télécommunications" : Bingo, sauf erreur de
ma part, on ne peut donc pas, sans l'accord express de l'expéditeur,
publier un email dans un blog, même s'il vous est destiné.</p><empty-line /><empty-line /><p>Finalement,
cela ressemble fort à du bon sens : un petit con vous
écrit, vous publiez son texte pour le ridiculiser, fort de
votre grande audience. Mais la loi protège toujours le
petit...</p><empty-line /><empty-line /><p>Qui
est-ce qui aura l'air con pendant le procès ? La question
reste ouverte.</p><empty-line /><empty-line /><p>Après
tout, il n'y a en jeu qu'une Citroën
C6 Lignage avec quelques options à 45 000 euros.</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
les gens sont vraiment méchants.</p><empty-line /><empty-line /><p>PS :
Après avoir discuté avec mon avocate favorite, il
semble que l'article 226-15 du Code Pénal ne s'applique pas
ici.</p>

<p>De
plus, s'il n'y a pas d'article interdisant de publier par le
destinataire une correspondance privée sans demander
l'autorisation à l'expéditeur, c'est donc que c'est
possible !</p><empty-line /><empty-line /><p>Exemple :
dans un divorce, Madame verse au dossier un courrier que Monsieur lui
a envoyé et dans lequel il avoue sa faute. Il n'y a pas
violation du secret des correspondances privées.</p><empty-line /><empty-line /><p>Gare
à ceux qui vont m'écrire des emails vengeurs et
insultants !</p>

<p>Reste
à vérifier qu'ils ne se cachent pas derrière une
identité d'emprunt pour lui nuire et me brouiller avec elle !
Mais cela, c'est une autre histoire...</p>

<p><strong>
Un
œil, des œils 
</strong></p>

<p>Depuis
des lustres je reprends mes enfants quand ils glissent une (petite)
erreur dans la conversation :</p>

<p>"Dis
Papa, la hauteur des œils est-elle toujours constante ?"</p>

<p>"On
ne dit pas des œils , mais des yeux"</p><empty-line /><empty-line /><p>Eh
bien, la langue française étant ce qu'elle est, j'ai
découvert que la conversation (virtuelle) précédente
montre que mes enfants (réels) peuvent avoir raison contre
toute apparence : en
typographie, l'œil (pluriel œils) désigne la
partie de la lettre en relief sur la tige.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
vérifié dans mon dictionnaire, c'est vrai.</p>

<p>Et
comme disent mes étudiants, si c'est écrit sur
internet, c'est que c'est vrai.</p><empty-line /><empty-line /><p>Prudence
donc avant de ramener sa fraise...</p>

<p><strong>
Le
bureau de vote 
</strong></p>

<p>Dans
ce billet<sup>66</sup>,
j'annonçais fièrement ma participation à la
tenue d'un bureau de vote. Après quatre dimanches électoraux,
voici un petit bilan :</p>

<p>Tout
d'abord, le lieu de vote impressionne les électeurs. Non pas
par son décor : il s'agit de la cantine de l'école
maternelle ! Non, mais toutes les personnes entrent en silence,
avec une petite gêne, ne sachant pas s'il faut venir d'abord au
bureau de vote présenter sa carte d'électeur, ou
prendre les bulletins (combien ? Ah oui, ne pas oublier
l'enveloppe, quel isoloir prendre ? Que faire des bulletins non
utilisés). N'oublions pas que nous sommes au moins trois assis
derrière l'urne à observer la personne qui entre.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ensuite,
il y a les petites erreurs : untel entre d'un pas décidé,
prend un unique bulletin (sans enveloppe) et vient directement à
l'urne. Il faut expliquer avec tact qu'il lui faut retourner prendre
une enveloppe, passer par l'isoloir, plier le bulletin et le mettre
dans l'enveloppe, puis venir à la table de vote présenter
sa carte d'électeur. "C'EST BEN COMPLIQUE"...</p><empty-line /><empty-line /><p>Un
autre vous tend son enveloppe de vote et cherche à faire
entrer sa carte d'électeur dans l'urne.</p><empty-line /><empty-line /><p>Puis,
il y a le dépouillement. Cela a été une très
grande surprise pour moi : quelle transparence, quelle minutie,
quelle précision... Un ballet où chacun prend et tient
sa place consciencieusement avec solennité.</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
un peu compliqué, parfois un peu surprenant, mais on sent que
chaque action a sa raison d'être :</p>

<p>- ouverture
de l'urne par deux personnes avec deux clefs (comme un lancement de
missile nucléaire) en présence des citoyens présents
(une quinzaine à chaque fois);</p>

<p>- tout
le monde se regroupe autour de la table et fait des petits tas de 25
bulletins;</p>

<p>- les
petits tas sont comptés, le nombre de bulletins est vérifié
avec le nombre de signatures du cahier d'émargement (et le
compteur de l'urne, mais celui-ci ne donne qu'une information
approximative car il ne fonctionne pas toujours correctement);</p>

<p>- les
tas sont ensuite placés par quatre (100 bulletins) dans des
grandes enveloppes qui sont scellés (avant dépouillement !)
et signées par trois personnes;</p>

<p>- immédiatement
après, une première grande enveloppe est descellée
et son contenu est étalé sur la table;</p>

<p>- deux
personnes ouvrent les enveloppes de vote, en extrait les bulletins,
et les passent à la personne désignée par le
président pour lire le nom inscrit sur chaque bulletin, puis
le bulletin est transmis à une personne qui classe les
bulletins par candidat;</p>

<p>- pour
chaque nom prononcé, deux autres personnes inscrivent un bâton
sur leur feuille de résultats en prononçant à
voix haute le chiffre des unités du nombre de votes pour le
candidat concerné. S'ils énoncent le même chiffre
(entre zéro et neuf), ils sont en phase. Sinon, l'un d'entre
eux a commis une erreur;</p>

<p>- si
problème il y a, tout le monde s'arrête et dans le pire
des cas, nous recommençons à zéro la centaine de
bulletins présents sur la table (ce n'est jamais arrivé).</p><empty-line /><empty-line /><p>En
pratique, c'est simple car il y a toujours des personnes qui
connaissent bien la procédure et des nouveaux (comme moi) pour
les apprendre.</p>

<p>Tout
le monde surveille tout le monde, aucune fraude n'est possible, sauf
à ce que tous les participants soient d'accord. Et comme le
dépouillement est public, tous les candidats peuvent envoyer
une personne surveiller.</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
faut 3/4 d'heure pour dépouiller environ 500 bulletins.</p>

<p>Tout
est transparent, techniquement simple et vérifiable par un
bac-8.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ce
qui ne sera pas le cas avec un ordinateur de vote.</p>

<p><strong>
Le
mot de la fin 
</strong></p>

<p>Un
blog est un espace public d'internet où une personne expose
ses états d'âme privés. C'est un peu comme une
conversation avec un téléphone portable au milieu d'une
rame de métropolitain.</p><empty-line /><empty-line /><p>Jusqu'où
suis-je prêt à aller dans l'exposition de mon intimité ?</p>

<p>Ah
ah ah !</p><empty-line /><empty-line /><p>Bon,
OK ce
blog est anonyme<sup>67</sup>.
Mais parmi mes lecteurs se trouvent quelques-uns de mes amis et
quelques membres de ma famille, qui n'apprécieraient pas une
forme trop poussée d'exhibition.</p><empty-line /><empty-line /><p>Alors
quoi ? Eh bien, j'ai trouvé quelque chose de très
personnel, qui pourrait être utile à la communauté
de mes lecteurs (chacun étant confronté à un
moment ou à un autre à ce type de problème) et
dont je repousse la rédaction toujours plus loin : <strong>mon
testament</strong>.</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
assez privé non ?</p>

<p>Mais
quel rapport avec ce blog ?</p>

<p>Eh
bien, il suffit de remplacer le titre de ce billet par "Testament
d'un informaticien expert judiciaire"...</p><empty-line /><empty-line /><p>Bien
entendu, il n'entre dans aucune des cinq catégories prévues
par la loi : testament olographe, authentique, mystique,
exceptionnel ou international.</p><empty-line /><empty-line /><p>Chiche ?
C'est parti !</p><empty-line /><empty-line /><p><emphasis>Ceci
est mon testament, qui révoque tout autre testament ant</emphasis><emphasis>érieur.</emphasis></p>

<p><emphasis>Ce
testament est écrit de ma main via mon compte Zythom,
pseudonyme légalement reconnu.</emphasis></p>

<p><emphasis>Je
soussigné Gudule Muad’Dib Hal ZYTHOM, né sur
Terre au XXe siècle, demeurant </emphasis><emphasis>http://zythom.blogspot.com</emphasis><emphasis>,
prends les dispositions suivantes, en cas de décès :</emphasis></p>

<p><emphasis>Pour
le blog de céans : réaffichage, en dernière
date, du billet intitulé "le mot de la fin", avec
ajout de la mention "cessation pour cause de décès",
en fin de billet. Ayant contribué (modestement) à la
recherche de la Vérité, je souhaite que cette mention
soit suivie de la cause réelle du décès. Merci
d'éviter les termes du type "longue maladie". Ma
préférence va aux termes très crus.</emphasis></p>

<p><emphasis>Pour
le réceptacle corporel ayant entraîné le décès
par défaut de fonctionnement : prélèvement
de toute pièce pouvant servir à la réparation
d'autrui (yeux compris), puis incinération et dispersion des
cendres dans une mine de silice (silicium oxydé), sans
épitaphe, lors d'une cérémonie émouvante
(port du casque spéléo obligatoire) où sera
servi une boisson égyptienne à base d'orge fermenté</emphasis><sup><emphasis>68</emphasis></sup><emphasis>.</emphasis></p>

<p><emphasis>Au
sujet des enfants : les langages SMS, MMS, MSN et leurs dérivés
continueront à être proscrits jusqu'à leur
majorité matrimoniale (18 ans depuis le 4 avril 2006). Les
horaires d'utilisation des ordinateurs continueront à être
fixés selon la loi familiale locale en usage au moment de mon
décès, révisable tous les ans par l'autorité
parentale ou le tuteur légal. Qu'ils choisissent leurs études
selon leurs propres inclinaisons. Voyage d'un an hors continent
obligatoire.</emphasis></p>

<p><emphasis>Au
sujet de mes ordinateurs : dans la mesure où aucun
d'entre eux n'arrive à passer avec succès le test de
Turing, ils seront démontés et vendus "à la
bougie" lors d'une réunion de famille réunissant
au minimum 15 personnes majeures. Si l'un des ordinateurs réussit
ledit test, je demande qu'une copie du disque dur soit offerte à
l'Association for Computing Machinery (ACM) afin que mon nom soit
proposé pour la prochaine nomination : Zythom, prix
Turing 2037</emphasis><sup><emphasis>69</emphasis></sup><emphasis> !</emphasis></p>

<p><emphasis>Pour
mes dossiers d'expertises : faire trois tas : "finis",
"en cours" et "pas commencés".</emphasis></p>

<p><emphasis>Pour
les dossiers "finis", merci de les confier au bon soin du
crématorium ci-dessus mentionné pour qu'ils contribuent
au bon fonctionnement de la cérémonie. Voir ses cendres
mélangées avec celles de ses dossiers, quelle plus
belle fin pour un expert judiciaire ?</emphasis></p>

<p><emphasis>Pour
ceux "pas commencés", écrire au greffe du
tribunal me désignant avec un courrier de refus de mission
indiquant comme raison "je suis désolé de ne
pouvoir accepter cette mission, mais je suis décédé".</emphasis></p>

<p><emphasis>Enfin,
pour les dossiers "en cours", faire un courrier (en lettre
recommandée avec avis de réception) aux parties
indiquant "je suis dessaisi de ce dossier suite à mon
décès. Vous pouvez faire votre deuil des pièces
de votre dossier envoyées en original, sauf à vous
déplacer pour les récupérer. Fallait m'adresser
des copies comme demandées..."</emphasis></p>

<p><emphasis>Pour
le reste, j'institue comme ma légataire universelle en pleine
propriété mon épouse. Au cas où, à
la date de mon décès, il existerait des héritiers
réservataires et si la réduction de ce legs était
demandée, celui-ci comprendrait alors au seul choix de mon
épouse, la plus forte quotité disponible permise entre
époux, soit en pleine propriété et en usufruit,
soit en usufruit seulement, et, en outre, comprendrait la
nue-propriété de la réserve de mes ascendants.</emphasis></p>

<p><emphasis>Paix
à mes cendres, ne pas éternuer.</emphasis></p>

<p><emphasis>Fait
en Europe, le 19 juin 2007.</emphasis></p>

<p><emphasis>Zythom</emphasis></p>

<p><strong>
Un
expert judiciaire face à la pédophilie 
</strong></p>

<p>Un
expert judiciaire est un citoyen inscrit sur une liste par des
magistrats pour ses compétences techniques. Dans la pratique,
beaucoup des expertises sont faites par des médecins ou des
psychologues. Mais il y a des experts judiciaires dans tous les
domaines et j'aurai dû intituler ce billet "Un
informaticien face à la pédophilie"...</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
déjà fait remarquer sur ce blog l'augmentation du
nombre d'expertises qui me sont demandées avec comme mission
principale de "découvrir la présence d'images ou
films pédopornographiques" sur les disques durs mis sous
scellés.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'accepte
ces missions malgré la souffrance que je ressens lorsque je
découvre une collection d'images et de films "vraiment"
pédophiles. C'est une façon pour moi de participer à
la protection des enfants maltraités qui subissent les
violences dont je suis le témoin impuissant lorsque je
visionne les films et images que j'extrais des ordinateurs qui me
sont confiés.</p><empty-line /><empty-line /><p>"Vraiment"
pédophile, pédopornographique, qu'est-ce que cela veut
bien dire ?</p>

<p>La
pédophilie est l'attirance sexuelle d'un adulte envers les
enfants. Un enfant est un être humain dont le développement
se situe entre la naissance et la puberté. L'étymologie
de ce mot est latine : infans signifiait, chez les romains, "qui
ne parle pas".</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
semble qu'en droit français, le terme de pédophilie
n'apparaisse pas dans les codes et règlement du droit et de la
justice : les termes utilisés pour décrire
l'infraction de relations sexuelles entre un majeur et un mineur sont
« atteinte sexuelle » pour une relation avec
consentement de l'enfant, « agression sexuelle »
ou « viol » lorsque le consentement n'est pas
reconnu. La notion d'âge de consentement peut être
séparée de celle de majorité sexuelle :
ainsi, certaines législations prévoient le cas de
relations sexuelles consenties entre mineur sexuel et un adulte, qui
reste illégale mais punie moins sévèrement
qu'une relation non consentie.</p><empty-line /><empty-line /><p>En
France, la majorité sexuelle est fixée à 15 ans
sauf cas de vulnérabilité particulière du
mineur. On voit donc que cette notion de majorité sexuelle ne
correspond pas à la variété et la continuité
qu'on peut observer dans le développement physiologique
(notamment la puberté) et la maturité des êtres
humains.</p><empty-line /><empty-line /><p>Par
ailleurs, l'article 227-23 du Code Pénal est ainsi rédigé
(les gras sont de moi) :</p>

<p><emphasis>Le
fait, en vue de sa diffusion, de fixer, d'enregistrer ou de
transmettre l'image ou la représentation </emphasis><emphasis><strong>d'un mineur</strong></emphasis><emphasis>
lorsque cette image ou cette représentation présente un
caractère pornographique est puni de cinq ans d'emprisonnement
et de 75 000 euros d'amende.</emphasis></p>

<p><emphasis>Le
fait d'offrir, de rendre disponible ou de diffuser une telle image ou
représentation, par quelque moyen que ce soit, de l'importer
ou de l'exporter, de la faire importer ou de la faire exporter, est
puni des mêmes peines.</emphasis></p>

<p><emphasis>Les
peines sont portées à sept ans d'emprisonnement et à
100 000 euros d'amende lorsqu'il a été utilisé,
pour la diffusion </emphasis><emphasis><strong>de l'image ou de la représentation
du mineur</strong></emphasis><emphasis> à destination d'un public non déterminé,
un réseau de communications électroniques.</emphasis></p>

<p><emphasis>La
tentative des délits prévus aux alinéas
précédents est punie des mêmes peines.</emphasis></p>

<p><emphasis>Le
fait de consulter habituellement un service de communication au
public en ligne mettant à disposition une telle image ou
représentation ou de détenir une telle image ou
représentation par quelque moyen que ce soit est puni de deux
ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende.</emphasis></p>

<p><emphasis>Les
infractions prévues au présent article sont punies de
dix ans d'emprisonnement et de 500 000 euros d'amende
lorsqu'elles sont commises en bande organisée.</emphasis></p>

<p><emphasis><strong>Les
dispositions du présent article sont également
applicables aux images pornographiques d'une personne dont l'aspect
physique est celui d'un mineur, sauf s'il est établi que cette
personne était âgée de dix-huit ans au jour de la
fixation ou de l'enregistrement de son image.</strong></emphasis></p>

<p>
Vous voyez donc la difficulté
pour un expert judiciaire en informatique d'effectuer une sélection
appropriée parmi les centaines de milliers de photos :</p>

<p>Faut-il
différencier et si oui COMMENT,</p>

<p>
- les mineurs de 18 ans</p>

<p>
- les mineurs de 15 ans</p>

<p>
- les enfants (pré-pubères)</p><empty-line /><empty-line /><p>Certains
photographes utilisent des modèles ayant 18 ou 19 ans en
rasant les poils pubiens et en les rajeunissant le plus possible
(couettes, vêtements, situations...)</p>

<p>De
nombreux intellectuels français – y compris Foucault,
Danet, Hocquenghem, Derrida, Althusser et Françoise Dolto –
ont signé une pétition, la "Lettre ouverte sur la
révision de la loi sur les délits sexuels concernant
les mineurs", adressée au Parlement en 1977 défendant
la dépénalisation de toutes relations consenties entre
adultes et mineurs de moins de 15 ans.</p><empty-line /><empty-line /><p>De
plus certaines photos mettant en scène des enfants et des
adultes nus sont légales (comme le nudisme) et certains pays
acceptent la création de partis politiques pédophiles,
comme les Pays Bas avec le PNVD. Ce parti voudrait abaisser la
majorité sexuelle à douze ans, puis à l’éliminer
sur le long terme, sauf dans le cas de relations de dépendance
ou familiales. Seules les relations sexuelles « forcées
» ou « dangereuses » seraient punies. Le PNVD
voudrait aussi légaliser l’usage privé de
pédopornographie et autoriser le porno soft à toute
heure à la télévision. Il défend
également la zoophilie (légale aux Pays-Bas).</p>

<p>Dans
le même ordre d'idée, j'éprouve un certain
malaise à la lecture de l'article de wikipédia consacré
à l'activisme pédophile.</p>

<p>Ajoutez
à cela la crainte de laisser passer la photo d'un enfant
disparu<sup>70</sup>.</p><empty-line /><empty-line /><p>"La
mission, rien que la mission" et "respect de la loi
française" sont les deux mamelles de l'expert judiciaire
(si je puis dire).</p>

<p>Sans
être juge et encore moins justicier.</p>

<p>Tout
cela rend ces missions très longues et éprouvantes.</p><empty-line /><empty-line /><p>
Sources :</p>

<p>
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pédophilie</p>

<p>
http://fr.wikipedia.org/wiki/Enfant</p>

<p>
http://fr.wikipedia.org/wiki/Majorité_sexuelle</p>

<p>
http://fr.wikipedia.org/wiki/PNVD</p>

<p>
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_loi_de_la_pudeur</p>

<p>
http://fr.wikipedia.org/wiki/Activisme_pédophile</p>

<p>
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pornographie_enfantine</p>

<p><strong>
Hacker
vaillant, rien d'impossible 
</strong></p>

<p>Dans
mon esprit, le mot hacker désigne plutôt un bidouilleur
qu'un pirate ou un consultant en sécurité informatique.
D'un autre côté, je ne connais pas personnellement
Jacques Cœur<sup>71</sup>...</p><empty-line /><empty-line /><p>Par
contre, je suis très (auto)satisfait de ma tentative de
fonctionnement d'un disque dur USB mis sous scellé.</p><empty-line /><empty-line /><p>Le
problème des scellés, c'est qu'il ne faut pas en
modifier un bit afin de préserver leur intégrité.
Dans le cas qui me préoccupe, il s'agit d'un conflit entre
deux entreprises où l'un des ordinateurs mis en cause a été
mis sous scellé. Plus exactement, une image (ghost) a été
faite puis stockée sur un disque dur externe USB.</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
ce disque dur USB qui m’a été remis sous scellé.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ma
mission (et je l'ai acceptée) est de procéder à
un certain nombre de vérifications en faisant fonctionner
plusieurs des programmes stockés sur le disque dur USB...</p><empty-line /><empty-line /><p>Problème :
je n'ai pas l'ordinateur original, je ne dois pas modifier le disque
dur USB (donc pas question de booter dessus), j'ai très peu de
temps et ma version du logiciel GHOST ne reconnaît pas ce
disque USB.</p><empty-line /><empty-line /><p>Solution
trouvée (si vous avez une solution plus rapide, ne me le dites
pas, c'est trop tard) :</p>

<p>- faire
une image du disque USB (avec le logiciel True Image par exemple)</p>

<p>- déployer
cette image sur un disque IDE vierge</p>

<p>- booter
sur ce disque dur (juste pour voir au cas où, mais cela n'a
pas fonctionné)</p>

<p>- faire
une image du disque dur IDE (avec le logiciel GHOST 12)</p>

<p>- transformer
cette image en disque dur virtuel pour le logiciel Virtual PC (avec
GHOST 12)</p>

<p>- installer
Virtual PC et créer un ordinateur virtuel utilisant ce disque
virtuel</p>

<p>- croiser
les doigts et démarrer l'ordinateur virtuel.</p><empty-line /><empty-line /><p>Eh
bien, chez moi, cela marche !</p><empty-line /><empty-line /><p>Résultats :
le scellé est préservé et j'ai pu démarrer
un ordinateur virtuel simulant parfaitement l'ordinateur d'origine,
tout au moins dans ses aspects logiciels de base. Les anomalies à
rechercher n'étant pas liées au hardware, ni à
la configuration, j'ai pu mener mon enquête et rendre compte
des résultats. En plus, c'est pratique de travailler sur son
rapport tout en faisant fonctionner l'ordinateur à étudier
dans une autre fenêtre.</p><empty-line /><empty-line /><p>Par
contre, j'y ai laissé quelques plumes avec des nuits très
courtes.</p>

<p>Si
j'avais plus de temps, j'essaierais bien tester Xen, mais je n'ai pas
(encore) réussi à l'installer.</p>

<p>Le
chemin est long jusqu'au chapeau blanc<sup>72</sup>...</p>

<p><strong>
Plus
X 
</strong></p>

<p><emphasis>Certaines
réactions chimiques n'ont lieu qu'en présence d'un
catalyseur, tels les mariages, légalisés par la
présence d'un officiel. Quelques équations ne peuvent
être résolues que par l'insertion d'une quantité
inconnue appelée </emphasis><emphasis>x</emphasis><emphasis>. Si vous n'avez pas ce qu'il
vous faut pour obtenir un résultat, vous devez ajouter ce dont
vous avez besoin. Si vous avez besoin d'une aide extérieure
qui n'existe pas, il vous faut l'inventer.</emphasis></p>

<p><emphasis>Chaque
fois que l'homme s'est trouvé incapable de maîtriser son
environnement les mains nues, ledit environnement a été
soumis par la force ou l'entêtement par l'Homme </emphasis><emphasis>plus x</emphasis><emphasis>.
Il en était ainsi depuis le début des Temps :
Homme plus outils ou armes.</emphasis></p>

<p><emphasis>Mais
</emphasis><emphasis>x</emphasis><emphasis> n'est pas nécessairement quelque chose de
concret ou de solide, quelque chose de mortel ou de visible. Ce
pouvait être aussi intangible ou indémontrable que la
menace des feux de l'Enfer ou la promesse du Ciel. Ce pouvait être
un rêve, une illusion, un mensonge abominable... </emphasis><emphasis>N'importe
quoi</emphasis><emphasis>, pratiquement.</emphasis></p>

<p><strong>Eric
Frank Russel, "Plus X"</strong></p><empty-line /><empty-line /><p>J'aime
beaucoup l'idée que quand rien ne va plus, quand vous êtes
au 22e sous-sol, une idée saugrenue - souvent sans rapport
avec ce qui vous arrive - vous permet de toucher le fond et de
remonter.</p><empty-line /><empty-line /><p>Lisez
ce livre, et vous comprendrez :)</p>

<p><strong>
Rééquilibrage
Nord Sud 
</strong></p>

<p>Il
paraît que les cybercriminels sont maintenant de fins
psychologues...</p>

<p>Mouais...</p>

<p>Allez
lire un peu les forums qui traitent des arnaques, ils sont très
très instructifs : ex. arnaque avec Western Union :</p><empty-line /><empty-line /><p>Extraits
(les fautes de frappe ont été conservées) :</p>

<p><emphasis>Bonjour
, mon fils vend son scooter par internet et nous avons été
contacté par un monsieur Brou Franck Mickael au maroc il a
soit disant fait le versement mais il lui manquait 280,.. de frais il
nous a demandé de les lui avancé en nous promettant de
nous les rembourser nous avons commencé par refusé,
après un mail il ne nous demandais plus que 180.-- que nous
avons versé appaté par la vente du scooter. maintenant
il nous dis q'il a perdu 80.-- dans le taxi et qu'il faut lui
renvoyer ces 80.-- car la transaction est bloquée j'aimerai
savoir s'il y a une possibilité de se renseigner auprès
de western union afin de vérifier ces dires...... !si
quelque d'autre le connait merci de m'en avertir !</emphasis></p>

<p><emphasis>bonjour
julien,</emphasis></p>

<p><emphasis>Moi
j'ai eu affaire à WORLDPAY intermédiaire entre
l'acheteur et le vendeur, et uniquement par email, enfin ce n'était
pas réellement eux.... Il n'y avait que le portail de leur
site.</emphasis></p>

<p><emphasis>De
plus on ne pouvait même pas leur répondre, les messages
nous retournait en erreur.</emphasis></p>

<p><emphasis>Voilà
ce que je peux vous dire, sauf que j'ai perdu 3000 euros.</emphasis></p>

<p><emphasis>NANOU</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Finalement,
les gens se font arnaquer de quelques milliers d'euros relativement
facilement ! ! !</p><empty-line /><empty-line /><p>En
fait le rééquilibrage Nord/Sud passe par des flux
financiers entre des imbéciles naïfs et des escrocs
astucieux. Une justice ?</p>

<p><strong>
La
déontologie 
</strong></p>

<p>Si
j'étais mauvaise langue, je dirais que la déontologie,
c'est ce que l'on enseigne aux jeunes pour éviter qu'ils ne
piquent trop vite les clients des vieux...</p><empty-line /><empty-line /><p>Seulement
voilà, je ne suis pas mauvaise langue et je ne pense pas un
mot de ce que j'écris (cette phrase s'applique également
à elle-même).</p><empty-line /><empty-line /><p>J'étais
à une réunion d'informaticien dont l'objectif était
l'échange des bonnes pratiques en matière de gestion
des messageries électroniques et des accès internet.
Après avoir présenté le système que j'ai
mis en place dans mon établissement, notamment le "grey
listing", l'un des participants m'interpelle et me dit "tout
cela n'est pas très déontologique... En refusant une
première fois l'arrivée d'un message, vous prenez le
risque qu'il ne soit pas réémis (si la machine
expéditrice ne respecte pas correctement le protocole des
messageries), et donc que le destinataire ne reçoive jamais le
message !"</p><empty-line /><empty-line /><p>Il
a parfaitement raison, mais tout est dans la mesure du risque.</p>

<p>Mais
le problème n'est pas là, il vient du fait que
j'ignorais alors les règles déontologiques dont il
voulait parler.</p><empty-line /><empty-line /><p>La
déontologie (du grec deon, -ontos, "devoir") est la
science morale qui traite des devoirs à remplir. Ces devoirs
peuvent être regroupés en un ensemble qu'on appellera
alors un "code de déontologie". Il y a ainsi des
textes qui régissent la profession d'avocat, d'autres les
professions médicales, etc.</p><empty-line /><empty-line /><p>Tout
le monde connaît l'existence du serment d'Hippocrate, mais peu
l'ont lu et encore moins savent qu'il a été réactualisé
en 1996 :</p>

<p>Extrait
du serment d'Hippocrate (version antique) :</p>

<p><emphasis>je
mettrai mon maître de médecine au même rang que
les auteurs de mes jours, je partagerai avec lui mon avoir et, le cas
échéant, je pourvoirai à ses besoins ; je
tiendrai ses enfants pour des frères, et, s'ils désirent
apprendre la médecine, je la leur enseignerai sans salaire ni
engagement.</emphasis></p>

<p>Extrait
de la version réactualisée :</p>

<p><emphasis>J'apporterai
mon aide à mes confrères ainsi qu'à leurs
familles dans l'adversité.</emphasis></p>

<p>Tout
cela est très joli, mais quid de l'expert judiciaire en
informatique ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
la partie informatique, je recommande la lecture du rapport 2006 du
CIGREF sur la déontologie des usages des SI.</p><empty-line /><empty-line /><p>Morceaux
choisis :</p>

<p><emphasis>Les
Technologies de l’Information, de la Communication et de la
Connaissance (TICC) occupent une place centrale dans l’entreprise.
Celle-ci ne peut plus négliger les risques liés à
l’usage de ces technologies dont les problèmes de
conformité ne sont plus seulement techniques, mais aussi et de
plus en plus juridiques. Dès lors, quelles bonnes pratiques
mettre en place pour garantir un usage éthique et
juridiquement conforme du Système d’information ?</emphasis></p>

<p><emphasis>La
déontologie en entreprise a pour finalité la
formulation de règles de conduite inspirées tant des
normes externes que des valeurs de l’entreprise traduites en
principes d’action. Elle s’appuie à la fois sur
des normes impératives telles que les lois et les règlements,
sur des règles considérées comme essentielles
pour l’ensemble des professionnels d’un même
secteur d’activité, ainsi que sur des principes internes
à l’entreprise (le plus souvent repris dans des chartes
ou des codes de conduite).</emphasis></p>

<p><emphasis>La
question de la déontologie des usages des Systèmes
d’information revient donc à s’interroger sur une
utilisation des outils informatiques de l’entreprise conforme
aux règles éthiques, morales et juridiques définies.
Il s’agit de réfléchir d’une part, sur la
manière dont les règles existantes sont traduites en
termes d’application concrète et, d’autre part,
sur les limites de leur champ d’application. La déontologie
des usages des Systèmes d’information sert ainsi de
maillon fondamental entre l’utilisation régulière
des outils et le comportement des utilisateurs.</emphasis></p>

<p><emphasis>La
déontologie se propose en ce sens de donner à
l’entreprise un certain nombre d’outils pour
l’accompagner dans la mise en œuvre de procédures
rigoureuses, destinées à l’aider à
contrôler son degré de conformité aux
dispositions légales. Elle rappelle les règles de bon
sens qui, sans représenter une conformation au droit stricto
sensu, ne peuvent que l’aider à se maintenir et à
envisager sa pérennité.</emphasis></p>

<p>Je
vous rassure, il y a des dessins dans le rapport...</p>

<p>
Y a-t-il des règles
déontologiques spécifiques aux experts judiciaires ?</p><empty-line /><empty-line /><p>La
réponse est oui, dès lors qu'il est adhérent à
une compagnie membre de la Fédération Nationale des
Compagnies d’Experts Judiciaires, et vous les trouverez sur le
site du Conseil National des Compagnies d'Experts de Justice.
Morceaux choisis :</p>

<p><emphasis>I - 6) L’expert
doit remplir sa mission avec impartialité. Il doit procéder
avec dignité et correction en faisant abstraction de toute
opinion ou appréciation subjective.</emphasis></p>

<p><emphasis>I - 7) L’expert
doit conserver une indépendance absolue, ne cédant à
aucune pression ou influence, de quelque nature qu’elle soit.</emphasis></p>

<p><emphasis>V - 38) S’il
s’agit d’assister une partie alors qu’un expert a
déjà été chargé d’une
mission par un juge et n’a pas encore terminé de la
remplir, il ne peut qu’exceptionnellement accepter de donner
une consultation privée de cette nature. Dans ce cas, la
consultation sera diligentée avec la volonté de
répondre objectivement et dans un esprit de loyauté et
de confraternité à l’égard de l’expert
judiciairement commis, qu’il informera préalablement à
son intervention.[...]Les observations du consultant privé ne
peuvent être utilisées dans des observations écrites
de la partie consultante que si elles sont produites dans leur
intégralité.</emphasis></p>

<p>A
ces 40 règles, il convient d'ajouter les recommandations sur
les bons usages entre avocats et experts. Quelques extraits choisis
innocemment :</p>

<p><emphasis>La
communication des pièces incombe aux conseils des parties et
non à l'expert.</emphasis></p>

<p><emphasis>Un
bordereau inventoriant les pièces transmises est nécessaire.
La numérotation de celles-ci est requise.</emphasis></p>

<p><emphasis>La
transmission de l'entier dossier n'est pas nécessaire. Il est
important de procéder à la sélection des pièces
réellement utiles aux différents aspects de la mission
de l'expert.</emphasis></p>

<p><emphasis>L'avocat
modère son client si celui-ci se départit de son calme
ou manque de courtoisie.</emphasis></p>

<p><emphasis>Il
rappelle au besoin le rôle technique confié à
l'expert par le Juge.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
les avocats étant plus futés que les experts
judiciaires, le document donne beaucoup plus de devoirs aux experts
qu'aux avocats.</p>

<p>
Futur confrère expert
judiciaire, beaucoup de lectures à apprendre par cœur ! ! !</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
finir, ma pensée du jour :</p>

<p>"Il
n'y a pas de règle, voilà la règle"
(Zythom)</p>

<p><strong>
Si
M'aïst Diex 
</strong></p>

<p>Via
le journal gratuit 20 minutes, j'ai appris que l'ESA cherchait des
volontaires pour un vol simulé vers Mars. Quatre personnes
enfermées pendant 105 ou 500 jours en totale autonomie pour
tester les facteurs humains d'une vraie mission vers Mars.</p><empty-line /><empty-line /><p>Depuis
le temps que je rêve d'aller dans l'espace...</p>

<p>Bon,
c'est une simulation, mais je ne pouvais pas me dégonfler pour
autant. J'ai donc téléchargé le document
d'inscription et ai commencé à le remplir :</p>

<p>- je
ne fume pas : OK</p>

<p>- je
ne suis pas accro à une substance : OK (j'espère
que le café ne compte pas...)</p>

<p>- qu'allez-vous
faire de vos trois enfants pendant votre absence ? : NO PB,
mes enfants me soutiennent dans mon projet (ma femme aussi)</p>

<p>- avez-vous
des antécédents psychiatriques familiaux ? :
NON</p>

<p>- êtes-vous
équilibré, sain de corps et d'esprit ? : OUI</p>

<p>- quels
sont vos taille et poids ? : 1,81m et 80kg (j'ai trois mois
pour perdre 10kg)</p>

<p>- quels
sports pratiquez-vous ? : spéléo, natation,
tennis, jogging (il va falloir m'y remettre...)</p>

<p>- parlez-vous
Anglais ? : YES</p>

<p>- êtes-vous
prêt à apprendre le Russe : DA (heu)</p><empty-line /><empty-line /><p>Finalement,
je sais que je n'ai aucune chance d'être pris, ne serait-ce
qu'à cause de mon âge. Mais c'est l'espoir qui compte.
Après tout, je ne sais pas si je tiendrai 500 jours avec un
ping de 80 minutes...</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
puis si cela peut me faire perdre 10kg et reprendre le sport !</p>

<p>Si
M'aïst Diex !</p>

<p><strong>
Semper
Fidelis 
</strong></p>

<p>- Voici
mon ordinateur. Il y en a bien d'autres comme lui, mais celui-ci
c'est le mien.</p>

<p>- Mon
ordinateur est mon meilleur ami. Il est ma vie. Je dois en être
le maître comme je le suis de ma propre vie.</p>

<p>- Mon
ordinateur, sans moi, ne sert à rien. Et sans lui, moi non
plus je ne sers à rien. Je dois bien programmer, mieux que le
virus qui cherche à me tuer. Il faut que je le tue avant que
lui ne me tue. Et c'est ce que je ferai.</p>

<p>- Mon
ordinateur et moi-même nous savons que ce qui compte dans cette
guerre, ce ne sont pas les coups que nous tirons, ni le bruit de nos
rafales ni la fumée que nous dégageons. Nous savons que
ce qui compte ce sont les coups au but... LUI ET MOI, ON FERA
MOUCHE...</p>

<p>- Mon
ordinateur est humain, tout comme moi, puisqu'il est ma vie même.
C'est pour ça que je veux apprendre à le connaître
comme un frère. Je connaîtrai ses faiblesses, sa
puissance, ses pièces, ses accessoires, son système de
pointage et son clavier. Je le garderai toujours propre et prêt
à servir comme moi-même je suis propre et prêt à
servir. Nous ne ferons plus qu'un. C'EST COMME ÇA QU'ON
FERA...</p>

<p>- Devant
Turing, j'affirme ce serment. Mon ordinateur et moi nous sommes là
pour défendre nos valeurs. Nous sommes maîtres de
l'ennemi. NOUS SOMMES LES GARANTS DE MON EXISTENCE.</p>

<p>- Ainsi
soit-il jusqu'à ce que Linux remporte la victoire, et qu'il
n'y ait plus d'ennemi mais seulement la paix !</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
fou comme le remplacement d'un mot ou deux par ci par là peut
changer l'âme d'un texte<sup>73</sup>...</p>

<p><strong>
Qui
a volé l'Orange du marchand ? 
</strong></p>

<p>J'ai
acheté un téléphone portable à ma fille
aînée. Et oui, c'était l'une des dernières
parmi ces copines à ne pas en avoir (enfin c'est elle qui le
dit).</p>

<p>Et
puis, il faut être de son temps.</p><empty-line /><empty-line /><p>Première
étape : choisir l'opérateur et l'offre. Après
une première tentative pour chercher à comparer et
comprendre les différentes offres des opérateurs, j'ai
fait comme beaucoup : j'ai demandé conseil à un
copain qui venait de passer commande pour sa fille. Résultat
du conseil : un forfait bloqué chez Orange, dit "forfait
ZAP", adapté aux adolescents et à mon
portefeuille. OK.</p>

<p>Deuxième
étape : la commande. Après quelques vérifications
des conditions sur le site orange.fr, je trouve avec ma fille un
téléphone à un euro qui lui plaît et je
passe commande de l'ensemble téléphone + forfait ZAP.
La commande se passe bien, un message m'indique que je serai livré
dans quelques jours.</p>

<p>Quelques
jours plus tard (avec un jour d'avance sur le pronostic, youpi), je
reçois le joli téléphone avec son mode d'emploi
et une carte SIM. Par contre, impossible de savoir quel est le numéro
de téléphone associé à cette carte SIM.
De plus, après avoir placé la carte SIM dans le
téléphone et démarré celui-ci, j'ai un
beau message "erreur d'écriture sur carte SIM".</p><empty-line /><empty-line /><p>Appel
au numéro de téléphone indiqué sur le bon
de livraison :</p>

<p>[Orange] :
"<emphasis>C'est normal, Monsieur, la ligne n'est pas ouverte</emphasis>"</p>

<p>[Moi] :
"Ah bon ? Mais pouvez-vous me dire quand elle sera
ouverte ?"</p>

<p>[Orange] :
"<emphasis>Ah ben non, mais en ce moment c'est un peu long. Dans
quelques jours peut-être... Mais veillez bien à éteindre
le téléphone pour que la création de ligne soit
prise en compte.</emphasis>".</p>

<p>Bon.
Donc tous les jours qui ont suivi, ma fille ou moi avons allumé
le téléphone portable une ou plusieurs fois pour
vérifier si la ligne avait été créée.</p>

<p>Cela
a duré quinze jours...</p><empty-line /><empty-line /><p>Excédé,
je rappelle le numéro indiqué sur le bon de livraison :</p>

<p>[Orange] :
"<emphasis>Oui Monsieur, c'est normal. Nous avons eu un gros problème
informatique. Mais votre ligne va bientôt être créée
et à titre de geste commercial, votre premier mois de forfait
ZAP vous sera offert. Vous recevrez cette information par SMS.</emphasis>"</p><empty-line /><empty-line /><p>Incroyable !
Ils me font le coup du fameux "problème
informatique" ! ! !</p>

<p>C'est
pas nous, c'est à cause de l'informatique...</p>

<p>Restons
calme. Après tout, on a "gagné" un mois
d'abonnement gratuit. Enfin, moi, car ma fille, elle, elle a gagné
le droit d'attendre...</p><empty-line /><empty-line /><p>Quelques
jours plus tard : miracle, la ligne est ouverte !</p>

<p>Ma
fille utilise un peu son nouveau jouet, pendant que <strong>JE</strong> lis la
documentation. Je lui montre ensuite comment maîtriser sa
consommation en appelant le 555.</p>

<p>[Moi] :
"Quoi ! Il te reste 3 minutes sur ton total de 40
minutes ! ! !</p>

<p>Mais
qu'est-ce que tu as fait ? Tu as appelé Pfelelep<sup>74</sup>
à Hong Kong ou quoi ? ?"</p>

<p>[Ma
fifille] : "<emphasis>Mais non Papa, j'ai passé deux ou
trois coups de fils à des copines et une quinzaine de SMS...</emphasis>"</p><empty-line /><empty-line /><p>Je
fonce sur l'interface web orange.fr "Espace client". Je
vais directement sur "Mes dernières communications".
Tiens, il faut entrer un code client de 10 chiffres.</p>

<p>"<emphasis>Vous
trouverez ce code client sur votre facture</emphasis>"</p>

<p>Pas
de chance, je n'ai pas encore reçu de facture...</p>

<p>Recoup
de fil à Orange :</p>

<p>[Orange] :
"<emphasis>Vous trouverez ce code client également sur votre
contrat</emphasis>".</p>

<p>[Moi] :
"Je n'ai pas reçu de contrat. Tout a été
fait via internet".</p>

<p>[Orange] :
"<emphasis>Ce n'est pas normal. Je vais demander à ce qu'un
contrat vous soit envoyé.</emphasis>"</p>

<p>[Moi] :
"Merci. Mais pouvez-vous me donner mon numéro de
client ?"</p>

<p>[Orange] :
"<emphasis>Ah non. Ce n'est pas possible par téléphone.
Par contre, je peux vous donner une adresse postale à laquelle
vous allez pouvoir écrire pour leur demander de vous adresser
votre numéro de client</emphasis>"</p>

<p>[Moi] :
"Vous vous moquez de moi, là ?"</p>

<p>[Orange] :
"<emphasis>Non Monsieur, c'est sécurisé.</emphasis>"</p>

<p>[Moi] :
"Bon, je résume : mon forfait est vidé le
jour de l'ouverture de la ligne. Je cherche à vérifier
les communications passées. Il me faut un numéro de
client que je n'ai pas alors que je devrais l'avoir et vous ne voulez
pas me le donner par téléphone"</p>

<p>[Orange] :
"<emphasis>Heu... Oui.</emphasis>"</p>

<p>[Moi] :
"Bien. Bon, maintenant, parlez-moi un peu de votre geste
commercial concernant la gratuité du premier mois qui m'a été
promis la dernière fois que j'ai appelé ce numéro."</p>

<p>[Orange] :
"<emphasis>Ah, pour ça, je peux vous répondre : ce
n'est pas possible qu'on vous ait dit cela, car je ne peux pas faire
ce type de geste commercial...</emphasis>"</p>

<p>[Moi] :
"QUOI ! ! NON MAIS VOUS VOUS FICHEZ DE MOI ! Bon,
écoutez, je vous remercie de votre aide et de votre patience.
Je vous souhaite une bonne journée. [je raccroche]"</p><empty-line /><empty-line /><p>Vous
admirerez la parfaite maîtrise de mes nerfs acquise après
une expérience douloureuse<sup>75</sup>.</p><empty-line /><empty-line /><p>Dans
ces cas-là, il faut utiliser l'un des atouts des centres
d'appel : la quasi-certitude de tomber sur quelqu'un d'autre
quand on rappelle.</p>

<p>Je
rappelle donc :</p>

<p>[Orange] :
"<emphasis>Mais oui Monsieur, pas de problème, votre numéro
de client est 1234567890. Votre forfait n'a été crédité
que de 5 euros au prorata temporis avec la date de la prochaine
facture. Votre contrat va vous être envoyé sous peu et
je vois ce que je peux faire pour le geste commercial qui vous a été
promis...</emphasis>"</p>

<p>[Moi] :
"Merci merci merci merci merci bonne journée bonnes
vacances longue vie à vous"</p>

<p>J'annonce
les bonnes nouvelles à ma fille.</p><empty-line /><empty-line /><p>Restait
un dernier mystère à éclaircir. A chaque fois
que j'appelle le 555 pour suivre la consommation, le crédit
restant diminuait, sans que j'ai passé le moindre appel ni
SMS... La ligne était-elle piratée ?</p>

<p>Avant
de rappeler le service client, je me connecte sur mon interface web
avec <emphasis>mon numéro client à 10 chiffres qui me permet
de créer un code secret à 4 chiffres afin d'accéder
à mon espace privatif</emphasis>...</p>

<p>L'appel
au 555 est payant...</p>

<p>Il
faut faire #123# à la place.</p><empty-line /><empty-line /><p>Merci
Orange.</p>

<p>Qui
a volé a volé a volé l'Oraaaannnge du marchand ?</p>

<p><strong>
Le
scandale du fichier élèves de l'éducation
nationale 
</strong></p>

<p>Jusqu'à
la semaine dernière le fichier "base élèves"
de l'Education Nationale, un document dont l'accès est en
théorie réservé aux seuls directeurs d'école,
aux maires et à l'administration centrale, était
consultable avec comme nom d'utilisateur le numéro de
l'établissement (un renseignement public) et comme mot de
passe le même numéro (source 01net.com<sup>76</sup>)</p>

<p>Aussi
étrange que cela puisse paraître "<emphasis>la consigne
avait été donnée aux chefs d'établissement
de se simplifier la vie, en évitant de mémoriser un mot
de passe compliqué</emphasis>", révèle <emphasis>Le
Canard Enchaîné</emphasis> dans son édition du mercredi
27 juin...</p><empty-line /><empty-line /><p>Ce
qui m'attriste le plus dans cette histoire, ce n'est pas l'accès
en lui-même (une erreur humaine est toujours possible et
pardonnable). Non : c'est la consigne donnée par
l'administration et l'insouciance des directeurs d'école que
cela n'a pas particulièrement troublé.</p>

<p>L'accès
à des données privées NE CHOQUE PAS en France.</p>

<p>De
ce fait, la CNIL semble avoir de moins en moins de poids et de
soutiens.</p>

<p>En
bref, tout le monde s'en fout.</p><empty-line /><empty-line /><p>Bientôt
donc, comme
aux youessa<sup>77</sup>
vous pourrez consulter librement le détail des gains de vos
voisins, amis et ennemis, leurs condamnations, etc.</p><empty-line /><empty-line /><p>Les
banques et assurances auront accès à vos différentes
maladies et traitements médicaux.</p>

<p>Et
tout cela dans une relative indifférence générale.</p>

<p>Consternant.</p>

<p><strong>
La
bête du petit écran 
</strong></p>

<p>L'année
dernière, à la même époque, nous
souffrions de fortes chaleurs. Nous, oui, mais pas tous les êtres
vivants : je cite ici l'animal dénommé par le
vulgum pecus "la bête de chaleur". J'ai bien écrit
"la bête <strong>DE</strong> chaleur".</p>

<p>Cette
fois <emphasis>Google is not my friend</emphasis>, car impossible de trouver en
moins d'une minute le vrai nom de ce tout petit animal noir d'un
millimètre de long qui surgit de nulle part pour nous tomber
sur la tête, sur les bras et entre le plastique et notre nom de
la boîte aux lettres.</p>

<p>Eh
bien, il y a un an, une petite "bête de chaleur"
s'est glissée derrière la vitre de l'écran plat
de mon PC professionnel et a commencé à se déplacer
lentement à travers tout l'écran sous mes yeux agacés.</p>

<p>Elle
est venue mourir AU MILIEU de l'écran (juste au croisement des
deux diagonales et des deux médianes). L'endroit où les
yeux se posent le plus souvent...</p>

<p>Depuis
un an, elle ajoute parfois une cédille ou un accent là
où il ne faut pas, elle égaie un graphisme d'une
virgule déplacée.</p>

<p>Depuis
un an, tous mes efforts pour la faire partir sans massacrer l'écran
se sont avérés infructueux.</p>

<p>Depuis
un an, elle me montre qu'un docteur expert judiciaire en informatique
est parfois singulièrement démuni face à une
petite bête qui lui a dit : "Morituri te salutant".</p><empty-line /><empty-line /><p>Ce
à quoi je répondrai, comme Fercorus dans <emphasis>Astérix
en Hispanie</emphasis>, ou Anglaigus dans <emphasis>Le domaine des dieux</emphasis> :
Beati
pauperes spiritu<sup>78</sup>...</p>

<p>Bon
anniversaire la bête du petit écran.</p>

<p><strong>
Un
nouvel oracle 
</strong></p>

<p>De
tout temps, l’homme s’est entouré d’un
certain rituel pour l’aider à prendre une décision.
Il a sacrifié des animaux, lu les étoiles, observé
le vol des oiseaux, mis sa foi dans des proverbes... Aujourd’hui,
il fait appel à un nouveau rite, moins poétique, mais
peut-être plus rationnel, l’utilisation de l’ordinateur.
Et avec l’ère de l’ordinateur est né un
nouvel oracle : Internet.</p><empty-line /><empty-line /><p>L'ordinateur,
c'est la Pythie chargée d’apporter aux internautes la
réponse de l'oracle à leurs questions. La Pythie entre
en transes et les prêtres interprètent ses gestes et les
sons qu’elle produit sous l’influence du dieu.</p><empty-line /><empty-line /><p>Mes
étudiants-prêtres interrogent Internet avec tous types
de questions : horaires de cinéma, corrigés de TD,
orthographe d'un mot, etc. Et quelles que soient les sources des
réponses qu'ils obtiennent, ils justifient haut et fort leur
nouveau savoir : "si c'est écrit sur Internet, c'est
que c'est vrai".</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
c'est là que semble apparaître la plus grande différence
entre l'époque actuelle et l'antiquité :
auparavant, l'oracle ne devait pas se tromper, et donc les réponses
étaient souvent ambiguës. Aujourd'hui l'oracle est très
précis dans ses réponses, mais il en fournit un million
pour chaque question.</p><empty-line /><empty-line /><p>Finalement,
est-ce vraiment différent ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Tiens,
je remâcherais bien quelques feuilles de lauriers moi...</p>

<p><strong>
Un
expert judiciaire peut-il tenir un blog ? 
</strong></p>

<p>La
question m'a été plusieurs fois posée depuis
l'ouverture de ce blog, par des experts m'écrivant directement
à mon adresse zythom@gmail.com (sans passer par des
commentaires), aussi vais-je tenter d'y répondre dans ce
billet.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>L'humour
peut-il être utilisé en la matière ?</strong></p>

<p>Le
sujet est grave et les enjeux sont importants lors d'un procès.
Mais ne dit-on pas que l'on peut rire de tout ? Monsieur
Desproges précisait même : "On peut rire de
tout, oui, mais pas avec n’importe qui". Si quelqu'un
n'aime pas le ton de ce blog, ni la manière dont je traite des
sujets parfois graves, qu'il cesse de venir alimenter mes
statistiques de consultation.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>La
liberté d'expression est-elle compatible avec la
confidentialité des dossiers d'expertise ?</strong></p>

<p>Alors
là, clairement : non. Toutes les anecdotes citées
sur ce blog sont "atemporelles", "universelles"
et vous ne verrez jamais aucun nom cité ni aucune ressemblance
avec des affaires existantes ou ayant existées. Les
personnages et les situations étant purement fictifs, toute
ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ne
saurait être que fortuite.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Puis-je
dénigrer des experts sur ce blog ?</strong></p>

<p>D'abord,
pourquoi le ferais-je ? Et puis, j'ai déjà
expliqué page 163 (« La déontologie »)
que la politesse élémentaire est de respecter un
certain nombre de règles qui forment ce que l'on appelle une
déontologie. Ces règles ne s'imposent pas à moi
légalement, mais forment un ensemble qui relève du bon
sens. Elles sont accessibles sur le site du Conseil National des
Compagnies d'Experts de Justice. Je citerai ici :</p>

<p><emphasis>II - 14) L’expert
observe une attitude déférente envers les magistrats et
courtoise à l’égard des auxiliaires de justice.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Dois-je
pour autant faire preuve de corporatisme</strong><strong> ?</strong></p>

<p>Alors
là aussi clairement, non. Un expert judiciaire n'est pas
obligatoirement inscrit à une compagnie d'experts. Il peut
exercer son sacerdoce seul. Pour ma part, je ne suis membre que d'une
seule compagnie et encore, pour bénéficier de
l'assurance responsabilité... De plus :</p>

<p><emphasis>II - 15) [L'Expert]
conserve toujours son entière indépendance et donne son
opinion en toute conscience, sans se préoccuper des
appréciations qui pourraient s’en suivre.</emphasis></p>

<p>Cette
règle s'applique au rapport que rédige l'expert pour le
magistrat. Je la fais mienne pour ce blog.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Ce
blog représente-t-il tous les experts judiciaires ?</strong></p>

<p>Non.
Mais comme il y a peu de blogs d'experts judiciaires, certains
pensent que ce blog fait du tort à "l'activité".
Qu'ils reçoivent mes plus sincères excuses. Je remarque
néanmoins pour ma défense que j'ai été
l'un des seuls experts à défendre <emphasis>sur internet</emphasis>
un confrère qui s'est rendu malencontreusement célèbre
par une phrase maladroite sortie de son contexte (lire page 18). Bon,
je n'ai pas beaucoup mouillé ma chemise, mais je ne suis pas
son avocat ni président de compagnie.</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Ce
blog donne-t-il une mauvaise image des experts judiciaires ?</strong></p>

<p>Là,
je ne sais pas. J'avoue que je ne me suis pas souvent posé la
question. Est-ce que dire que l'on ne peut pas tout savoir sur tout
implique nécessairement être incompétent ?</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Un
expert peut-il être excentrique ?</strong></p>

<p>Non.
D'ailleurs on lui demande de remplir sa mission avec le plus grand
sérieux. Mais dès son rapport déposé, il
cesse d'être expert ! Par ailleurs, je dois avouer que je
mets trois glaçons dans mon café le matin et qu'il
m'est arrivé d'aller à mon travail en chaussons. C'est
fou non ?</p><empty-line /><empty-line /><p><strong>Ai-je
le droit de profiter de l'audience de ce blog pour obt</strong><strong>enir des
expertises ?</strong></p>

<p><emphasis>I - 13) L’expert
s’interdit toute publicité en relation avec sa qualité
d’expert judiciaire. Il peut porter sur son papier à
lettres et ses cartes de visite la mention de son inscription sur une
liste [...] S’il appartient à une Compagnie membre de la
Fédération, il peut le mentionner.</emphasis></p>

<p>Je
n'ai pas de cartes de visites (ni à mon nom, ni à celui
de Zythom), mais j'ai effectivement un papier à entête
sur lequel j'indique mon activité d'expert judiciaire, et que
j'utilise pour celle-ci. Je refuse toutes les affaires qui me sont
adressées par le biais de ce blog.</p><empty-line /><empty-line /><p>Oui,
un expert judiciaire peut tenir un blog, dès lors qu'il
respecte la loi.</p>

<p><strong>
Archéoinformatique
</strong></p>

<p><emphasis>« L’informatique
des entreprises (...) est à l’image d’un site
archéologique. (...) Tout au fond, on tombe sur de vrais
fossiles, calcifiés : la carte perforée n’est
plus physiquement là, mais on peut trouver son "empreinte"
sur des disques durs dernier cri, jusqu'à des traces
d’organisation en quatre-vingts "colonnes" »</emphasis></p>

<p>Pierre
Vandevingste, La Recherche.</p><empty-line /><empty-line /><p>Cette
remarque est tellement vraie...</p>

<p><strong>
La
salle derrière au fond 
</strong></p>

<p>Un
jeune lecteur anonyme me gratifie d'un compliment additionné
d'une petite critique : je n'ai pas écrit d'anecdotes
d'expertises depuis longtemps. S'il savait...</p>

<p>Il
n'est pas facile d'écrire des anecdotes d'expertises car il
faut prendre garde de ne rien révéler qui puisse trahir
le secret dans lequel baigne tout expert dans son activité.</p><empty-line /><empty-line /><p>Respect
du secret bien sûr, mais rien n'empêche de travestir
suffisamment la réalité et de ne garder que la partie
anecdotique intéressante, surtout lorsque celle-ci se répète
à l'envie sur de nombreuses expertises. Plusieurs des experts
qui m'ont écrit se sont amusés de situations qu'ils
avaient vécues et qu'ils voyaient dépeintes dans un
billet de ce blog "<emphasis>comme si c'était leur histoire</emphasis>".</p><empty-line /><empty-line /><p>Lors
d'une expertise, la première de mes missions était de
venir prendre au Tribunal de Grande Instance deux ordinateurs mis
sous scellés.</p>

<p>Une
fois sur place, la greffière me dit : "Ah oui, mais
le responsable des scellés est en vacances. Il va falloir que
vous m'accompagniez pour aller les chercher. Et comme je ne sais pas
trop ni où, ni comment ils sont rangés, cela peut nous
demander un petit moment..."</p><empty-line /><empty-line /><p>J'avais
fait 40 km sur des routes de montagne pour arriver au tribunal, je
n'allais pas faire la fine bouche et repartir les mains vides. Et
puis, comme je suis plutôt galant...</p><empty-line /><empty-line /><p>Nous
voici donc partis à travers le dédale du tribunal,
passant de couloir en couloir, montant d'un étage pour en
redescendre deux, pour finir enfin par sortir par l'arrière et
nous retrouver face à une gigantesque porte en bois.</p><empty-line /><empty-line /><p>La
greffière sort de son sac une clef comme on n'en voit que dans
les films (vous savez, LA clef de la ville), la place dans la serrure
et la tourne à deux mains. Nous entrons dans une salle sombre.
Une fois les yeux habitués à la faible lumière
issue de la seule lampe pendant du plafond, je regarde autour de
moi : je venais d'entrer dans le saint des saints, Le Lieu
Interdit Au Public. Je venais aussi de faire un bon <strikethrough>d'un</strikethrough>
de deux siècles en arrière !</p>

<p>Des
dizaines de fusils emballés dans des plastiques transparents
tous évidemment munis de l'étiquette habituelle que
l'on trouve sur tous les scellés (l'Etat doit avoir fabriqué
au 19e siècle une quantité incroyable de ces étiquettes
pour qu'elles aient toutes cet air suranné...)</p>

<p>Des
couteaux, dont certains semblaient encore couverts de taches
sombres... Des épées, des cannes, des lampes, des
manteaux, des postes de radio, des paquets, beaucoup de paquets
ficelés (vous savez, cette ficelle grossière qui
ressemble à de la paille)... Partout, du sol au plafond,
serrés sur des étagères en bois d'un autre âge.
J'avais l'impression d'être dans un Simenon. Je m'attendais à
voir surgir le commissaire Maigret de derrière une étagère.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'étais
en train de vérifier si je ne détectais pas l'odeur de
pipe quand la greffière me sortit de ma fascination :
"Bon, Monsieur l'expert, il faut trouver dans ce bazar, deux
ordinateurs sous scellés numéro XZ65... Je commence par
la gauche et vous par la droite."</p><empty-line /><empty-line /><p>Mon
rêve de gamin devenait réalité : fouiller la
caverne d'Ali Baba ! ! !</p>

<p>Pendant
une demi-heure nous avons exploré (sans déranger) ce
chaos ordonné, ce bazar étiqueté. J'ai touché
du doigt des affaires criminelles terribles (terribles dans ma tête
bien sûr), des objets chargés d'histoires horribles. Des
ombres terrifiantes régnaient sur ce lieu et visiblement je
n'étais pas le bienvenu. J'ai encore l'odeur de poussière
et de vieux papiers dans les narines.</p><empty-line /><empty-line /><p>C'est
la greffière qui a trouvé les ordinateurs.</p>

<p>Ils
faisaient un peu taches dans ce lieu d'un autre âge.</p>

<p>J'aurais
dû les trouver tout de suite...</p><empty-line /><empty-line /><p>Depuis,
je suis retourné souvent dans cette salle, mais jamais plus je
n'ai retrouvé les sensations de cette première fois.</p>

<p><strong>
Allez
vous coucher plus tôt 
</strong></p>

<p>Je
faisais il y a quelques années auprès de mes étudiants
un cours de programmation en langage C. J'avais compilé dans
ce cours l'ensemble des erreurs communément faites par leurs
prédécesseurs lors des séances de travaux
pratiques que j'encadrais (ce qui n'empêchait pas
malheureusement les étudiants de retomber dans les mêmes
ornières...).</p><empty-line /><empty-line /><p>En
relisant avec nostalgie ce cours, je suis tombé sur une
recommandation que je faisais aux étudiants et qui me semble
toujours valable aujourd'hui :</p>

<p>Lorsque
vous travaillez tard sur un projet important, la fatigue vous
entraînera à faire la "petite" erreur qui va
anéantir en quelques secondes des heures de travail. Allez
donc vous coucher avant que cette erreur n'arrive.</p>

<p>Voici
ce qu'écrivait David .J. Way dans <strong>un manuel de construction
de clavecin</strong> (20e siècle) :</p>

<p><emphasis>'Penser'
est la cause de toute erreur. La preuve en est que chaque personne
qui commet une erreur dit toujours "Oh, mais je pensais...".
Ne faites pas attention à ce genre de pensées - avant
d'assembler des éléments, vous devez être
conscient de ce que vous faites. Assemblez les morceaux sans colle,
étudiez si ça va et contrôlez le résultat
en le comparant avec votre dessin qui montre comment les morceaux
s'emboîtent.</emphasis></p>

<p><emphasis>Et
après avoir collé quelques morceaux, contrôlez le
résultat une fois de plus. J'ai entendu tant de fois la triste
anecdote : "Hier soir, j'ai fait ça et ça,
mais ce matin j'ai regardé ce que j'ai fait..."</emphasis></p>

<p><emphasis>Cher
constructeur, si vous aviez regardé hier soir, vous auriez pu
encore séparer et corriger votre assemblage. Beaucoup d'entre
vous construisent pendant leur temps de loisir, par conséquent
vous êtes tentés de travailler tard dans la nuit. Mais,
à en croire les plaintes qui me parviennent, la plupart des
erreurs concernent la dernière chose que vous faites avant
d'aller vous coucher. Cessez donc votre travail un peu plus tôt.</emphasis></p>

<p>Je
pense toujours que tout informaticien devrait tenir compte de cet
avertissement.</p>

<p><strong>
Je
suis un imposteur 
</strong></p>

<p>En
relisant quelques anciens billets, je m'aperçois que je prends
un malin plaisir à y glisser quelques citations, le plus
souvent en latin.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
fait du latin jusqu'en classe de terminale, mais une malheureuse
impasse sur cette matière m'a logiquement et inéluctablement
condamné à <emphasis>une piteuse</emphasis> à l'examen final.</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
malgré tant d'année d'études, de traductions et
de versions, j'ai oublié jusqu'à la déclinaison
de la rose et les significations de "datif" ou "ablatif".
J'ai pu le constater quand ma fille aînée a commencé
cette langue en cinquième (à son grand désespoir...)</p><empty-line /><empty-line /><p>Alors,
pourquoi cette imposture ? Pourquoi truffer ce blog de citations
dans la langue de Caesar ? La réponse est toute simple :
j'aime le latin. Pas la langue, que je ne maîtrise plus, mais
les sensations que je ressens devant l'utilisation de cette langue.</p><empty-line /><empty-line /><p>La
maîtrise du latin, pour moi, est synonyme de culture. Cela me
renvoie à ma jeunesse et aux professeurs que j'ai connus. Cela
me renvoie aussi à l'étude de la civilisation romaine
antique. Cela me renvoie également à Astérix,
mais cela il ne faut pas l'écrire...</p><empty-line /><empty-line /><p>La
première fois que j'ai visité Rome, je suis resté
sans voix devant la "via sacra" dans le Forum, et devant le
Colosseum. Je voyais presque passer les triomphes...</p>

<p>
<emphasis>Rome enfin se découvre
à ses regards cruels;</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Rome, jadis son temple, et
l'effroi des mortels;</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Rome, dont le destin dans la
paix, dans la guerre,</emphasis></p>

<p>
<emphasis>Est d'être en tous les
temps maîtresse de la terre.</emphasis></p><empty-line /><empty-line /><p>Et
pourquoi le latin et pas le grec alors ?</p>

<p>Tout
simplement parce qu'il n'y pas de police Symbol sur blogspot... Cela
donnerait :</p>

<p></p>

<p>Le
temps enseigne les hommes</p>

<p>
Je n'ai pas de culture, mais
j'aime me cultiver.</p>

<p>J'aime
faire semblant aussi. Et Google is my friend.</p>

<p>Je
suis un imposteur.</p><empty-line /><empty-line /><p><emphasis>Je
sors de Rome, Arsace, et j’en sors pour jamais.</emphasis></p>

<p><strong>
Remise
en état 
</strong></p>

<p>J'avais
fini mon rapport d'expertise et, pour une fois, je souhaitais le
déposer en main propre. J'ai donc pris rendez-vous avec le
juge d'instruction pour lui remettre mon travail et apporter des
précisions sur l'affaire concernée.</p><empty-line /><empty-line /><p>Quand
je suis arrivé, j'ai trouvé sa porte close et la
greffière m'a informé qu'une urgence avait décalé
à l'improviste notre rendez-vous d'une heure.</p><empty-line /><empty-line /><p>Une
heure à tuer dans un tribunal : je me promène dans
les couloirs à la recherche d'une salle d'audience pour me
glisser dans le public. Chic, comme à la télé !</p><empty-line /><empty-line /><p>Par
une porte entrouverte, gardée par un policier, j'aperçois
une certaine animation : des avocats, des magistrats et du
public... Je me glisse au fond de la salle et écarquille les
yeux tout en ouvrant bien grand les oreilles.</p><empty-line /><empty-line /><p>Tant
d'avocats et tant de monde dans la salle, quelle affaire pouvait donc
bien se jouer ici dont je n'avais pas entendu parler, enfermé
que j'étais dans mon bureau pendant mon expertise ?
L'affaire ELF ? L'affaire des frégates de Taïwan ?</p><empty-line /><empty-line /><p>Non,
une simple "mise en état".</p><empty-line /><empty-line /><p>Si
j'ai bien compris le concept, il s'agit pour les magistrats de faire
convoquer à la même heure toutes les parties de toutes
les affaires du jour et de voir si les affaires sont "en état"
d'être traitées correctement le jour même. Le
magistrat présent s'informe par exemple de la régularité
de la procédure suivie dans chaque dossier, il règle
les incidents liés à l'échange des conclusions
et à la communication des pièces, etc. Accessoirement,
il règle aussi l'ordre de passage des affaires. Priorité
semble-t-il à l'avocat dont l'inscription au Barreau est la
plus ancienne, mais aussi aux avocats venant de loin, ou aux affaires
complexes nécessitant la présence de nombreuses
personnes... Autant dire que si votre affaire est simple, que votre
avocat est inscrit depuis peu au barreau local, ainsi que l'avocat de
votre adversaire, vous n'êtes pas sorti du Palais...</p><empty-line /><empty-line /><p>Si
je parle de cela aujourd'hui, c'est qu'il me reste de ce souvenir un
sentiment de malaise : j'étais assis dans un public
essentiellement constitué des personnes concernées par
les affaires du jour. Ces personnes avaient la mine sombre et
visiblement rêvaient d'être ailleurs.</p><empty-line /><empty-line /><p>En
face de nous, un joyeux ballet se déroulait sous nos yeux :
les avocats se tutoyaient tous, des plaisanteries fusaient entre eux,
avec le magistrat et le greffe. Bref, nous assistions à une
réunion de travail "entre collègues" plutôt
rigolote.</p><empty-line /><empty-line /><p>Sauf
que je sentais que les personnes présentes n'étaient
pas du tout d'accord. Leur affaire représentait à leurs
yeux un élément très important de leur vie. Leur
temps est précieux (ils ont pris un jour de congé),
leurs attentes immenses, leurs angoisses extrêmes. <emphasis>Comment
mon avocat peut-il plaisanter avec l'avocat de mon adversaire qui m'a
tant fait souffrir ? Pourquoi ce climat de plaisanterie dans ce
lieu ?</emphasis> Autant d'interrogations que je lisais sur les
visages.</p><empty-line /><empty-line /><p>Maintenant
je sais que deux amis avocats peuvent plaider l'un contre l'autre en
défendant au mieux les intérêts de leurs clients
respectifs. Leurs intelligences s'affrontent à travers le
développement de leurs arguments, leur persuasion. Ils n'en
restent pas moins amis "en dehors du travail".</p><empty-line /><empty-line /><p>Mais
sur leur lieu de travail, sachant que leurs clients les imaginent sur
un ring, eux qui sont sur le grill, ils n'auraient pas dû faire
preuve de cette familiarité.</p><empty-line /><empty-line /><p>D'où
le malaise autour de moi.</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
retenu la leçon. Lorsque je connais bien un avocat
apparaissant dans un dossier, lors de la réunion avec les
parties je fais comme si je ne l'avais jamais vu, et ne lui réserve
aucun traitement de faveur. Et je ne mange pas avec les avocats des
parties. Et si je connais bien l'une des parties (le monde est
petit), comme cliente ou fournisseur, je refuse le dossier.</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
je ne rigole pas souvent en fait.</p>

<p><strong>
LA
première fois... 
</strong></p>

<p>Pour
une fois, dans la rubrique "Anecdotes expertises", un
souvenir datant d'avant ma prestation de serment comme expert
judiciaire.</p>

<p>Il
s'agit d'un souvenir de jeunesse.</p><empty-line /><empty-line /><p>Parisien
d'adoption pendant mes années d'études, il m'arrivait
souvent de trainer sur le boulevard St Michel à la recherche
de livres d'occasion pour compléter ma bibliothèque de
science-fiction.</p><empty-line /><empty-line /><p>Ayant
dépensé une somme assez rondelette en Asimov, Heinlein
et Clarck, je décide de pousser plus avant vers la
bibliothèque (gratuite) du centre Georges Pompidou. Il me faut
pour cela traverser l'Ile de la Cité via le boulevard du
Palais. J'ai plusieurs heures à tuer, il fait beau, autant
sortir un peu des sentiers battus : je décide de faire le
tour de l'île par le Quai des Orfèvres. A peine ai-je
marché quelques mètres, j'aperçois une grande
porte ouverte par laquelle entrent des personnes. Une idée
saugrenue me vint alors : "Et si j'entrais moi aussi ?".</p><empty-line /><empty-line /><p>C'était
une époque ante-vigipirate. L'entrée dans le Palais de
Justice de Paris pouvait se faire par les côtés, sans
forcément faire la queue par l'entrée de la Sainte
Chapelle, ni montrer patte blanche.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
la première fois, j'entrais dans un Palais de Justice.</p>

<p>Intimidé
comme les gens qui vont voter<sup>79</sup>,
je suis entré dans la première salle que j'ai trouvée.
Je me demande encore comment j'ai eu le courage de passer devant le
garde en faction devant la salle.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
la première fois j'entrais dans un Tribunal.</p>

<p>Il
s'agissait d'une chambre correctionnelle. La salle était
<strikethrough>vieillote</strikethrough> patinée par les années, les
micros <strikethrough>en panne</strikethrough> débranchés, aussi me
glissais-je jusqu'au deuxième rang. En face de moi sur la
droite se tenaient les accusés, encadrés par les forces
de l'ordre. Parmi eux se tenait un jeune homme dans un beau costume,
l'air hagard, la tête baissée.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
la première fois, je suivais une affaire.</p>

<p>Mr
XXX a été pris après avoir volé un
blouson de cuir. Les faits se sont produits il y a peu de temps (la
veille ?). Toute l'histoire est racontée, il suffit de
fermer les yeux et les différentes scènes se déroulent
comme si l'on y était. Je regarde autour de moi, des petits
vieux sont là comme au spectacle et commentent entre eux à
voix pas si basse "c'est pas dommage", "pourtant il a
pas l'air de manquer". Devant moi se tiennent des personnes bien
mises. Elles ont un air de famille avec le jeune accusé.
Bingo, c'est sa famille. Papa et Maman sont là, bien raides
sur les bancs en bois. Papa surtout, avec un air fermé et
furieux. Papa est étranger d'un pays bordant le Nil et
travaille à l'ambassade. Papa ne comprend pas comment son fils
a pu commettre ce geste. Papa a condamné son fils à la
peine de mort et le fusille du regard. Le jeune a honte d'être
là. On dirait un petit garçon terrorisé. Le
moins qu'on puisse dire est qu'il ne recommencera pas. Il sera broyé
avant. Affaire suivante.</p><empty-line /><empty-line /><p>L'affaire
suivante est une affaire de drogue. Je ne me souviens pas précisément
des faits, mais je revois la réaction de l'accusé au
moment du verdict en fin de journée : "... est
condamné à DIX ans de prison". Je n'en revenais
pas. Et lui non plus semble-t-il : raide comme un piquet, il est
tombé en arrière de tout son long dans le box des
accusés, faisant voler toutes les chaises. Les policiers l'ont
récupéré et l'ont emmené. Dix ans !
Les petits vieux semblaient apprécier le spectacle.</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
information, le jeune a été relâché sans
condamnation. Je suis sûr qu'il ne recommencera jamais et que
la leçon a porté.</p><empty-line /><empty-line /><p>Aujourd'hui
j'entre avec un air blasé dans la 1ère chambre de la
Cour d’ Appel de Paris pour y assister à une formation
d'experts judiciaires, et je souris quand je vois un jeune confrère
les yeux écarquillés prendre des photos de la salle.</p><empty-line /><empty-line /><p>A
ma demande, il m'a d'ailleurs gentiment envoyé ses photos...</p>

<p>Mon
grand âge a sa dignité.</p>

<p>Ah,
ma jeunesse...</p>

<p><strong>
Bogue
suite 
</strong></p>

<p>Je
trouve particulièrement amusant que le mot "bug"
soit entré dans le vocabulaire de base des jeunes
adolescent(e)s. Ma fille utilise (trop) souvent l'expression "Papa,
vient voir ya la télé qui bugue". Cela me fait
toujours sourire, me fait fondre et m'oblige à courir donner
un grand coup de poing sur le décodeur TNT (en fait, je le
débranche et le rebranche, cela vous rappelle quelque
chose ?).</p><empty-line /><empty-line /><p>J'ai
raconté il y a quelques temps une anecdote<sup>80</sup>
dans laquelle la discussion lors de la réunion d'expertise a
porté sur la définition du terme "bug" ou
"bogue".</p><empty-line /><empty-line /><p>En
me promenant sur le réseau international de communication
entre ordinateurs (c'est plus classe à mon âge que de
dire "surfer sur Internet"), je suis tombé encore et
toujours sur un
article de wikipédia<sup>81</sup>
où il est question de "Mandelbug", "Schödinbug",
"Heisenbug" et "Bohr bug".</p><empty-line /><empty-line /><p>Pour
tous ceux que les billets truffés de liens agacent, je résume
un peu les définitions :</p>

<p><strong>Mandelbug</strong> :
c'est un bogue dont les causes sont si complexes que son comportement
apparaît chaotique ; il le reste tant que le testeur n'arrive
pas à établir précisément un comportement
déterministe d'apparition du bogue.</p>

<p><strong>Schödinbug</strong> :
c'est un bogue qui n'est pas découvert et non gênant
pour les utilisateurs, mais qui apparaît après que
quelqu'un a relu le code source ou utilise le logiciel d'une façon
non habituelle.</p>

<p><strong>Heisenbug</strong> :
c'est un bogue basé sur le principe d'incertitude d'Heisenberg
"observer une structure modifie son état" (ex :
le programme tourne sous le débogueur, mais pas sur la ligne
de commande).</p>

<p><strong>Bohr
bug</strong> : c'est un bogue qui, à la différence des
heisenbugs, ne disparaît ni n'a ses caractéristiques
modifiées lorsqu'il est recherché : il est
persistant.</p>

<p>A
cette liste, j'ajoute le :</p>

<p><strong>Zythombug</strong> :
c'est un bogue qui disparaît au moment où arrive
l'informaticien que l'utilisateur a fait venir pour le dépanner.</p><empty-line /><empty-line /><p>Dans
l'expertise citée en tête du présent billet, nous
avions affaire à un "mandelbug". Je ne suis pas sûr
que les parties auraient appréciées mes explications...</p><empty-line /><empty-line /><p>Et
pour ne pas mourir idiot, un extrait du dictionnaire de l'Académie
française (neuvième édition) :</p>

<p>I.
BOGUE n. f. XVIe siècle. Mot de l'Ouest, probablement issu du
breton bolc'h, «cosse de lin». BOT. Enveloppe de certains
fruits, armée de piquants. La bogue de la châtaigne, du
marron d'Inde, de la faine.</p>

<p>II.
BOGUE n. f. XVIe siècle. Emprunté de l'ancien provençal
boga. ZOOL. Poisson de la famille des Sparidés, commun en
Méditerranée, à nageoire dorsale épineuse.</p>

<p>III.
BOGUE n. f. XIXe siècle. Emprunté de l'italien du nord
boga, «chaîne, anneau de fer», d'origine
germanique. Anneau fixé au manche d'un gros marteau de forge.</p><empty-line /><empty-line /><p>Interro
demain pour voir !</p>

<p><strong>
Conseils
à un jeune expert 
</strong></p>

<p>En
nettoyant les anciens liens de mon navigateur, je suis tombé
sur une page des carnets
de JLK<sup>82</sup>
reproduisant la version complète des "Conseils à
un jeune écrivain" de Danilo Kis.</p>

<p>Autant
les conseils originaux méritent d'être lus avec
attention, autant je me suis amusé à les transformer en
"conseils à un jeune expert":</p>

<p>
	Cultive le doute à l’égard des
	idéologies régnantes et des princes.</p>

<p>
	Veille à ne
	pas souiller ton langage du parler des idéologies.</p>

<p>
	N’écris
	pas de reportages sur des pays où tu as séjourné
	en touriste ; n’écris pas de reportages du tout,
	tu n’es pas journaliste.</p>

<p>
	Sois conscient du
	fait que l’imagination est sœur du mensonge, et par
	là-même dangereuse.</p>

<p>
	Ne t’associe avec personne : l’expert est
	seul.</p>

<p>
	Ne sois pas prophète, car le doute est ton arme.</p>

<p>
	Sois mécontent
	de ton destin, car seuls les imbéciles sont contents.</p>

<p>
	Ne sois pas mécontent de ton destin, car tu es
	un élu.</p>

<p>
	Sois persuadé
	que la langue dans laquelle tu écris est la meilleure de
	toutes, car tu n’en as pas d’autres.</p>

<p>
	Sois persuadé que la langue dans laquelle tu
	écris est la pire de toutes, bien que tu ne l’échangerais
	contre aucune autre.</p>

<p>
	Aie en toute chose ton avis propre.</p>

<p>
	Ne donne pas en toute chose ton avis.</p>

<p>
	Si tu ne peux pas dire la vérité –
	tais-toi.</p>

<p>
	Garde-toi des
	demi-vérités.</p>

<p>
	Ne te laisse pas
	persuader que nous avons tous également raison, et que les
	goûts ne se discutent pas. « Etre deux à
	avoir tort ne veut pas dire qu’on soit deux à avoir
	raison » (Karl Popper)</p>

<p>
	« Admettre que l’autre puisse avoir
	raison ne nous protège pas contre un autre danger : celui de
	croire que tout le monde a peut-être raison ».
	(Popper)</p>

<p>
	N’aie pas de Mission.</p>

<p>
	Garde-toi de ceux qui ont une Mission.</p><empty-line /><p>
Qui habet aures audiendi,
audiat<sup>83</sup></p>

<p>
<strong>Remerciements :</strong></p><empty-line /><p>
Ce
livre n’existerait pas sans l’aide des personnes
suivantes (par ordre chronologique) :</p>

<p>
Mes
parents, qui m’ont donné le jour, élevé et
éduqué avec affection et amour. La baisse sensible du
nombre de fautes dans cette seconde édition doit beaucoup à
la relecture de ma mère.</p>

<p>
Ma
sœur France-Noëlle, qui m’a soutenu tout au long de
mes études, en particulier dans les moments difficiles. Je lui
dois une partie de ce que je suis.</p>

<p>
Mon
épouse Anne, qui m’a soutenu devant toutes les
difficultés rencontrées lors de la tenue du blog.</p>

<p>
Maître
Eolas, dont les encouragements et le soutien ont largement contribué
au succès du blog.</p>

<p>
Tous
les blogueurs qui entretiennent avec moi des liens à travers
les internets. J’apprends souvent beaucoup de nos échanges.</p>

<p>
Et,
bien entendu, les lecteurs du blog.</p><empty-line /><p>
<strong>Tables des matières</strong></p>

<p><strong>Pourquoi
	Zythom ? 	5</strong></p>

<p><strong>Pourquoi
	un blog ? 	5</strong></p>

<p><strong>Réparation
	progressive 	6</strong></p>

<p><strong>1er
	conseil municipal 	7</strong></p>

<p><strong>SNCF
	c'est possible 	8</strong></p>

<p><strong>Le
	téléphone sonne 	12</strong></p>

<p><strong>Vol
	d'objet virtuel 	13</strong></p>

<p><strong>Recrutement
	de tueur à gage sur Internet 	14</strong></p>

<p><strong>Expert
	Judiciaire en Informatique 	14</strong></p>

<p><strong>Saisie
	contradictoire 	15</strong></p>

<p><strong>Adieu
	Mme l'Institutrice 	17</strong></p>

<p><strong>Pas
	bien réveillé ? 	18</strong></p>

<p><strong>Le
	psychologue d'Outreau reste Expert 	18</strong></p>

<p><strong>Qu’est-ce
	qu’un expert judiciaire ? 	19</strong></p>

<p><strong>Missions
	impossibles 	21</strong></p>

<p><strong>Terminologie
	et néologie 	23</strong></p>

<p><strong>Retraite
	II le retour 	24</strong></p>

<p><strong>Catachrèse
		25</strong></p>

<p><strong>Accès
	aux données professionnelles 	26</strong></p>

<p><strong>Déplacement
	payant 	27</strong></p>

<p><strong>Bogue
		27</strong></p>

<p><strong>L'horreur
	de la pédophilie 	29</strong></p>

<p><strong>La
	poubelle est pleine 	30</strong></p>

<p><strong>Tribun
	du troisième âge 	31</strong></p>

<p><strong>Le
	distributeur de billet 	32</strong></p>

<p><strong>Citations
	le retour 	33</strong></p>

<p><strong>Bonjour,
	au revoir 	34</strong></p>

<p><strong>Le
	siècle des lumières 	37</strong></p>

<p><strong>Faire
	parler l'imprimante 	38</strong></p>

<p><strong>Les
	10 commandements de ce blog 	40</strong></p>

<p><strong>Mon
	PC à 10000 m 	40</strong></p>

<p><strong>Comment
	devenir expert judiciaire ? 	41</strong></p>

<p><strong>Nul
	n'est censé ignorer la loi 	42</strong></p>

<p><strong>Doit-on
	payer l'euro symbolique ?	44</strong></p>

<p><strong>Le
	blues de l'informaticien 	45</strong></p>

<p><strong>Profession :
	Expert Judiciaire 	46</strong></p>

<p><strong>Exemple
	de mission 	48</strong></p>

<p><strong>Feux
	piétons 	50</strong></p>

<p><strong>Bravo
	bravo j'y étais 	51</strong></p>

<p><strong>Les
	livres de l'expert 	53</strong></p>

<p><strong>Note
	de frais et honoraires 	54</strong></p>

<p><strong>Tout
	un pays derrière une seule adresse IP 	56</strong></p>

<p><strong>Où
	sont passées les balles ? 	57</strong></p>

<p><strong>Jargon
	technologique 	58</strong></p>

<p><strong>Sauvegardez
	vos données ! 	61</strong></p>

<p><strong>Je
	sauvegarde mais j'ai tout perdu quand même 	64</strong></p>

<p><strong>Une
	expertise au jour le jour (1) 	66</strong></p>

<p><strong>Une
	expertise au jour le jour (2) 	68</strong></p>

<p><strong>Amphi
	wifi sans pile 	69</strong></p>

<p><strong>Une
	expertise au jour le jour (3) 	70</strong></p>

<p><strong>Une
	expertise au jour le jour (4) 	71</strong></p>

<p><strong>Bilan
	annuel des missions 	72</strong></p>

<p><strong>Avez-vous
	déjà vu quelqu'un dormir à une de vos
	présentations PowerPoint ? 	73</strong></p>

<p><strong>Propositions
	aux candidats pour de meilleures expertises 	74</strong></p>

<p><strong>SDF
		77</strong></p>

<p><strong>Arrêter
	d'acheter votre informatique au restaurant ! 	78</strong></p>

<p><strong>Un
	train trop tôt 	79</strong></p>

<p><strong>Huissiers
	de Justice et Experts Judiciaires 	80</strong></p>

<p><strong>Les
	scellés 	82</strong></p>

<p><strong>Achat
	sur internet 	84</strong></p>

<p><strong>Pas
	ici 	86</strong></p>

<p><strong>Un
	kilo plus lourd 	87</strong></p>

<p><strong>Photos
	d'écran 	89</strong></p>

<p><strong>Un
	week-end pour m'enterrer 	90</strong></p>

<p><strong>Le
	mythe de l'expert judiciaire 	92</strong></p>

<p><strong>La
	fibre pour tous ! 	93</strong></p>

<p><strong>Un
	blog de moine ? 	94</strong></p>

<p><strong>Un
	réseau bien hospitalier... 	95</strong></p>

<p><strong>Expert
	en faux 	96</strong></p>

<p><strong>Service
	service 	97</strong></p>

<p><strong>Sauvegardes :
	les données importantes 	99</strong></p>

<p><strong>Un
	jour j'oserai 	101</strong></p>

<p><strong>Mon
	bollard et mon couteau 	102</strong></p>

<p><strong>La
	ceinture-portables 	103</strong></p>

<p><strong>Nouvelle
	Netware 	104</strong></p>

<p><strong>Prédictions
		105</strong></p>

<p><strong>A
	voté ! 	106</strong></p>

<p><strong>Les
	Avocats et l'informatique 	107</strong></p>

<p><strong>Deux
	vies 	109</strong></p>

<p><strong>Assistance
	lors d'une perquisition 	110</strong></p>

<p><strong>Chaud
	chaud chaud ! 	111</strong></p>

<p><strong>Note
	à benêt pour prise d'image 	113</strong></p>

<p><strong>Sale
	affaire 	113</strong></p>

<p><strong>Des
	Hommes d'Honneur 	114</strong></p>

<p><strong>Billet
	anonyme 	117</strong></p>

<p><strong>Que
	Momus divertisse la halle bruyante 	119</strong></p>

<p><strong>La
	nuit, à travers le réseau 	119</strong></p>

<p><strong>Tribunal
	de Commerce part I 	122</strong></p>

<p><strong>Ils
	ont dix-huit ans aujourd'hui 	124</strong></p>

<p><strong>Les
	Dieux eux-mêmes 	125</strong></p>

<p><strong>Toi
	aussi mon fils ! 	127</strong></p>

<p><strong>Non,
	toute peine ne mérite pas salaire ! 	129</strong></p>

<p><strong>It's
	raining CATs and dogs... 	131</strong></p>

<p><strong>Tribunal
	de Commerce part II 	133</strong></p>

<p><strong>L'âge
	d'or est devant nous... 	134</strong></p>

<p><strong>Flash
	Gordon 	137</strong></p>

<p><strong>Combien
	reste-t-il après une expertise ? 	138</strong></p>

<p><strong>Vingtenaire
		142</strong></p>

<p><strong>Donnez-moi
	une arme et une bouteille de Tequila... 	143</strong></p>

<p><strong>La
	voix de la France 	144</strong></p>

<p><strong>Une
	case par personne 	145</strong></p>

<p><strong>Suis-je
	un bon expert ? 	145</strong></p>

<p><strong>Correspondance
	privée et public joke 	147</strong></p>

<p><strong>Un
	œil, des œils 	149</strong></p>

<p><strong>Le
	bureau de vote 	150</strong></p>

<p><strong>Le
	mot de la fin 	152</strong></p>

<p><strong>Un
	expert judiciaire face à la pédophilie 	155</strong></p>

<p><strong>Hacker
	vaillant, rien d'impossible 	159</strong></p>

<p><strong>Plus
	X 	161</strong></p>

<p><strong>Rééquilibrage
	Nord Sud 	162</strong></p>

<p><strong>La
	déontologie 	163</strong></p>

<p><strong>Si
	M'aïst Diex 	168</strong></p>

<p><strong>Semper
	Fidelis 	169</strong></p>

<p><strong>Qui
	a volé l'Orange du marchand ? 	170</strong></p>

<p><strong>Le
	scandale du fichier élèves de l'éducation
	nationale 	176</strong></p>

<p><strong>La
	bête du petit écran 	177</strong></p>

<p><strong>Un
	nouvel oracle 	178</strong></p>

<p><strong>Un
	expert judiciaire peut-il tenir un blog ? 	179</strong></p>

<p><strong>Archéoinformatique
		181</strong></p>

<p><strong>La
	salle derrière au fond 	182</strong></p>

<p><strong>Allez
	vous coucher plus tôt 	184</strong></p>

<p><strong>Je
	suis un imposteur 	185</strong></p>

<p><strong>Remise
	en état 	187</strong></p>

<p><strong>LA
	première fois... 	189</strong></p>

<p><strong>Bogue
	suite 	192</strong></p>

<p><strong>Conseils
	à un jeune expert 	195</strong></p><empty-line /><empty-line /><p>1
	En fait, le dernier mot de mon dictionnaire est « zythum ».
	Mais dans ma tête, je le prononce « zit-homme ».
	C’est donc d’une faute de frappe qu’est né
	ce pseudonyme…</p>

<p>2
	http://www.maitre-eolas.fr</p>

<p>3
	Le verbe "faillir" au présent. Vous pouvez vérifier
	dans votre Bescherelle. J'en suis le premier surpris, c'est ma femme
	qui m'a corrigé. Elle n'est pas Avocate pour rien...</p>

<p>4
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Catachr%C3%A8se  (j’y peux rien
	si les URL gèrent les accents comme cela !)</p>

<p>5
	http://www.legalis.net/breves-article.php3 ?id_article=1788</p>

<p>6
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Bogue_%28informatique%29</p>

<p>7
	Depuis, je vous rassure. Je suis rentré dans le rang et
	utilise maintenant le genre masculin.</p>

<p>8
	Startup en anglais. La startup ou jeune pousse est une jeune
	entreprise à fort potentiel de croissance. Elle est en phase
	plus ou moins longue de développement d'un produit, de test
	d'une idée, de validation d'une technologie ou d'un modèle
	économique... le risque d'échec est décuplé
	par rapport à des entreprises traditionnelles. (source
	Wikipédia)</p>

<p>9
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Dix_Commandements</p>

<p>10
	http://support.euro.dell.com/support/edocs/systems/dim2400/en/sm_en/specs.htm</p>

<p>11
	http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/citoyen/citoyennete/definition</p><empty-line /><p>/devoirs-definition/que-signifie-nul-n-est-cense-ignorer-loi.html</p>

<p>12
	http://www.haas-avocats.com/fr/catalogpage.xml?pg=1&amp;id=89577&amp;from=1&amp;to=10</p>

<p>13
	http://www.revue-experts.com</p>

<p>14
	http://en.wikipedia.org/wiki/Real_life</p>

<p>15
	http://hugues.blogs.com/commvat/2006/12/rebel_without_a_1.html</p>

<p>16
	http://www.microsoft.com/games/midtown2</p>

<p>17
	http://piki-blog.blogspirit.com/archive/2005/09/16/le-miroir-de-nos-choix.html</p>

<p>18
	http://www.bnf.fr/pages/accedocu/tarif.htm</p>

<p>19
	http://www.maitre-eolas.fr/post/2004/05/10/77-pourquoi-les-avocats-sont-ils-si-chers</p>

<p>20
	Une Freebox bien sûr…</p>

<p>21
	http://zythom.blogspot.com/2006/09/sauvegardes-vers-un-serveur-samba.html</p>

<p>22
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Sauvegarde#M.C3.A9thodes_de_sauvegarde_les_plus_</p><empty-line /><p>courantes</p>

<p>
	23
	http://www.generation-nt.com/a4tech-nb57d-souris-optique-wireless-actualite-18576.html</p>

<p>24
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Poste_%C3%A0_gal%C3%A8ne</p>

<p>25
	http://piki-blog.blogspirit.com/archive/2007/01/24/morale-et-libre-arbitre.html</p>

<p>26
	La locution (1640) poitron-jacquet (« dès
	l’aube ») est composée de l’ancien
	français poitron, du latin vulgaire posterio
	(« arrière-train », « cul »),
	accompagné de jacquet, nom de l'écureuil. Elle
	signifiait donc littéralement « dès que
	l’on voit poindre le derrière de l'écureuil ».
	On trouve ensuite « dès potron-jacquet »,
	puis « dès potron-minet », par
	substitution de jacquet par minet (« chat »).
	D'autres formes ont été observées, parmi
	lesquelles « dès patron-jaquet » ou
	« dès patron-minet ». (source :
	fr.wiktionary.org)</p>

<p>27
	http://www.legalis.net/article.php3 ?id_article=1846</p>

<p>28
	http://www.legalis.net/jurisprudence-decision.php3?id_article=1844</p>

<p>29
	Lire page 8</p>

<p>30
	http://www.bipm.org/fr/si/prefixes.html</p>

<p>31
	http://physics.nist.gov/cuu/Units/binary.html</p>

<p>32
	http://www.deathclock.com/</p>

<p>33
	Un geek (mot anglais) est
	un stéréotype décrivant une personne
	passionnée, voire obsédée, par un domaine
	précis, généralement l'informatique. Le type
	même du geek est un premier de la classe, à profil
	scientifique, férus de superhéros
	et de science-fiction. À l’origine, en anglais le terme
	signifiait « fada », soit une variation
	argotique de « fou », « crétin ».
	D’abord péjoratif, il est maintenant revendiqué
	par certaines personnes. Le terme est voisin de l’argot
	estudiantin « polar » (toujours plongé
	dans un polycopié). Source :
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Geek.</p>

<p>34
	http://www.minorityreport.com/</p>

<p>35
	http://www.rtflash.fr/edito-que-doit-on-faire-pour-que-chaque-francais-dispose-tres-haut-debit-avant-15-ans/article</p>

<p>36
	Utilisateur d'un système ayant tous les droits sur celui-ci,
	en général son administrateur.</p>

<p>37
	http://otrs.org/</p>

<p>38
	http://www.memodata.com/2004/fr/pantagruel_rabelais/rabel11.shtml</p>

<p>39
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Bollard</p>

<p>40
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Gur%C3%BB</p>

<p>
	41
	http://www.networkworld.com/news/2007/040507-nine-things-about-novell.html?page=2</p>

<p>42
	http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/elections/comment_voter</p><empty-line /><p>/bureau-vote</p>

<p>43
	http://www.alain-bensoussan.com/</p>

<p>44
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Babbage</p>

<p>45
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Prolog</p>

<p>46
	http://www.riff.org/node/12824</p>

<p>47
	Texte ennuyeux.</p>

<p>48
	http://www.keronsoft.com/dupdetector.html</p>

<p>49
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Crime_%28France%29</p>

<p>50
	http://www.maitre-eolas.fr/post/2007/04/10/595-usurpation-d-identite</p>

<p>51
	http://www.e-fense.com/helix/</p>

<p>
	52
	Je n’ai pas pu résister : EOLAS à lire sur
	http://www.maitre-eolas.fr</p>

<p>53
	http://www.deftlinux.net/</p>

<p>54
	Dans le langage juridique, « contradictoire »
	qualifie le fait que dans le cours d'un procès, chacune des
	parties a été mise en mesure de discuter à la
	fois, l'énoncé des faits et les moyens juridiques que
	ses adversaires lui ont opposés. Il est question alors du
	« respect du contradictoire » et encore, en
	parlant d'un jugement, qu'il est intervenu « au
	contradictoire des parties ».</p>

<p>55
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Tu_quoque_mi_fili</p>

<p>56
	http://standblog.org/blog/post/2007/05/16/Pourquoi-il-est-faux-de-dire-que-toute-peine-merite-salaire</p>

<p>57
	http://www.cat-unapei.org/</p>

<p>58
	http://ssf.ffspeleo.fr/</p>

<p>59
	Sans Garantie De Zythom évidement (rechercher SGDG sur
	google)</p>

<p>60
	http://www.lafontaine.net/lesFables/afficheFable.php?id=4&amp;ill=</p>

<p>61
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Mesure_du_temps_sur_Mars
	(Comptez deux aspirines et trois heures...)</p>

<p>62
	http://standblog.org/blog/post/2007/06/01/En-vrac-et-en-colere</p>

<p>63
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Fax</p>

<p>64
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Poste#Histoire_de_la_poste_en_France</p>

<p>65
	Voir page 38 : « Faire parler l’imprimante ».</p>

<p>66
	Voir page 106, le billet intitulé « A voté ».</p>

<p>67
	Voir page 117 le billet intitulé « Billet
	anonyme ».</p>

<p>68
	Zythum : Bière que les anciens Egyptiens faisaient avec
	de l'orge fermentée.</p>

<p>69
	Voir page 90 : « Un week-end pour m’enterrer ».</p>

<p>70
	http://apev.org</p>

<p>71
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Coeur</p><empty-line /><p>Sa
	devise « A vaillans cuers riens impossible »,
	est encore très connue de nos jours, transformée en
	« À cœur vaillant, rien d'impossible »,
	d’où le titre du billet.</p>

<p>72
	Les chapeaux blancs
	- ou <emphasis>white hats</emphasis> :
	consultants en sécurité, administrateurs réseaux
	ou cyber-policiers, ils ont un sens de l'éthique et de la
	déontologie.</p>

<p>73
	http://fr.wikipedia.org/wiki/US_Marine_Corps#USMC_Rifle_Creed</p>

<p>74
	http://my.opera.com/pfelelep/blog/</p>

<p>75
	Voir page 8 « SNCF, c’est possible »</p>

<p>76
	http://www.01net.com/editorial/354001/l-education-nationale-sommee-de-revoir-la-confidentialite-de-ses-fichiers/</p>

<p>77
	http://www.intelius.com/</p>

<p>78
	Si l'on cherchait le sens de ces premières paroles du Sermon
	sur la montagne, dans l'application qui en est faite d'ordinaire, il
	faudrait admettre, comme on le fait généralement, que
	Jésus-Christ a glorifié l'idiotisme. Ce sens ne peut
	être celui de l'Écriture. Quelques interprètes
	ont traduit pauperes spiritu par pauvres en esprit, c'est-à-dire
	détachés de tous les biens terrestres et n'aspirant
	qu'aux vrais biens du Ciel ; mais une tradition erronée est
	indestructible ; on a dit une fois et l'on dira toujours :
	Bienheureux les pauvres d'esprit, en appliquant cette expression à
	ceux qui, dépourvus d'instruction et de talents, voient
	cependant leurs affaires prospérer : Cet homme a fait une
	fortune colossale en quelques années, et c'est à peine
	s'il sait signer son nom : Beati pauperes spiritu. (source :
	http://www.abc-lettres.com/proverbe-latin/beati-pauperes-spiritu.html)</p>

<p>79
	Lire page 150 : « Le bureau de vote »</p>

<p>80
	Lire page 27 : « Bogue »</p>

<p>81
	http://fr.wikipedia.org/wiki/Bogue_%28informatique%29</p>

<p>
	82
	http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2005/12/26/conseils-a-un-jeune-ecrivain.html</p>

<p>83
	Que celui qui a des oreilles
	pour entendre entende (Légionnaire romain dans "Le
	cadeau de César") S'emploie pour avertir qu'on doit
	faire son profit de ce qui a été dit.</p><empty-line /><empty-line /><p>
	202</p><empty-line /><empty-line />
</section>

</body></FictionBook>