Le PC d’occasion – 3e partie

Le billet précédent se terminait ainsi :
Par contre, je trouve scandaleux que le matériel informatique d’une mairie puisse se retrouver dans la nature sans avoir fait l’objet d’un effacement consciencieux des données qu’il contient. Quelqu’un a commis une erreur, soit par incompétence, soit du fait de sa condition humaine, soit parce que l’ordinateur a été volé… Tout est possible.
Je décide donc de contacter l’ANSSI.

Pourquoi contacter l’ANSSI, quand il me suffit de contacter le service informatique de la mairie concernée ?

Et bien, il s’agit là d’une précaution élémentaire, qui est le fruit d’une longue série d’expériences douloureuses subies par d’autres. En effet, lorsque l’on prévient un organisme qu’il a un problème de sécurité, il arrive fréquemment que l’on se retrouve soi-même à faire partie du problème. Je ne compte plus les affaires où un simple particulier a été mis en cause par un organisme, et qui s’est retrouvé embarqué malgré lui dans des aventures qu’il n’imaginait pas devoir subir.

Et il se trouve que j’ai l’imagination très fertile en ce qui concerne les problèmes potentiels qui peuvent survenir. J’en ai même fait mon métier : je suis Expert en poliorcétique dans une grande école où mon quotidien est fait d’agressions informatiques permanentes et où je vis dans la crainte que l’une d’entre elles emporte tout sur son passage (et je SAIS que cela arrivera, malgré tous les PCA, PRA, parefeux, PSSI, SMSI, SIEM, comités sécurités, cellules de crise cyber, exercices, formations de sensibilisation, etc. que je peux mettre en place, cela ARRIVERA, et je dois dormir chaque nuit avec cette certitude…).

Bref, pas question de me retrouver sur le banc des accusés parce qu’un DGS a paniqué et m’a désigné comme contrefeu à la vindicte des membres de la magistrature… Je me souviens toujours de la tirade de Maître Eric Dupont-Moretti : “La justice, c’est une administration à laquelle on a donné le nom d’une vertu. Ça n’est rien d’autre que cela. Elle a les qualités et les défauts d’une administration. Moi, je ne voudrais pas avoir à faire à la justice.” Le fait qu’il soit devenu Garde des Sceaux ne me rassure pas plus que cela.

Pour le commun des mortels, le fait d’avoir été expert judiciaire pendant 21 ans me place dans la catégorie des personnes nécessairement protégées, faisant parti du système, intouchables… Qu’ils se rassurent, je peux prendre cher comme tout un chacun, et c’est justice (sans réserve).

Je décide donc de contacter l’ANSSI, parce que pour moi, ils représentent les Chevaliers défendant le faible contre les dangers de ce monde. Ils prononcent des vœux d’obéissance, de pauvreté et de chasteté, mais combattent efficacement les cyberinfidèles. Voici mon courriel :

Sujet du message : Faille de sécurité Mairie de [ville de la région
parisienne]

Bonjour,
J'ai acheté un ordinateur d'occasion sur internet sur le site
www.backmarket.fr
Pour ne pas faire de recel de données illégales, j'ai procédé à
l'analyse forensic de son disque dur (je suis expert judiciaire).
Celui-ci contient des données en rapport avec le service financier de
la mairie de [ville de la région parisienne] : documents pdf, word,
excel, et échanges d'emails internes et externes avec par exemple les
finances publiques. Vous trouverez en pièce joint l'un des emails que
j'ai pu récupérer.
Le détail de ma commande sur www.backmarket.fr :
[...]
J'ai extrait le disque dur du PC et je l'ai placé sous scellé. Pouvez-
vous me dire la suite que vous donnerez à ce message et ce que je dois
faire du disque dur ?
Bien à vous,
[Zythom]

Plein d’espoir et les yeux brillants d’émotion, j’ai ouvert la réponse de l’astreinte du CERT ANSSI :

Bonjour,
Nous vous remercions pour votre signalement que nous avons bien pris en
compte sous la référence RM#31415926.
Vous êtes-vous adressé à la mairie de [ville de la région parisienne],
pour connaître la marche à suivre dans ce genre de situation ? Car à
priori, c'est plus de son ressort que du nôtre.
Merci de nous tenir informé des actions entreprises.
Cordialement,

C’est peu de dire que j’étais très déçu…

Mais après quelques réflexions, je me suis souvenu que Alonso Quijano ne se serait pas découragé pour si peu, et j’ai donc repris ma plume électronique :

Bonjour,
Je suis surpris par votre demande : je n'ai aucun contact à la mairie
de [ville de région parisienne], et aucune chance d'être écouté en tant
que simple particulier.
Vous êtes par contre parfaitement qualifié pour leur signaler une
faille de sécurité et déclencher une enquête par les services
appropriés.
Merci de me tenir au courant des suites que vous aurez données à mon
signalement, et je vous précise que je souhaite bénéficier de la
protection de l'alinéa 2 de l'article L.2321-4 du code de la défense.
Bien à vous,
[Zythom]

Quelques temps plus tard, je recevais le message suivant :

Bonjour Monsieur,
Nous avons pris contact avec la Mairie et sommes en attente d'un
retour.
Nous vous tiendrons au courant des éléments vous concernant.
Merci encore pour votre signalement.
Bien cordialement,

VICTOIRE, et tel Amadis de Gaule prenant le nom de Chevalier de la Verde Espée, je suis debout sur mon bureau et fait tournoyer mon clavier en flattant la croupe de ma souris verticale (ce billet devient n’importe quoi). Las, j’avais omis un point que tout fidèle lecteur aura déjà relevé, en bon Sancho Panza, et que la dure réalité de ce monde cruel est venu me rappeler à travers l’email de l’ANSSI reçu un mois plus tard :

Bonjour,

Suite à votre signalement et conformément à l’article L. 2321-4 du code
de la défense, nous avons averti la mairie qui a pris très au sérieux
cet incident et souhaite récupérer ce disque dur.  Acceptez-vous de le
lui transmettre ?

Si oui, et dans le cas où vous souhaitez organiser le transfert
directement avec la mairie, nous pouvons vous fournir un contact.
Si vous souhaitez demeurer anonyme, nous pouvons servir de relais.

Pour votre information, votre anonymat sera conservé par l'ANSSI,
conformément à l'article L. 2321-4 du code de la défense, sauf à ce que
l'ANSSI soit contrainte de divulguer votre identité en cas de
réquisition judiciaire à la suite d'un dépôt de plainte de la mairie.

Cordialement,

En fait de dure réalité, c’est ma douce épouse qui m’a fait remarquer : “Ah parce qu’en plus, tu vas devoir payer pour leur envoyer un disque dur qui t’appartient ?”

“Non, mais ça me fait plaisir”, est la seule chose que j’ai trouvée à lui répondre…

J’ai donc placé le disque dur (mis sous scellé au tout début de cette aventure) dans un emballage robuste, et j’ai envoyé le tout à mes frais au secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale.

En confiant mon précieux paquet au bon soin de La Poste, je lui ai fait un petit geste d’adieu définitif.

Il me reste à vous narrer les échanges avec le vendeur de Backmarket, et le service après-vente d’icelui. Cela fera l’objet d’un prochain billet. Stay tuned.

Le PC d’occasion – 2e partie

Le billet précédent se terminait ainsi :
Je contacte le vendeur, le SAV Backmarket, l’ANSSI, et la CNIL. La suite va vous étonner (billets à suivre). Ce cliffhanger de malade (explication en fin de billet 😉 )

Commençons par la CNIL.

Je contacte un agent de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, “habilité, à raison de sa fonction, à effectuer les visites et vérifications mentionnées à l’article 19 de la loi du 6 janvier 1978 modifiée et à l’article L. 253-3 du code de la sécurité intérieure.” Ce sont des personnes motivées, impliquées dans leur mission de service public : la preuve, je la contacte et elle me répond presqu’immédiatement alors qu’elle est en vacances ! (oui, ces personnes existent, et plus souvent qu’on ne le pense 🙂

Zythom : Bonjour, je viens d'acheter un PC d'occasion reconditionné
et j'ai analysé le contenu effacé du disque dur (avec dd + photorec) :
il s'agit d'un ordinateur d'une mairie connue de la région parisienne.
Qui dois-je prévenir ?

Voici la réponse du super agent CNIL :

Super agent CNIL : Bonjour et merci du signalement. Je suppose que ce
disque dur mal effacé contient des données à caractère personnel,
pouvez-vous me dire de quel genre de données il s'agit ainsi qu'une
estimation du volume svp ? En fonction de la sensibilité et du nombre de
données nous pouvons agir différemment.

Alors, je suis un peu ennuyé car je viens à peine de commencer l’analyse, et a priori, je n’avais pas prévu de mener une enquête de plusieurs jours… Donc, je réponds avec ce que j’ai :

Zythom : C'est difficile à dire, car d'expérience, les logiciels de
récupération retrouvent beaucoup de fichiers. Tous ne sont pas
exploitables, et ici tous ne contiennent pas de données personnelles. A
ce stade de mon analyse inforensique :
517 fichiers *.doc
1238 fichiers *.pdf
225 fichiers *.xls
5084 fichiers *.jpg
Dans les fichiers pdf, il y a de tout : extrait de comptes publics,
factures, etc.

Ce à quoi il m’a répondu :

Super agent CNIL : Pour que la CNIL soit compétente sur le sujet, il
faut que des DCP aient fuitées. D'où mon intérêt d'avoir une idée un peu
plus précise de ce que l'on peut trouver dans ces fichier : si vous me
dites que c'était le HDD du pôle RH avec plein d'informations privées
sur les employés de la mairie, ce n'est pas la même chose que s'il
s'agit du HDD d'un PC dédié à la gestion des espaces verts.

Si vous trouvez des fichiers contenant des données à caractère
personnel, est que vous m'envoyez un email à XXX@cnil.fr en indiquant :
- un court résumé de la manière dont vous avez acquis la machine
(directement auprès de la mairie, revendeur spécialisé, internet, etc)
- le type de DCP que vous avez trouvé (nom, adresse, numéro de sécurité
social, mot de passe haché/en clair, etc)
- le nom de la mairie concernée

Dans tous les cas, ne joignez pas les fichiers contenant les données
mais conservez-les dans le cas où nous ayons besoin de faire des
constatations. Si nous devions avoir besoin des fichiers, nous vous
demanderons de nous les transférer via notre plateforme sécurisée
d'échange de fichier.
Merci de votre signalement.

J’ai donc poursuivi mes analyses, en ouvrant CHAQUE fichier pour voir s’il contenait des données à caractère personnel. A ma grande surprise, j’en ai trouvé très peu (mais j’ai le détail de tous les remboursements de frais de bouche du maire 😉 ) Donc, fidèle à mon principe “je ne vais pas emm… un organisme public déjà surchargé de dossiers beaucoup plus importants“, je n’ai pas donné suite à ce signalement, pour l’instant.

Par contre, je trouve scandaleux que le matériel informatique d’une mairie puisse se retrouver dans la nature sans avoir fait l’objet d’un effacement consciencieux des données qu’il contient. Quelqu’un a commis une erreur, soit par incompétence, soit du fait de sa condition humaine, soit parce que l’ordinateur a été volé… Tout est possible.

Je décide donc de contacter l’ANSSI.

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La suite est réservée aux abonnés.
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Aha, en vrai, la suite dans le prochain billet. Le temps ici est celui des échanges épistolaires d’antan 😉


Le PC d’occasion

J’ai besoin de faire des calculs intensifs, dans le cadre de mon apprentissage de Tensorflow, et de temps en temps pour casser du mot de passe.

J’ai donc une machine dédiée à cela. Mais elle date de 2005, à une période où les cartes mère basculaient vers des bus PCIe, et la magnifique carte graphique GTX 1060 récupérée sur le PC de mon gamer de fils n’était pas bien reconnue, malgré mes montages, disons, hasardeux, à base de ventilateur sur pied pour le refroidissement et d’alimentation ajoutée (avec la fameuse “astuce” du trombone, svp ne le faites pas).

Bref, il me fallait envisager d’investir dans un nouveau PC de calculs.

Seulement voilà, je ne voulais pas mettre trop cher dans la configuration, sachant que j’avais déjà la carte graphique et que la puissance d’icelle me convenait parfaitement. Mon cahier des charges était le suivant :
– une carte mère pouvant accueillir une carte graphique Nvidia
– 8 Go de RAM
– c’est tout

Je me tourne alors vers Internet (c’est une figure de style, je suis toujours face à mes écrans) et je découvre le monde merveilleux des ordinateurs d’occasion : entre les personnes qui pensent pourvoir vendre leur PC au même prix qu’elles l’ont acheté, voire plus, et celles qui vous dirigent vers un site russe entre pilules bleues revigorantes et promos sur les masques FFP2 (je navigue sur les sites que je veux) bloqué par mes Pi Hole / uBlock Origin / AdGuard-en-test…

Et puisqu’il faut bien parfois traverser la rue, je me lance, et je passe commande sur le site français www.backmarket.fr sur lequel j’avais débusqué un Dell Optiplex 3020 MT Core i3 3.4 GHz – HDD 500 Go RAM 8 Go, qui me faisait les yeux doux à 130 euros TTC (!) livraison incluse et garantie d’un an \o/

Matériel réceptionné trois jours après. Jusqu’ici tout va bien.

Je déballe le tout, je branche, j’allume pour voir si tout va bien: nickel ! J’éteins, je débranche, je décharge l’électricité statique de mon gros pull, j’ouvre la bête, je vire le disque dur, la carte wifi bizarre, je place un disque SDD de mon stock, la carte graphique surpuissante, une vieille alim ATX de mon stock (avec son trombone, de mon stock aussi), je branche écran/clavier/souris/câble réseau de mon stock, une clé USB (on peut écrire clef USB ?) pour installer une Debian, les drivers Nvidia, CUDA, etcétéra.

J’ai une nouvelle machine de calculs \o/

Mais pendant que cette nouvelle venue chauffait mon bric-à-brac bureau en faisant des milliards d’opérations, le disque dur de 500Go extrait du PC d’occasion me faisait de l’œil… Et si ?

Et si ce disque dur pouvait me raconter son histoire ? Ni une, ni deux, je le branche sur mon PC et procède à sa copie bit à bit (cf ce billet de 2014, ou celui-ci de 2008), puis je commence son analyse.

Nam et ipsa scienta potestas est, écrivait le philosophe Francis Bacon, dans “De haeresibus” en 1597 (pas lu, mais j’aime les citations latines <3, j’ai fait latin jusqu’en terminale, option au Bac, zéro point gagné).

Dans les données en clair, je récupère la clef de licence Windows 10 (j’aime bien écrire clef-avec-un-f). Ne voulant pas être receleur à l’insu de mon plein gré, j’appelle le support Microsoft (oui, oui). Après trois personnes ne comprenant pas trop mon appel, je tombe sur une charmante dame certainement PFE+++ (Premier Field Engineer) chez Microsoft, qui après diverses vérifications techniques, m’informe que la clef de licence correspond à une clef bloquée chez eux pour avoir été trop souvent activée. “Vous avez une clef PIRATÉE”, me dit-elle…

Je détruis mon téléphone jetable, coupe la liaison satellitaire chiffrée, reboote mon nœud Tor, m’essuie le front avec mon vieux T-Shirt SSTIC 2012 sous le regard désapprobateur d’Edward Snowden dont le livre usé est face à moi…

On m’a vendu un PC avec une licence Windows piratée…

Je pousse plus loin mes investigations, cette fois en regardant les données (mal) effacées du disque dur. Celui-ci a été reformaté rapidement : toutes les données antérieurement présentes sont toujours là, à attendre que je les récupère. Une vie complète d’ordinateur se déroule devant moi, comme au plus fort des expertises judiciaires que j’ai menées : emails, rapports, fichiers Excel, notes de frais…

On m’a vendu le PC d’un employé de la mairie d’une grande ville de la région parisienne…

Je contacte le vendeur, le SAV Backmarket, l’ANSSI, et la CNIL. La suite va vous étonner (billet suivant).

Savoir s’arrêter : la réponse

Pour faire suite au billet de janvier 2020 “Savoir s’arrêter : le courrier‘, voici le courrier de la Cour d’Appel de mon ressort judiciaire que j’ai reçu fin novembre 2020 :

Monsieur,

J’ai l’honneur de vous notifier, en application des dispositions de la loi du 29 juin 1971 modifiée par la loi du 11 février 2004 et du décret du 23 décembre 2004 modifié relatifs aux experts judiciaires que l’assemblée générale de la cour d’appel de [Tandaloor] réunie le 13 novembre 2020, a constaté votre souhait de ne pas renouveler votre inscription et procédé à la suppression de celle-ci sur la liste des experts judiciaires établie pour l’année 2021.

Les décisions prises pour l’établissement des listes d’experts ne peuvent donner lieu qu’à un recours devant la Cour de cassation en application de l’article 20 du décret n°2004-1463 modifié.

Ce recours doit être formé dans un délai d’un mois, à compter de la présente notification par déclaration au greffe de la cour de cassation ou par lettre recommandée avec demande d’avis de réception adressée au greffe de la cour de cassation.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

P/Le procureur général
Mme [Gowachin]
Substitut Général

Comme mon courrier de décembre 2019 n’a pu être pris en compte qu’en novembre 2020, à partir de ce soir, officiellement, je ne suis donc plus expert judiciaire. Je suis fier d’avoir apporté mon concours à la Justice, accompli mes missions, fait mes rapports,
et donné mon avis en mon honneur et en ma conscience. Je l’ai fait en toute indépendance, de mon mieux et en gardant ma liberté de parole et d’esprit.

Je laisse la place à plus jeunes et plus compétents que moi.

Mais je continuerai à m’exprimer ici, sur tous les sujets, y compris sur ceux de l’expertise judiciaire, n’en déplaise aux vieux cons.

Je profite de ce billet du 31 décembre pour vous souhaiter à tous de bonnes fêtes et, avec quelques heures d’avance, une bonne année 2021.

Malgré tout.

Awk awk awk

Pour retirer les lignes en doublon dans un fichier texte contenant beaucoup de lignes (voir le billet “Dictionnaire français pour hashcat“), j’ai utilisé la commande suivante :

cat toto.txt | sort | uniq > pas-de-doublons.txt

où toto.txt est un fichier texte d’environ 20 Go et où le fichier pas-de-doublons.txt résultant ne fait plus que 311 Mo. La commande met 1h30 à s’exécuter sur mon ordinateur.

Un internaute m’a fait remarquer en commentaire sur mon GitHub que cette commande pouvait être avantageusement remplacée par la commande suivante :

cat toto.txt | awk '!x[$0]++' > pas-de-doublons.txt

Mais avant d’essayer la commande awk sur mon ordinateur, je voulais la comprendre. Et à ma grande surprise, je n’ai pas réussi à trouver d’explications sur cet usage particulièrement concis sur internet (spoiler : j’ai mal cherché). J’ai donc demandé de l’aide sur Twitter où @CyrilBrulebois m’a fourni une explication en quelques secondes : https://unix.stackexchange.com/questions/159695/how-does-awk-a0-work

Je vais détailler ici l’explication, pour pouvoir m’y référer plus tard, quand ma mémoire me fera défaut.

awk est une commande très puissante, c’est un langage de programmation a elle tout seule qui permet une recherche de chaînes et l’exécution d’actions sur les lignes sélectionnées. Elle est utile pour récupérer de l’information, générer des rapports, transformer des données entre autres (source funix.org).

!x[$0]++ est à interpréter de la manière suivante :

$0 contient une ligne complète du fichier toto.txt

x[] est un tableau associatif. Pour en savoir plus, lire cet article sur les tableaux en bash. Il reçoit en argument autre chose que des entiers de 0 à N comme un tableau habituel. Il peut recevoir une chaîne de caractère.

x[$0] regarde si la valeur de la clé $0 est déjà présente dans le tableau associatif x[]. Si elle ne s’y trouve pas, une chaîne de caractère vide est placée dans x[$0]. Dans tous les cas, x[$0] retourne son contenu.

Lequel des deux opérateurs “!” ou “++” est-il prioritaire sur l’autre ? Il s’agit de vérifier la précédence de ces deux opérateurs. Le tableau que l’on trouve par exemple dans ce document, nous indique que ++ est prioritaire sur “!”. Mais comme il est situé à droite de x[$0] (post-incrément), il faut d’abord évaluer le contenu de x[$0], considéré comme un entier (1ère action de “++”), passer cette évaluation à l’opérateur “!”, puis l’incrémenter de 1 (2e action de “++”).

Donc si la ligne contenue dans $0 vient d’apparaître pour la première fois, x[$0] contient une chaîne de caractère vide considérée comme équivalente à 0, et x[$0] retourne 0 (= faux), puis passe à 1. Sinon x[$0] retourne N (= non nul = vrai), puis passe à N+1.

Comme !x[$0]++ est la négation de x[$0]++, il suffit d’inverser le résultat du paragraphe précédent : si la ligne contenue dans $0 vient d’apparaître pour la première fois, !x[$0] retourne 1 (= non nul = vrai), puis x[$0] passe à 1. Sinon !x[$0] retourne 0 (= faux), puis x[$0] passe à N+1.

Dit autrement, !x[$0]++ retourne :
– vrai si $0 contient une ligne non déjà vue, puis incrémente x[$0]
– faux si $0 contient une ligne déjà vue, puis incrémente x[$0]

Enfin, le comportement par défaut de awk est d’imprimer $0 en cas d’évaluation à vrai, et de ne rien faire dans le cas contraire. Toutes les lignes déjà vues disparaissent. Le fichier résultant ne possède pas de lignes en doublon.

La commande recommandée fait donc bien ce qu’elle est sensée faire, et elle le fait plus vite : 15mn sur mon ordinateur au lieu d’1h30 avec la commande “sort | uniq”…

Par contre, elle fonctionne bien parce que mon fichier texte initial contient beaucoup de doublons (le fichier final fait 311 Mo) et ne sature pas la mémoire de mon ordinateur. J’ai eu moins de chance avec un fichier texte de 15 Go recommandé par @CyrilleFranchet, et qui contient peu de doublons… Ça a fait exploser en vol ma machine. Comme quoi, la lisibilité a ses avantages ^^. Cette commande awk est donc à utiliser avec un œil sur l’évolution de l’occupation de la mémoire vive.

Pour aller plus loin : grep – sed – awk, exemples avancés

Rien ne vaut que le silence

J’ai fait mon service militaire en Allemagne dans un régiment français de transmission dont la devise était “Rien ne vaut que le silence”. Je trouvais cette devise étrange pour des soldats responsables des transmissions, aussi, entre deux exercices destinés à aguerrir les plus faibles, j’ai posé la question au sergent de ma compagnie. Voici ce qu’il m’avait répondu :

“Les transmetteurs sont parachutés derrière les lignes ennemis et doivent rester discrets. Avant de rendre compte, les transmetteurs observent l’ennemi et écoutent ses transmissions”, m’a-t-il expliqué, avant de m’envoyer préparer l’arrivée des beaux jours.

Aujourd’hui, je suis tombé sur une citation du poète Rumi : “Plus vous êtes silencieux, plus vous êtes capable d’entendre.” D’après ce que j’ai pu comprendre, le sens profond de cette citation est que nous sommes invités à méditer pour observer notre cœur spirituel et reconnaître la vérité ultime (Rumi était un poète mystique persan qui a profondément influencé le soufisme). D’après lui, le silence mental nous donne un aperçu profond, et Rumi nous encourage à faire taire notre esprit pour entendre la vérité.

Il se trouve que cette citation de Rumi est traduite en anglais par “the quieter you are, the more you are able to hear”, et que cette phrase est la devise de la distribution Back track 5″, qui s’appelle aujourd’hui Kali Linux, et qui est spécialisée dans la sécurité informatique.

La devise existait en deux versions, la deuxième étant : “the quieter you become, the more your are able to hear”, que je traduis par “plus vous devenez silencieux, plus vous êtes capables d’écouter”.

Mais au fond de mon cœur, la meilleure traduction serait “Rien ne vaut que le silence”.

Je vous laisse, j’ai des magnifiques fonds d’écran Kali à aller admirer.

Dictionnaire français pour hashcat

Dans la droite ligne du billet précédent, et toujours à la demande d’un collègue ayant perdu le mot de passe d’un fichier pro Excel, j’avais besoin d’un fichier de mots français susceptibles d’être utilisés comme mot de passe.

Il y a toute une littérature sur “comment choisir un bon mot de passe”, et une partie non négligeable de mon travail actuel consiste à expliquer aux gens les consignes de base de la sécurité informatique. Je dois reconnaître que c’est passionnant, mais que la base de la base de la base n’est pas toujours comprise malgré des trésors de pédagogie.

Si les politiques de choix d’un mot de passe se sont durcies au fil du temps, et qu’il est difficile aujourd’hui de créer un compte informatique sans devoir prendre un mot de passe d’au moins 12 signes dont des minuscules, des majuscules, des chiffres et/ou des caractères spéciaux, que se passe-t-il quand l’utilisateur PEUT choisir le mot de passe qu’il veut, par exemple pour limiter l’accès à un fichier Excel ? La réponse est simple : mon expérience de la casse de mot de passe pour les besoins de la justice m’a montré que la plupart des personnes choisissent un mot courant, éventuellement suivi par un nombre, parfois complété par un point d’exclamation.

Quand aucune politique de sécurité n’est imposée, le choix préféré des français est donc : mot courant [ + année] [ + ! ]

Avant de procéder à une attaque par force brute, ie en essayant toutes les combinaisons possibles, et après avoir testé les mots de passe “évidents” (date de naissance, nom de l’utilisateur, prénom de son partenaire et de ses enfants, date de mariage, etc.), une bonne méthode est donc l’attaque par dictionnaire, ou plutôt en bon français, “l’attaque par liste de mots”.

Il existe sur internet une grande quantité de listes de mots, toutes aussi intéressantes les unes que les autres, mais je n’ai pas trouvé une liste de mots courants français, incluant les noms des régions, départements, villes, villages, hameaux et lieux dits, incluant aussi les mots d’argots, le vieux français, les différents patois, le langage “jeune”, les prénoms français, les petits noms donnés aux animaux, etc. Le tout intégrant les magnifiques caractères spécifiques du clavier français (le plus courant) é è ç à ù €, mais aussi tous les autres â ê ŷ û î ô ä ë ÿ ü ï ö Ä Ë Ÿ Ü Ï Ö etc.

Je me suis alors souvenu qu’il était possible de récupérer tout le contenu de Wikipédia pour pouvoir en disposer hors ligne. J’ai donc récupéré TOUT le Wikipédia francophone sur mon ordinateur, et je l’ai trié pour ne garder qu’un mot par ligne, puis j’ai éliminé les doublons. En comptant les essais/erreurs et les différents tâtonnements, il m’a fallu une journée pour disposer d’une magnifique liste de mots courant utilisés par les Français…

Puis j’ai utilisé la commande hashcat suivante :

hashcat -m 9500 -a 0 -w 3 --username --status --session=toto hashExcel.txt wikipedia.fr.txt

Environ 20mn plus tard, l’ordinateur me fournissait le mot de passe utilisé : un village des Alpes dont le nom fait 10 caractères.

Si vous aussi vous voulez briller auprès de vos collègues, vous pouvez utiliser cette méthode, à condition d’en donner le crédit “au blogueur dont le nom est presque celui d’une bière de l’Égypte antique” en vous rendant sur mon Github : https://github.com/Zythom/french-wikipedia-word-list. Cette saine lecture vous fera réviser vos codes ASCII et la base octale ^^.

Si par contre vous voulez compliquer la tâche des casseurs de mot de passe, ajoutez un “µ” ou un “>” dans votre mot de passe, ou mieux : générez le aléatoirement avec votre KeePass et installez l’extension “Kee Password Manager” dans votre navigateur.

Mais chacun fait ce qu’il veut.

Cracker un mot de passe

Dans le cadre de mon travail, j’ai parfois besoin de cracker un mot de passe, soit parce que la personne qui a protégé le fichier est partie et n’a pas laissé le mot de passe à ses collègues, soit parce que le propriétaire du scellé judiciaire n’est pas très coopératif…

Il y a une grande quantité d’articles sur internet pour guider un RSSI débutant ou un expert judiciaire qui serait dans le besoin. J’ai déjà d’ailleurs écrit en 2013 un billet (qui reste valable) sur quelques uns des outils que j’ai utilisés.

Vous le savez, j’ai une passion pour les réseaux de neurones et je continue, malgré le peu de temps et de forces qu’il me reste, à étudier les algorithmes de ce que l’on appelle aujourd’hui le deep learning.

Je suis des cours en ligne, j’achète des livres, je teste sur du matériel que je bricole, mais j’exploite aussi les ressources auxquelles je peux accéder dans le cloud.

C’est un petit retour d’expérience que je vais faire ici, destiné à des informaticiens auxquels leur entreprise ne fournit pas les moyens adéquats (je pense à la justice par exemple), ou à des étudiants.

Attention : il n’est pas inutile de rappeler que toute utilisation illégale de ce type d’outils entraîne votre responsabilité juridique. Si vous cherchez à intercepter le mot de passe de votre patron, ou faire une bonne blague à votre collègue, passez votre chemin. Si vous êtes administrateur réseau, vérifiez avant vos tests que vous avez l’approbation et le soutien de votre hiérarchie, ce qui ne coule pas de source. Enfin, chers parents, ou chers enfants, la récupération des mots de passe des membres de votre famille pour s’en servir à leur insu est réprimandée par la loi.

Enfin, les ressources mises à disposition gratuitement sur le cloud dont je vais parler sont destinées avant tout à un usage de recherche et d’apprentissage. Elles sont donc à utiliser avec modération, car mutualisées.

Il vous faut un compte Google, s’y connecter et aller sur https://colab.research.google.com/

Créez un nouveau notebook en donnant un nom quelconque, puis allez dans le menu “Exécution / Modifier le type d’exécution” et choisir “GPU”.

Vous allez pouvoir saisir des commandes GNU/Linux Ubuntu, en les faisant précéder du caractère “!”, comme par exemple : !pwd

Pour exécuter une commande (une fois celle-ci saisie), il suffit de cliquer sur “play”.

Pour installer hashcat :

!git clone https://github.com/hashcat/hashcat.git && cd hashcat && make && make install

Pour uploader un fichier de hash :

from google.colab import files
uploaded = files.upload()

Pour installer un dictionnaire français (très basique) :

!apt install wfrench

Pour installer un gros dictionnaire :

!wget https://www.outpost9.com/files/wordlists/dic-0294.zip
!unzip dic-0294.zip

Exemple de commande hashcat (attaque par dictionnaire) :

!hashcat -m 9500 -a 0 --username --status hash.txt /usr/share/dict/french -r/usr/local/share/doc/hashcat/rules/best64.rule

Exemple de commande hashcat (attaque par brute force avec tous les mots de passe de moins de 8 caractères en minuscule) :

!hashcat -m 9500 -a 3 --username --status -i --increment-min 1 --increment-max 8 -1 ?l hash.txt ?1?1?1?1?1?1?1?1

A utiliser avec modération. Au bout de 12h de calculs, la commande est arrêtée, et Sundar Pichai vous appelle personnellement.

Pour plus d’informations :
https://hashcat.net/wiki/
https://www.kali-linux.fr/forum/index.php?topic=2476.0
https://www.outpost9.com/files/WordLists.html

Mettre une GTX1060 dans un PC de 2005, une gageure…

La formation du RSSI

L’ANSSI a publié un panorama des métiers de la cybersécurité 2020. Assez naturellement, je suis allé lire la fiche consacrée au RSSI (pages 10 à 13). A la partie “formation recommandée”, il est écrit : “Bac + 5 avec une spécialisation en cybersécurité”.

Je disconviens respectueusement.

Premier point : il manque une connaissance approfondie des rouages de l’entreprise. En discutant aux Assises de la Cybersécurité 2020 avec Mathieu Rigotto (qui m’autorise à le citer), celui-ci me faisait remarquer qu’un bon RSSI devrait aussi avoir un MBA. En effet, la maîtrise en administration des affaires est le diplôme international d’études supérieures du plus haut niveau dans le domaine de la conduite globale des affaires : stratégie, marketing, finances, ressources humaines et management (source Wikipédia).

Je rencontre souvent deux types de RSSI : un expert technique pour qui les challenges sécurité n’ont aucun secret, ou un diplomate fin négociateur pour qui les exigences métiers n’ont aucun secret. Deux profils assez différents.

Le premier est un Snipper, le deuxième est un Général.

Pour être un bon Général, il n’est pas nécessaire d’être un bon Snipper (mais c’est un cheminement possible). Et pour être un bon Snipper, il n’est pas nécessaire d’être un bon Général (mais c’est un cheminement également possible).

Les deux profils cohabitent donc, et à mon avis, la meilleure formation, c’est la somme des deux : le meilleur RSSI doit donc avoir une solide formation technique, complétée par une bonne vision méthodologique, mais aussi une solide formation orientée sur les besoins des métiers de l’entreprise. Un ingénieur informatique avec spécialisation en cybersécurité ayant complété sa formation par un MBA.

Un RSSI ne doit pas produire une analyse de risque basée uniquement sur l’aspect technique, comme par exemple, “cette application est trouée de toute part, je m’oppose à ce qu’elle soit utilisée”. Il doit aussi intégrer le besoin métier, voire le besoin stratégique de l’entreprise. Ainsi, par exemple : “notre percée sur ce marché dépend de la rapidité avec laquelle nous allons pouvoir le conquérir, au besoin avec une application trouée de toute part”.

Et ça, c’est BEAUCOUP plus difficile à assumer.

Deuxième point de désaccord : bac + 5. En effet, beaucoup de jeunes arrêtent les études supérieures avant, pour un tas de raisons. Ils commencent à travailler dés le bac (ou avant), ou à bac+2 ou +3. Pourtant, la connaissance ne s’acquière pas uniquement sur les bancs de l’école, fut-elle supérieure, ou de l’université. Vous pouvez apprendre dans l’entreprise, avec l’aide des collègues, des anciens, sur le tas confronté aux projets, dans les livres, ou tout simplement en faisant de la veille.

Cela peut paraître contradictoire avec mon premier point, où j’évoquais le diplôme d’ingénieur et le MBA, mais pas du tout : il y a une équivalence naturelle avec l’expérience acquise en entreprise (enfin qui devrait être naturelle si les recruteurs étaient moins fermés). Il y aurait tellement à écrire sur le problème des diplômes en France…

Bref, il y a longtemps, mes professeurs vantaient les avantages des formations technico-commerciales, de même aujourd’hui, je conseille une solide expérience technique, assortie à une très bonne connaissance de la conduite des affaires. L’une complète l’autre, pour envisager être un bon RSSI. Savoir capturer le drapeau n’est pas forcément nécessaire, ni suffisant.

Mon PC dans le Cloud

Comme vous le savez sans doute si vous me suivez sur Twitter, ou si vous avez lu l’épilogue de ma série de billet “25 ans dans une startup”, je travaille en région parisienne trois jours par semaine et je suis deux jours en télétravail dans ma province profonde (mais belle). Je précise que cette organisation a été mise en place AVANT le confinement de mars 2020, car j’ai la chance d’avoir un employeur moderne. J’en ai fait le bilan dans ce billet consacré au télétravail.

Mon employeur a mis à ma disposition un ordinateur portable qui me suit partout, et j’ai un ordinateur fixe personnel chez moi dans ma province profonde (mais belle) ET un ordinateur personnel chez moi dans ma “coquette petite studette en souplex” de région parisienne. J’ai également installé une VM privée sur mon ordinateur professionnel.

Cela fait donc 3 ordinateurs privés sur lesquels je veux retrouver les mêmes outils, les mêmes habitudes, les emails déjà lus, les mêmes partages de fichiers, etc.

Tout allait bien dans le meilleur des mondes, mais j’étais un peu agacé parfois de devoir synchroniser à la main une configuration, installer trois fois un nouveau logiciel, et maintenir des partages de fichiers en toute sécurité. N’était-il pas possible de simplifier un peu tout cela ?

J’écoutais, de plus en plus séduit, l’appel des sirènes du Cloud. Je voyais passer dans ma veille technologique des appels appuyés en direction des gamers pour qu’ils basculent leurs configurations vers des solutions telles que Google Stadia, Nvidia Geforce Now, xCloud de Xbox ou PlayStation Now. Des gamers ! Alors, pourquoi pas un petit PC perso avec sa petite configuration aux petits oignons ?

Oui mais et ma vie privée dans tout cela ? Et le coût ? Et la sécurité ? Après tout, le Cloud, ce n’est rien d’autre qu’un datacenter géré par quelqu’un d’autre et accessible de partout depuis un accès internet. Il faut se poser les bonnes questions : qui fera les sauvegardes, les mises à jour de sécurité, les montées de version des logiciels et des OS, qui sera “root” sur mes données ?

Autant de questions auxquelles il m’a bien fallu répondre pour l’hébergement de ce blog : après avoir testé l’autohébergement d’un WordPress sur YunoHost, j’ai préféré et choisi la location d’un VPS chez OVH, avec son offre Kimsufi à 3,59€ par mois. Je fais régulièrement un backup (et des tests) sur le WordPress de mon YunoHost. Je présenterai mon usage de la fantastique solution YunoHost dans un billet qui lui sera dédiée.

Oui MAIS : faire héberger un blog, ce n’est pas tout à fait la même chose que de faire héberger la totalité d’un ordinateur personnel… Et après avoir étudié les coûts, les solutions proposées, les risques, le coût des sauvegardes et la sécurité, voici ce que j’ai choisi.

A cause des coûts, j’ai abandonné la notion de “datacenter géré par quelqu’un d’autre” pour ne garder que celle de “accessible de partout depuis un accès internet”. Comme les solutions de type TeamViewer demandent de confier la partie sécurité à quelqu’un d’autre, j’ai donc choisi l’autohébergement complet de ma solution :

J’ai viré de mon ordinateur professionnel, la VM privée que j’y avait installé. J’ai entièrement réinstallé l’ordinateur personnel de ma coquette studette souplex pour n’y laisser que le système d’exploitation (Linux Mint, mais cela aurait aussi bien pu être Windows). Je n’ai conservé qu’un seul ordinateur personnel : celui qui se trouve chez moi.

J’y ai installé le logiciel NoMachine qui est ce que j’ai trouvé de plus efficace pour gérer deux écrans, les périphériques USB et le son à distance.

J’ai configuré le Wake On Line du PC de la manière suivante :
– dans le BIOS, j’ai activé “démarrage sur périphérique PCI-E” ;
– dans l’OS Linux Mint, j’ai activé le WoL avec la commande : sudo ethtool -s enp3s0 wol g

Depuis un PC distant, j’accède de manière chiffré à mon réseau privé grâce à OpenVPN en me connectant sur mon serveur NAS (qui fait tourner le service VPN), puis dans ce canal sécurisé je me connecte en ssh à ma VM Debian (voir le billet “Mon matériel”)

J’allume (depuis cette VM) mon PC perso avec la commande : wakeonlan -i IP -p 9 MAC où IP est l’adresse de broadcast de mon réseau privé et MAC l’adresse MAC du PC perso que je veux allumer.

Une fois démarré, j’y accède avec le client NoMachine (à travers le canal chiffré OpenVPN), et j’utilise mon “PC dans le Cloud” 🙂

Comme il est sous GNU/Linux, je peux si je veux le laisser allumer plusieurs jours sans surprise, si par exemple je lance sur ma carte graphique des calculs durant plusieurs jours.

Quelques remarques avant de vous laisser la parole en commentaire (je suis curieux de connaître vos solutions) :
– la solution NoMachine est vraiment puissante et efficace dans sa gestion des débits internet concernant les graphismes. Seul défaut relevé pour l’instant, elle ne gère pas ma Yubikey USB.
– l’accès par OpenVPN / ssh pour WoL / client NoMachine fonctionne également sous Android ou sur iPhone (pour la commande ssh sur iPhone, j’utilise l’excellente application a-shell).

Et vous, comment accédez-vous à un PC privé à distance ?

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